L’Association du barreau israélien organise des élections

L’Association du barreau israélien dans le quartier de Talbiya, à Jérusalem le 22 juin 2012. (Wikimedia Commons)
L’Association du barreau israélien dans le quartier de Talbiya, à Jérusalem le 22 juin 2012. (Wikimedia Commons)
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Publié le Mercredi 21 juin 2023

L’Association du barreau israélien organise des élections

  • M. Nave a exprimé son soutien à la réforme judiciaire, bien qu’il s’oppose à «une grande partie» des propositions radicales faites par le ministre de la Justice, Yariv Levin
  • Les experts juridiques israéliens estiment que les élections porteront atteinte à l’image d’Israël et à l’indépendance de son pouvoir judiciaire

RAMALLAH: Les élections à l’Association du barreau israélien se sont tenues mardi sur fond de réformes judiciaires controversées.

Les deux candidats les plus puissants à la présidence de l’association sont Amit Becher, le chef par intérim de l’organisation et chef de la liste «Hope for the IBA», et son ancien président, Efi Nave.

En 2019, M. Nave a été arrêté, soupçonné d’avoir procédé à des nominations judiciaires de femmes en échange de faveurs sexuelles. Le bureau du procureur de l’État a finalement refusé de le poursuivre en justice puisque c’est en piratant illégalement son téléphone que des preuves cruciales avaient été obtenues contre lui.

M. Nave a exprimé son soutien à la réforme judiciaire, bien qu’il s’oppose à «une grande partie» des propositions radicales faites par le ministre de la Justice, Yariv Levin, au début de son programme de refonte judiciaire.

Quoi qu’il en soit, M. Nave est soutenu par des personnalités de la coalition et des alliés du gouvernement et il est considéré comme susceptible de coopérer avec M. Levin.

M. Becher, quant à lui, est considéré comme le candidat à la réforme antigouvernementale.

On compte 77 000 membres de l’Association du barreau et 10 000 d’entre eux sont des avocats arabes.

Mohammed Naamneh, membre du comité de nomination des juges, déclare à Arab News qu’il œuvre pour que les avocats arabes votent afin de maintenir une présence et une représentation arabes solides au sein de l’association.

«L’essence du débat houleux entre la droite, la gauche et la coalition gouvernementale aujourd’hui concerne le comité de nomination des juges, qui comprend deux membres de l’Association du barreau», affirme M. Naamneh dans un entretien accordé à Arab News. «Nous nous attendons à des résultats positifs en vue de maintenir un barreau indépendant.»

Après avoir voté, l’avocat Majdi Halabi, de Haïfa, déclare à Arab News que la plupart des avocats du pays étaient opposés aux réformes judiciaires soutenues par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

L’analyste politique Jalal Banna explique à Arab News qu’une victoire de M. Nave affaiblirait l’Association du barreau et le vote arabe.

L’avocat Alaa Aladdin soutient que le vote arabe lors des élections est capital pour l’image et l’avenir du syndicat.

«Les élections au sein de l’Association du barreau sont politisées d’une manière sans précédent puisque les politiciens de la coalition gouvernementale veulent contrôler le Conseil du barreau, qui élit le Comité pour la nomination des juges dans l’État d’Israël», précise M. Aladdin. «Les élections de l’Association du barreau affectent chaque avocat et citoyen en Israël.»

Des avocats arabes ont formé une liste commune, appelée «La voie de la dignité et de l’intégrité arabes», qui a exprimé son soutien à M. Becher.

Selon M. Aladdin, si la liste réussit à obtenir de nombreux votes, elle aura un rôle à jouer pour influencer les politiques du syndicat à l’avenir.

«Nous ne voulons pas être affiliés à d’autres candidats, mais plutôt former une liste indépendante forte avec le plus grand nombre de représentants», explique M. Aladdin.

Les experts juridiques israéliens estiment que les élections porteront atteinte à l’image d’Israël et à l’indépendance de son pouvoir judiciaire.

De nombreux Palestiniens qui vivent en Israël et qui ont la citoyenneté israélienne pensent que seule l’indépendance de la justice israélienne pourrait les sauver.

«L’indépendance du pouvoir judiciaire est la dernière chose qui reste pour défendre la démocratie avec le minimum dont nous bénéficions», indique M. Aladdin, qui considère que les Arabes seront les premières victimes si la droite israélienne prend le contrôle du conseil d’administration de l’Association du barreau.

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, et le député du Parti de l’unité nationale, Guideon Saar, soutiennent M. Becher, qui s’est engagé à «restaurer l’honneur de la profession et à protéger l’indépendance du système judiciaire».

Les résultats des élections pourraient être proclamés d’ici à mercredi matin.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.