Cisjordanie: Le bloc soutenu par le Hamas remporte les élections à l'université de Birzeit

Les élections à l'université de Birzeit sont devenues un baromètre de l'évolution de l'opinion politique palestinienne (Photo, Twitter/@BirzeitU).
Les élections à l'université de Birzeit sont devenues un baromètre de l'évolution de l'opinion politique palestinienne (Photo, Twitter/@BirzeitU).
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Publié le Jeudi 25 mai 2023

Cisjordanie: Le bloc soutenu par le Hamas remporte les élections à l'université de Birzeit

  • Le Fatah et le Hamas ont échangé des critiques sur leurs politiques respectives, révélant des divisions profondes entre les deux partis en Cisjordanie et dans la bande de Gaza
  • Le Fatah, dirigé par Abbas, a dénoncé le séjour des dirigeants du Hamas dans des hôtels cinq étoiles au Qatar, malgré la crise financière

RAMALLAH: Le Bloc islamique affilié au Hamas a remporté l'élection annuelle du conseil étudiant de l'université de Birzeit mercredi, battant ses rivaux soutenus par le Fatah.

Avec un taux de participation de 76,7%, le bloc soutenu par le Hamas a remporté 25 sièges avec 4 481 voix, tandis que le bloc soutenu par le Fatah n'a obtenu que 20 sièges avec 3 539 voix.

Le bloc des étudiants de gauche a obtenu 942 voix et six sièges.

Lors de débats intenses le 23 mai, le Fatah et le Hamas ont échangé des critiques sur leurs politiques respectives, révélant des divisions profondes entre les deux partis en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Les discussions ont également porté sur leurs programmes au service des étudiants.

Hamas contre Fatah

Les élections à l'université de Birzeit sont devenues un baromètre de l'évolution de l'opinion publique politique palestinienne, où le Fatah et le Hamas se livrent une lutte acharnée et dépensent des dizaines de milliers de dollars pour financer les campagnes électorales en dépit de la crise financière.

Le Hamas a critiqué le Fatah au sujet de la coordination sécuritaire avec Israël, de la corruption et de la piètre performance du président Mahmoud Abbas.

Le Fatah, dirigé par Abbas, s'en est pris au Hamas pour le séjour de ses dirigeants dans des hôtels cinq étoiles au Qatar malgré la crise financière, et a appelé ses rivaux à lever l'interdiction des élections des conseils d'étudiants dans les universités de la bande de Gaza.

Le Bloc islamique a dirigé le conseil des étudiants ces dernières années, tandis que le bloc du Fatah estime qu'il paie le prix des erreurs de l'Autorité palestinienne en termes de corruption, de népotisme et de coordination sécuritaire avec Israël.

Par ailleurs, le Hamas a remporté les élections organisées à l'université nationale An-Najah de Naplouse le 16 mai par 40-38, soit une faible marge de deux sièges.

Ghassan al-Khatib, vice-président de l'université de Birzeit, a déclaré à Arab News qu'en l'absence de tout autre sondage, le vote du conseil est un indicateur fiable des tendances de l'opinion publique palestinienne en raison de «la crédibilité, l'intégrité et la démocratie des élections».

En tant qu'université libérale, «nous cherchons à habituer nos étudiants à la vie démocratique, au pluralisme et à l'acceptation d'autres opinions. C'est pourquoi ces élections sont considérées comme le meilleur exercice pratique de compétition démocratique», a-t-il précisé.

M. Al-Khatib a ajouté que les débats étaient plus intenses cette année que les années précédentes, mettant en évidence les compétences et l'intelligence des étudiants.

«C'est un jour essentiel pour l'université de Birzeit, où la concurrence est intense. C'est le seul lieu où se manifeste la liberté de pensée politique», a-t-il indiqué.

Les étudiants de Birzeit sont libres de toute offre d'emploi susceptible d'influencer leur vote et participent au processus électoral dans une atmosphère démocratique et avec une grande intégrité, selon les experts.

Le Fatah et le Hamas déploient des efforts considérables pour remporter les élections, ce qui peut les aider à renforcer leur discours politique.

Amer Hamdan, militant des droits de l'homme à Naplouse, a indiqué à Arab News que la concurrence entre les blocs d'étudiants dans les universités palestiniennes se poursuit à l'intérieur des murs de l'université, ce qui constitue un indicateur raisonnable du niveau de soutien dont jouissent les factions palestiniennes au sein du public.

La plupart des étudiants adoptent la position politique de leur famille lorsqu'ils votent aux élections universitaires, a-t-il expliqué.

M. Hamdan a signalé que le Bloc islamique du Hamas à l’université de Birzeit avait bénéficié des erreurs commises par ses rivaux soutenus par le Fatah lors des élections de l’université An-Najah il y a une semaine.

Les militants du Fatah ont tiré en l'air devant le campus et ont essayé de déformer l'image des candidats du bloc du Hamas sur les réseaux sociaux, prétendument avec l'aide des services de sécurité de l'Autorité palestinienne.

Birzeit : une position unique

L'université de Birzeit a été créée en 1973 en tant qu'université publique non gouvernementale. Elle est considérée comme l'une des plus anciennes universités palestiniennes réputées de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Elle a formé d'éminents dirigeants politiques dans les domaines de l'économie et de la gestion d'entreprise.

L'université est le seul endroit en Cisjordanie qui permet au Hamas de promouvoir ses activités et sa politique sans restrictions imposées par l'Autorité palestinienne.

L'université de Birzeit propose 36 programmes de licence dans diverses disciplines, 13 programmes de master et trois programmes de doctorat. Elle emploie 450 enseignants.

Des étudiants de Cisjordanie et quelques centaines de Palestiniens vivant en Israël y étudient. Et la plupart des dirigeants palestiniens y obtenu leur diplôme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.