Liban: Le Parlement fixe au 14 juin la date de l’élection présidentielle

Le président du Parlement libanais, Nabih Berri (au centre), lance la première séance pour élire un nouveau président à Beyrouth le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri (au centre), lance la première séance pour élire un nouveau président à Beyrouth le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 juin 2023

Liban: Le Parlement fixe au 14 juin la date de l’élection présidentielle

  • L’annonce de Nabih Berri intervient alors que les craintes d’une grève des urnes se font de plus en plus vives
  • La Constitution libanaise stipule que les séances du corps électoral restent ouvertes jusqu’à l’élection du président

BEYROUTH : Le président du Parlement, Nabih Berri, a fixé la prochaine séance d’élection du président libanais au 14 juin.

Le mandat de l’ancien président Michel Aoun a pris fin en octobre dernier et aucun successeur n’a été désigné.

L’annonce de lundi est intervenue après que l’opposition disparate du Liban, les partis indépendants et les principaux partis chrétiens ont déclaré dimanche avoir désigné Jihad Azour, responsable du FMI, comme candidat à la présidence, face à Sleiman Frangié, le candidat soutenu par le Hezbollah.

Le Hezbollah et ses alliés insistent sur la nomination de Frangié, le chef du mouvement Marada, à ce poste, dans un contexte de divisions politiques accrues au sujet des qualités nécessaires du prochain président.

Berri avait arrêté de fixer des séances depuis janvier, après 11 séances n’ayant pas abouti à l’élection d’un président.

Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature à la présidence. Il a cependant tenu plusieurs réunions avec des députés de l’opposition, au cours desquelles il a répondu à leurs questions et à leurs préoccupations.

Le résultat de la session d’élection présidentielle est attendu avec impatience lundi.

Mais des fuites ont affirmé que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait informé le patriarche maronite, Bechara Boutros al-Rahi, lors de leur rencontre dimanche, que le parti insistait sur son soutien à Frangié.

Les forces d’opposition attendent avec impatience la position du bloc du Parti socialiste progressiste qui devrait tenir une session cette semaine afin de déterminer l’orientation de son vote lors de la prochaine élection.

Réactions politiques

Le député Hadi Abou al-Hassan, du Parti socialiste progressiste, s’est dit surpris de l’inquiétude manifestée par le Hezbollah et le mouvement Amal à l’égard d’Azour. Il a indiqué que le candidat est «patriotique et ne poignarde pas un partenaire libanais».

«De plus, notre système n’est pas présidentiel et le président ne prend pas de décisions sans tenir compte du Parlement et du gouvernement», a-t-il ajouté.

«Tout accord avec le FMI passe par le Parlement et le gouvernement», a-t-il précisé, ajoutant qu’Azour «n’est pas un candidat provocateur, et nous avons proposé son nom il y a cinq mois».

Le député a déclaré que les forces de l’opposition s’étaient mises d’accord avec le Courant patriotique libre pour désigner Azour.

«Notre nomination (d’Azour) n’était pas une manœuvre, mais une proposition sérieuse au sujet de laquelle nous n’avons pas changé d’avis. Cependant, la question n’est plus de savoir s’il s’agit d’une nomination ou d’un vote, mais de savoir comment préparer l’atmosphère pour Azour afin qu’il atteigne la présidence», a affirmé Abou al-Hassan.

«L’alignement net peut créer une sorte de polarisation qui peut être interprétée comme un défi à l’investiture.»

Le député a suggéré «d’élargir l’éventail de soutiens à Azour et de ne pas assister à des séances qui ressembles aux précédentes afin de nommer un président qui puisse garantir un large consensus».

«Nous avons besoin d’un quorum de 86 députés pour qu’un candidat gagne au premier tour, et d’un quorum de 65 pour qu’un candidat réussisse au second tour. En l’absence de consensus, deux obstacles se dressent sur le chemin d’Azour vers la présidence.

«Le premier est le refus du quorum lors de la deuxième séance, et le second est le sectarisme. C’est-à-dire que les députés chiites du Parlement s’abstiendront de l’élire», a expliqué Abou al-Hassan.

Le député Bilal Abdallah, membre du Rassemblement démocratique, a déclaré : «L’élection d’un président en l’absence d’un consensus chiite-chrétien est impossible.

«Pour combler le vide présidentiel le quorum est nécessaire, et personne n’est en mesure de l’obtenir.»

