En Irak, le marché de gros de Mossoul fourmille de nouveau

Un vendeur irakien attend les clients à l'entrée d'une boutique du marché de gros Al-Bursa à Mossoul. La ville est un centre commercial depuis des siècles (Photo, AFP)
Un vendeur irakien attend les clients à l'entrée d'une boutique du marché de gros Al-Bursa à Mossoul. La ville est un centre commercial depuis des siècles (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 décembre 2020

En Irak, le marché de gros de Mossoul fourmille de nouveau

  • Echoppes, abattoirs ou stands, tout fourmille comme avant au marché de gros d'al-Borsa à Mossoul, carrefour commerçant historique du Moyen-Orient
  • Aujourd'hui, 300 étals lèvent de nouveau chaque jour leurs rideaux de fer et l'agitation des grandes heures a repris, entre chargements de cartons et déchargements de camions

MOSSOUL : Echoppes, abattoirs ou stands, tout fourmille comme avant au marché de gros d'al-Borsa à Mossoul, carrefour commerçant historique du Moyen-Orient. Mais les chantiers en cours pour restaurer 200 boutiques encore à terre rappellent que la guerre est bien passée par là.

Depuis la libération en juillet 2017 de cette grande ville du nord de l'Irak, ravagée par trois années d'occupation du groupe jihadiste Etat islamique (EI) et des mois de combats urbains pour le déloger de la cité, Abdallah Mahmoud participe à la relance du marché.

Aujourd'hui, 300 étals lèvent de nouveau chaque jour leurs rideaux de fer et l'agitation des grandes heures a repris, entre chargements de cartons et déchargements de camions.

Avant la prise de la ville par l'EI en 2014, les échanges commerciaux d'al-Borsa "atteignaient 12 à 13 millions de dollars" chaque mois, dit à l'AFP l'économiste Mohammed Naëf, originaire de Mossoul. "Aujourd'hui, ils plafonnent entre huit et dix millions de dollars car de nombreux commerçants ont fui et ne sont toujours pas revenus."

Mais la tendance est bien là: régulièrement, les transactions augmentent et avec elles le nombre d'emplois disponibles dans un pays où le chômage touche officiellement un habitant sur cinq.

"Al-Borsa a ouvert en 1990. Au fil des ans, l'amas de petits stands est devenu le plus important marché de gros de Ninive", aujourd’hui la troisième plus grande province d'Irak dont Mossoul est le chef-lieu, raconte Abdallah Mahmoud, 27 ans, dans son magasin d'éponges, de produits nettoyants et autres serpillières.

Temps et énergie gagnés

Trente ans plus tard, "al-Borsa a quasiment retrouvé sa vitesse de croisière, mais l'Etat doit encore indemniser les commerçants qui ont tout perdu dans la guerre", exhorte Younès Abed, épicier de 50 ans venu acheter de quoi remplir les étagères de son échoppe dans l'ouest de Mossoul.

Dans un pays où l'industrie a été quasiment détruite depuis l'invasion américaine qui a renversé le président Saddam Hussein en 2003 et où l'agriculture ne représente plus que 5% du PIB -- mais 20% des emplois --, les producteurs locaux peinent toutefois à tirer leur épingle du jeu.

Ahmed al-Chemmari, commerçant de 42 ans à al-Borsa, avoue lui-même ne pas acheter local: "90% des produits sont importés, seuls 10% sont fabriqués localement, comme des produits d'entretien, des gâteaux et d'autres produits manufacturés."

Malgré tout, al-Borsa apporte une respiration bienvenue à des petits producteurs étouffés par la pire crise économique de l'histoire de l'Irak qui encaisse la chute des prix du pétrole, unique source de devises et quasiment seule recette de l'Etat.

Khalaf Oueid, 35 ans, peut ainsi proposer tous ses fruits et légumes sur un seul étal à al-Borsa. "Ca me fait gagner un temps fou et beaucoup d'énergie. Avant, je devais aller les vendre sur des petits marchés dans des localités hors de Mossoul", dit-il à l'AFP. 

