L'Arabie saoudite leader de la cybersécurité mondiale avec une nouvelle plate-forme

Le forum mondial sur la cybersécurité 2022 avait pour thème «Repenser l'ordre cybernétique mondial» et s’étendait sur un large éventail de questions, notamment les femmes dans la cybersécurité, la sécurité des enfants dans le cyberespace et la psychologie des cybercriminels. (Forum mondial sur la cybersécurité)
Le forum mondial sur la cybersécurité 2022 avait pour thème «Repenser l'ordre cybernétique mondial» et s’étendait sur un large éventail de questions, notamment les femmes dans la cybersécurité, la sécurité des enfants dans le cyberespace et la psychologie des cybercriminels. (Forum mondial sur la cybersécurité)
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Publié le Lundi 10 juillet 2023

L'Arabie saoudite leader de la cybersécurité mondiale avec une nouvelle plate-forme

  • Le Global Cybersecurity Forum Institute créé à Riyad créé en juin vise à s'attaquer aux problèmes de cybersécurité les plus difficiles auxquels sont confrontés les gouvernements, les entreprises et les particuliers
  • L’Arabie saoudite se classe au deuxième rang mondial dans l'indice de cybersécurité du World Competitiveness Yearbook 2022 publié par l'International Institute for Management Development

RIYAD: Le Global Cybersecurity Forum Institute (GCF Institute), créé à Riyad à la suite d’un décret royal émis par le roi Salmane en juin, est une réponse au développement et à l'évolution rapides du cyberespace, ainsi qu'à son potentiel pour bénéficier à la société et la transformer.

Qu'est-ce que la cybersécurité? En termes simples, il s'agit de protéger les ordinateurs, les appareils mobiles, les systèmes électroniques, les réseaux, les serveurs et les données des attaques malveillantes.

Ces dernières années, le Royaume, le plus grand centre d'information et de communication du Moyen-Orient, a fait face à un nombre croissant de cyberattaques, notamment en raison de l'essor des appareils numériques, comme les smartphones, les tablettes et les ordinateurs.

 

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Le forum mondial sur la cybersécurité 2022 avait pour thème «Repenser l'ordre cybernétique mondial» et s’étendait sur un large éventail de questions, notamment les femmes dans la cybersécurité, la sécurité des enfants dans le cyberespace et la psychologie des cybercriminels. (Forum mondial sur la cybersécurité)

L'Arabie saoudite a été la cible de 7 millions de cyberattaques au cours des deux premiers mois de 2021.

«Lorsqu'il y a des tensions politiques dans la région, les cyberattaques augmentent immédiatement», affirme l'expert saoudien en cybersécurité Abdallah al-Goumaijan à Arab News. «En outre, l'utilisation des cyberarmes a augmenté, les attaquants étant conscients de l’importance de ces attaques et continuant à faire montre de leur pouvoir et des dommages qu’ils causent. En conséquence, les investissements pour contrer les cyberattaques augmentent. 

Le développement d’instituts de recherche dans la cybersécurité prouve non seulement l'engagement du Royaume, tant sur le plan national qu'international, à réduire la fréquence de ces attaques, mais également l'importance de la cybersécurité en tant que bien pour la société.»

«L'Institut GCF est une plate-forme mondiale qui cherche à renforcer la résistance de la société grâce à des priorités communes, un dialogue ciblé et des initiatives ayant un effet décisif», indique un porte-parole de l'institut à Arab News.

CHIFFRES 110 millions

Selon le rapport annuel sur la cybersécurité de Trend Micro pour 2022, un total de 110 millions de menaces ont été détectées et bloquées dans le Royaume par ses solutions de cybersécurité.

«Il servira d'espace où les parties prenantes concernées à l’échelle mondiale collaboreront et agiront au profit de toutes les sociétés et nations. En exploitant la puissance intellectuelle et en étant le fer de lance de la collaboration multilatérale, l'institut vise à contribuer à un cyberespace plus résistant et plus sûr pour tous», soutient-il.

