Les astronautes saoudiens de retour sur Terre après une mission spatiale réussie

L’astronaute saoudienne Rayyanah Barnawi utilise la boîte de gants scientifiques pour mener des expériences sur les cellules immunitaires humaines et leur réaction inflammatoire en microgravité. (@astro_rayyanah)
L’astronaute saoudienne Rayyanah Barnawi utilise la boîte de gants scientifiques pour mener des expériences sur les cellules immunitaires humaines et leur réaction inflammatoire en microgravité. (@astro_rayyanah)
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Publié le Mercredi 31 mai 2023

Les astronautes saoudiens de retour sur Terre après une mission spatiale réussie

  • Le voyage de douze heures de la capsule SpaceX Crew Dragon de l’ISS vers la Terre a été suivi en direct par de nombreux citoyens saoudiens
  • Lors de séjour spatial de huit jours, les astronautes ont mené 14 expériences sur la santé humaine et les fluides en microgravité

RIYAD: Les deux astronautes saoudiens Rayyanah Barnawi et Ali al-Qarni, ainsi que les Américains Peggy Whitson et John Schoffner, ont atterri en toute sécurité au large des côtes de la Floride mercredi matin, après avoir achevé avec succès la mission Ax-2, qui a duré huit jours, à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Le voyage de douze heures de la capsule SpaceX Crew Dragon de l’ISS vers la Terre a été suivi en direct par de nombreux citoyens saoudiens, qui ont exprimé leur fierté de voir deux astronautes saoudiens contribuer à la recherche spatiale.

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Après dix jours en orbite, la capsule SpaceX Crew Dragon et l’équipage de l’Ax-2 sont revenus sur Terre. (@SpaceX)

 «J’étais plus inquiète en regardant leur retour sur Terre, car j’ai appris qu’il est souvent difficile pour un vaisseau spatial de rentrer dans l’atmosphère terrestre», raconte Rima, une lycéenne de 15 ans basée à Dhahran. «J’ai veillé toute la nuit pour regarder la retransmission en direct de leur arrivée, et cela en valait la peine. Je me suis sentie fière d’être Saoudienne.»

«Je me sens privilégié de vivre dans un pays qui cherche à autonomiser ses citoyens grâce à un soutien continu sous forme d’initiatives, d’ateliers et de bourses, en travaillant jour et nuit pour marquer les pas des Saoudiens dans tous les domaines», déclare Yasser, 34 ans, ingénieur chimiste basé dans la ville industrielle de Joubaïl.

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Après dix jours en orbite, la capsule SpaceX Crew Dragon et l’équipage de l’Ax-2 sont revenus sur Terre. (@SpaceX)

La princesse Rima bent Bandar al-Saoud, ambassadrice saoudienne aux États-Unis, a tweeté: «Je suis remplie de fierté en regardant nos astronautes et l’équipage de l’Ax-2 revenir sur Terre sains et saufs après leur voyage à l’ISS au cours duquel ils ont mené des expériences scientifiques qui repousseront les limites de l’innovation scientifique et ont inspiré toute une nation à rêver et à explorer.»

Expériences dans l’espace

Barnawi et Al-Qarni ont réalisé 14 expériences pionnières en microgravité, dont trois à des fins éducatives et pédagogiques, avec la participation de 12 000 étudiants saoudiens dans 47 régions différentes du Royaume.

Ces expériences éducatives, conçues pour inciter les élèves à faire preuve d’esprit critique, visaient à démontrer les différences de comportement des fluides sur Terre et en microgravité, à étudier le comportement aérodynamique de différentes formes de cerfs-volants à bord de l’ISS et à mettre en évidence les effets de l’environnement extérieur de l’espace sur les modes de transfert de chaleur existants.

Lors de l’expérience de transfert de chaleur, les astronautes saoudiens ont montré les réactions qui se produisaient dans l’espace en surveillant un fil qui chauffait et se refroidissait, tandis que les élèves observaient et comparaient les différences avec des expériences contrôlées sur Terre.

«Ces expériences éducatives ont pour but de susciter la curiosité des élèves pour les sciences spatiales, car ils sont les futurs scientifiques, astronautes et ingénieurs saoudiens», a affirmé Michaal Alshemimry, ingénieur aérospatial saoudien et conseiller spécial du PDG de la Commission spatiale saoudienne, lors d’une interview accordée à Al-Ekhbariya.

