La crise soudanaise va-t-elle provoquer une nouvelle vague migratoire hors d'Afrique?

Un homme porte un enfant alors que des réfugiés en provenance du Soudan traversent l'Éthiopie à Métemma, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
Un homme porte un enfant alors que des réfugiés en provenance du Soudan traversent l'Éthiopie à Métemma, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 mai 2023

La crise soudanaise va-t-elle provoquer une nouvelle vague migratoire hors d'Afrique?

  • La majorité des personnes déplacées au Soudan fuient à l'intérieur du pays ou vers les pays africains voisins
  • Selon les experts, il est peu probable que le pays connaisse des déplacements de population de l'ampleur de ceux de l'Ukraine, de la Libye ou de la Syrie

JUBA, SUD-SOUDAN: Des milliers de civils dans les villes et villages du Soudan ont été forcés de fuir ces dernières semaines pour échapper à l'aggravation du conflit dans le pays, qui entame son deuxième mois, faisant craindre une nouvelle crise mondiale des réfugiés.

Les premiers affrontements entre d'anciens alliés, les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire, ont dégénéré en combats violents, provoquant le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Les hôpitaux ont été submergés par le nombre de blessés, et l’interruption des services publics de base et les pénuries de matériel médical ont contraint le personnel médical à refuser même les personnes gravement malades.

Parallèlement, les pénuries de nourriture, de carburant, d'électricité et d'eau potable, ajoutées à l'effondrement de l'économie et à la détérioration de l'ordre public, ont contraint des communautés entières à plier bagage et à partir en quête de sécurité et d’aide humanitaire.

Des passagers fuyant le Soudan déchiré par la guerre entrent en Égypte par le port terrestre d'Argeen, le 12 mai 2023 (Photo, AFP).

Au cours des quatre premières semaines de la crise, environ 200 000 personnes ont fui le Soudan, tandis que 700 000 autres ont été déplacées à l'intérieur du pays. L'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'attend à ce que 860 000 réfugiés et rapatriés fuient le pays d'ici au mois d'octobre, ce qui fait craindre aux responsables politiques européens un nouvel afflux de migrants, qui risquent de faire le périlleux voyage vers le nord pour atteindre leurs côtes.

L'Europe a été contrainte de faire face à la question des migrations de masse en 2015, lorsque des centaines de milliers de personnes fuyant la guerre, la pauvreté et la persécution en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie ont traversé la Méditerranée.

Plus récemment, le continent a accueilli des millions d'Ukrainiens fuyant l'invasion russe. Ce phénomène a accru la pression sur un continent déjà confronté à l’augmentation des prix de l’énergie due aux pénuries de gaz.

Cependant, peu d'experts prévoient que l'Europe verra le même nombre de migrants du fait de la crise au Soudan. La plupart s'attendent plutôt à ce que la majorité d'entre eux soient déplacés à l'intérieur du pays ou s'installent dans les pays africains voisins.

«Certains réfugiés tenteront de gagner l’Europe, mais je ne pense pas qu'il y aura une migration massive vers l'Europe pour le moment», a déclaré à Arab News Namira Negm, directrice de l'Observatoire des migrations africaines au Maroc.

«La migration va certainement augmenter, mais il ne s’agira pas d’une migration de masse. Il faut d'abord s'occuper des migrations vers les pays voisins.»

EN CHIFFRES

• 116 995 demandeurs d'asile pour la première fois en provenance du Soudan dans la zone UE+ au cours du pic de 2015.

• Plus de 860 000 réfugiés et rapatriés devant fuir le Soudan d'ici octobre, selon le HCR.

• 445 millions de dollars de fonds nécessaires pour aider les personnes déplacées jusqu'en octobre 2023, selon le HCR.

Néanmoins, de nombreux Européens craignent que tout nouvel afflux de migrants ne pèse davantage sur les ressources des pays d'accueil et ne déclenche une montée des sentiments anti-immigrés et un soutien aux mouvements populistes de droite.

En réponse aux précédentes vagues de migration, plusieurs pays européens ont adopté des politiques d'immigration draconiennes, rendant plus difficile l'obtention de l'asile et du droit de rester pour les nouveaux arrivants. Ceux qui essayent encore d'atteindre l'Europe sont confrontés à des voyages dangereux, notamment des voyages en mer dans des embarcations souvent fragiles et surchargés.

