Selon l’Unicef, des millions d'enfants en Turquie et en Syrie ont besoin d'aide, cent jours après le séisme

Des personnes transportant de la nourriture, sur un chemin boueux, à côté de tentes données par l'organisation humanitaire turque Turk Kizilay. (Fichier/AFP)
Des personnes transportant de la nourriture, sur un chemin boueux, à côté de tentes données par l'organisation humanitaire turque Turk Kizilay. (Fichier/AFP)
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Publié le Mercredi 17 mai 2023

Selon l’Unicef, des millions d'enfants en Turquie et en Syrie ont besoin d'aide, cent jours après le séisme

  • Près de quatre millions d'élèves ont dû interrompre leurs études après cette catastrophe
  • L’Unicef lance un appel pour lever 172,7 millions de dollars pour la Syrie et 85,4 millions de dollars pour la Turquie

AMMAN: Plus de six millions d'enfants en Turquie et en Syrie ont toujours besoin d'aide humanitaire cent jours après les tremblements de terre dévastateurs de février, a averti mercredi le Fonds international d'urgence pour l'enfance des Nations unies (Unicef).

Le tremblement de terre et les répliques du 6 février ont laissé des milliers d'enfants sans abri et sans accès aux services de première nécessité, tels que l'eau potable, la scolarité et les soins médicaux.

«À la suite des tremblements de terre, les enfants de ces deux pays ont connu des pertes de proches et des peines inimaginables», a déclaré la directrice générale de l'Unicef, Catherine Russell.

«Les tremblements de terre ont frappé des zones où de nombreuses familles étaient déjà d’une très grande vulnérabilité. Les enfants ont perdu leur famille et leurs proches, ont vu leurs maisons, leurs écoles ainsi que leurs communautés dévastées. Toute leur vie est bouleversée», a-t-elle ajouté.

Les enfants vulnérables dans les zones touchées sont de plus en plus exposés à la violence et au mariage ou au travail forcé, ce qui risque de compromettre leur formation éducative.

Près de quatre millions d'enfants scolarisés, dont plus de 350 000 enfants réfugiés et migrants, ont vu leur scolarité perturbée par le tremblement de terre.

L'Unicef a ajouté que de nombreuses familles dans les zones touchées connaissaient déjà de grandes difficultés avant la catastrophe, 40 % des ménages turcs dans la zone du séisme vivant en dessous du seuil de pauvreté. Sans un soutien local et international soutenu, ce chiffre pourrait atteindre plus de 50 %, selon les estimations.

Par ailleurs, en Syrie, les enfants souffrent déjà à cause de la guerre qui dure depuis douze ans, a détruit les infrastructures et a grandement perturbé les services publics. Le fort tremblement de terre de février a causé des dommages supplémentaires aux écoles, aux hôpitaux et à d'autres institutions vitales.

Les infrastructures d'approvisionnement en eau et d'assainissement ont également été gravement endommagées en Syrie, exposant 6,5 millions de personnes au danger de contracter des maladies d'origine hydrique comme le choléra.

«Les impacts à long terme de la catastrophe, notamment la flambée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, combinée à la perte des moyens de subsistance et de l'accès aux services, pousseront des centaines de milliers d'enfants plus profondément dans la pauvreté», a ajouté Catherine Russell.

«À moins que l'aide financière et les services essentiels ne soient prioritaires pour ces enfants et leurs familles, dans le cadre du plan de relance immédiat et à long terme, les enfants seront plus exposés au risque d'exploitation et d'abus», a-t-elle déploré.

L'Unicef a appelé la communauté internationale à veiller à ce que les besoins des enfants soient assurés dans le cadre des allocations de financement, appelant à la poursuite des investissements en faveur des plus marginalisés.

L'agence onusienne lance un appel pour 172,7 millions de dollars (un dollar = 0,92 euros) pour mettre en œuvre son plan de réponse immédiate au tremblement de terre en Syrie. À ce jour, 78,1 millions de dollars ont été reçus, et les besoins en matière de nutrition, de santé et d'éducation manquent gravement de financement.  

En Turquie, l'Unicef a encore besoin de plus de 85 millions de dollars dans le cadre d'un appel de fonds de 196 millions de dollars, en vue de fournir des services cruciaux aux enfants dans le besoin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.