La médecine spatiale ouvre de nouvelles frontières aux futur médecins saoudiens, selon un expert

Rayyanah Barnawi, première femme saoudienne dans l'espace et première femme arabe à bord de la Station spatiale internationale a mené des expériences scientifiques au cours de la mission Ax-2, notamment dans les domaines de l'ingénierie tissulaire et de la médecine régénérative (Photo, Twitter/Astro_Rayyanah).
Rayyanah Barnawi, première femme saoudienne dans l'espace et première femme arabe à bord de la Station spatiale internationale a mené des expériences scientifiques au cours de la mission Ax-2, notamment dans les domaines de l'ingénierie tissulaire et de la médecine régénérative (Photo, Twitter/Astro_Rayyanah).
Le Dr Farhane M. Asrar avec l'astronaute canadien Jeremy Hansen (Photo fournie).
Le Dr Farhane M. Asrar avec l'astronaute canadien Jeremy Hansen (Photo fournie).
L'astronaute saoudienne Rayyanah Barnawi utilise la boîte à gants pour mener des expériences sur les cellules immunitaires humaines et leur réaction inflammatoire en microgravité (Photo, AN).
L'astronaute saoudienne Rayyanah Barnawi utilise la boîte à gants pour mener des expériences sur les cellules immunitaires humaines et leur réaction inflammatoire en microgravité (Photo, AN).
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Publié le Dimanche 16 juillet 2023

La médecine spatiale ouvre de nouvelles frontières aux futur médecins saoudiens, selon un expert

  • «Une occasion unique pour l’Arabie saoudite de devenir un leader dans la région», selon un expert
  • «L'Arabie saoudite vise à devenir le leader du CCG, à jouer un rôle stratégique et diplomatique clé et à renforcer ses partenariats et collaborations à l'échelle mondiale», a déclaré Asrar

RIYAD : À l'ère de l'exploration spatiale, l'Arabie saoudite est en train de devenir un leader régional dans le domaine de l'espace, avec son programme d'astronautes et ses possibilités de recherche en médecine aérospatiale qui ouvrent de nouvelles opportunités pour les professionnels de la santé, a déclaré un expert.

Dans une interview accordée à Arab News, le Dr Farhane M. Asrar, professeur de médecine familiale et communautaire à l'université de Toronto et collaborateur de l'étude sur le profil immunitaire de la Station spatiale internationale en collaboration avec l'Agence spatiale canadienne et la NASA, a déclaré : «L'Arabie saoudite est en train de devenir un leader régional dans le domaine de l'espace et son programme d'astronautes a besoin de médecine spatiale pour soutenir le programme. L'introduction de ce domaine en Arabie saoudite l'aidera à s'appuyer sur son propre savoir-faire et ses propres ressources.»

La médecine spatiale est une branche interdisciplinaire et multidisciplinaire de la médecine qui s'intéresse à la gestion de la santé humaine dans l'espace et qui garantit une santé adéquate à ceux qui vivent et travaillent dans l'espace, en tenant compte des défis uniques des vols spatiaux, a expliqué le professeur, en ajoutant : «La médecine spatiale englobe les changements physiologiques, l'étude ou la recherche, la prévention, le diagnostic, le traitement et la gestion des problèmes médicaux dans l'espace.

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Farhan M. Asrar, professeur de médecine à l'Université de Toronto (Photo fournie).

«La gestion de la santé est essentielle pour obtenir le feu vert pour les missions spatiales d'astronautes. Même si vous pouvez vous assurer que vous disposez de la meilleure technologie, de la meilleure fusée et d'autres mesures sur la planète, aucune mission d'astronaute ne sera approuvée si vous n'avez pas abordé les aspects sanitaires, la sécurité et les risques de la mission», a déclaré Asrar.

«Une telle initiative n'a jamais été prise auparavant dans le royaume d’Arabie saoudite et dans les États du Golfe, ce qui en fait une première dans la région», a-t-il indiqué.

«On remarquera que plusieurs universités ou institutions saoudiennes ont organisé des événements et des initiatives en relation avec l'espace, mais jusqu'à présent, ces événements et initiatives concernaient les ingénieurs, les communications et les satellites, les affaires et l'astronomie, mais pas la santé. Quelques projets de recherche sur la santé et la physiologie dans l'espace ont été menés avec les astronautes, mais c'est tout et aucun ne s'est concentré sur la médecine spatiale dans son ensemble», a-t-il ajouté.

