Pakistan: l'ex-Premier ministre Imran Khan en liberté sous caution

Les militants du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) et les partisans de l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan célèbrent après que la Cour suprême a déclaré l'arrestation de Khan «invalide», à Lahore le 11 mai 2023 (Photo, AFP).
Les militants du parti Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) et les partisans de l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan célèbrent après que la Cour suprême a déclaré l'arrestation de Khan «invalide», à Lahore le 11 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 12 mai 2023

Pakistan: l'ex-Premier ministre Imran Khan en liberté sous caution

  • Khan, 70 ans, a aussi obtenu la liberté sous caution dans plusieurs autres dossiers
  • Le tribunal a aussi stipulé qu'il ne pouvait pas être à nouveau arrêté avant lundi pour aucune des dizaines d'affaires dans lesquelles il est mis en cause, ni pour les violences causées cette semaine par ses partisans

ISLAMABAD: La liberté sous caution a été accordée vendredi par un tribunal d'Islamabad à l'ex-Premier ministre pakistanais Imran Khan, après l'invalidation par la Cour suprême de son arrestation, qui avait déclenché des émeutes dans le pays.

"Le tribunal a accordé à Imran Khan un intérim de deux semaines sous caution et a ordonné aux autorités de ne pas l'arrêter" à nouveau durant cette période dans cette affaire de corruption, a déclaré à la presse devant le tribunal l'un de ses avocats, Khawaja Harris.

Le parti de l'ancien premier ministre a confirmé qu'il avait quitté les locaux du tribunal en fin d'après-midi et qu'il se dirigeait vers la ville de Lahore, à quelque 380 kilomètres de la capitale.

M. Khan, 70 ans, a aussi obtenu la liberté sous caution dans plusieurs autres dossiers. Le tribunal a aussi stipulé qu'il ne pouvait pas être à nouveau arrêté avant lundi pour aucune des dizaines d'affaires dans lesquelles il est mis en cause, ni pour les violences causées cette semaine par ses partisans.

Mais il n'est ensuite à l'abri de rien. Le ministre de l'Intérieur, Rana Sanaullah, avait d'ailleurs dès jeudi promis qu'il serait tôt ou tard à nouveau arrêté.

M. Khan estime être l'objet d'un harcèlement judiciaire instigué par le gouvernement et l'armée pour empêcher son retour au pouvoir.

"Le chef du plus grand parti du pays a été enlevé au tribunal et devant la Nation entière", a-t-il déclaré vendredi dans la salle d’audience. "Ils m’ont traité comme un terroriste, ça devait entraîner une réaction (de ses partisans)."

Les tribunaux pakistanais sont souvent utilisés pour étouffer l'opposition politique, dénoncent les défenseurs des droits humains.

L'ancien chef du gouvernement avait été arrêté mardi alors qu'il était entendu par ce même tribunal d'Islamabad dans cette affaire de corruption, puis placé en détention provisoire le lendemain pour une durée de huit jours.

«Le gouvernement paraît perdu»

Mais jeudi, la Cour suprême a jugé son arrestation "invalide et illégale", car elle n'aurait pas dû être menée dans une enceinte judiciaire. Elle a requis qu'il comparaisse à nouveau vendredi devant le même tribunal.

"Imran Khan sort de cette arrestation avec une plus grande force politique encore. Le gouvernement semble avoir sous-estimé le soutien dont il jouit et paraît perdu", a salué l'un de ses supporteurs, Ijaz Alam, un tenant de café à Peshawar (nord-ouest).

En fin de journée, la police, qui avait interdit tout rassemblement, a fait usage de gaz lacrymogènes à Islamabad pour disperser des partisans de M. Khan que son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), avait appelés à se rendre dans la capitale.

Deux nouveaux hauts responsables du PTI, accusés d'avoir orchestré les violences, ont été arrêtés dans la nuit - portant leur total à dix -, a indiqué vendredi le parti.

L'arrestation de M. Khan, qui a été évincé en avril 2022 mais compte sur sa popularité intacte pour revenir au pouvoir lors des prochaines élections cette année, a provoqué de violentes manifestations dans le pays.

Des centaines de policiers ont été blessés et plus de 4.000 protestataires arrêtés, principalement dans les provinces du Pendjab (centre-est) et du Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), d'après la police.