Le député Kassem Hachem, du bloc du mouvement Amal, a minimisé l’importance de l’accord de l’opposition sur la nomination d’Azour.

Il a déclaré : «Ce qui se passe a pour but d’empêcher Frangié d’accéder à la présidence.»

Le député indépendant Abdelrahmane Bizri a indiqué qu’il étudiait toujours la situation avec les députés Oussama Saad, Charbel Nahas et plusieurs députés du Changement afin de prendre la bonne décision.

«Nous ne voulons pas d’une bataille entre un candidat soutenu par le duo chiite, le Hezbollah et le mouvement Amal, et un candidat soutenu par la majorité chrétienne», a-t-il révélé.

Un observateur politique a exprimé la crainte que certaines forces d’opposition n’aient nommé Azour que pour affronter et renverser Frangié, le candidat des partis chiites, pour ensuite le remplacer par un candidat de consensus plus approprié.

Enjeu national

Dans une déclaration commune, le Conseil national pour mettre fin à l’occupation iranienne du Liban et le rassemblement de la Dame de la Montagne ont déclaré qu’ils rejetaient la «tentative du Hezbollah d’imposer un président au peuple libanais, en violant la Constitution libanaise, ainsi que la diversité politique et sectaire du pays».

La déclaration commune ajoute : «Puisqu’il y a deux candidats à la présidence, il n’y a plus d’excuse politique pour que le président du Parlement ne tienne pas une séance de scrutin continu afin d’élire le président.

«Quiconque entrave le quorum doit porter l’entière responsabilité de la poursuite du vide présidentiel.»

La Constitution libanaise stipule que les séances du corps électoral restent ouvertes jusqu’à l’élection du président.

Elle stipule également qu’avant la fin du mandat du président en exercice (au moins un mois ou au plus deux mois), le Parlement doit se réunir à l’invitation de son Président, pour élire un nouveau président.

«Si le Parlement ne se réunit pas à cette fin, il se réunit de droit le dixième jour précédant la fin du mandat du président.

«Le Parlement convoqué pour élire le président est considéré comme un organe électoral et non comme un organe législatif, et il est tenu de procéder immédiatement à l’élection du président sans discuter d’autres questions.»

Selon la Constitution, le président négocie et conclut les traités internationaux en accord avec le Premier ministre, et ils n’entrent en vigueur qu’après avoir été approuvés par le gouvernement.

Les traités qui impliquent des conditions financières liées à l’État et les traités commerciaux ne peuvent être conclus sans l’approbation du Parlement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Hezbollah dit avoir visé des soldats dans le nord d'Israël avec un drone

Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban. (AFP)
Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne avait signalé en mi-journée qu'une attaque de drone du Hezbollah avait blessé plusieurs civils dans le nord d'Israël. Ces derniers avaient été évacués vers un hôpital
  • L’agence de presse officielle libanaise ANI a pour sa part fait état de frappes aériennes israéliennes dans le sud et l’est du Liban

BEYROUTH: Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Cette annonce intervient alors que des représentants israéliens et libanais ont repris leurs discussions jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu.

Dans un communiqué, le mouvement pro-iranien a indiqué avoir "pris pour cible un rassemblement de soldats de l'armée ennemie israélienne sur le site de Rosh Hanikra" avec un drone.

L'armée israélienne avait signalé en mi-journée qu'une attaque de drone du Hezbollah avait blessé plusieurs civils dans le nord d'Israël. Ces derniers avaient été évacués vers un hôpital.

L’agence de presse officielle libanaise ANI a pour sa part fait état de frappes aériennes israéliennes dans le sud et l’est du Liban.

Malgré la trêve dans la guerre entre Israël et le Hezbollah en vigueur depuis le 17 avril, des frappes israéliennes ont tué plus de 400 personnes au Liban, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du ministère de la Santé.

 


Le CCG affiche son unité sur le plan sécuritaire après une tentative d’infiltration au Koweït

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
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  • Les ministres du Golfe soulignent le caractère « indivisible » de la sécurité régionale après l’arrestation au Koweït d’individus présumés liés aux Gardiens de la révolution iraniens
  • Le CCG prévoit de renforcer sa coordination, affirme le secrétaire général Jasem Mohamed Albudaiwi

RIYAD : Les ministres de l’Intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont affirmé mercredi que la sécurité du bloc régional était « indivisible » et ont appelé à un renforcement de la coordination face aux menaces régionales après l’arrestation au Koweït de cellules présumées liées au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, a indiqué que les ministres avaient insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite entre leurs ministères et les autorités sécuritaires concernées lors d’une réunion extraordinaire tenue au siège du secrétariat du bloc à Riyad.