 

FAITS MARQUANTS

- La médecine spatiale est une branche interdisciplinaire et multidisciplinaire de la médecine qui s'intéresse à la gestion de la santé humaine dans l'espace.

- La pratique de la médecine aérospatiale va au-delà des soins cliniques prodigués aux membres d'équipage.

- Ce domaine réunira des ingénieurs, des décideurs politiques, des professionnels de la santé, des nutritionnistes et des juristes qui travailleront ensemble.

Selon Asrar, le développement et la mise en place de la médecine et de la santé spatiales ne signifient pas que l'on se concentre uniquement sur les médecins ou les professionnels de la santé.

Ce domaine réunira des ingénieurs, des décideurs politiques, des professionnels de la santé, des nutritionnistes et des juristes qui travailleront ensemble sur la médecine et la santé dans l'espace, a-t-il clarifié.

Les deux astronautes saoudiens Ali al-Qarni et Rayyanah Barnawi, qui ont récemment achevé la mission spatiale Axiom 2, leur voyage de dix jours vers la Station spatiale internationale, ont mené des activités scientifiques et de sensibilisation des médias.

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L'astronaute Ali Alqarni mesure les effets de la microgravité sur l'activité électrique du cerveau, lors de la mission Ax-2 en mai (Photo, Twitter/AstroAli11).

Barnawi, première Saoudienne dans l'espace et première femme arabe à bord de la Station spatiale internationale, a mené des expériences sur un large éventail d'applications thérapeutiques des nanomatériaux, telles que l'administration de médicaments, l'ingénierie tissulaire et la médecine régénérative. Elle a également produit les premiers nanomatériaux à base d'ADN à bord de Station spatiale internationale.

Al-Qarni et Barnawi ont également procédé à un essai de la charge utile DreamUp Nanoracks Space Kite, qui démontrera le comportement aérodynamique des cerfs-volants en microgravité.

Le prince Sultan ben Salmane est devenu le premier musulman, arabe et saoudien à voler dans l'espace en 1985. Depuis, l'Arabie saoudite a fait des progrès dans ce domaine, en réalisant des investissements importants dans le secteur spatial, en lançant plus d'une douzaine de satellites dans l'espace – notamment des satellites fabriqués localement – et en collaborant avec la NASA et les agences spatiales d'autres pays, surtout la Russie et le Royaume-Uni.

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«L'espace et la médecine spatiale sont très pertinents pour les trois piliers de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite : une société dynamique, une économie florissante et une nation ambitieuse.»

 

Farhane M. Asrar, professeur de médecine à l'université de Toronto

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Les différentes initiatives entreprises par l’Arabie saoudite joueront un rôle clé dans la Vision 2030 du pays.

Asrar a indiqué à Arab News : «J'ai discuté et rencontré un certain nombre de médecins, de dirigeants, d'enseignants et de chercheurs de plusieurs universités d'Arabie saoudite, ainsi que des professionnels de l'Agence spatiale saoudienne et de la ville intelligente saoudienne Neom.

«Plusieurs dirigeants, éducateurs, universités et médecins continuent de me contacter pour organiser des réunions et discuter d'une collaboration avec moi. J'ai donc beaucoup de réunions à venir», a-t-il précisé.

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L'Arabie saoudite vise à être le leader du CCG et à jouer également des rôles clés stratégiques et diplomatiques, ainsi qu'à renforcer ses partenariats et collaborations à l'échelle mondiale (Photo fournie).

«Je me réjouis également des opportunités qui s'offriront à d'autres de me contacter et de se mettre en relation sur ce sujet, qu'il s'agisse d'autres universités, de ministères concernés ou même d'autres projets majeurs futurs intéressés par l'espace, tels que le Centre des sciences, de la découverte et de l'innovation de l'ilmi à Riyad ou d'autres encore», a-t-il ajouté.

Asrar a déclaré à Arab News : «L'espace et la médecine spatiale sont très pertinents pour les trois piliers de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite : une société dynamique, une économie florissante et une nation ambitieuse.»

L'espace dans son ensemble a uni l'Arabie saoudite et l'a rendue très fière de ses réalisations, la médecine et la santé spatiales offrant au pays une occasion unique de devenir un leader dans la région, a-t-il estimé.

