La réaction palestinienne en Cisjordanie suite aux attaques israéliennes sur Gaza «en deçà des attentes»

Des Palestiniens inspectent les décombres d’une maison suite à une frappe aérienne israélienne à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le vendredi 12 mai 2023. (AP)
Des Palestiniens inspectent les décombres d’une maison suite à une frappe aérienne israélienne à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le vendredi 12 mai 2023. (AP)
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Publié le Samedi 13 mai 2023

La réaction palestinienne en Cisjordanie suite aux attaques israéliennes sur Gaza «en deçà des attentes»

  • Certains observateurs et analystes ont suggéré que les manifestations de solidarité semblaient en grande partie limitées à l’activité sur les réseaux sociaux plutôt qu’aux manifestations sur le terrain
  • Vendredi, un jeune Palestinien a été blessé lors d'une attaque de colons à Silwad, à l'est de Ramallah

RAMALLAH : L'absence claire de réaction forte en Cisjordanie suite à la campagne meurtrière israélienne visant le mouvement du Djihad islamique dans la bande de Gaza est due au fait que le groupe de résistance a créé un nouveau précédent en répondant à l'agression par des attaques à la roquette plutôt que par des manifestations, selon un dirigeant du Fateh.

«Le bruit des missiles du Djihad islamique lancés vers Israël ainsi que le bruit des bombes des avions de combat israéliens sont plus forts que toutes les manifestations de masse qui pourraient avoir lieu en Cisjordanie», a déclaré Taysir Nasrallah – membre du Conseil révolutionnaire du Fateh à Naplouse – à Arab News. 

Le Dihad islamique a créé un précédent en lançant des roquettes vers Israël après l'assassinat le 10 mai de trois commandants du groupe militant, a-t-il déclaré. Il leur semblait que les protestations populaires en solidarité avec les victimes devenaient inutiles. 

Cependant, selon Nasrallah, les sacrifices des combattants du Djihad islamique sont censés être liés aux efforts pour atteindre les objectifs politiques du peuple palestinien. 

«Pourtant, personne ne sait ce que le Djihad islamique veut vraiment faire politiquement pour le peuple palestinien - et à mon avis, il n'y a rien», a-t-il ajouté.

L'analyste politique Riyad Qadriya a déclaré à Arab News que les manifestations de solidarité avec les Gazaouis en Cisjordanie avaient été en deçà des attentes, tant publiquement qu'officiellement.

«Il y a des réponses modestes qui ne correspondent pas à l'ampleur de l'attaque», a-t-il déclaré à Arab News, faisant référence à de brèves déclarations officielles émises par les deux groupes armés les plus importants du nord de la Cisjordanie : la Brigade de Jénine dans le camp de Jénine et Lions' Den dans la vieille ville de Naplouse.

«Je m'attendais à un soutien officiel et populaire plus fort pour confondre Israël et l'empêcher de se concentrer sur la bande de Gaza. Or, je pense que si la guerre continue et qu'il y a encore plus de victimes civiles dans la bande de Gaza, des manifestations populaires auront lieu en Cisjordanie».

L'éminent analyste politique palestinien Ghassan al-Khatib a déclaré à Arab News qu'il pensait que l'agression actuelle visant le Djihad islamique dans la bande de Gaza «est une continuation de la guerre d'Israël en Cisjordanie contre le Djihad islamique, qui a commencé il y a plus d'un an et s'est concentrée sur Jénine et Naplouse dans le nord de la Cisjordanie».

Il a ajouté que les Palestiniens de Cisjordanie «sont épuisés après avoir été soumis pour plus d’un an à des campagnes continues d'oppression israélienne, que ce soit par l'armée israélienne ou les colons».

Cependant, selon Al-Khatib, il existe de forts sentiments populaires de solidarité avec la bande de Gaza parmi les Palestiniens de Cisjordanie. 

Les réseaux sociaux ont été inondés de nouvelles et d'images d'incidents dans la bande de Gaza, certains considérant même que les manifestations de solidarité semblent largement limitées aux activités en ligne plutôt qu'aux manifestations sur le terrain.

Entre temps, les Palestiniens de la ville d'Umm al-Fahm, à l'intérieur d'Israël, ont organisé jeudi soir un sit-in de solidarité avec la population de Gaza.

Les factions Action nationale et Islamique du camp de Jénine ont également organisé un sit-in pour condamner l'agression israélienne. Des dizaines de personnes y ont participé, appelant la communauté internationale à intervenir et à soutenir les Palestiniens sans défense ayant fait face aux menaces d'attaque et ayant perdu leurs biens.

Vendredi, un jeune Palestinien a été blessé lors d'une attaque de colons à Silwad, à l'est de Ramallah. Des sources locales ont indiqué que les colons ont pris d'assaut la région, provoquant des affrontements : un colon a tiré sur des jeunes et en a blessé un. Par la suite, les forces de l'armée israélienne sont immédiatement arrivées pour protéger les colons. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.