Dialoguer en temps de guerre: le dilemme d'écrivains ukrainiens et russes

Sur cette image fournie par l'écrivain Artem Chapeye, un militaire en service actif dans les forces armées ukrainiennes, Chepeye pose pour une photo dans un lieu non divulgué près d'une caserne militaire en Ukraine le 25 mai 2023. Quand les bombes tombent, les artistes des deux camps peuvent-ils encore se parler ? (AFP).
Sur cette image fournie par l'écrivain Artem Chapeye, un militaire en service actif dans les forces armées ukrainiennes, Chepeye pose pour une photo dans un lieu non divulgué près d'une caserne militaire en Ukraine le 25 mai 2023. Quand les bombes tombent, les artistes des deux camps peuvent-ils encore se parler ? (AFP).
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Publié le Dimanche 28 mai 2023

Dialoguer en temps de guerre: le dilemme d'écrivains ukrainiens et russes

  • Trois écrivains ukrainiens, dont deux sont militaires, devaient se rendre en mai au «World Voices festival» organisé à New York par l'association, mais ont protesté contre la présence d'écrivains russes
  • L'un d'entre eux, Artem Chapeye, soldat dans la police militaire, dit qu'apparaître aux côtés d'écrivains russes pourrait être perçu comme déloyal par ses supérieurs et camarades

WASHINGTON : Le dialogue est-il possible entre écrivains de part et d'autre d'un conflit?

C'est la question qui a secoué le dernier festival de Pen America, après que l'association de défense de la liberté d'expression a invité des écrivains ukrainiens et russes dissidents à y participer en même temps.

Trois écrivains ukrainiens, dont deux sont militaires, devaient se rendre en mai au "World Voices festival" organisé à New York par l'association, mais ont protesté contre la présence d'écrivains russes.

L'un d'entre eux, Artem Chapeye, soldat dans la police militaire, dit qu'apparaître aux côtés d'écrivains russes pourrait être perçu comme déloyal par ses supérieurs et camarades.

"Je réalise que ces personnes ne soutiennent pas le gouvernement de (Vladimir) Poutine, mais j'ai des obligations en tant que soldat", explique-t-il à l'AFP.

Volodymyr Yermolenko, président de la branche ukrainienne de l'association internationale, assure lui ne pas croire en la possibilité d'un dialogue en temps de guerre.

Difficile de "s'asseoir aux côtés de représentants russes, alors que nos amis peuvent mourir sous les balles russes", dit-il.

Face à l'impossibilité de trouver un compromis, deux écrivains russes et Masha Gessen, journaliste du New Yorker, ont annulé leur participation à l'événement.

La romancière russe Anna Nemzer -- qui a fui la Russie après l'invasion de l'Ukraine -- parle d'une solution douloureuse, mais assure accepter le refus des Ukrainiens de dialoguer avec des Russes.

"J'ai ce maudit passeport, et avec ma langue, avec le fait que j'ai vécu là-bas toute ma vie, je fais partie de tout ceci, je ne peux pas y échapper", regrette-t-elle.

"C'est un piège, c'est injuste, mais comment puis-je seulement utiliser le mot 'injuste' quand nous savons ce qu'est l'injustice: les bombes qui pleuvent".

Liberté d'expression

Masha Gessen, qui a émigré de Moscou dans son enfance, a démissionné du conseil d'administration de Pen America en signe de protestation.

"Pour moi, une organisation qui défend la liberté d'expression ne peut pas boycotter la parole de quelqu'un", a expliqué Masha Gessen à la chaîne de télévision russe en exil, Dojd.

La directrice de Pen America, Suzanne Nossel, a dit regretter l'incident. "Nous aurions dû avoir une meilleure approche".

Plus tôt dans le mois, une dispute similaire avait éclaté à Tartu, en Estonie, après que deux poètes ukrainiens ont refusé de participer à un festival littéraire car Linor Goralik, une célèbre autrice russe, y était invitée.

"Les crimes de guerre perpétrés en Ukraine le sont au nom de la culture russe", dit la poétesse ukrainienne Olena Huseinova pour expliquer son refus de s'exprimer lors du festival.

"Si j'étais une représentante de la culture russe, je ne trouverais pas la force de parler, je serais trop honteuse", ajoute Mme Huseinova, qui a fui Kiev en février 2022 avec pour seules affaires les vêtements qu'elle portait.

Boycott?

Ces désaccords illustrent la difficulté pour les organisations internationales d'afficher leur soutien à l'Ukraine tout en collaborant avec des dissidents russes.

Alors que de nombreux artistes ont fui la Russie, d'autres sont restés, ont continué à exprimer leur opposition et font face à du harcèlement, des menaces et des arrestations.

Après l'invasion de l'Ukraine en février 2022, Suzanne Nossel avait appelé à ne pas boycotter sans distinction la culture russe.

"Les dialogues culturels avec des Russes indépendants d'esprit sont essentiels pour éclairer la crise actuelle et trouver des moyens de la surmonter", écrivait-elle dans le Wall Street Journal.

Pour Georgy Urushadze, ancien directeur du principal prix littéraire russe et qui a fui la Russie, il est aussi de son devoir de "publier des livres qui saisissent la tristesse de la réalité russe".

"C'est important maintenant et cela sera important pour les historiens dans le futur", assure-t-il.

Dans ce contexte, comment envisager un dialogue entre artistes ukrainiens et russes, même après la fin de la guerre?

Pour Volodymyr Yermolenko, président de Pen Ukraine, cela dépendra de s'"il y a une démarche de repentance, de vraie repentance".


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.