En Guadeloupe, la filière de la canne à sucre, ultra subventionnée, croit en l'avenir

Le sucre de canne est un pilier de l'économie locale depuis la colonisation. (Photo, AFP)
Le sucre de canne est un pilier de l'économie locale depuis la colonisation. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 04 juin 2023

En Guadeloupe, la filière de la canne à sucre, ultra subventionnée, croit en l'avenir

  • Dans cet archipel des Antilles françaises, environ 90% de la production de cannes est livrée aux sucreries, le reste aux distilleries de rhum agricole
  • Cette année, la récolte a bien failli ne pas débuter à cause d'un désaccord autour du prix de la tonne de canne, fixé tous les cinq ans par une convention signée par les industriels, les syndicats agricoles et l’État

POINTE-À-PITRE: La campagne sucrière bat son plein en Guadeloupe où la culture de la canne fait vivre des milliers d'exploitations et alimente deux usines de production de sucre, avec l'aide décisive de la France et de l'Europe.

Dans cet archipel des Antilles françaises, environ 90% de la production de cannes est livrée aux sucreries, le reste aux distilleries de rhum agricole.

Cette année, la récolte a bien failli ne pas débuter à cause d'un désaccord autour du prix de la tonne de canne, fixé tous les cinq ans par une convention signée par les industriels, les syndicats agricoles et l’État.

Wilhem Monrose, érigé en porte-parole d'un collectif de planteurs de cannes de Nord Grande-Terre, a mené une grève à ce sujet juste avant le début de la campagne en avril.

Selon ce producteur, qui assure avoir "renoncé à couper sa canne cette année pour ne pas perdre d'argent", le prix de vente de la tonne ne tient pas compte de l'augmentation du coût de production due notamment au contexte géopolitique mondial.

Cette année, le prix a été fixé à 113 euros maximum la tonne, contre 84 euros l'année précédente. Mais "on estime nous, avec nos calculs, que le montant honnête du prix de la canne serait d'au moins 150 euros", dit M. Monrose.

Après quelques jours de blocage, les négociations ont repris à la mi-avril sous l'égide de l’État. "Il fallait s'accorder sur un prix de base pour sécuriser le démarrage de la campagne sucrière", rappelle le député Olivier Serva, désigné médiateur.

Le sucre de canne est un pilier de l'économie locale depuis la colonisation, au XVIIe siècle: pour cultiver la canne et satisfaire la demande internationale en sucre, les planteurs avaient alors fait venir des milliers d'esclaves aux Antilles.

Depuis l'avènement du sucre de betterave au XIXe siècle, le produit est encore plus concurrencé sur les marchés mondiaux.

Bientôt un sucre bio?

En Guadeloupe, depuis environ dix ans, on produit "45 000 à 50 000 tonnes de sucre sur l'usine Gardel" à Le Moule, au nord-est de Grande-Terre, selon Nicolas Philippot, patron de ce site industriel créé à la fin du XIXe siècle. S'y ajoutent quelque milliers de tonnes issues de l'usine de l'île de Marie-Galante.

A titre de comparaison, dans les autres régions françaises d'Outremer, la Martinique produit 1 500 tonnes et La Réunion environ 150 000.

"De plus en plus, nous nous tournons vers les sucres spéciaux" (de consommation directe, par opposition au sucre en vrac destiné à être raffiné), souligne M. Philippot, précisant que la campagne de 2023 donnera lieu à près de 60% de sucres spéciaux.

Malgré le prix plus élevé de ces sucres - "700 à 800 euros la tonne contre 400 pour la tonne de vrac", selon M. Philippot - cette industrie n'est pas rentable, contrainte par les cours mondiaux du sucre.

La filière, y compris dans sa dimension industrielle, ne tient que par l'argent public, dont les taux de subvention "rapportés au chiffre d'affaires, oscillent entre 80% et 205% pour les sucreries de la Réunion et de Guadeloupe", selon un rapport gouvernemental sur les perspectives de la filière datant de 2021.

La préfecture de Guadeloupe avait expliqué début avril que les soutiens directs de l’État et de l'Europe s'élèveraient annuellement "à 55,6 millions d'’euros dont 27 millions pour les planteurs et 28,6 millions pour les industriels".

Tous les acteurs clament leur attachement à cette filière qui, bien que non rentable, occupe 12 400 hectares (selon le rapport annuel de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer), soit 39% de la surface agricole utile de la Guadeloupe.

"Elle fait vivre une grosse dizaine de milliers de familles en emplois directs", rappelle Ferdy Créantor, président d'une coopérative agricole à Marie-Galante.

"Il ne faut pas s'y méprendre, la filière a un avenir", assure Olivier Serva.

Elle mise notamment sur le lancement d'un sucre bio en Guadeloupe, à l'horizon 2024. Nicolas Philippot étudie ainsi les meilleurs ajustement industriels pour cette production.

Quant à une appellation d'origine, envisagée depuis des années, la réflexion est toujours en cours.


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
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  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".