Parmi toutes les expériences réalisées, 11 étaient axées sur le système nerveux, en particulier sur les tissus, les cellules et les molécules, les cellules immunitaires et sur l’ensemencement des nuages à l’aide d’une technologie d’ensemencement de l’eau. Plusieurs de ces expériences ont été conçues par des scientifiques saoudiens dont les projets ont été emmenés dans l’espace par Barnawi et Al-Qarni.

Barnawi, première femme arabe astronaute et chercheuse en cancérologie qui possède une dizaine d’années d'expérience dans la recherche sur les cellules souches, a mené des expériences sur les cellules immunitaires humaines et sur leur réaction inflammatoire dans un environnement de microgravité.

Ces expériences étaient affiliées à l’Hôpital spécialisé et Centre de recherche du roi Faisal du pays, en coopération avec la Commission spatiale saoudienne. L’objectif était de déterminer la réponse des cellules immunitaires et les effets de certains traitements sur les conditions inflammatoires, de comprendre les changements biologiques qui se produisent dans un environnement de microgravité et l’activité des gènes dans les cellules immunitaires exposées à l’inflammation au fil du temps.

Les expériences ont été réalisées sous la supervision de l’équipe de recherche dirigée par le chef du département des molécules et des chercheurs du roi Faisal. Elles ont été menées en plusieurs étapes, en commençant par la préparation de cellules vivantes dans des récipients spéciaux et en les plaçant dans un incubateur de cellules pendant quarante-huit heures pour les adapter aux conditions de microgravité.

La deuxième étape a consisté à ajouter des composés aux propriétés thérapeutiques pour inhiber les enzymes qui stimulent la production de protéines. La troisième étape a été réalisée en ajoutant un catalyseur pour les réactions inflammatoires afin de stimuler les réactions biologiques dans la cellule. Lors de la dernière étape, les échantillons chimiquement traités ou non-traités ont été prélevés et conservés à différents moments dans le but de suivre l’évolution de la durée de vie de l’acide ribonucléique messager (ARNm).

Parallèlement aux travaux menés par Barnawi dans l’espace, le Dr Wijdan al-Ahmadi, de l’Hôpital spécialisé et Centre de recherche du roi Faisal, mènera les mêmes expériences sur Terre en collaboration avec la Nasa. Le Dr Al-Ahmadi analysera les échantillons et comparera les effets et les résultats dans des conditions de microgravité et de grande gravité. Ces expériences ont été réalisées afin de mieux comprendre la santé humaine dans l’espace et d’identifier des biomarqueurs ou des traitements biotechnologiques potentiels pour les maladies inflammatoires sur Terre et en dehors de la planète.

Les expériences sur le système nerveux ont permis d’étudier les changements dans les biomarqueurs sanguins et de mesurer les changements dans la pression intracrânienne, ce qui a permis de mieux comprendre le syndrome neuro-oculaire associé aux vols spatiaux.

D’autres expériences concernant le système nerveux ont été menées pour déterminer les effets d’un environnement de microgravité sur l’activité électrique du cerveau à l’aide d’un électroencéphalogramme portable (EEG). Ces tests ont permis de mesurer le diamètre de la gaine du nerf optique chez les astronautes, ainsi que la perfusion cérébrale et les modifications de la position du cerveau en microgravité.

Ali al-Qarni a également mené un programme de recherche chargé d’explorer diverses techniques d’ensemencement des nuages dans un environnement de microgravité. Dans une chambre de réaction, l’astronaute a combiné des cristaux de sel avec de l’air humide pour voir si des gouttelettes d’eau se formeraient.

Dans le cadre de la contribution continue du Royaume aux sciences spatiales, le ministère de l’Éducation a approuvé que le livre Earth and Space Science soit enseigné dans les écoles à partir de la prochaine année académique. Ce livre permet aux élèves de développer leurs compétences en sciences naturelles et appliquées au niveau secondaire. Le cours constitue en effet une introduction à la relation entre la Terre, l’air, l’espace, l’eau et les organismes vivants.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.