Retraites: «La défaite n'est pas actée» pour la gauche qui appelle à se mobiliser mardi

La présidente de l'Assemblée nationale française Yael Braun-Pivet (Photo, AFP).
La présidente de l'Assemblée nationale française Yael Braun-Pivet (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 juin 2023

Retraites: «La défaite n'est pas actée» pour la gauche qui appelle à se mobiliser mardi

  • Les syndicats appellent le 6 juin à une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la loi
  • Cet article a été supprimé en commission, mais le groupe Liot compte le réintroduire via un amendement

PARIS: La défaite contre la réforme des retraites "n'est pas actée" pour la gauche qui appelle à une forte mobilisation dans la rue mardi. Objectif : faire pression sur la présidente de l'Assemblée pour qu'elle ne retoque pas une proposition de l'opposition visant à abroger les 64 ans.

Les syndicats appellent le 6 juin à une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la loi, promulguée mi-avril et dont les premiers décrets d'application ont été publiés dimanche au Journal officiel.

Mais les regards sont tournés vers l'Assemblée et sa présidente Yaël Braun-Pivet (Renaissance, parti présidentiel).

Cette dernière va devoir se prononcer pour ou contre l'examen, jeudi dans l'hémicycle, de l'article phare d'une proposition du groupe indépendant Liot qui prévoit de repasser à 62 ans.

Cet article a été supprimé en commission, mais le groupe Liot compte le réintroduire via un amendement. La présidente de l'Assemblée a indiqué, à plusieurs reprises, qu'elle pourrait alors le retoquer.

Raison invoquée : la charge supplémentaire pour les finances publiques, que l'exécutif chiffre à quelque 15 milliards d'euros, un calcul contesté par certains dans l'opposition.

"Si la présidente de l'Assemblée nationale ne veut pas qu'il y ait un vote jeudi, elle va prendre une très lourde responsabilité", prévient dimanche sur le plateau de CNews Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise.

"J'appelle les personnes qui nous écoutent à se mobiliser. Plus on sera nombreux mardi, et moins elle pourra le faire", ajoute le député des Bouches-du-Rhône, exhortant à "augmenter encore le niveau de pression populaire".

Quelque 250 actions sont prévues le 6 juin à travers la France, qui devraient réunir 400.000 à 600.000 personnes - dont 40.000 à 70.000 dans la capitale, selon les autorités.

"La défaite n'est pas actée", prévient l'écologiste Sandrine Rousseau sur Radio J. "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter que la mesure Liot soit supprimée (...) Si la macronie veut passer en force, alors nous monterons la voix".

«Machine à bloquer»

La titulaire du perchoir est plus que jamais sous pression: prise en étau entre son camp qui la pousse à torpiller le texte et les appels des oppositions à ce qu'elle reste une présidente au-dessus de la mêlée.

Si Yaël Braun-Pivet empêche un vote, "ça veut dire qu'elle est devenue l'agent du pouvoir exécutif", estime Clémentine Autain (LFI) dans l'émission Le Grand Jury (RTL-LCI-Le Figaro).

La bataille des retraites "ne cessera jamais", a assuré de son côté le leader LFI Jean-Luc Mélenchon à 20 Minutes, reprochant au camp présidentiel d'être devenu une "machine à bloquer", "quasi antiparlementaire".

"Maintenant, il empêche les députés de voter sur leur propre texte", a-t-il dénoncé, accusant Emmanuel Macron de faire sortir le pays "du cadre de la démocratie".

Le Rassemblement national, également opposé aux 64 ans, Marine Le Pen a aussi interpellé Yaël Braun-Pivet.

"Je lui demande de laisser l’Assemblée voter parce que nous sommes les représentants du peuple français", a-t-elle déclaré sur France 3.

Selon un sondage Ifop réalisé pour le JDD, 57% des Français soutiennent la mobilisation du 6 juin.

Le camp présidentiel reste lui droit dans ses bottes : la proposition de Liot est irrecevable, car elle contrevient à l'article 40 de la Constitution qui interdit aux parlementaires d'aggraver les charges de l'État, martèle-t-il.

Les oppositions "savent très bien que cette proposition de loi n’a pas d’avenir", abonde dimanche sur LCI la députée Renaissance, Prisca Thevenot, son collègue du MoDem Bruno Fuchs taxant ce texte de "populiste".

Mais la pression se fait aussi sentir du côté des syndicats.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a annoncé sur BFMTV avoir demandé "un rendez-vous rapide" à Yaël Braun-Pivet.

L'entourage de la présidente de l'Assemblée a confirmé à l'AFP cette requête.

"Nous avons demandé des précisions. Le caractère d’urgence n’a pas été évoqué. Une réponse favorable lui sera faite", a-t-on ajouté, sans préciser de date à ce stade.

"Rien n'est écrit d'avance (...) Jusqu'ici, on a déjoué tous les pronostics", veut encore croire Sophie Binet.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.