Une ministre française recadre Djokovic après son message sur le Kosovo

Le Serbe Novak Djokovic sert face à l'américain Aleksandar Kovacevic lors de leur match en simple masculin lors de la deuxième journée de l'Open de tennis de Roland-Garros au Court Philippe-Chatrier à Paris le 29 mai 2023 (Photo, Emmanuel DUNAND / AFP).
Le Serbe Novak Djokovic sert face à l'américain Aleksandar Kovacevic lors de leur match en simple masculin lors de la deuxième journée de l'Open de tennis de Roland-Garros au Court Philippe-Chatrier à Paris le 29 mai 2023 (Photo, Emmanuel DUNAND / AFP).
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

Une ministre française recadre Djokovic après son message sur le Kosovo

  • Lundi, Novak Djokovic avait écrit sur la caméra: «Le Kosovo est le coeur de la Serbie. Stop à la violence»
  • Le joueur a refusé d'entrer dans la polémique avec le ministre, opposant un «pas de commentaire» lorsqu'il lui a été demandé son avis

PARIS: Le Serbe Novak Djokovic, auteur à Roland-Garros d'un message "pas approprié" sur les tensions actuelles au Kosovo selon la ministre française des Sports Amélie Oudéa-Castéra, a confirmé mercredi soir ses propos, sans les répéter, car ils reflètent ce qu'il "pense".

Le message du Serbe Novak Djokovic après son premier match à Roland-Garros sur les tensions actuelles au Kosovo n'était "pas approprié" et "il ne faut pas que ça recommence", a mis en garde mercredi matin la ministre française des Sports Amélie Oudéa-Castéra.

Le joueur a refusé d'entrer dans la polémique avec le ministre, opposant un "pas de commentaire" lorsqu'il lui a été demandé son avis sur ces critiques, mercredi soir à l'issue de sa victoire au deuxième tour de Roland-Garros.

Lundi, Novak Djokovic avait écrit sur la caméra: "Le Kosovo est le coeur de la Serbie. Stop à la violence".

Un message "militant", "très politique" qui intervenait au moment d'une flambée de violence dans le Nord du Kosovo mettant mis aux prises des manifestants de la minorité serbe et la force de l'Otan qui y est stationnée.

Ces violences ont fait une trentaine de blessés parmi les soldats internationaux et une cinquantaine parmi les protestataires serbes, qui, avec le soutien de Belgrade, refusent de reconnaître l'autorité du gouvernement de Pristina sur l'ancienne province serbe. Depuis la déclaration d'indépendance du Kosovo en 2008, des tensions éclatent régulièrement entre Belgrade et Pristina.

Gilles Moretton, président de la Fédération française de tennis, a clarifié la position des dirigeants du tournoi: "Lorsqu'ils sont en conférence de presse, on ne va pas aseptiser la personnalité des joueurs. Ils ont le droit de s'exprimer dans tout domaine, en revanche, sur le terrain, on a souhaité effectivement que les joueurs n'aient pas de position politique", a-t-il dit.

«Une douleur» pour les Ukrainiens

Interrogée sur France 2 sur la prise de position de Djokovic, dont le père est né au Kosovo, la ministre, ex-directrice de la Fédération française de tennis (FFT), a précisé que la directrice du tournoi Amélie Mauresmo "avait pu échanger avec" Djokovic "et avec son entourage", évoquant le principe "de neutralité du terrain de jeu".

Novak Djokovic doit rejouer en soirée mercredi contre le Hongrois Marton Fucsovics.

Invitée à commenter l'expression de positions politiques pendant ce tournoi du Grand Chelem, comme celles des sportifs ukrainiens depuis l'invasion russe de leur pays, la ministre a souligné qu'elle ne mettait "pas les deux sujets sur le même plan".

"Quand on porte des messages qui sont de la défense des droits de l'homme, des messages qui rapprochent les peuples autour de valeurs universelles, un sportif est libre de le faire", a-t- elle dit. Mais, quand il s'agit d'un message "militant, très politique" comme celui du joueur serbe, "il ne faut pas que cela se reproduise".

A contrario, "ce qui se passe pour les Ukrainiens et Ukrainiennes sur le circuit est tellement douloureux, tellement difficile", a-t-elle expliqué.

Dimanche, l'Ukrainienne Marta Kostyuk n'a pas salué la Bélarusse Aryna Sabalenka à l'issue de leur match, ce qui lui a valu les sifflets du public de Roland-Garros. Elle entendait protester contre la réponse, selon elle trop timide, apportée par les instances du tennis à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et dénoncer le fait que Sabalenka ne prend pas position sur cette invasion.

"On peut comprendre" le geste de la jeune Ukrainienne, "même si on aimerait qu'il y ait toujours du fair-play jusqu'au bout de serrer la main, il y a une douleur qui est là, que je respecte", a ajouté la ministre.

«Soutien à tout le peuple serbe»

Le lendemain, après son match remporté face à l'Américain Aleksandar Kovacevic 6-3, 6-2, 7-6 (7/1), Novak Djokovic, armé de son marqueur, avait inscrit son message en cyrillique sur la caméra du court Philippe-Chatrier.

Le joueur, en quête à Roland-Garros de son 23e Grand Chelem, qui serait un record historique, s'est justifié en conférence de presse devant les journalistes serbes. "C'est un sujet sensible, a-t-il reconnu. Je ressens une responsabilité supplémentaire en tant que personnalité publique et en tant que fils d'un homme né au Kosovo d'apporter mon soutien à tout le peuple serbe. C'est le moins que je puisse faire. Je ne suis pas un politicien et je n'ai pas l'intention d'engager un débat."

De nombreux Serbes considèrent le Kosovo comme leur berceau national et religieux et une minorité y vit toujours.

La charte d'éthique de Roland-Garros proscrit les prises de position politique ou religieuse. Mais la FFT a publié un communiqué assez sibyllin, sans aborder la question d'une éventuelle sanction: "Les débats qui traversent l'actualité internationale s'invitent parfois en marge du tournoi, c'est compréhensible", a simplement déclaré la fédération.


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.