Tunisie: un chef de l'opposition accuse Saied de «criminaliser» ses opposants

Ahmed Nejib Chebbi, chef du comité politique du parti tunisien Amal et leader du Front du salut national, participe à une manifestation à Tunis le 5 mars 2023, en dépit de l'interdiction de manifester, pour demander la libération de personnalités opposées au président qui ont été arrêtées au cours des dernières semaines. (AFP).
Ahmed Nejib Chebbi, chef du comité politique du parti tunisien Amal et leader du Front du salut national, participe à une manifestation à Tunis le 5 mars 2023, en dépit de l'interdiction de manifester, pour demander la libération de personnalités opposées au président qui ont été arrêtées au cours des dernières semaines. (AFP).
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Tunisie: un chef de l'opposition accuse Saied de «criminaliser» ses opposants

  • M. Chebbi, opposant historique des régimes de Habib Bourguiba (1956-1987) et de Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011), a accusé M. Saied d'avoir «détruit toutes les institutions» et de «s'attaquer maintenant aux droits et libertés des citoyens»
  • Depuis février, les autorités ont arrêté et emprisonné une vingtaine d'opposants parmi lesquels plusieurs ex-ministres ainsi que des hommes d'affaires et le patron d'une radio locale privée, libéré sous caution depuis

TUNIS: Un des principaux opposants au président tunisien Kais Saied l'a accusé vendredi de "criminaliser" toute forme d’opposition, avant d'être interrogé au pôle anti-terroriste dans le cadre d'une enquête pour "complot contre la sûreté de l'Etat".

"Aujourd'hui, comme vous pouvez le constater, toute opposition, toute opinion indépendante, ou l'exercise des droits politiques dans le cadre de la loi et d'une manière pacifique, sont devenus un crime passible de prison", a déclaré à la presse Ahmed Nejib Chebbi, 78 ans, président du Front de Salut National (FSN),  principal bloc d'opposition en Tunisie, avant son interrogatoire qui a duré trois heures.

Laissé en liberté, M. Chebbi s'est interrogé sur les raisons de sa comparution: "pour être puni de quoi? de mon droit de penser librement, de m'exprimer librement et d'agir légalement mais librement".

Désormais, a-t-il dit, "dans la Tunisie de Kais Saied, la place des hommes libres est en prison".

M. Chebbi, opposant historique des régimes de Habib Bourguiba (1956-1987) et de Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011), a accusé M. Saied d'avoir "détruit toutes les institutions" et de "s'attaquer maintenant aux droits et libertés des citoyens".

Depuis février, les autorités ont arrêté et emprisonné une vingtaine d'opposants parmi lesquels plusieurs ex-ministres ainsi que des hommes d'affaires et le patron d'une radio locale privée, libéré sous caution depuis.

Le chef du mouvement islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, est également détenu depuis la mi-avril pour avoir affirmé que la Tunisie serait menacée d'une "guerre civile" si les partis de gauche ou ceux issus de l'islam politique comme Ennahdha y étaient éliminés.

M. Saied, qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, a qualifié les personnalités emprisonnées de "terroristes", les accusant de "complot contre la sécurité de l'Etat".

Cette vague d'arrestations a été décrite par Amnesty International comme une "chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques". "Les détenus dans cette affaire ont été interrogés sur leurs rencontres et échanges téléphoniques avec des diplomates étrangers, d'autres sur des interviews accordées à des médias", selon Amnesty.

Dans un nouveau communiqué début juin, l'ONG a dénoncé la convocation en justice de M. Chebbi, "sur (la base) d'accusations infondées de complot" comme "un nouveau recul pour les droits de l'homme", et a appelé les autorités "à abandonner l'enquête et libérer les détenus".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com