Bataille diplomatique au Conseil des droits de l'homme de l'ONU autour d'Israël

Les autorités israéliennes et américaines, ainsi que d'autres pays occidentaux, dénoncent régulièrement l'attention particulière accordée à Israël par le Conseil (Photo, AFP).
Les autorités israéliennes et américaines, ainsi que d'autres pays occidentaux, dénoncent régulièrement l'attention particulière accordée à Israël par le Conseil (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 21 juin 2023

Bataille diplomatique au Conseil des droits de l'homme de l'ONU autour d'Israël

  • Le Canada, le Royaume-Uni, l'Autriche et l'Italie, ont demandé que cesse l'«attention disproportionnée» accordée à Israël
  • Le Venezuela, prenant la parole au nom de plusieurs autres pays dont la Chine, la Russie et l'Iran, a apporté son soutien aux enquêteurs

GENÈVE: Les Etats-Unis, au nom de 27 pays, ont dénoncé mardi la nature permanente de la commission d'enquête de l'ONU sur le conflit israélo-palestinien, à laquelle le Venezuela et ses alliés ont en revanche apporté leur soutien.

S'exprimant devant le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'ONU après la présentation d'un rapport des enquêteurs, l'ambassadrice américaine, Michèle Taylor, a indiqué que ces 27 pays sont "profondément préoccupés" par le fait que le mandat de la commission ne soit "pas limité dans le temps" et "sans clause de péremption".

Ces pays, parmi lesquels figurent le Canada, le Royaume-Uni, l'Autriche et l'Italie, ont également demandé que cesse l'"attention disproportionnée" accordée à Israël au sein du Conseil.

La commission, créée il y a deux ans par le CDH, est chargée d'enquêter sur les violations présumées des droits humains commises dans les Territoires palestiniens et en Israël depuis l'escalade en avril 2021 ainsi que sur les causes profondes du conflit israélo-palestinien.

Lors d'une conférence de presse mardi, l'un des enquêteurs, Miloon Kothari, a jugé que "le mandat illimité est plus que justifié".

"Un pays a demandé aujourd'hui pourquoi la commission n'a pas de clause de péremption. Je répondrais que nous aimerions une date de péremption pour l'occupation israélienne", a-t-il dit.

La présidente de la commission, Navi Pillay, a également balayé les critiques, jugeant "très stupide de ne pas parler aux commissaires" en raison de la nature de leur mandat.

«méthodes punitives»

Dans leur rapport publié il y a quelques jours, les enquêteurs onusiens accusent les autorités, tant en Israël que dans les territoires palestiniens occupés, de violer les droits de la société civile. Mais, selon eux, les autorités israéliennes sont responsables de la majorité de ces violations.

"Notre rapport montre que les autorités israéliennes ont eu recours à diverses méthodes punitives visant à dissuader et à entraver les activités des membres de la société civile palestinienne", a souligné Mme Pillay, dans une allocution vidéo, devant le CDH.

Après la publication du rapport, Israël a dénoncé les accusations à son encontre, faisant alors valoir que le pays dispose d'"une société civile robuste et indépendante composée de milliers d'ONG, de défenseurs des droits humains, de médias nationaux et internationaux".

Son représentant n'a pas participé aux débats mercredi au Conseil, Israël ne coopérant pas avec la commission.

Les autorités israéliennes et américaines, ainsi que d'autres pays occidentaux, dénoncent régulièrement l'attention particulière accordée à Israël par le Conseil.

Le représentant palestinien, Ibrahim Khraishi, a dénoncé lui la déclaration faite mercredi par les Etats-Unis au nom de 27 pays. "C'est une honte", a-t-il dit.

Le Venezuela, prenant la parole au nom de plusieurs autres pays dont la Chine, la Russie et l'Iran, a apporté son soutien aux enquêteurs. "Nous sommes très préoccupés par les tentatives visant à saboter" la commission, a déclaré l'ambassadeur vénézuélien, Hector Constant Rosales.

Le représentant de l'Union européenne a pour sa part signalé que certains de ses Etats membres n'avaient pas soutenu la création de la commission en raison de préoccupations "concernant l'étendue de son mandat et son caractère permanent".


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.