L'institut vise à s'attaquer aux problèmes de cybersécurité les plus difficiles auxquels sont confrontés les gouvernements, les entreprises et les particuliers. Il entend servir de «catalyseur pour l'échange d'idées, en faisant prévaloir le leadership, et en développant la recherche pour façonner les solutions et l'action politiques», selon son communiqué d'ouverture.

L'institut prévoit également de promouvoir les projets internationaux, la pollinisation interculturelle et mondiale d'idées sur les initiatives clés nouvelles et existantes concernant le cyberespace.

Selon le communiqué, l’institut «servira de plate-forme pour faire progresser la stabilité, la sécurité et la prospérité du cyberespace en catalysant le changement socio-économique, en repoussant les frontières de la connaissance, et en unissant leurs défenseurs au niveau mondial. Son objectif est de lancer des initiatives mondiales pionnières qui maximiseront les avantages du cyberespace et renforceront la résistance par le dialogue, l'investissement, la recherche et l'innovation».

Les experts affirment que cette initiative montre que le Royaume est déterminé à devenir un leader mondial de la cybersécurité. Le pays est actuellement classé au deuxième rang mondial dans l'indice de cybersécurité du World Competitiveness Yearbook pour 2022 publié par l'International Institute for Management Development, basé en Suisse, qui est considéré comme l'un des indices les plus exhaustifs au monde.

«En fournissant une plate-forme sécurisée pour les activités numériques, la cybersécurité favorise la confiance dans le commerce numérique, stimule le développement de nouvelles technologies et simplifie la transformation numérique des industries»

Moataz Benali, vice-président régional de Trend Micro

L'Autorité nationale de la cybersécurité et des organismes comme la Fédération saoudienne pour la cybersécurité, la programmation et les drones, et le ministère des Communications et des Technologies de l'information ont joué un rôle déterminant dans l'essor du Royaume dans le domaine de la cybersécurité, en faisant progresser les lois, les contrôles et le développement des compétences.

Moataz Benali, vice-président régional et directeur général de Trend Micro dans les régions de la Méditerranée, du Moyen-Orient, de l'Asie centrale et de l'Afrique, affirme à Arab News que «le leadership saoudien en matière de cybersécurité mondiale découle d'une stratégie globale, équilibrant la réglementation, le développement des compétences, l'innovation technologique, et la collaboration internationale. Le décret du roi Salmane portant sur la création de l’institut du  GCF souligne cet engagement, visant à élever les mesures de cybersécurité à l'échelle mondiale».

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Moataz Benali, vice-président régional de Trend Micro

Trend Micro est le premier géant mondial de la cybersécurité à établir son siège social au Moyen-Orient et son lac de données cloud local en Arabie saoudite. C'est un leader mondial en solutions de cybersécurité, qui vise à sécuriser l'échange d'informations numériques pour les entreprises et les consommateurs.

«L'institut est conçu pour compléter ces efforts, en favorisant la coopération internationale et la croissance socio-économique en matière de cybersécurité. Avec un conseil d'administration international et un conseil consultatif d'experts mondiaux, l'institut facilitera l'échange de connaissances et les opportunités de collaboration», poursuit M. Benali.

Il explique que selon le rapport annuel sur la cybersécurité de Trend Micro pour 2022, un total de 110 millions de menaces ont été détectées et bloquées dans le Royaume par ses solutions de cybersécurité.

L'Arabie saoudite est en tête en matière de cybersécurité dans le monde arabe. Le pays ayant été une cible de choix pour les cyberattaques, Benali assure que le Royaume a «transformé l'adversité en force, en devenant le plus grand marché de la cybersécurité du Moyen-Orient».

Il indique que l'attitude dynamique du pays en matière de cybersécurité est le reflet de la reconnaissance «de son importance mondiale ainsi que d’une vision qui dépasse les frontières nationales, apportant une contribution substantielle à l'écosystème international de la cybersécurité».

Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre ces dernières années pour renforcer la sensibilisation à la cybersécurité auprès de la population du pays et de ses entreprises, allant de campagnes de sensibilisation à la cybersécurité à des initiatives de formation aux concours visant à stimuler l'intérêt des étudiants pour la cybersécurité.

Cette année, le gouvernement saoudien a renforcé son adhésion aux réglementations en matière de cybersécurité, et a également été le témoin d’une augmentation de l'émergence de start-up de cybersécurité et d’une croissance des opportunités d'emploi dans le domaine de la cybersécurité.

Moataz Benali assure également que les transformations sociales dans le cadre de la Vision 2030 ont contribué aux progrès de la cybersécurité dans le pays.

L'effort concerté pour renforcer la participation des femmes au travail a entraîné une augmentation du nombre de femmes saoudiennes à des postes techniques et de direction dans le domaine de la cybersécurité. Cette avancée est évidente puisque les femmes représentent actuellement 45 % de la main-d'œuvre du pays dans le domaine de la cybersécurité, selon la Fédération saoudienne pour la cybersécurité, la programmation et les drones.

Le Plan national 2023 d'évaluations de cybersécurité exhaustives de l'Autorité nationale de cybersécurité indique qu'il prévoit de réaliser des évaluations approfondies de la cybersécurité pour les entités nationales, en mettant l'accent sur les audits de conformité et les examens techniques des systèmes critiques. L'objectif du plan est d'identifier et de gérer de manière proactive les risques cybernétiques au niveau national, tout en veillant à la conformité aux normes et aux contrôles établis par l'autorité. 

L'initiative Haseen lancée par l'autorité en 2022 est également fondamentale. Elle représente une approche globale de la cybersécurité et vise à favoriser la sécurité collective en facilitant le partage d'informations sur les cybermenaces et les incidents entre les organismes nationaux.

La plate-forme facilite également la gestion de la conformité, en alignant les organismes sur les réglementations telles que le cadre national de cybersécurité et le règlement général sur la protection des données. Elle freine l’hameçonnage et les fraudes par e-mail grâce à son solide service d'authentification par courrier électronique, renforçant ainsi la résilience nationale face aux cybermenaces.

Parmi les autres mesures prises par le gouvernement saoudien figurent la gouvernance intégrée de la cybersécurité, une gestion efficace des cyberrisques, la protection du cyberespace et le renforcement de la sécurité des infrastructures essentielles et des systèmes d'information, le renforcement des capacités nationales de défense contre les cybermenaces, le renforcement des partenariats pour la sécurité concertée, ainsi que le développement des capacités nationales visant à renforcer l'écosystème de la cybersécurité dans le Royaume.

Les principales initiatives lancées comprennent la création du Centre national de cybersécurité afin de sensibiliser aux efforts de cybersécurité, l'adoption de la loi sur la cybersécurité pour fournir un cadre juridique à la cybersécurité, l'élaboration d'un programme national de sensibilisation à la cybersécurité visant à informer davantage les citoyens et les résidents, et la création de l'Académie nationale de la cybersécurité pour former et perfectionner les effectifs du Royaume en matière de cybersécurité.

Enfin, comme le rappellent de telles initiatives, une solide cybersécurité améliore la qualité de vie, ainsi que l'innovation économique et numérique.

«La cybersécurité joue un rôle prépondérant dans l'amélioration de la qualité de vie, en particulier dans notre monde numérique», affirme Benali. «Elle protège notre existence en ligne et les services numériques sur lesquels nous comptons quotidiennement: services bancaires en ligne, commerce électronique, soins de santé, éducation ou encore les réseaux sociaux.»

«Elle protège nos informations personnelles et notre vie privée en ligne, en offrant la sécurité nécessaire pour profiter des avantages du monde numérique sans crainte d'usurpation d'identité, de fraude ou d'atteinte à la vie privée», ajoute-t-il.

La cybersécurité est vitale pour garantir le bon fonctionnement des services essentiels. Les infrastructures importantes telles que les réseaux électriques, les transports, les systèmes de santé et les services financiers dépendent de plus en plus des réseaux numériques. De solides mesures de cybersécurité empêchent les perturbations causées par les cyberattaques, en maintenant la fiabilité et la disponibilité de ces services vitaux.