Au moins neuf personnes sont mortes dans des incidents liés aux manifestations, violemment réprimées par les forces de sécurité, selon la police et les hôpitaux.

Chose rare au Pakistan, des milliers de partisans du PTI s'en sont pris aux symboles de l'armée, l'accusant d'avoir contribué à l'éviction de son chef, au pouvoir depuis 2018.

Ligne rouge

L'arrestation de M. Khan, ancienne star du cricket, a marqué une aggravation spectaculaire de la crise causée par son renversement.

Imran Khan a été destitué par une motion de censure après avoir perdu le soutien des militaires, qui l'avaient appuyé en sous-main lors de son accession au poste de Premier ministre.

Depuis son éviction, M. Khan a multiplié les manœuvres pour obtenir la tenue d'élections anticipées avant la date limite d'octobre, dans un pays en proie à une grave crise économique.

Il s'est aussi lancé dans des diatribes toujours plus virulentes à l'encontre de son successeur, Shehbaz Sharif, et de l'institution militaire.

L'armée exerce une influence politique considérable au Pakistan. Elle a organisé au moins trois coups d'Etat depuis l'indépendance en 1947 et assumé le pouvoir pendant plus de trois décennies.

Mais les critiques directes à son encontre sont rares, car considérées comme une ligne rouge à ne pas dépasser, au risque de se retrouver dans le viseur de l'appareil sécuritaire.

L'arrestation d'Imran Khan est intervenue peu après qu'il a renouvelé ce week-end ses accusations à l'encontre d'un officier supérieur, auquel il reproche d'avoir comploté pour l'assassiner en novembre lors d'un meeting électoral où il avait été blessé par balle à une jambe.

Il n'a pas apporté la moindre preuve de ses allégations, qui ont été dénoncées comme "fabriquées de toutes pièces et malveillantes" par l'armée.


Groenland et Danemark rejettent les visées de Trump sur le territoire autonome

Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès. (AFP)
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  • "Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre"
  • "Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR

NUUK: Donald Trump s'est attiré mercredi un net refus du Groenland et du Danemark après avoir réaffirmé ses visées expansionnistes sur le territoire autonome danois, lors de son discours au Congrès.

"Nous ne voulons être ni Américains ni Danois, nous sommes Groenlandais", a dit le Premier ministre du Groenland Mute Egede. "Les Américains et leur chef doivent comprendre cela".

"Nous ne sommes pas à vendre et nous ne pouvons pas simplement être pris", a-t-il insisté sur Facebook, en réaction aux propos du président américain qui a dit vouloir s'emparer du Groenland "d'une manière ou d'une autre".

"Cela ne se produira pas", avait plus tôt réagi le ministre de la Défense Troels Lund Poulsen auprès de la télévision publique danoise DR, soulignant un aspect "positif" du discours de M. Trump: la mention du respect des Groenlandais à décider de leur avenir.

Le président américain a en effet assuré "à l'incroyable peuple du Groenland" soutenir "fermement votre droit à déterminer votre propre avenir et, si vous le souhaitez, nous vous souhaitons la bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique".

"Nous en avons vraiment besoin pour la sécurité internationale et je pense que nous allons l'obtenir. D'une manière ou d'une autre, nous l'obtiendrons", a-t-il dit dans ce premier discours de politique générale depuis son retour au pouvoir le 20 janvier.

"Nous assurerons votre sécurité, nous vous rendrons riches et, ensemble, nous mènerons le Groenland vers des sommets que vous n'auriez jamais imaginé possibles", a-t-il déclaré.

Le Groenland est sous le feu des projecteurs depuis fin décembre et le souhait répété de Donald Trump d'intégrer la plus grande île arctique aux Etats-Unis.

Des élections législatives y sont prévues le 11 mars.

"Des élections auront bientôt lieu au Groenland et je pense que tout le monde - y compris nous-mêmes - doit faire attention à ne pas faire toutes sortes de suppositions sur l'avenir" des Groenlandais, a dit mercredi le chef de la diplomatie danoise Lars Løkke Rasmussen à la télévision TV2.

Dans la même veine, M. Trump a réitéré ses ambitions concernant le canal de Panama, le jour-même de l'annonce que deux ports détenus par le géant hongkongais Hutchison vont être cédés à un consortium américain.

