La crise soudanaise va-t-elle provoquer une nouvelle vague migratoire hors d'Afrique?

Un homme porte un enfant alors que des réfugiés en provenance du Soudan traversent l'Éthiopie à Métemma, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
Un homme porte un enfant alors que des réfugiés en provenance du Soudan traversent l'Éthiopie à Métemma, le 4 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 mai 2023

La crise soudanaise va-t-elle provoquer une nouvelle vague migratoire hors d'Afrique?

  • La majorité des personnes déplacées au Soudan fuient à l'intérieur du pays ou vers les pays africains voisins
  • Selon les experts, il est peu probable que le pays connaisse des déplacements de population de l'ampleur de ceux de l'Ukraine, de la Libye ou de la Syrie

JUBA, SUD-SOUDAN: Des milliers de civils dans les villes et villages du Soudan ont été forcés de fuir ces dernières semaines pour échapper à l'aggravation du conflit dans le pays, qui entame son deuxième mois, faisant craindre une nouvelle crise mondiale des réfugiés.

Les premiers affrontements entre d'anciens alliés, les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire, ont dégénéré en combats violents, provoquant le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Les hôpitaux ont été submergés par le nombre de blessés, et l’interruption des services publics de base et les pénuries de matériel médical ont contraint le personnel médical à refuser même les personnes gravement malades.

Parallèlement, les pénuries de nourriture, de carburant, d'électricité et d'eau potable, ajoutées à l'effondrement de l'économie et à la détérioration de l'ordre public, ont contraint des communautés entières à plier bagage et à partir en quête de sécurité et d’aide humanitaire.

Des passagers fuyant le Soudan déchiré par la guerre entrent en Égypte par le port terrestre d'Argeen, le 12 mai 2023 (Photo, AFP).

Au cours des quatre premières semaines de la crise, environ 200 000 personnes ont fui le Soudan, tandis que 700 000 autres ont été déplacées à l'intérieur du pays. L'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'attend à ce que 860 000 réfugiés et rapatriés fuient le pays d'ici au mois d'octobre, ce qui fait craindre aux responsables politiques européens un nouvel afflux de migrants, qui risquent de faire le périlleux voyage vers le nord pour atteindre leurs côtes.

L'Europe a été contrainte de faire face à la question des migrations de masse en 2015, lorsque des centaines de milliers de personnes fuyant la guerre, la pauvreté et la persécution en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie ont traversé la Méditerranée.

Plus récemment, le continent a accueilli des millions d'Ukrainiens fuyant l'invasion russe. Ce phénomène a accru la pression sur un continent déjà confronté à l’augmentation des prix de l’énergie due aux pénuries de gaz.

Cependant, peu d'experts prévoient que l'Europe verra le même nombre de migrants du fait de la crise au Soudan. La plupart s'attendent plutôt à ce que la majorité d'entre eux soient déplacés à l'intérieur du pays ou s'installent dans les pays africains voisins.

«Certains réfugiés tenteront de gagner l’Europe, mais je ne pense pas qu'il y aura une migration massive vers l'Europe pour le moment», a déclaré à Arab News Namira Negm, directrice de l'Observatoire des migrations africaines au Maroc.

«La migration va certainement augmenter, mais il ne s’agira pas d’une migration de masse. Il faut d'abord s'occuper des migrations vers les pays voisins.»

EN CHIFFRES

• 116 995 demandeurs d'asile pour la première fois en provenance du Soudan dans la zone UE+ au cours du pic de 2015.

• Plus de 860 000 réfugiés et rapatriés devant fuir le Soudan d'ici octobre, selon le HCR.

• 445 millions de dollars de fonds nécessaires pour aider les personnes déplacées jusqu'en octobre 2023, selon le HCR.

Néanmoins, de nombreux Européens craignent que tout nouvel afflux de migrants ne pèse davantage sur les ressources des pays d'accueil et ne déclenche une montée des sentiments anti-immigrés et un soutien aux mouvements populistes de droite.

En réponse aux précédentes vagues de migration, plusieurs pays européens ont adopté des politiques d'immigration draconiennes, rendant plus difficile l'obtention de l'asile et du droit de rester pour les nouveaux arrivants. Ceux qui essayent encore d'atteindre l'Europe sont confrontés à des voyages dangereux, notamment des voyages en mer dans des embarcations souvent fragiles et surchargés.