La réunion était présidée par le ministre bahreïni de l’Intérieur, Rashid bin Abdullah Al-Khalifa, dans un contexte de fortes tensions régionales et d’inquiétudes sécuritaires liées au conflit en cours impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.

Selon Albudaiwi, les ministres ont discuté de la situation sécuritaire régionale et des moyens de renforcer la coordination commune du CCG afin de faire face aux défis résultant des attaques visant les États du Golfe.

« La sécurité des États du CCG est indivisible », a-t-il déclaré, ajoutant que les ministres avaient souligné l’importance de faire face à toutes les menaces pesant sur la stabilité de la région et de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Cette déclaration intervient quelques jours après l’annonce par les autorités koweïtiennes de l’arrestation de quatre ressortissants iraniens accusés d’avoir tenté d’infiltrer l’île de Bubiyan, un site stratégique proche des côtes irakiennes et iraniennes abritant le port Moubarak Al-Kabeer.

Le ministère koweïtien de l’Intérieur a indiqué que les suspects avaient reconnu appartenir aux Gardiens de la révolution et qu’ils avaient pour mission de mener des actes hostiles après être entrés dans les eaux koweïtiennes à bord d’un bateau de pêche loué. Deux autres suspects présumés ont pris la fuite lors d’un échange de tirs avec les forces koweïtiennes, au cours duquel un membre des forces de sécurité a été blessé.

L’Iran a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« absolument sans fondement », affirmant que les quatre officiers étaient entrés accidentellement dans les eaux koweïtiennes en raison d’une panne de navigation. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ensuite demandé la libération des détenus et déclaré que Téhéran se réservait le « droit de répondre ».

La tentative d’infiltration a rapidement été condamnée par plusieurs États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, qui ont tous exprimé leur solidarité avec le Koweït et qualifié l’incident de violation de la souveraineté koweïtienne.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, a déclaré que la sécurité du Koweït était indissociable de celle de l’ensemble de la région du Golfe, reprenant ainsi le langage adopté plus tard lors de la réunion du CCG.

L’Arabie saoudite a également condamné ce qu’elle a qualifié de tentative d’infiltration iranienne visant à déstabiliser le Koweït, avertissant que de telles actions compromettaient les efforts internationaux destinés à restaurer la sécurité régionale.

Albudaiwi a ajouté que les ministres du CCG avaient également présenté leurs condoléances aux familles des victimes des récentes attaques contre les États du Golfe et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Il a salué « l’efficacité et la vigilance » des agences de sécurité du CCG dans la découverte et le démantèlement des cellules présumées hostiles, affirmant que ces opérations reflétaient le haut niveau de préparation des services de sécurité du Golfe.

Cette réunion d’urgence intervient alors que les États du Golfe restent en état d’alerte renforcée face à l’escalade des tensions régionales, notamment les attaques iraniennes de missiles et de drones visant les Émirats arabes unis, les menaces pesant sur la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz et les inquiétudes concernant la sécurité des routes énergétiques et maritimes stratégiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban et Israël retentent un rapprochement à Washington

Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
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  • Des négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à Washington pour tenter de consolider le cessez-le-feu avant son expiration le 17 mai, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban
  • Le Liban réclame l’arrêt des attaques israéliennes, tandis qu’Israël maintient sa pression contre le Hezbollah, dans un contexte de fortes tensions régionales impliquant aussi l’Iran

WASHINGTON: Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah.

Cette rencontre, la troisième de ce type, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien qui a entraîné le Liban dans la guerre à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Quiconque menace l'Etat d'Israël mourra en raison de sa faute", a encore averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.

Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban -- à savoir qu'Israël cesse de frapper son allié du Hezbollah.

- "Consolidation" -

A Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".

Plus de 2.800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.

Israël vise des secteurs à forte population chiite, dont la banlieue sud de Beyrouth, et s'est emparé d'une bande frontalière qu'il occupait déjà entre 1982 et 2000.

Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.

Pour le département d'Etat, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".

A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.

Pour ces deux journées d'entretiens au département d'Etat, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des Etats-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, un pasteur évangélique, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.

Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.