«Enfin, la cybersécurité favorise la croissance économique et l'innovation. En fournissant une plate-forme sécurisée pour les activités numériques, elle favorise la confiance dans le commerce numérique, stimule le développement de nouvelles technologies et facilite la transformation numérique des industries», conclut M. Benali.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La médiation saoudienne permet la libération de détenus pakistanais en Afghanistan

Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
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  • Le porte-parole du gouvernement afghan a indiqué que les détenus ont été libérés en signe de bonne volonté

DUBAÏ : L’Arabie saoudite a facilité la libération de trois détenus pakistanais retenus en Afghanistan, suite à une demande du Royaume et à la visite d’une délégation saoudienne à Kaboul avant le mois sacré du Ramadan.

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a déclaré mardi que les détenus avaient été libérés en signe de bonne volonté, reflétant la politique de l’Afghanistan de maintenir des relations positives avec les autres pays et en reconnaissance des efforts de médiation saoudiens.

Les trois Pakistanais avaient été capturés lors d’affrontements frontaliers entre les forces afghanes et pakistanaises le 12 octobre 2025, et ont été remis à la délégation saoudienne en visite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël accusé de vouloir étendre Jérusalem vers la Cisjordanie

Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
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  • Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record
  • Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est

JERUSALEM: Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967, à l'heure où les critiques se multiplient face à une annexion rampante du territoire.

Ce projet, encore au stade initial, a été publié début février alors que différentes mesures gouvernementales visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie font redouter une annexion par Israël de ce territoire palestinien.

Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record.

Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est, la partie de la ville sainte occupée et annexée par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, la capitale du futur Etat auquel ils aspirent.

Un projet "symbolique" 

Le nouveau projet, selon le ministère, prévoit la construction de "2.780 unités de logement et une vaste modernisation des infrastructures" dans le cadre de l'extension de Geva Binyamin, pour un montant d'environ 120 millions de shekels (33 millions d'euros).

Mais selon l'ONG La Paix maintenant, opposée à la colonisation, ce projet reviendrait à "une extension" pure et simple de Jérusalem en Cisjordanie, sans précédent depuis 1967.

"Le nouveau quartier sera partie intégrante de la ville de Jérusalem et en particulier de la colonie de Neve Yaakov, construite dans le nord de Jérusalem", a expliqué mardi à l'AFP Lior Amihai, directeur exécutif de La Paix maintenant.

"Ce qui est unique dans ce cas, c'est que le quartier sera relié directement à Jérusalem (...) mais se trouvera intégralement sur le territoire de la Cisjordanie, adjacent à Jérusalem", a-t-il ajouté, en voyant dans ce projet une dimension "symbolique".

"Tout changement touchant à Jérusalem est sensible, pour l'opinion israélienne mais aussi pour les Palestiniens", souligne-t-il.

"Comme des habitants de Jérusalem" 

Aviv Tatarsky, un chercheur de l'ONG Ir Amim, qui travaille sur la place de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, affirme lui aussi que ce projet équivaut dans les faits à une expansion de la ville.

"Si des gens y vivent, ils vivront là comme des habitants de Jérusalem", a-t-il déclaré à l'AFP. "Dans la pratique, ce n'est pas la colonie qui sera étendue, mais Jérusalem".

A l'heure où une annexion formelle reste difficilement réalisable, "il est beaucoup plus facile de créer une situation de fait sur le terrain", ajoute le chercheur.

La Paix maintenant a souligné, dans un communiqué illustré par une carte, que le nouveau quartier serait séparé de la colonie d'Adam par le mur érigé par Israël dans les années 2000, qui longe la quasi-totalité de la frontière avec la Cisjordanie mais dont le tracé à cet endroit ne suit pas exactement la limite administrative et dévie vers l'est en contournant une colline.

Il n'existera donc "aucune connexion territoriale" entre la nouvelle colonie et celle d'Adam, ajoute l'ONG.

