Grèce: Fort de sa victoire, Mitsotakis appelle à de nouvelles élections

Le Premier ministre grec et chef du parti de droite Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis (Photo, AFP).
Le Premier ministre grec et chef du parti de droite Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 23 mai 2023

Grèce: Fort de sa victoire, Mitsotakis appelle à de nouvelles élections

  • Kyriakos Mitsotakis a qualifié cette victoire de «séisme politique» et ouvert la voie à de nouvelles élections législatives
  • Son parti a recueilli 40,8% des suffrages, selon des résultats définitifs

ATHÈNES: Le Premier ministre grec sortant, Kyriakos Mitsotakis, qui a remporté une large victoire aux élections législatives, a appelé lundi à un nouveau scrutin afin de tenter de s'assurer une majorité absolue.

Le dirigeant du parti de droite Nouvelle-Démocratie (ND) a assuré vouloir des élections "le plus vite possible", "peut-être le 25 juin" lors d'une entrevue avec la présidente de la République, Katerina Sakellaropoulou.

Grand vainqueur du vote de dimanche, son parti a recueilli 40,8% des suffrages, selon des résultats définitifs.

Son principal rival, Syriza dirigé par l'ancien chef de gouvernement Alexis Tsipras, qui incarna l'espoir de la gauche radicale en Europe lors de son accession au pouvoir en 2015, a essuyé un sévère revers avec 20% des voix.

Le parti socialiste Pasok-Kinal, arrivé troisième, s'adjuge 11,5% des suffrages.

Triomphant dimanche soir, Kyriakos Mitsotakis a qualifié cette victoire de "séisme politique" et ouvert la voie à de nouvelles élections législatives.

Pas de coalition

Car malgré l'ampleur de sa victoire, le dirigeant de 55 ans, aux commandes de la Grèce depuis 2019, rate de peu la majorité absolue: son camp obtient 146 sièges de députés. Il lui en fallait cinq de plus pour pouvoir former un gouvernement seul.

Le prochain scrutin se déroulera selon un système électoral différent. Le parti vainqueur obtiendra alors un "bonus" pouvant aller jusqu'à 50 sièges. De quoi lui garantir une majorité absolue, selon ses calculs.

Selon la procédure prévue par la Constitution, la présidente a toutefois confié lundi à Kyriakos Mitsotakis un mandat pour tenter de bâtir une coalition.

Mais comme il l'avait annoncé, il le lui a rendu quelques heures plus tard, assurant ne voir aucune possibilité de former un gouvernement en l'état actuel.

La cheffe de l'Etat doit maintenant confier ce mandat à Syriza. Elle recevra à cet effet Alexis Tsipras mardi en matinée. Ce dernier devrait lui aussi le lui rendre dans la foulée.

Des mandats similaires seront ensuite confiés aux trois autres partis représentés dans le nouveau Parlement, sans aucune chance non plus d'aboutir. Devant cette impasse, un haut magistrat sera nommé Premier ministre par intérim et de nouvelles élections convoquées.

Lundi, la presse grecque oscillait entre le "choc et l'admiration" comme le titrait le quotidien de gauche Efsyn.

M. Mitsotakis lui-même a reconnu que "la grande victoire" avait "dépassé nos propres attentes".

Sur Syngtama, la principale place du centre d'Athènes, des Grecs étaient partagés lundi matin entre espoir et déception.

"Nous espérons que la Grèce va aller beaucoup mieux" maintenant, commentait Maria, 68 ans, saluant en M. Mitsotakis un responsable "qui a une reconnaissance mondiale".

Plus loin, Christina Papadopoulou, employée dans le secteur privé et sympathisante de Syriza, se disait, elle, "déçue par toute la gauche quel que soit le parti" et "par la société grecque, par ses valeurs et ses principes".

Alexis Tsipras, qui a largement recentré Syriza ces dernières années, essuie un lourd échec, lui qui avait promis le "changement".

Alors que les spéculations vont bon train concernant son avenir à la tête d'une formation qu'il dirige depuis quinze ans, l'intéressé a assuré qu'il ne jetterait pas l'éponge.

"Je suis là. Je n'abandonnerai pas (...) au milieu d'un combat difficile", a-t-il promis lundi.

Les Grecs ne lui ont en fait jamais pardonné d'avoir croisé le fer avec l'Union européenne lors des négociations houleuses pour l'octroi d'un plan de sauvetage en 2015 avant de capituler et de prendre de drastiques mesures d'austérité dont les effets dévastateurs se font encore sentir.

Autre perdant de ce scrutin: l'ex-flamboyant ministre des Finances de M. Tsipras, Yanis Varoufakis, qui n'est pas parvenu à conserver son siège de député.

Étrillé pour sa gestion jugée calamiteuse de la catastrophe ferroviaire qui a fait 57 morts fin février, Kyriakos Mitsotakis n'aura finalement pas été sanctionné par les électeurs. Au contraire ceux-ci se sont montrés sensibles à son bilan économique.

Chômage en baisse

Chômage en baisse, croissance de près de 6% l'an dernier, retour des investissements et envolée du tourisme, l'économie grecque a repris des couleurs après les années de crise et de plans de sauvetage.

Mais la baisse du pouvoir d'achat et les difficultés à boucler les fins de mois restent les principales préoccupations des Grecs qui doivent composer avec de bas salaires.

En 2022, l'inflation a frôlé les 10%, aggravant encore les difficultés. Et le pays ploie toujours sous une dette publique de plus de 170% de son PIB.

Les contempteurs de M. Mitsotakis lui reprochent toutefois une dérive autoritaire. Son mandat a été émaillé de scandales, des écoutes illégales aux refoulements de migrants en passant par les violences policières.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.