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La pratique de la médecine aérospatiale va au-delà des soins cliniques aux membres d'équipage (Photo fournie).

En outre, un mode de vie sain, des exercices physiques réguliers et des approches médicales innovantes peuvent contribuer aux soins de santé sur Terre, en favorisant une bonne qualité de vie et du bien-être.

En ce qui concerne l'économie florissante, Asrar a reconnu qu'en apportant quelque chose d'unique, la médecine spatiale est en train de devenir un nouvel axe de carrière et ouvre la perspective de nouvelles tâches de travail pour les médecins, les chercheurs et les talents de classe mondiale.

«L'Arabie saoudite vise à devenir le leader du CCG, à jouer un rôle stratégique et diplomatique clé et à renforcer ses partenariats et collaborations à l'échelle mondiale. La médecine et la santé spatiales offrent cette possibilité d'apporter quelque chose d'unique à l’Arabie saoudite et au CCG, et visent ainsi à faire de l'Arabie saoudite un leader dans la région, et à figurer parmi les leaders établis dans ce domaine, a déclaré le professeur Asrar.

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L’Association de médecine aéronautique et spatiale a été créée aux États-Unis en 1929 après que la Première Guerre mondiale a accéléré les progrès de l'aviation (Photo fournie).

Asrar, médecin, chercheur et universitaire formé à la double fonction de santé publique et de médecine préventive, et de médecine familiale, a déclaré qu'il avait plus d'une décennie d'expertise dans les sciences spatiales impliquant l'enseignement, la sensibilisation, l'éducation, la recherche, l'établissement de partenariats et la collaboration avec des experts d'universités, d'agences spatiales et d'organisations du monde entier.

Il a tenu des réunions et des discussions avec plusieurs médecins, de chercheurs, d'éducateurs, d'universités et de membres du personnel du programme spatial en Arabie saoudite sur les moyens de collaborer dans le domaine de la médecine spatiale.

«Les facultés et les universités sont de plus en plus intéressées à me contacter et à discuter d'une collaboration», a-t-il affirmé.

Bien qu'il s'agisse d'un domaine relativement restreint, la médecine aérospatiale existe depuis près d'un siècle. L’Amas (connue à ses débuts sous le nom de l’Association de médecine aéronautique et spatiale) a été créée en 1929 après que la Première Guerre mondiale eut accéléré les progrès de l'aviation.

La pratique de la médecine aérospatiale va au-delà des soins cliniques prodigués aux membres d'équipage. Bien que seul un petit nombre d'êtres humains aient fait l'expérience de l'espace, l'impact de l'environnement spatial sur leur physiologie peut enrichir les connaissances scientifiques de la population générale sur Terre.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Moustapha Barghouti : la loi israélienne sur la peine de mort est un permis de tuer des Palestiniens

Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
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  • La nouvelle loi israélienne sur la peine de mort pour les Palestiniens est perçue par Moustapha Barghouti comme un instrument légal autorisant des exécutions extrajudiciaires et approfondissant l’apartheid 
  • Barghouti appelle à la résilience palestinienne et à une pression internationale concrète, notamment sanctions et boycott, pour contrecarrer la politique israélienne 

PARIS : Au milieu du fracas de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, la question palestinienne semble occultée. Pourtant, sur le terrain, aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie, Israël poursuit son entreprise de destruction et de déshumanisation du peuple palestinien, affranchi de toute contrainte.

Profitant du tumulte mondial, le gouvernement israélien a adopté récemment une loi instaurant la peine de mort par pendaison pour des Palestiniens détenus dans ses prisons. Que signifie pratiquement cette loi pour les Palestiniens, et que cherche Israël par son instauration ?

Le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Moustapha Barghouti, explique à Arab News en français que cette loi « marque un tournant d’une gravité historique ».

D’une voix calme, mais empreinte de conviction et de fermeté, le médecin et dirigeant politique palestinien ne mâche pas ses mots : « Cette loi n’est pas seulement un instrument juridique supplémentaire dans l’arsenal israélien, mais l’expression d’une dérive politique profonde qui autorise ouvertement l’élimination des Palestiniens. »

« Ce qui se passe n’est pas simplement l’adoption d’une loi », insiste-t-il. « Ce que nous voyons aujourd’hui est une dérive fasciste en Israël. »

À la tête de l’Initiative nationale palestinienne, qui n’a pas d’aile armée, Barghouti s’est imposé au fil du temps comme le porte-voix de la cause palestinienne, avec comme marque de fabrique une intonation de voix douce et incisive à la fois, souvent déstabilisante pour ses contradicteurs.

