Yémen: Le gouvernement dénonce la «guerre économique» menée par les Houthis

Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, a rencontré l'envoyé américain pour le Yémen, Tim Lenderking, à Riyad (Photo, site web de Rachad al-Alimi).
Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, a rencontré l'envoyé américain pour le Yémen, Tim Lenderking, à Riyad (Photo, site web de Rachad al-Alimi).
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Publié le Jeudi 15 juin 2023

Yémen: Le gouvernement dénonce la «guerre économique» menée par les Houthis

  • Rachad al-Alimi a déclaré que les attaques des Houthis contre les installations pétrolières menaçaient d'aggraver la crise humanitaire
  • Les Houthis ont interdit aux commerçants des régions qu'ils contrôlent d'importer des produits par le port d'Aden ou d'autres ports contrôlés par le gouvernement

AL-MUKALLA: Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel du Yémen, a appelé mercredi à des efforts internationaux conjoints, principalement de la part des États-Unis, pour faire pression sur les Houthis soutenus par l'Iran afin qu'ils cessent d'attaquer les installations pétrolières, ce qui a coûté au gouvernement yéménite des milliards de riyals (1 riyal yéménite = 0,0037 euro) en recettes pétrolières.

Lors d'une réunion avec l'envoyé américain pour le Yémen, Tim Lenderking, à Riyad, Al-Alimi a signalé que les attaques des Houthis contre les installations pétrolières, l'interdiction d'entrée sur leur territoire des marchandises provenant des zones contrôlées par le gouvernement et le harcèlement du secteur bancaire menaçaient d'aggraver la crise humanitaire et d'empêcher le gouvernement de payer ses employés.

«Il l'a informé de la nécessité pour la communauté internationale, et les États-Unis en particulier, d'assumer leurs responsabilités face à ces attaques, qui menacent de provoquer une crise humanitaire de grande ampleur, notamment l'incapacité potentielle de payer les salaires des employés à partir de ce mois», a déclaré à Arab News un responsable du gouvernement yéménite qui a préféré garder l'anonymat.

De même, Sultan al-Arada, membre du Conseil présidentiel, a déclaré que le gouvernement yéménite réexaminerait les facilités accordées aux vols commerciaux au départ de l'aéroport de Sanaa, ainsi que l'arrivée des navires au port d’Al-Hodeïda, si les Houthis poursuivaient leurs attaques contre les installations pétrolières et leur interdiction d'acheminer des marchandises et du gaz de cuisson depuis les zones contrôlées par le gouvernement.

«Toutes les procédures relatives au port d’Al-Hodeïda et à l'aéroport de Sanaa seront examinées si les milices continuent de les utiliser à des fins militaires au détriment des souffrances de la population», a prévenu Al-Arada.

Entraves au commerce

Les Houthis ont interdit aux commerçants des régions qu'ils contrôlent d'importer des produits par le port d'Aden ou d'autres ports contrôlés par le gouvernement, les obligeant à importer des marchandises uniquement par le port d’Al-Hodeïda.

Ils ont également empêché l'entrée sur leur territoire de produits provenant des zones gouvernementales par voie terrestre et ont récemment interdit à des centaines de camions-citernes de gaz de cuisson d'entrer sur leur territoire à partir de la ville centrale de Marib.

Le gouvernement yéménite a accusé les Houthis de guerre visant à vider le gouvernement de son argent et à le forcer à se rendre et à partager les revenus du pétrole avec les milices, ainsi qu'à payer les fonctionnaires dans les zones qu'ils contrôlent.

Dans une interview accordée à la télévision nationale, Ghaleb a révélé que le gouvernement avait perdu 1 milliard de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) en raison de la suspension des exportations de pétrole et plus de 700 milliards de riyals (2,8 milliards de dollars) en taxes et en droits de douane depuis le début du cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU en avril de l'année dernière, lorsque les commerçants ont abandonné les ports gouvernementaux au profit des ports contrôlés par les Houthis.

«Nous avons perdu beaucoup de ressources. Nous avons perdu des ressources fiscales et douanières à cause de la trêve», a-t-il mentionné, citant des pertes s'élevant à 700 milliards de riyals, soit 50 milliards de riyals par mois, une somme qui, selon lui, équivaut aux salaires de l'armée et des forces de sécurité.

«Nous avons perdu un milliard de dollars de nos exportations de pétrole. Et maintenant, parce que les Houthis ont empêché l'accès au gaz dans les zones qu'ils contrôlent encore, nous perdons les revenus des ventes de gaz», a expliqué Ghaleb, indiquant que seulement 30% des dépenses courantes du gouvernement étaient couvertes par ses ressources.

Malgré la diminution des ressources, le gouverneur de la banque centrale a souligné que la banque avait conservé de «bonnes» réserves de devises à l'intérieur et à l'extérieur du pays, particulièrement des portefeuilles d'investissement dans des institutions suisses et de l'or à la Réserve fédérale américaine.

«La banque centrale a plus de réserves que vous ne pouvez l'imaginer. La banque centrale a suffisamment de réserves pour remplir ses fonctions de maintien des prix et de la monnaie. Nous avons des dépôts. Nous avons des portefeuilles d'investissement», a-t-il soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.