L'«apartheid» des femmes afghanes, un crime international, selon un expert de l'ONU

Une écolière rentre de l'école en utilisant un parapluie pour se protéger du soleil à Bamiyan, Afghanistan, dimanche 18 juin 2023. (AP)
Une écolière rentre de l'école en utilisant un parapluie pour se protéger du soleil à Bamiyan, Afghanistan, dimanche 18 juin 2023. (AP)
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Publié le Lundi 19 juin 2023

L'«apartheid» des femmes afghanes, un crime international, selon un expert de l'ONU

  • «Il est impératif de ne pas détourner le regard», a déclaré Richard Bennett, lors d'une discussion organisée par le Conseil des droits de l'homme à Genève sur la situation des femmes en Afghanistan
  • Présentant un nouveau rapport, il a qualifié les mesures prises par les talibans à l'encontre des femmes de «persécution de genre», un crime qui constitue un crime contre l'humanité contrairement à l'apartheid de genre

GENEVE: Le Rapporteur de l'ONU sur l'Afghanistan a demandé lundi aux Etats d'examiner si l'"apartheid de genre" mis en place par les talibans à l'encontre des femmes pouvait constituer un crime international, tel que le crime contre l'humanité.

"Il est impératif de ne pas détourner le regard", a déclaré Richard Bennett, lors d'une discussion organisée par le Conseil des droits de l'homme à Genève sur la situation des femmes en Afghanistan.

Présentant un nouveau rapport, il a qualifié les mesures prises par les talibans à l'encontre des femmes de "persécution de genre", un crime qui constitue un crime contre l'humanité contrairement à l'apartheid de genre.

Depuis qu'elles ont chassé le gouvernement soutenu par les Etats-Unis en 2021, les autorités talibanes sont revenues à l'interprétation austère de l'islam qui avait marqué leur premier passage à la tête du gouvernement (1996-2001) et ont multiplié les mesures liberticides à l'encontre des femmes. Elles ont été exclues de la plupart des établissements d'enseignement secondaire, des universités et des administrations publiques.

La "discrimination grave, systématique et institutionnalisée à l'encontre des femmes et des filles est au coeur de l'idéologie et du pouvoir des talibans", a assuré M. Bennett.

L'ONU a déjà qualifié cette situation d'"apartheid de genre", une expression que le Rapporteur a reprise à son compte lundi. Mais il a souligné que cette "grave violation des droits humains" n'est pas reconnue comme un crime international par le statut de Rome de la Cour pénale internationale et a appelé les Etats à se pencher sur cette question.

Plusieurs pays ont apporté leur soutien à sa proposition.

"Votre rapport établit que femmes et filles afghanes sont victimes d'une politique de ségrégation, d'apartheid de genre, de persécution de genre, il pose la question du crime contre l'humanité", a déclaré l'ambassadeur français, Jérôme Bonnafont.

"Emprisonnées chez elles, les femmes et les filles afghanes sont, par obscurantisme, condamnées à l'obscurité", a-t-il ajouté.

La présidente du Groupe de travail des Nations unies sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles, Dorothy Estrada-Tanck, a elle souligné que "le respect des droits fondamentaux des femmes et des filles et le rétablissement de l'Etat de droit sont essentiels" en Afghanistan.

Sans cela, "les femmes sont condamnées à vivre dans la tyrannie et à mener une existence où elles sont (...) en vie mais ne sont pas vivantes", a-t-elle conclu.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com