Hormis Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences entre populations locales palestiniennes, colons juifs et armée israélienne, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport de l'ONU.


Syrie: les autorités évacuent le camp de proches de jihadistes d'al-Hol

Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus. (AFP)
Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus. (AFP)
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  • Selon un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat, les autorités ont commencé à transférer les familles d'al-Hol vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep
  • Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie, était contrôlé par les forces kurdes jusqu'à fin janvier. Elles s'en sont retirées sous pression militaire du pouvoir central, qui a ensuite repris la main

DAMAS: Les autorités syriennes ont commencé à transférer mardi les habitants restants du camp d'al-Hol vers un autre site du nord de la Syrie, après l'évasion de milliers de proches de jihadistes étrangers qui y étaient détenus.

"L'évacuation a commencé aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le responsable intérimaire du camp, Fadi al-Qassem, ajoutant: "le camp va être entièrement évacué d'ici une semaine, et il ne restera personne".

"Nous avons évalué les besoins du camp et avons constaté qu'il manquait les conditions essentielles pour y habiter, et avons donc décidé en urgence de transférer" la population vers "des camps existants à Alep", a-t-il ajouté.

Selon un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat, les autorités ont commencé à transférer les familles d'al-Hol vers le camp d'Akhtarin, au nord d'Alep.

Al-Hol, le plus grand camp de proches de jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie, était contrôlé par les forces kurdes jusqu'à fin janvier. Elles s'en sont retirées sous pression militaire du pouvoir central, qui a ensuite repris la main.

Entre temps, des milliers de femmes et d'enfants de jihadistes étrangers se sont enfuis du camp qui abritait quelque 24.000 personnes, dont environ 6.300 étrangers, pour une destination inconnue.

Des sources humanitaires et des témoins avaient indiqué la semaine dernière à l'AFP que l'Annexe, une section de haute sécurité du camp où étaient détenues les familles de jihadistes étrangers, était désormais presque vide.

L'Annexe comptait des familles de 42 nationalités, dont un grand nombre originaires de Russie, du Caucase et des républiques d'Asie centrale, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.

"Diminution significative" 

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a constaté "une diminution significative du nombre de résidents dans le camp d'Al-Hol au cours des dernières semaines", a précisé sa porte-parole Céline Schmitt.

"Il reste important que le gouvernement puisse identifier les ressortissants étrangers partis afin que les processus de rapatriement appropriés puissent être poursuivis", a-t-elle souligné, précisant que le HCR avait aussi été informé par les autorités du plan de transfert vers le camp d'Akhtarin.

Les forces kurdes avaient été le fer de lance de la lutte contre l'EI en Syrie, avec l'appui de la coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis. Elles avaient incarcéré des milliers de jihadistes dans des prisons, et placé leurs familles dans des camps.

Après la prise de contrôle par les forces gouvernementales de vastes pans du nord et du nord-est de la Syrie et le retrait des Kurdes, les Etats-Unis ont transféré plus de 5.700 jihadistes de 61 nationalités vers l'Irak voisin.

Parmi eux figurent 3.543 Syriens, 467 Irakiens et 710 ressortissants d'autres pays arabes, ainsi que plus de 980 autres étrangers, notamment des Européens (Allemagne, Pays-Bas, France, Belgique, entre autres), des Américains et des Australiens.

Ces détenus transférés en Irak "risquent la disparition forcée, des procès inéquitables, la torture, les mauvais traitements et des violations du droit à la vie", a prévenu mardi Human Rights Watch dans un communiqué.

Les forces kurdes gardent pour le moment le contrôle d'un camp plus petit, Roj, où sont détenus des proches de jihadistes, pour la plupart des étrangers dont des Occidentaux, parmi lesquels des Français.

Lundi, les autorités kurdes avaient libéré 34 Australiens, proches de jihadistes, mais ils ont dû revenir dans ce camp en raison d'un problème de papiers. L'Australie a affirmé qu'elle ne leur fournirait aucune aide.