«Pour atteindre l'Europe, il faudrait emprunter des itinéraires de migration périlleux et coûteux, impliquant souvent des traversées maritimes dangereuses et le risque d'être exploité et abusé par des trafiquants d'êtres humains», a indiqué à Arab News, Franck Duvell, chercheur principal à l'Université Osnabruck, en Allemagne.

«Les chiffres pourraient augmenter un peu, mais je ne vois plus ces réseaux et ces itinéraires. Il est devenu dangereux et de plus en plus difficile de se rendre dans l'ouest de la Libye, c'est pourquoi un nombre croissant de personnes poursuivent leur voyage jusqu'en Tunisie.»

«Je ne vois pas les Soudanais se rendre jusqu'en Tunisie, c'est tout simplement trop loin, trop cher, trop dangereux... Même si les chiffres augmentent, le nombre total restera relativement faible», a-t-il ajouté.

Le nombre de migrants était déjà en hausse avant le début du conflit le mois dernier. Plus de 36 000 personnes sont arrivées du Soudan dans la région méditerranéenne de l'Europe entre janvier et mars, soit près de deux fois plus qu'au cours de la même période en 2022, selon les derniers chiffres du HCR.

Le Soudan connaît depuis des années un cycle de coups d'État et de contre-coups violents. Le dernier en date, en octobre 2021, a entraîné le renversement d'un gouvernement civil de transition par une junte militaire dirigée par les deux factions qui s'affrontent actuellement.

Depuis le début d'une transition politique précaire en 2019, après l'éviction du président autocratique de longue date Omar el-Béchir, le Soudan est en proie à une instabilité politique et économique, ce qui pousse de nombreux citoyens à chercher refuge à l'extérieur du pays.

Selon le Bureau européen d'appui en matière d'asile de l’Union européenne (EASO), les ressortissants soudanais représentaient le cinquième groupe de demandeurs de protection internationale dans l'UE en 2020, avec plus de 34 000 nouvelles demandes. Il s'agit d'une augmentation significative par rapport à l'année précédente, qui comptait environ 18 000 nouvelles demandes.

Une crise économique, caractérisée par une forte inflation, une dévaluation de la monnaie nationale et des pénuries de produits de base, avait déjà provoqué une augmentation de la pauvreté et du chômage au Soudan avant le début de ce dernier conflit le 15 avril.

Les Soudanais ne sont pas les seuls à devoir se déplacer. Avant le début des combats, le Soudan accueillait plus d'un million de réfugiés, dont 300 000 dans la capitale Khartoum, qui avaient fui le Sud-Soudan, l'Éthiopie et l'Érythrée. Nombre d'entre eux rentrent aujourd'hui chez eux ou cherchent refuge ailleurs dans la région, ou même plus loin.

Des réfugiés du Soudan qui ont traversé l'Éthiopie se reposent à Métemma, le 5 mai 2023 (Photo, AFP).

Si la crise au Soudan s'éternise, à l'instar de la guerre civile syrienne, il n'est pas exclu qu'un grand nombre de réfugiés soudanais cherchent la sécurité en Europe.

«Un conflit prolongé pourrait créer des incertitudes indésirables», a révélé à Arab News Thirsa de Vries, spécialiste du Soudan au sein de l'organisation néerlandaise pour la paix PAX.

«C'est pourquoi il est également important que la communauté internationale s'engage avec les différents acteurs susceptibles d'être impliqués, ou travaille avec les pays voisins dans le but de fermer les couloirs de contrebande d'armes», a-t-elle ajouté.

La possibilité qu'un grand nombre de réfugiés soudanais tentent d'atteindre l'Europe souligne également l'importance de la coopération entre les pays dans la gestion des flux migratoires.

Abdullahi Hassan, chercheur à l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International et spécialiste du Soudan, a souligné l'importance de garantir la sécurité et la stabilité des pays d'accueil et d'origine.

«Avec une planification et des ressources adéquates, il est possible d'offrir des itinéraires sûrs et organisés aux personnes cherchant refuge», a-t-il expliqué à Arab News.

Il a indiqué que la réponse à la crise au Soudan ne devait pas se concentrer uniquement sur les migrations, ajoutant qu’elle «doit au contraire donner la priorité à la protection des civils et à l'accès à l'aide humanitaire».

