Washington sanctionne encore Pékin, Biden devrait rester ferme

Joe Biden affirme qu'il maintiendra, au moins au début, les tarifs douaniers mis en place par l'administration sortante pour faire pression contre la Chine dans sa guerre commerciale (Photo, AFP)
Joe Biden affirme qu'il maintiendra, au moins au début, les tarifs douaniers mis en place par l'administration sortante pour faire pression contre la Chine dans sa guerre commerciale (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

Washington sanctionne encore Pékin, Biden devrait rester ferme

  • Washington avait déjà imposé de telles sanctions à une quinzaine de responsables hongkongais
  • Dans un climat de Guerre froide, elle a multiplié les attaques ces derniers mois contre Pékin, dénonçant son rôle dans la propagation du Covid-19

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi de nouvelles sanctions contre Pékin, au moment où la fermeté contre la Chine, érigée en « plus grande menace pour la démocratie », semble faire l'objet d'un consensus grandissant entre l'équipe sortante de Donald Trump et la future administration de Joe Biden. 

Le Trésor et le département d'Etat américains ont visé cette fois 14 hauts responsables du Parlement chinois pour leur rôle dans l'adoption d'une loi sur la sécurité nationale controversée qui a « sapé l'autonomie de Hong Kong ». 

Ces vice-présidents du comité permanent du Parlement et les membres de leur famille ne pourront plus entrer sur le territoire américain, tandis que leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis seront gelés et l'accès au système financier américain leur sera bloqué. 

Washington avait déjà imposé de telles sanctions à une quinzaine de responsables hongkongais, dont la cheffe de l'exécutif Carrie Lam, en riposte à l'adoption par Pékin de cette loi draconienne sur la sécurité nationale largement perçue comme une manière de reprendre en main le territoire censé jouir d'une vaste autonomie. Et le président Trump a retiré à Hong Kong le statut commercial préférentiel dont l'ex-colonie britannique bénéficiait auprès des Etats-Unis. 

Le comité permanent du Parlement chinois « a voté à l'unanimité en faveur de la loi sur la sécurité nationale utilisée de manière répétée par Pékin pour museler toute contestation et arrêter ceux qui protestent contre ses politiques oppressives », a déclaré le secrétaire d'Etat Mike Pompeo dans un communiqué. 

Parallèlement, la Chambre des représentants américaine a voté à l'unanimité lundi en faveur d'une mesure visant à accueillir les résidents de Hong Kong aux Etats-Unis pendant une durée de cinq ans, avec le droit de travailler. Le Sénat doit encore se prononcer pour qu'elle puisse entrer en vigueur. 

 « Transition en douceur »  

La police hongkongaise a arrêté lundi trois personnes accusées d'avoir scandé des slogans en faveur « de l'indépendance de Hong Kong" sur un campus universitaire en novembre, dans une nouvelle illustration de l'impact de la loi sur la sécurité nationale sur les libertés dans le territoire, où les poursuites contre les figures pro-démocratie se multiplient. 

Mais le tour de vis de l'administration Trump va bien au-delà. 

Dans un climat de Guerre froide, elle a multiplié les attaques ces derniers mois contre Pékin, dénonçant son rôle dans la propagation du Covid-19, les violations des droits des musulmans ouïghours, la militarisation de la mer de Chine méridionale, la concurrence commerciale déloyale, le vol de propriété intellectuelle ou encore le recours à l'espionnage aux Etats-Unis. 

Washington a encore supprimé vendredi des programmes d'échanges culturels financés par la Chine, les qualifiant d'« outils de propagande ». 

Le bras de fer est mené côté américain par Mike Pompeo qui a clairement désigné le géant asiatique comme l'adversaire stratégique numéro un des Etats-Unis. 

Ce leitmotiv a été repris la semaine dernière par le directeur du renseignement américain, John Ratcliffe, qui a estimé dans une tribune publiée par le Wall Street Journal que la Chine était la « plus grande menace pour la démocratie et la liberté dans le monde ». 

Un mois après l'élection du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé lundi à « une transition en douceur » pour « relancer le dialogue » et « rebâtir la confiance » entre les deux premières puissances mondiales. 

Cet espoir de rapprochement pourrait toutefois buter sur une classe politique américaine de plus en plus méfiante, toutes tendances confondues. 

La tribune de John Ratcliffe, nommé par Donald Trump, a été accueillie par un rare consensus. Les dirigeants républicains et démocrates des commissions du renseignement du Congrès américain ont appuyé à l'unisson sa mise en garde, malgré cette période délicate de transition à Washington entre un président sortant qui refuse de reconnaître sa défaite et un président élu pressé de tourner la page sur de multiples dossiers. 

Autre signe d'une probable continuité dans la confrontation avec Pékin: là où il s'est dit prêt à lever rapidement les sanctions contre l'Iran, dans un virage à 180° par rapport au milliardaire républicain, Joe Biden affirme qu'il maintiendra, au moins au début, les tarifs douaniers mis en place par l'administration sortante pour faire pression contre la Chine dans sa guerre commerciale. 


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.