«Pour atteindre l'Europe, il faudrait emprunter des itinéraires de migration périlleux et coûteux, impliquant souvent des traversées maritimes dangereuses et le risque d'être exploité et abusé par des trafiquants d'êtres humains», a indiqué à Arab News, Franck Duvell, chercheur principal à l'Université Osnabruck, en Allemagne.

«Les chiffres pourraient augmenter un peu, mais je ne vois plus ces réseaux et ces itinéraires. Il est devenu dangereux et de plus en plus difficile de se rendre dans l'ouest de la Libye, c'est pourquoi un nombre croissant de personnes poursuivent leur voyage jusqu'en Tunisie.»

«Je ne vois pas les Soudanais se rendre jusqu'en Tunisie, c'est tout simplement trop loin, trop cher, trop dangereux... Même si les chiffres augmentent, le nombre total restera relativement faible», a-t-il ajouté.

Le nombre de migrants était déjà en hausse avant le début du conflit le mois dernier. Plus de 36 000 personnes sont arrivées du Soudan dans la région méditerranéenne de l'Europe entre janvier et mars, soit près de deux fois plus qu'au cours de la même période en 2022, selon les derniers chiffres du HCR.

Le Soudan connaît depuis des années un cycle de coups d'État et de contre-coups violents. Le dernier en date, en octobre 2021, a entraîné le renversement d'un gouvernement civil de transition par une junte militaire dirigée par les deux factions qui s'affrontent actuellement.

Depuis le début d'une transition politique précaire en 2019, après l'éviction du président autocratique de longue date Omar el-Béchir, le Soudan est en proie à une instabilité politique et économique, ce qui pousse de nombreux citoyens à chercher refuge à l'extérieur du pays.

Selon le Bureau européen d'appui en matière d'asile de l’Union européenne (EASO), les ressortissants soudanais représentaient le cinquième groupe de demandeurs de protection internationale dans l'UE en 2020, avec plus de 34 000 nouvelles demandes. Il s'agit d'une augmentation significative par rapport à l'année précédente, qui comptait environ 18 000 nouvelles demandes.

Une crise économique, caractérisée par une forte inflation, une dévaluation de la monnaie nationale et des pénuries de produits de base, avait déjà provoqué une augmentation de la pauvreté et du chômage au Soudan avant le début de ce dernier conflit le 15 avril.

Les Soudanais ne sont pas les seuls à devoir se déplacer. Avant le début des combats, le Soudan accueillait plus d'un million de réfugiés, dont 300 000 dans la capitale Khartoum, qui avaient fui le Sud-Soudan, l'Éthiopie et l'Érythrée. Nombre d'entre eux rentrent aujourd'hui chez eux ou cherchent refuge ailleurs dans la région, ou même plus loin.

Des réfugiés du Soudan qui ont traversé l'Éthiopie se reposent à Métemma, le 5 mai 2023 (Photo, AFP).

Si la crise au Soudan s'éternise, à l'instar de la guerre civile syrienne, il n'est pas exclu qu'un grand nombre de réfugiés soudanais cherchent la sécurité en Europe.

«Un conflit prolongé pourrait créer des incertitudes indésirables», a révélé à Arab News Thirsa de Vries, spécialiste du Soudan au sein de l'organisation néerlandaise pour la paix PAX.

«C'est pourquoi il est également important que la communauté internationale s'engage avec les différents acteurs susceptibles d'être impliqués, ou travaille avec les pays voisins dans le but de fermer les couloirs de contrebande d'armes», a-t-elle ajouté.

La possibilité qu'un grand nombre de réfugiés soudanais tentent d'atteindre l'Europe souligne également l'importance de la coopération entre les pays dans la gestion des flux migratoires.

Abdullahi Hassan, chercheur à l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International et spécialiste du Soudan, a souligné l'importance de garantir la sécurité et la stabilité des pays d'accueil et d'origine.

«Avec une planification et des ressources adéquates, il est possible d'offrir des itinéraires sûrs et organisés aux personnes cherchant refuge», a-t-il expliqué à Arab News.

Il a indiqué que la réponse à la crise au Soudan ne devait pas se concentrer uniquement sur les migrations, ajoutant qu’elle «doit au contraire donner la priorité à la protection des civils et à l'accès à l'aide humanitaire».