«L'UE et ses États membres devraient user de leur influence, tant dans la région qu'au Soudan, pour s'assurer qu'ils s'engagent directement auprès des parties au conflit afin de protéger les civils et les infrastructures civiles, de favoriser l'accès immédiat et sans restriction des acteurs humanitaires et de faire pression sur les autorités soudanaises pour autoriser des voies de sortie sûres pour les personnes qui tentent de fuir le conflit», a-t-il ajouté.

Alors que les combats continuent de faire rage, les factions soudanaises en guerre ont tenu des pourparlers en Arabie saoudite pour discuter d'un cessez-le-feu, mais ont clairement indiqué qu'elles ne négocieraient pas la fin du conflit.

Malgré les défis posés par la violence, les organisations humanitaires s'efforcent de fournir de l'aide aux personnes touchées par la crise au Soudan. Mais les attaques contre les travailleurs humanitaires et le pillage du matériel de secours ont rendu de plus en plus difficile l'acheminement de l'aide aux communautés dans le besoin, ce qui pourrait à son tour affecter la réponse des pays donateurs.

Une vue aérienne montre de la fumée noire et un incendie sur le marché d'Omdurman, au Soudan, le 17 mai 2023 (Capture d’écran, Reuters).

Certaines organisations «ont évacué leur personnel international, en particulier celles qui se trouvaient dans les zones les plus touchées», a affirmé Faith Kasina, porte-parole du HCR, à Arab News, soulignant les risques et les limites de la fourniture d'aide pendant les conflits armés.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a indiqué le 5 mai qu'au moins 190 enfants ont été tués et 1 700 blessés depuis le début des combats au Soudan. Alors qu'un cessez-le-feu provisoire a permis aux pays étrangers d'évacuer leurs ressortissants du pays au cours des dernières semaines, les citoyens soudanais continuent d'endurer de lourdes épreuves.

Plusieurs médias, dont la BBC, le Washington Post et Al-Jazeera, ont interviewé des citoyens soudanais qui ont déclaré que leurs passeports étaient bloqués dans des ambassades étrangères, les laissant ainsi piégés dans leur propre pays.

Selon Hassan d’Amnesty International, les pays étrangers devraient mettre en place des procédures d'évacuation sûres et les factions belligérantes devraient «cesser d'attaquer les travailleurs humanitaires».

Il a toutefois ajouté que les cas d'attaques contre les travailleurs et de pillage de matériel d'aide «ne devraient pas être une excuse pour retirer le financement».

«La réponse à la crise au Soudan est complètement différente de celle que l'Ukraine a reçue, par exemple, lorsque le conflit a commencé dans ce pays», a indiqué Hassan.

«Les pays européens devraient néanmoins fournir des voies d'accès sûres et régulières à l'Europe pour les personnes demandant une protection internationale... Il incombe à l'UE et aux États membres de veiller à la disponibilité de ces voies d'accès.»

Cependant, le public en Europe semble être majoritairement hostile aux réfugiés. L'Italie et le Royaume-Uni ont été récemment critiqués pour leurs politiques d'immigration strictes, qui, selon les organisations humanitaires, pourraient faire tomber davantage de réfugiés dans les filets des gangs de passeurs.

À la mi-avril, l'Italie a adopté une loi visant à freiner l'immigration clandestine, prévoyant des peines plus sévères pour les personnes reconnues coupables de traite d'êtres humains et supprimant les permis de séjour pour les migrants confrontés à des risques humanitaires.

Cette décision a été critiquée par les organisations de recherche et de sauvetage, qui ont prévenu qu'elle entraînerait une augmentation du nombre de morts en mer Méditerranée, notamment pour les migrants qui cherchent des itinéraires illégaux vers l'Europe.

Le gouvernement britannique a été accusé de discrimination raciale dans sa politique d'accueil des réfugiés. Les experts en immigration soulignent que, bien que des centaines de milliers de visas aient été accordés aux réfugiés ukrainiens, il n'existe aucun plan, ni aucun itinéraire sûr, pour aider ceux qui fuient la violence au Soudan.

