L'armée jordanienne abat un drone transportant des pièces d'armes en provenance de Syrie

Une photo prise lors d'une visite organisée par l'armée jordanienne montre des soldats patrouillant le long de la frontière avec la Syrie pour empêcher le trafic, le 17 février 2022 (Photo, AFP).
Une photo prise lors d'une visite organisée par l'armée jordanienne montre des soldats patrouillant le long de la frontière avec la Syrie pour empêcher le trafic, le 17 février 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 17 juin 2023

L'armée jordanienne abat un drone transportant des pièces d'armes en provenance de Syrie

  • Le 14 juin, l'armée jordanienne a abattu un drone transportant de la méthamphétamine en cristaux, une substance hautement addictive, de la Syrie vers le nord de la Jordanie
  • La Syrie est devenue le premier narco-État du monde et le centre d'un trafic de drogue de plusieurs milliards de dollars

AMMAN: L'armée jordanienne a déclaré vendredi que des unités situées à la frontière orientale du pays avaient abattu un drone transportant des pièces d'armes en provenance de Syrie.

Les gardes-frontières, en coordination avec d'autres agences de sécurité, ont repéré le drone et l'ont abattu du côté jordanien de la frontière, selon un communiqué de l'armée.

L'armée a révélé que le drone transportait des pièces d'armes et qu'elle continuerait à faire face à «toute menace contre nos frontières et toute tentative de déstabiliser la sécurité du pays et de terroriser son peuple».

Il s'agit du deuxième drone abattu par l'armée jordanienne en une semaine.

Le 14 juin, l'armée jordanienne a abattu un drone transportant de la méthamphétamine en cristaux, une substance hautement addictive, de la Syrie vers le nord de la Jordanie.

EN BREF

- L'armée jordanienne a déclaré que 361 tentatives de contrebande en provenance de Syrie ont été déjouées et qu'environ 15,5 millions de pilules de stupéfiants ont été saisies en 2021.

- L'année précédente, plus de 130 tentatives de contrebande en provenance de Syrie ont été déjouées et environ 132 millions de pilules d'amphétamine et 15 000 feuilles de haschisch ont été saisies.

Une source sécuritaire, qui s'est exprimée sous le couvert de l'anonymat, a dévoilé que les trafiquants de drogue en provenance de Syrie ont recours aux drones, car «ils savent que toutes leurs opérations de contrebande à grande échelle seront déjouées par l'armée».

La source a ajouté: «Ils savent que des hélicoptères et d'autres armes lourdes les poursuivront, même à l'intérieur de la Syrie. Ils savent que les règles d'engagement ont été modifiées. Il n'y a plus de tirs de sommation, mais des tirs pour tuer.»

À la question de savoir où les passeurs se procurent des drones et d'autres technologies de pointe, la source s'est abstenue d'identifier une quelconque partie, mais a indiqué que les passeurs sont pour la plupart de «simples fermiers». Nous les connaissons même par leur nom. Les États ou les groupes très organisés sont probablement les sources de technologies aussi sophistiquées.»

La Jordanie a toujours accusé l'Iran et ses mandataires en Syrie de faire passer de la drogue à travers ses frontières vers les marchés lucratifs du Golfe.

Amman a intensifié sa lutte contre le trafic de stupéfiants en provenance de Syrie, l'armée ayant annoncé une modification des règles d'engagement le long de sa frontière nord-est avec la Syrie, qui s'étend sur environ 400 km.

En janvier de l'année dernière, l'armée a déclaré avoir tué 27 infiltrés qui tentaient de faire passer de «grandes quantités» de stupéfiants de la Syrie vers la Jordanie.

L'opération faisait suite à une directive du chef de l'armée visant à modifier les règles d'engagement.

En mai, la Jordanie aurait effectué de rares frappes aériennes dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, ces frappes auraient touché une installation de production de drogue abandonnée liée au Hezbollah, un groupe libanais soutenu par l'Iran.

Quelques jours après les attentats, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a nié l'implication de son groupe chiite dans toute activité illicite liée à la drogue en Syrie, mais a admis qu'il faisait de la contrebande d'armes.

Selon un rapport de l'Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, le Hezbollah a développé ses opérations de trafic de drogue, génèrant désormais plus d'argent que ses autres sources de financement.

Le groupe de réflexion a déclaré que le trafic mondial de stupéfiants du groupe a commencé dans la vallée de la Bekaa au Liban dans les années 1970, en utilisant des itinéraires de contrebande bien établis à travers la frontière israélo-libanaise.

La Syrie est devenue le premier narco-État du monde et le centre d'un trafic de drogue de plusieurs milliards de dollars.

La Syrie a accepté de mettre un terme au trafic de drogue à ses frontières avec la Jordanie et l'Irak, et d'identifier ceux qui produisent et transportent des stupéfiants.

Cet engagement a été pris lors d'une réunion historique à Amman le 1er mai entre les ministres des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, de l'Égypte, de l'Irak et de la Jordanie, à laquelle participait également le ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal Mekdad.

Un communiqué final publié à l'issue de la réunion a signalé que Damas a accepté de «prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin à la contrebande aux frontières avec la Jordanie et l'Irak» et d'identifier ceux qui produisent et transportent des stupéfiants vers les deux pays.

Les médias syriens ont fait état de raids menés par l'armée syrienne contre des trafiquants de drogue à Daraa en mai, à la suite des frappes aériennes sur la province méridionale, mais ils ont ajouté que personne n'avait été arrêté car «tous les trafiquants se cachaient à la suite de l'assassinat du caïd du Captagon, Merhi al-Ramthan».

Al-Ramthan, un baron de la drogue syrien réputé, a été tué par des frappes aériennes jordaniennes sur sa maison dans le village de Shuab, dans le gouvernorat d’As-Suwayda.

Des sites d'information jordaniens et syriens ont publié des informations selon lesquelles l'armée jordanienne aurait envoyé des messages SMS aux barons syriens de la drogue, les sommant de se rendre sous peine de subir le même sort qu'Al-Ramthan.

L'armée jordanienne a déclaré que 361 tentatives de contrebande en provenance de Syrie avaient été déjouées et qu'environ 15,5 millions de comprimés de stupéfiants avaient été saisis en 2021.

L'année précédente, plus de 130 tentatives de contrebande à partir de la Syrie en 2020 ont été déjouées et environ 132 millions de pilules d'amphétamine et 15 000 feuilles de haschisch ont été saisies.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).