"Maintenant, j'arrive tôt le matin et ce sont les petits vendeurs qui achètent ma marchandise pour achalander leurs propres étals sans que je me fatigue comme avant", se félicite l'agriculteur.

"Surtout pour regarder"

La réouverture d'al-Borsa a aussi aidé Walid Ghanem, boucher de 32 ans: "Depuis la libération, on devait égorger nos bêtes à même le trottoir et on ne savait pas où les vendre, mais aujourd'hui on a de nouveau des étals et les abattoirs publics agréés."

Toutefois, au-delà de la relance de ce marché, Mossoul, comme toutes les villes d'Irak, paye le prix de la crise économique aggravée par le confinement pour endiguer la pandémie mondiale de Covid-19 et la chute des prix du pétrole.

Oum Saad, qui se fournit à al-Borsa pour approvisionner sa petite épicerie non loin de la Vieille ville, tempère l'optimisme des autres. 

"L'économie est au ralenti à cause des retards dans le payement des salaires", assure-t-elle, alors que le gouvernement paye désormais chaque mois avec deux ou trois semaines de retard ses huit millions de fonctionnaires et retraités.

"Il y a beaucoup de monde dans les allées d'al-Borsa, mais ce sont surtout des gens qui regardent, peu achètent en réalité car ils n'en ont pas les moyens."


Liban: fin de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth

Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
Le silo à grains du port de Beyrouth endommagé quatre jours après une explosion monstrueuse qui a fait plus de 220 morts, le 8 août 2020. (AFP)
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  • Le juge Tarek Bitar a clôturé l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ouvrant la voie à d’éventuels renvois devant le tribunal de dizaines de responsables politiques, militaires et fonctionnaires interrogés
  • L’explosion, provoquée par 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées sans précaution, avait fait plus de 220 morts et est devenue un symbole de l’impunité au Liban, l’enquête ayant été bloquée par l’hostilité politique avant d’être reprise en 2025

BEYROUTH: Le juge chargé du dossier de l'explosion au port de Beyrouth en 2020 a clôturé son enquête, ouvrant la voie à de possibles renvois devant le tribunal des dizaines de personnes auditionnées au cours des investigations, a indiqué lundi une source judiciaire à l'AFP.

"Le juge d'instruction en charge de l'enquête, Tarek Bitar, a clôturé son enquête" près de six ans après l'explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts, a précisé cette source judiciaire.

Le magistrat a transmis le dossier au procureur général de la Cour de cassation pour avis, avant d'éventuels renvois devant le tribunal, a ajouté cette source.

Près de 70 personnes, dont des personnalités politiques, des responsables des services de sécurité et de l'armée ainsi que des fonctionnaires, avaient été convoquées au cours de l'enquête, a détaillé la source judiciaire. Certaines d'entre elles avaient refusé de répondre aux convocations du juge et d'être interrogées.

Le dossier judiciaire de la déflagration du port est devenu un symbole de l'impunité, le juge d'instruction ayant dû interrompre son enquête en janvier 2023 face à l'hostilité d'une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah qui accusait le magistrat de partialité.

Il avait été poursuivi un temps pour insubordination, mais avait pu reprendre son enquête début 2025 après l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement et d'un nouveau président qui avaient promis de préserver l'indépendance de la justice.

Considérée comme l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, l'explosion du port avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.

La cargaison de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, transportée à bord d'un navire, le Rhosus, était arrivée au port de Beyrouth en novembre 2013.

Les autorités portuaires avaient stocké cette marchandise dans un entrepôt délabré, selon des responsables libanais, tandis que le Rhosus, immobilisé après le lancement de poursuites contre le propriétaire, avait coulé dans le port en 2018.

Un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait jeté l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres.