En définitive, la meilleure façon d'éviter les crises migratoires est de contribuer à ce que tous les pays d'Afrique soient en mesure d'offrir à leurs citoyens une qualité de vie décente.

«La cause première est le manque de développement ; les gens perdent espoir dans leur pays et finissent par émigrer vers d'autres pays», a précisé Negm, directrice de l'Observatoire africain des migrations, à propos de l'importance de la stabilité en Afrique.

«S'ils ont une bonne vie dans leur pays d'origine, ils ne penseront pas à partir.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La prix Nobel Narges Mohammadi libérée sous caution et soignée à Téhéran, selon ses soutiens

Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale". (AP)
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  • Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré
  • Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche

PARIS: Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023 emprisonnée en Iran depuis décembre, et dont la santé s'était gravement détériorée, a été libérée sous caution et transférée dimanche à Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale".

Militante des droits humains âgé de 54 ans, Mme Mohammadi se bat depuis plus de vingt ans contre la peine de mort et le port obligatoire du voile pour les femmes, en critiquant régulièrement le régime qui gouverne l'Iran depuis la révolution islamique de 1979.

Elle a été arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad (est) pour avoir à nouveau, lors d'une cérémonie funéraire, critiqué les autorités religieuses iraniennes, et depuis son emprisonnement à Zandjan (nord), son état de santé s'est gravement détérioré.

Les autorités iraniennes l'ont finalement libérée et elle a été transférée à Téhéran pour recevoir un traitement médical, a annoncé sa fondation dimanche.

Mme Mohammadi "a bénéficié d'une suspension de peine contre une caution importante", a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans en dévoiler le montant.

La prix Nobel a été transférée en ambulance vers un hôpital de Téhéran "pour être soignée par sa propre équipe médicale", a encore précisé la fondation.

Son avocat iranien, Mostafa Nili, a confirmé sur X qu'elle avait été transférée à Téhéran dimanche matin "à la suite d'une ordonnance suspendant son exécution de peine pour raisons médicales".

"La vie de Narges Mohammadi ne tient qu'à un fil", a déclaré son époux, Taghi Rahmani, qui réside à Paris, dans un communiqué.

"Bien qu'elle soit actuellement hospitalisée suite à une grave défaillance de son état de santé, un transfert temporaire est insuffisant. Narges ne doit en aucun cas être renvoyée dans les conditions qui ont altéré sa santé", a-t-il ajouté.

"Le monde est témoin" 

Sa fondation a déclaré qu'elle avait besoin de soins spécialisés et qu'il fallait "s'assurer qu'elle ne retourne jamais en prison pour purger les 18 années restantes de sa peine".

Narges Mohammadi a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Après la dernière, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital de Zandjan pour y être soignée.

Son comité de soutien à Paris a alors assuré qu'elle risquait de mourir. Elle a perdu 20 kg en prison, a des difficultés à s'exprimer et est devenue "méconnaissable" par rapport à son état avant sa dernière arrestation, a affirmé mardi son avocate parisienne, Chirinne Ardakani.

L'avocate a évoqué à ce sujet le sort du dissident chinois et prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mort en détention médicale en 2017, et celui de l'opposant russe Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024.

Jeudi, les Etats-Unis avaient exhorté l'Iran à la libérer, pour "lui fournir les soins dont elle a besoin. Le monde est témoin", avait écrit sur les réseaux sociaux Riley Barnes, le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des droits humains.

Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises condamnée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.

Sa dernière arrestation remonte à avant le déclenchement d'un vaste mouvement de contestation contre le pouvoir, auquel celui-ci aurait répondu en faisant des milliers de morts.

En février, elle a été condamnée à six ans de prison de plus pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Elle avait alors mené une grève de la faim d'une semaine pour réclamer le droit de téléphoner.

Les deux jumeaux de Mme Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui vivent et étudient à Paris, n'ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans et ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était en prison.

 


Netanyahu: la guerre n'est «pas finie», il faut «retirer» l'uranium iranien

La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche. (AFP)
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  • M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël
  • "Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans"

WASHINGTON: La guerre en Iran n'est "pas finie" car il faut encore "retirer d'Iran" les stocks d'uranium enrichi, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS, lors d'une interview diffusée dimanche.

La guerre "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie, car il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran", a-t-il dit, ajoutant qu'il restait également "des sites d'enrichissement à démanteler".