"Pour renforcer encore notre sécurité nationale, mon administration va reprendre le canal de Panama, et nous avons déjà commencé à le faire", a-t-il affirmé, en faisant référence à cet accord.

Donald Trump a menacé de reprendre le canal dès le jour de son investiture au motif qu'il est, selon lui, exploité par la Chine.

Que ce soit à propos du Groenland, du canal de Panama ou encore de l'imposition de tarifs douaniers, y compris contre des pays alliés et voisins comme le Canada et le Mexique, le président américain montre clairement qu'il se soucie surtout de ses intérêts.

Le Lesotho? "Jamais entendu parler" 

S'il ne s'est guère attardé sur l'Ukraine dans son discours, il n'en a pas moins assuré que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, avec qui il avait eu un vif échange vendredi dans le Bureau ovale, était "prêt" à négocier avec la Russie et à signer un accord sur les minerais.

Plus tôt dans la journée de mardi, le dirigeant ukrainien avait dit vouloir "arranger les choses" avec le président américain après leur accrochage.

M. Zelensky était parti sans signer cet accord sur les minerais et l'administration Trump a ensuite annoncé le gel de son assistance militaire à l'Ukraine, trois ans après son invasion par la Russie.

"Simultanément, nous avons eu des discussions sérieuses avec la Russie et nous avons reçu des signaux forts indiquant qu'ils sont prêts pour la paix", a encore affirmé le président américain.

"Ne serait-ce pas magnifique?".

Donald Trump ne s'est pas non plus épanché sur le Proche-Orient, si ce n'est pour dire "nous ramenons nos otages de Gaza" et rappeler son rôle au cours de son premier mandat dans la conclusion des accords d'Abraham, entre Israël et certains pays arabes.

Par ailleurs, il a promis de "faire la guerre aux cartels" mexicains de la drogue, parlant d'"une grave menace" pour la "sécurité nationale" des Etats-Unis.

Justifiant enfin les coupes budgétaires massives dans l'aide des Etats-Unis à l'étranger, le président américain a énuméré une série de "gaspillages" selon lui, comme les "40 millions de dollars pour des bourses d'études sur la diversité, l'équité et l'inclusion en Birmanie".

Il a aussi cité les "huit millions de dollars pour promouvoir les LGBT+ dans la nation africaine du Lesotho, dont personne n'a jamais entendu parler".

Contactée par l'AFP, People's Matrix, la principale ONG soutenant les personnes LGBTQ au Lesotho, a assuré ne pas avoir reçu cette somme. "On n'a aucune idée de l'affectation de ces 8 millions de dollars", a affirmé son porte-parole, Tampose Mothopeng. "On ne sait pas qui a reçu ou va recevoir cet argent."


Le président colombien somme Trump de cesser de le «calomnier»

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  • "Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X
  • Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis

BOGOTA: Le président colombien Gustavo Petro a rejeté dimanche les menaces et accusations de son homologue américain Donald Trump qui l'accuse sans preuve d'être un narcotrafiquant, à l'instar du président venezuelien capturé au cours du weekend.

"Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a fustigé M. Petro sur le réseau social X.

Donald Trump a déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait "une bonne idée" et accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis, avertissant qu'il "ne le ferait plus très longtemps".

Le président colombien, de gauche, est très critique de l'action militaire du gouvernement Trump dans la région. Il accuse les États-Unis d'avoir enlevé Nicolás Maduro "sans base légale". Le dirigeant vénézuélien a été capturé à Caracas samedi après des bombardements de Washington sur la capitale.

Après lui avoir dit samedi qu'il devrait "faire gaffe à ses fesses", Donald Trump a qualifié dimanche Gustavo Petro d'"homme malade" qui "aime prendre de la cocaïne".

"La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps", a mis en garde le président américain.

Gustavo Petro "a des moulins à cocaïne et des usines de cocaïne, et il ne va pas le faire très longtemps", a-t-il soutenu.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a qualifié les menaces du président américain d'"ingérence inacceptable" et demandé le "respect".

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s'affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane, ou la politique migratoire.

La Colombie, pays frontalier du Venezuela, et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd'hui au plus bas.

 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.