«L'UE et ses États membres devraient user de leur influence, tant dans la région qu'au Soudan, pour s'assurer qu'ils s'engagent directement auprès des parties au conflit afin de protéger les civils et les infrastructures civiles, de favoriser l'accès immédiat et sans restriction des acteurs humanitaires et de faire pression sur les autorités soudanaises pour autoriser des voies de sortie sûres pour les personnes qui tentent de fuir le conflit», a-t-il ajouté.

Alors que les combats continuent de faire rage, les factions soudanaises en guerre ont tenu des pourparlers en Arabie saoudite pour discuter d'un cessez-le-feu, mais ont clairement indiqué qu'elles ne négocieraient pas la fin du conflit.

Malgré les défis posés par la violence, les organisations humanitaires s'efforcent de fournir de l'aide aux personnes touchées par la crise au Soudan. Mais les attaques contre les travailleurs humanitaires et le pillage du matériel de secours ont rendu de plus en plus difficile l'acheminement de l'aide aux communautés dans le besoin, ce qui pourrait à son tour affecter la réponse des pays donateurs.

Une vue aérienne montre de la fumée noire et un incendie sur le marché d'Omdurman, au Soudan, le 17 mai 2023 (Capture d’écran, Reuters).

Certaines organisations «ont évacué leur personnel international, en particulier celles qui se trouvaient dans les zones les plus touchées», a affirmé Faith Kasina, porte-parole du HCR, à Arab News, soulignant les risques et les limites de la fourniture d'aide pendant les conflits armés.

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a indiqué le 5 mai qu'au moins 190 enfants ont été tués et 1 700 blessés depuis le début des combats au Soudan. Alors qu'un cessez-le-feu provisoire a permis aux pays étrangers d'évacuer leurs ressortissants du pays au cours des dernières semaines, les citoyens soudanais continuent d'endurer de lourdes épreuves.

Plusieurs médias, dont la BBC, le Washington Post et Al-Jazeera, ont interviewé des citoyens soudanais qui ont déclaré que leurs passeports étaient bloqués dans des ambassades étrangères, les laissant ainsi piégés dans leur propre pays.

Selon Hassan d’Amnesty International, les pays étrangers devraient mettre en place des procédures d'évacuation sûres et les factions belligérantes devraient «cesser d'attaquer les travailleurs humanitaires».

Il a toutefois ajouté que les cas d'attaques contre les travailleurs et de pillage de matériel d'aide «ne devraient pas être une excuse pour retirer le financement».

«La réponse à la crise au Soudan est complètement différente de celle que l'Ukraine a reçue, par exemple, lorsque le conflit a commencé dans ce pays», a indiqué Hassan.

«Les pays européens devraient néanmoins fournir des voies d'accès sûres et régulières à l'Europe pour les personnes demandant une protection internationale... Il incombe à l'UE et aux États membres de veiller à la disponibilité de ces voies d'accès.»

Cependant, le public en Europe semble être majoritairement hostile aux réfugiés. L'Italie et le Royaume-Uni ont été récemment critiqués pour leurs politiques d'immigration strictes, qui, selon les organisations humanitaires, pourraient faire tomber davantage de réfugiés dans les filets des gangs de passeurs.

À la mi-avril, l'Italie a adopté une loi visant à freiner l'immigration clandestine, prévoyant des peines plus sévères pour les personnes reconnues coupables de traite d'êtres humains et supprimant les permis de séjour pour les migrants confrontés à des risques humanitaires.

Cette décision a été critiquée par les organisations de recherche et de sauvetage, qui ont prévenu qu'elle entraînerait une augmentation du nombre de morts en mer Méditerranée, notamment pour les migrants qui cherchent des itinéraires illégaux vers l'Europe.

Le gouvernement britannique a été accusé de discrimination raciale dans sa politique d'accueil des réfugiés. Les experts en immigration soulignent que, bien que des centaines de milliers de visas aient été accordés aux réfugiés ukrainiens, il n'existe aucun plan, ni aucun itinéraire sûr, pour aider ceux qui fuient la violence au Soudan.

En définitive, la meilleure façon d'éviter les crises migratoires est de contribuer à ce que tous les pays d'Afrique soient en mesure d'offrir à leurs citoyens une qualité de vie décente.

«La cause première est le manque de développement ; les gens perdent espoir dans leur pays et finissent par émigrer vers d'autres pays», a précisé Negm, directrice de l'Observatoire africain des migrations, à propos de l'importance de la stabilité en Afrique.

«S'ils ont une bonne vie dans leur pays d'origine, ils ne penseront pas à partir.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.