Barghouti attribue l’initiative de ce texte de loi au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite radicale, mais il souligne que « le problème dépasse largement un seul homme. »

Selon ce communiquant hors pair, doublé d’un homme politique d’une profonde connaissance des arcanes de la politique israélienne, la véritable alerte réside dans le soutien massif dont la loi a bénéficié au Parlement israélien.

« Près des deux tiers des députés de la Knesset ont voté en sa faveur, y compris certains représentants de l’opposition, comme Avigdor Lieberman », un consensus qui révèle, selon lui, « une transformation plus profonde de la société israélienne. »

« La loi n’est qu’un symptôme, car la dérive fasciste de la société israélienne est aujourd’hui très avancée », affirme-t-il.

Cette évolution se manifeste à travers plusieurs phénomènes simultanés : la guerre menée à Gaza, l’intensification de la colonisation en Cisjordanie et, désormais, l’adoption d’une législation qui viserait spécifiquement les prisonniers palestiniens.

Pour Barghouti, la portée réelle de la loi dépasse la question de la peine de mort elle-même, car dans les faits, elle institue « une justice fondamentalement discriminatoire ». « Cette loi approfondit le système d’apartheid », affirme-t-il.

Selon cette logique, un Palestinien accusé d’avoir tué un Israélien pourrait être condamné à mort, mais lorsqu’un Israélien tue un Palestinien, affirme Barghouti, « l’impunité est souvent la règle. »

Pour lui, la loi fonctionne comme « un permis de tuer des Palestiniens » et légitime également, selon lui, « les exécutions extrajudiciaires déjà observées sur le terrain. »

Barghouti estime qu’entre mille et deux mille Palestiniens à Gaza ont déjà été victimes d’exécutions extrajudiciaires, de même en Cisjordanie, où il évoque de nombreux cas de tirs mortels sans poursuites judiciaires, dont l’assassinat récent d’une famille civile dans la région de Tubas.

Interrogé sur les détenus concernés par la loi, Barghouti se montre catégorique : « Tous les prisonniers palestiniens sont menacés », affirme-t-il. Même ceux qui ont déjà été jugés pourraient voir leurs dossiers rouverts si « les autorités israéliennes décident de réexaminer certaines affaires. »

Environ 10 000 Palestiniens sont aujourd’hui détenus dans les prisons israéliennes, parmi lesquels 300 enfants et 75 femmes. Un grand nombre d’entre eux sont détenus sous le régime de la détention administrative, qui permet d’emprisonner une personne sans inculpation ni procès, pour des périodes renouvelables.

Les conditions de détention sont particulièrement dures : « Ils sont privés de soins, soumis à la faim, aux abus et à des conditions extrêmement difficiles », explique Barghouti.

Depuis le 7 octobre, affirme-t-il, 90 prisonniers palestiniens seraient morts en détention. Depuis 1967, le nombre total de détenus morts dans les prisons israéliennes atteindrait 322.

La situation dans la bande de Gaza reste, selon Mustafa Barghouti, catastrophique. Il affirme qu’Israël n’a jamais véritablement respecté le cessez-le-feu annoncé.

Depuis son entrée en vigueur, 720 Palestiniens auraient été tués et plus de 2 000 blessés, alors que les bombardements continuent quotidiennement, y compris au cœur de la ville de Gaza.

Mais l’aspect le plus dramatique, selon lui, concerne la situation humanitaire. L’accord de cessez-le-feu prévoyait l’entrée de 600 camions d’aide humanitaire par jour ; or, selon Barghouti, les livraisons restent très en deçà de ce chiffre, puisque certains jours, explique-t-il, à peine 56 camions ont été autorisés à entrer.

Plus grave encore, aucun matériel médical n’aurait été autorisé à entrer depuis le début du cessez-le-feu : « Des hôpitaux entiers risquent de cesser de fonctionner », avertit-il. Même les dentistes, dit-il, ont récemment lancé un appel pour signaler qu’ils ne disposaient plus de matériel de base pour traiter leurs patients.

