Iran : la franco-iranienne Fariba Adelkhah s'exprime 18 mois après son arrestation

La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah  (Photo, Thomas ARRIVE/AFP).
La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah (Photo, Thomas ARRIVE/AFP).
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Publié le Samedi 05 décembre 2020

Iran : la franco-iranienne Fariba Adelkhah s'exprime 18 mois après son arrestation

  • « J’aimerais ici avoir une pensée pour mes interlocutrices et interlocuteurs, nombreux, sur plus de trente ans de métier, qui à un moment ou un autre m’ont ouvert la porte de leur maison, ainsi que de leur cœur, et partagé avec moi leur expérience », écri
  • Spécialiste du chiisme et de l'Iran post-révolutionnaire à Sciences Po Paris, Adelkhah a a été arrêtée le 5 juin 2019 à Téhéran, tout comme son compagnon Roland Marchal

PARIS: La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah, retenue depuis 18 mois en Iran, a rendu hommage samedi à ses proches, ses codétenues à la prison d'Evin et à tous ses interlocuteurs au cours de ses recherches, dans un rare message public.

« J’aimerais ici avoir une pensée pour mes interlocutrices et interlocuteurs, nombreux, sur plus de trente ans de métier, qui à un moment ou un autre m’ont ouvert la porte de leur maison, ainsi que de leur cœur, et partagé avec moi leur expérience », écrit-elle dans ce texte mis en ligne par son comité de soutien (https://faribaroland.hypotheses.org/9559), un an et demi jour pour jour après son attestation.

Spécialiste du chiisme et de l'Iran post-révolutionnaire à Sciences Po Paris, Adelkhah a a été arrêtée le 5 juin 2019 à Téhéran, tout comme son compagnon Roland Marchal, spécialiste réputé de l'Afrique venu lui rendre visite.

Ce dernier a été libéré en mars dans le cadre d'un échange de prisonniers. Mais la chercheuse, née en Iran en 1959 et vivant en France depuis 1977, a été condamnée le 16 mai à cinq ans de prison pour « collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale » et « propagande contre le système » politique de la République islamique, des accusations montées de toutes pièces selon son comité de soutien. 

Longtemps détenue à la prison d'Evin, à Téhéran, elle est depuis le 3 octobre en résidence surveillée dans la capitale iranienne, sous le contrôle d'un bracelet électronique. 

Les arrestations d'étrangers, notamment de binationaux, se sont multipliées en Iran depuis le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018 et le rétablissement de lourdes sanctions américaines contre Téhéran.

Adelkhah cite, parmi ses nombreux contacts en Iran dans le cadre de ses recherches, « responsables politiques, religieux, voire militaires, marchands du bazar, collègues et universitaires, étudiants, ami(e)s, famille et autres connaissances » ou « simples citoyens », en espérant que son arrestation n'a pas eu de conséquences pour eux.

« Une pensée aussi pour toutes ces femmes que j'ai connues durant ma détention et que j’ai laissées derrière les barreaux dans la section de femmes », poursuit Fariba Adelkhah.

« Enfin une pensée pour mon compagnon, Roland, dont le pays m’a tout donné (...) et notamment un travail qui m’a permis de grandir en gardant mon autonomie et ma liberté d’esprit (quel beau cadeau !) tandis que mon pays lui a pris neuf mois de sa vie, tout simplement pour avoir été un chercheur », ajoute-t-elle.

Fariba Adelkhah plaide à cette occasion une nouvelle fois pour la liberté de la recherche, dont elle a fait un combat personnel, sous le slogan « Sauvons la recherche, sauvons l'histoire pour sauver la liberté ».


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.

 


Des explosions retentissent dans le sud de Beyrouth

Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
Une banderole à l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accrochée devant un magasin dans une rue jonchée de débris de bâtiments, sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 25 mars 2026. (AFP)
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  • Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah
  • Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités

BEYROUTH: Des explosions ont retenti dans le sud de Beyrouth aux premières heures de vendredi, selon des journalistes de l'AFP, des médias locaux et l'agence de presse officielle libanaise faisant état de frappes israéliennes.

Des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud de la capitale libanaise, considérée par Israël comme un fief du mouvement pro-iranien Hezbollah. On ignore à ce stade si la frappe a fait des victimes dans cette zone visée régulièrement par l'armée israélienne.

Habituellement densément peuplée, cette zone s'est largement vidée de ses habitants depuis le début des hostilités.

Quelques heures plus tard, l'armée israélienne a lancé un appel à évacuer aux habitants d'un village du sud du pays et à se déplacer vers le nord de la rivière Zahrani, car "les activités du Hezbollah poussent l'armée israélienne à prendre des mesures fermes contre eux dans le village".

Le Liban a été entraîné dans la guerre début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne en Iran le 28 février.

Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le mouvement islamiste, ce dernier a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes qui mènent une incursion terrestre dans le sud du Liban.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi soir qu'Israël était en train d'élargir une "zone tampon" au Liban pour "éloigner la menace des missiles" du Hezbollah.

Le mouvement a déclaré que ses combattants poursuivaient leurs attaques contre les troupes israéliennes dans le sud du Liban tôt vendredi matin.

Jeudi, les médias officiels ont fait état de frappes israéliennes meurtrières sur plusieurs zones du sud du pays. Le Hezbollah a revendiqué plus de 90 attaques contre des cibles israéliennes à l'intérieur du Liban et de l'autre côté de la frontière.

De son côté, l'armée israélienne a déclaré jeudi que deux soldats avaient été tués dans le sud du Liban, tandis que les services d'urgence israéliens ont indiqué qu'une roquette tirée depuis le Liban avait tué un homme dans la région de Nahariya, au nord d'Israël.

Selon les autorités libanaises, les frappes israéliennes menées depuis le 2 mars ont fait au moins 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus d'un million de personnes ont été déplacées.