Le chef de l'Otan appelle de nouveau Erdogan à lever son veto contre la Suède

Une photo prise et diffusée par le service de presse de la République de Turquie le 3 juin 2023 montre le président turc Recep Tayyip Erdogan (C), entouré de son épouse Emine Erdogan, prononçant un discours lors de la cérémonie d'investiture dans le complexe présidentiel d'Ankara. (AFP PHOTO / HANDOUT / SERVICE DE PRESSE DE LA RÉPUBLIQUE DE TURQUIE)
Une photo prise et diffusée par le service de presse de la République de Turquie le 3 juin 2023 montre le président turc Recep Tayyip Erdogan (C), entouré de son épouse Emine Erdogan, prononçant un discours lors de la cérémonie d'investiture dans le complexe présidentiel d'Ankara. (AFP PHOTO / HANDOUT / SERVICE DE PRESSE DE LA RÉPUBLIQUE DE TURQUIE)
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Publié le Lundi 05 juin 2023

Le chef de l'Otan appelle de nouveau Erdogan à lever son veto contre la Suède

  • La Turquie bloque depuis treize mois l'entrée de la Suède dans l'Alliance atlantique en lui reprochant sa mansuétude envers les militants kurdes qu'elle héberge sur son sol
  • Pour M. Stoltenberg, «il est temps» que cette adhésion se confirme avant le sommet de l'Alliance à Vilnius les 11 et 12 juillet

ISTANBUL : Le patron de l'Otan Jens Stoltenberg a appelé dimanche la Turquie à lever ses objections à l'encontre de la Suède qui "a rempli ses obligations" et à finaliser son adhésion à l'Alliance "dès que possible".

M. Stoltenberg, qui a salué "une réunion productive", s'exprimait devant la presse à l'issue de deux heures d'entretien, au palais de Dolmabahce à Istanbul, avec le président Recep Tayyip Erdogan réinvesti la veille pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays.

La Turquie bloque depuis treize mois l'entrée de la Suède dans l'Alliance atlantique, lui reprochant sa mansuétude envers les militants kurdes qu'elle héberge sur son sol.

Pour M. Stoltenberg, "il est temps" que cette adhésion se confirme avant le sommet de l'Alliance à Vilnius les 11 et 12 juillet.

Il a annoncé à cette fin la création d'un "mécanisme permanent" entre l'Otan et la Turquie avec une prochaine réunion "dans la semaine du 12 juin" - sans préciser où elle se tiendra.

"L'adhésion de la Suède à l'Otan renforcera sa sécurité mais elle rendra aussi la Turquie plus forte", a-t-il insisté ajoutant qu'il "compte finaliser l'accession de la Suède le plus tôt possible".

La Turquie reste le seul des 31 Etats membres de l'Otan avec la Hongrie à n'avoir pas encore ratifié cet élargissement après le feu vert donné à la Finlande.

Simultanément, une manifestation anti-Erdogan et contre cette adhésion a eu lieu dimanche à Stockholm, autorisée malgré les protestations d'Ankara à l'initiative d'une "Alliance contre l'Otan", qui inclut notamment le comité Rojava, un groupe de soutien aux groupes armés kurdes en Syrie.

Liberté de réunion 

Pour M. Stoltenberg, "la liberté de réunion est inscrite au coeur des valeurs démocratiques de nos sociétés", mais "les manifestants veulent empêcher la Suède de rejoindre l'Otan: nous ne devons pas les laisser l'emporter", a-t-il affirmé.

Le patron de l'Otan, qui était invité samedi à Ankara à la cérémonie d'investiture du président Erdogan, réélu le 28 mai, a par ailleurs "remercié la Turquie" pour avoir déployé des renforts au Kosovo, en proie à de violentes émeutes.

Ankara participe à la Kfor, la force multinationale emmenée par l'Alliance atlantique au Kosovo, qui a décidé d'envoyer sept cents hommes supplémentaires.

Le nouveau ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, ancien chef du service de renseignement turc MIT, qui succède à Mevlut Cavusoglu, a assisté à l'entretien, selon les photos diffusées par la présidence.

Remplissant une exigence clef d'Ankara, le Parlement suédois a adopté une nouvelle loi entrée en vigueur la semaine dernière, interdisant les activités liées à des groupes extrémistes, renforçant ainsi sa législation sur le terrorisme.

Le chef de la diplomatie suédoise a remarqué à cette occasion que son pays remplissait "toutes les conditions" permettant de lever sans attendre les dernières oppositions.

"La Suède a tenu tous les engagements que nous avons pris au sommet de Madrid l'an dernier, y compris une nouvelle législation sur le terrorisme", a fait valoir Tobias Billström lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan, jeudi à Oslo.

"Le temps est venu pour la Turquie et la Hongrie de commencer à ratifier l'adhésion de la Suède à l'Otan".

En félicitant M. Erdogan pour sa réélection, le président américain Joe Biden lui a également rappelé les attentes de l'Otan concernant la Suède: pour la première fois, il a semblé lier la levée du véto turc et la livraison des avions de combat F-16, réclamés par Ankara.

Depuis, Washington a rétropédalé en affirmant que la Suède n'était pas une condition à la livraison des avions, même si les Etats-Unis ont souhaité également que son adhésion soit actée "d'ici au sommet de l'Otan à Vilnius" .

Souhaité par l'administration américaine, le contrat d'armement pour la livraison de F-16 a jusqu'ici été bloqué par les parlementaires américains, inquiets de l'entre-deux affiché par la Turquie avec la Russie.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.