En Cisjordanie, la situation n’est guère plus réjouissante. Barghouti décrit une situation d’escalade permanente : les raids militaires et les arrestations se poursuivent quotidiennement, et les attaques de colons armés se multiplient.

Barghouti assure que ces groupes agissent avec la protection de l’armée israélienne et affirme que 71 communautés palestiniennes ont déjà été expulsées de leurs terres.

Ces expulsions, souligne-t-il, s’inscrivent dans une stratégie visant à s’emparer progressivement de la Cisjordanie, dont « Israël contrôle désormais plus de 40 % ».

Face à cette situation, Mustafa Barghouti balaye du revers de la main un changement interne en Israël : « Cette société s’est tournée vers le fascisme », affirme-t-il.

Pour lui, deux facteurs seront déterminants pour l’avenir. Le premier est la résilience du peuple palestinien sur sa terre, car « le projet sioniste ne peut réussir que s’il parvient à expulser les Palestiniens de leur terre, comme en 1948. »

Le second facteur est la pression internationale. Barghouti estime que les déclarations et condamnations ne suffisent plus : « Israël ne se laissera pas dissuader par des discours. »

La seule solution, selon lui, serait l’imposition de sanctions internationales et d’un boycott global d’Israël.

Malgré la dureté du contexte, Barghouti affirme ne pas se sentir seul : « Ma relation n’est pas avec les gouvernements », conclut-il, « ma relation est avec les peuples, et je sais que les peuples comprennent ce qui se passe. »


Des débris tombent près d’installations énergétiques saoudiennes après l’interception de missiles balistiques

Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
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  • L’Iran poursuit ses attaques contre les pays du Golfe alors que l’ultimatum du président américain Donald Trump approche
  • Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne mardi matin, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte missile

RIYAD : L’évaluation des dégâts était toujours en cours tôt mardi, l’Arabie saoudite indiquant que des débris de missiles balistiques interceptés étaient tombés « à proximité » d’installations énergétiques.

« Le porte-parole du ministère de la Défense, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que sept missiles balistiques lancés en direction de la région orientale ont été interceptés et détruits, et que des débris sont tombés à proximité d’installations énergétiques », a rapporté l’agence de presse saoudienne.

Outre ces sept missiles, le ministère de la Défense du royaume a indiqué que trois autres missiles balistiques visant la province orientale avaient également été interceptés, dans un message publié sur les réseaux sociaux.

L’Iran tire des missiles et des drones contre le royaume et d’autres pays arabes du Golfe depuis que Israël et les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre Téhéran le 28 février.

Téhéran a partiellement assoupli son blocage du détroit d’Ormuz pour certains trafics, mais ses actions dans cette voie maritime stratégique ont fait grimper les prix de l’énergie, avec des répercussions sur les économies mondiales.

Les pays du Golfe ont condamné les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques vitales, tandis que de nombreux autres États ont critiqué les méthodes de Téhéran durant le conflit.

L’Iran a également visé Israël ainsi que des intérêts américains dans la région.

Le président américain Donald Trump a fixé un ultimatum à l’Iran pour accepter un accord, menaçant de « représailles sévères » en cas de non-respect de l’échéance fixée à mardi 20h (EDT).

« Nous avons un plan, et grâce à la puissance de notre armée, chaque pont en Iran pourrait être détruit d’ici demain minuit », a-t-il déclaré.

L’Iran a rejeté la pression américaine pour rouvrir rapidement le détroit, tout en affirmant vouloir une solution durable au conflit.

Attaques matinales

Des militants ont signalé de nouvelles frappes visant la capitale iranienne, Téhéran, tôt mardi matin.

Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte face à une nouvelle salve de tirs iraniens.

Deux personnes ont été tuées dans la région kurde d’Irak après qu’un drone, que les autorités attribuent à l’Iran, a frappé une habitation.

Le drone a frappé une maison dans le village de Zargazawi, dans la province d’Erbil, tôt mardi, a déclaré la Direction de la lutte contre le terrorisme de la région kurde du nord dans un communiqué. Les autorités ont condamné cette attaque, la qualifiant de violation du droit international.

Cette frappe intervient alors que les forces iraniennes et des milices alliées ciblent plusieurs zones du Kurdistan irakien avec une vague de drones, roquettes et missiles. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.