Interrogé pour savoir comment il comptait "sortir" l'uranium d'Iran, il a déclaré: "On y va et on le sort."

"Ce que le président Trump m'a dit, c'est: +Je veux y aller." Et je pense que c'est physiquement possible. Ce n'est pas là le problème. Si on a un accord, qu'on y va et qu'on le sort, pourquoi pas? C'est la meilleure solution", a-t-il ajouté.

"On finira par le récupérer (...) on le surveille de près", a déclaré le président américain dans une interview séparée diffusée dimanche, enregistrée plus tôt dans la semaine.

"Si quelqu'un s'approche de l'endroit, on le saura, et on le fera sauter", a-t-il ajouté auprès de la journaliste indépendante Sharyl Attkisson.

441 kilos 

Le sort de l'uranium enrichi détenu par l'Iran est l'un des enjeux au coeur des discussions entre Téhéran et Washington en vue d'une paix durable.

Les dernières données publiques disponibles remontent à juste avant la guerre des Douze jours de juin 2025.

Selon les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran disposait alors de 441 kilos d'uranium enrichi à 60%, proche du seuil des 90% permettant de fabriquer la bombe nucléaire, de 180 kilos enrichis à 20% et de plus de 6 tonnes à 5%.

Le stock de 60% était réparti sur trois sites: Fordo, Natanz et Ispahan.

Depuis les frappes israélo-américaines de juin 2025 puis celles de cette année, le sort de ce stock reste incertain en l'absence d'inspections de l'AIEA: est-il enfoui comme l'affirme Téhéran? Une partie a-t-elle été déplacée, détruite?

"Si c'est l'Agence internationale de l'énergie atomique qui se charge (de récupérer l'uranium, NDLR), ça nous va aussi", a dit le ministre américain de l'Energie Chris Wright dans une autre interview à CBS dimanche.

"Comme un échafaudage"

Benjamin Netanyahu a dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage", des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il répondu.

"L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

Alors que le président Trump se rend cette semaine en Chine, il a dit savoir que Pékin soutenait l'arsenal militaire de Téhéran.

"La Chine donne un certain soutien, en particulier des composants de fabrication de missiles", a-t-il déclaré, refusant d'en dire plus.

M. Netanyahu a évalué à 3,8 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros) l'aide que son pays reçoit chaque année de Washington et dit vouloir réduire ce montant "à zéro", au moment où des voix s'élèvent aux Etats-Unis pour dénoncer le soutien à Israël.

"Je crois qu'il est temps que nous apprenions à nous passer de ce soutien militaire", a-t-il estimé. "Commençons dès maintenant et avançons sur 10 ans".

 


L'Arabie Saoudite remporte un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes

L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
L’Arabie Saoudite entre pour la première fois au Comité exécutif de la FIJ, renforçant sa présence dans les instances médiatiques internationales. (SPA)
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  • L’Arabie Saoudite a obtenu pour la première fois un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), via l’élection d’Adhwan Al-Ahmari, président de l’Association des journalistes saoudiens
  • Cette élection, dans un contexte très compétitif (148 pays en lice pour seulement 16 sièges), reflète une reconnaissance internationale accrue de la position du Royaume dans le secteur des médias

PARIS: L'Arabie Saoudite a réalisé un nouvel exploit en remportant un siège au Comité exécutif de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette étape est une première du genre dans l'histoire de la présence du Royaume au sein de cette entité médiatique internationale, grâce à l'élection du président de l'Association des journalistes saoudiens, Adhwan Al-Ahmari, en tant que représentant du Royaume au sein du Comité.

Cette victoire intervient dans un contexte de forte compétition internationale au sein de la fédération, à laquelle ont participé plus de 148 pays pour les sièges proposés. Seuls 16 pays ont réussi à remporter l'adhésion au Comité exécutif, ce qui reflète l'ampleur de la confiance internationale dont jouit l'Arabie Saoudite et sa position croissante dans le secteur des médias et de la presse.

Cette réalisation renforce la présence saoudienne dans les institutions médiatiques internationales et ouvre la voie à une plus grande participation à la prise de décision concernant la profession de journaliste à l'échelle mondiale, tout en transmettant l'expérience médiatique saoudienne sur les plateformes internationales.