L'Iran a attaqué un pétrolier du Koweït à Dubaï, aucun blessé

L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
L’Iran attaque des pays voisins avec des missiles et des drones depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre le pays. (photo d’archives AFP)
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  • L’Iran est accusé d’avoir attaqué par drone un pétrolier koweïtien au large de Dubaï, provoquant un incendie et des dégâts matériels, sans faire de victimes parmi les membres d’équipage
  • Cette attaque s’inscrit dans une escalade régionale depuis fin février, avec des frappes iraniennes contre des infrastructures du Golfe et un fort ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, impactant les marchés énergétiques mondiaux

KOWEIT: L'Iran a conduit une attaque "directe et malveillante" contre un pétrolier sous pavillon koweïtien au niveau du port de Dubaï, aux Emirats arabes unis, sans faire de blessés, a rapporté mardi l'agence de presse koweïtienne.

Le pétrolier "était entièrement chargé au moment de l'incident. L'attaque a causé des dégâts matériels sur la coque du navire et un incendie à bord, avec un risque de marée noire dans les eaux environnantes", a écrit l'agence Kuna, citant la société pétrolière nationale Kuwait Petroleum Corporation.

Il n'y a eu aucun blessé, de même source.

Les autorités de l'émirat ont confirmé qu'un pétrolier koweïtien avait été ciblé par un drone dans les eaux de Dubaï, ce qui a provoqué un incendie. Une équipe d'intervention est finalement venue à bout de l'incendie, ont-elles fait savoir un peu plus de deux heures après leur premier message sur X.

Les membres d'équipage du navire sont en sécurité, a ajouté le bureau de presse de Dubaï.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février par des frappes américano-israéliennes en Iran, Téhéran frappe régulièrement des infrastructures de pays du Golfe, et bloque en partie le détroit d'Ormuz par lequel transite en temps de paix environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le trafic y a chuté d'environ 95% depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler. Les répercussions se font sentir sur l'ensemble des marchés énergétiques mondiaux.


Liban/Finul: réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies mardi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. (AFP)
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  • La Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence à la demande de la France après la mort de Casques bleus de la FINUL au Liban
  • Paris condamne fermement les tirs, appelle à protéger le personnel onusien et pointe des incidents impliquant Israël dans un contexte de tensions avec le Hezbollah

Nations unies, États-Unis: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi à 10H00 (14H00 GMT) une réunion d'urgence demandée par la France après la mort de plusieurs Casques bleus au Liban, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé plus tôt dans la journée cette requête de la France à la suite des "incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul", la force de maintien de la paix de l'ONU au Liban.

La France "condamne avec la plus grande fermeté les tirs" qui ont causé dimanche et lundi la mort de trois Casques bleus de la Finul, a-t-il ajouté sur X.

Cette force, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.

Depuis, la Finul a essuyé des tirs à plusieurs reprises.

"La France condamne également les graves incidents subis hier (dimanche) par le contingent français de la Finul dans la zone de Naqoura", a ajouté le ministre français.

"Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l'armée israélienne à l'encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables, d'autant plus que les procédures de déconfliction avaient été respectées", a-t-il estimé, soulignant que ces condamnations avaient "été signifiées avec la plus grande fermeté à l'ambassadeur d'Israël à Paris".

Jean-Noël Barrot a enfin exhorté toutes les parties à respecter la sécurité du personnel onusien.

Lors de la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël à l'automne 2024, la Finul avait déjà accusé les troupes israéliennes de tirs "répétés" et "délibérés" sur ses positions.

La Finul est déployée entre le fleuve Litani et la frontière libano-israélienne, et son quartier général est installé à Ras al-Naqoura, près de la frontière avec Israël.

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue près de la ville frontalière d'Adchit Al Qusayr. Lundi, deux autres soldats ont été tués dans "une explosion d'origine inconnue" près de Bani Hayyan, autre ville frontalière, et plusieurs autres ont été blessés.