Maroc: La justice maintient en prison les journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni

Manifestation de soutien à Omar Radi à Casablanca le 22 septembre 2020 (Photo, AFP).
Manifestation de soutien à Omar Radi à Casablanca le 22 septembre 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 20 juillet 2023

Maroc: La justice maintient en prison les journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni

  • La Cour de cassation du Maroc a rejeté le pourvoi de deux journalistes emprisonnés, Omar Radi et Soulaimane Raissouni
  • La semaine dernière, les avocats des détenus et les défenseurs des droits humains au Maroc avaient exhorté les autorités à trouver une «issue judiciaire, politique et légale»

RABAT: La Cour de cassation du Maroc a rejeté le pourvoi de deux journalistes emprisonnés, Omar Radi et Soulaimane Raissouni, confirmant leurs condamnations en appel pour des accusations d'agressions sexuelles dont ils se disent innocents.

La plus haute instance judiciaire du royaume "a rejeté (mardi) notre recours et confirmé les peines d'emprisonnement à l'encontre d'Omar et Soulaimane", a déclaré mercredi à l'AFP Me Miloud Kandil, leur avocat.

Omar Radi, 37 ans, et Soulaimane Raissouni, 51 ans, ont été condamnés en appel respectivement à six et cinq ans de prison ferme en 2022 dans des affaires d'agressions sexuelles, des charges qu'ils réfutent. Ils sont derrière les barreaux depuis 2021.

"Nous nous attendions à cette décision malgré les innombrables irrégularités qui ont entaché la procédure", a réagi auprès de l'AFP Driss Radi, père d'Omar Radi.

"Nous savons que la justice n'est pas indépendante dans cette affaire, mais nous espérons une grâce royale pour clore ce dossier qui a tellement nui à l'image de notre pays", a-t-il ajouté.

Au Maroc, la grâce peut être accordée par le souverain ou bien --en théorie-- par le Parlement.

«Calvaire judiciaire»

La semaine dernière, les avocats des détenus et les défenseurs des droits humains au Maroc avaient exhorté les autorités à trouver une "issue judiciaire, politique et légale" afin que les deux journalistes puissent recouvrer la liberté.

Les avocats avaient alerté sur leur état de santé et leurs conditions de détention "qui ne respectent pas les droits élémentaires", selon eux.

"Le signal envoyé est désastreux", a réagi Khaled Drareni, le représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Afrique du Nord.

RSF appelle les autorités marocaines "à mettre un terme à ce calvaire judiciaire inhumain et à libérer" les deux journalistes, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le Comité pour la protection de journalistes (CPJ), basé à New York, a exprimé sa "profonde déception".

"Le Maroc a perdu une occasion d'inverser la tendance sur ses mesures de représailles contre des journalistes indépendants, dont les voix sont si désespérément nécessaires au pays", a regretté Sherif Mansour, coordinateur du CPJ pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Mais pour les autorités marocaines, Omar Radi et Soulaimane Raissouni ont été jugés pour des crimes de droit commun qui "n'ont rien à voir" avec leur profession ni le respect de la liberté d'expression.

Interrogée par l'AFP, l'avocate féministe Aïcha Guella, présidente de l'AMVD (Association pour les droits des victimes), s'est félicitée du jugement, en déplorant que "M. Radi et Raissouni et leurs soutiens essaient de politiser ces affaires alors que les faits ont été établis devant la justice".

Mme Guella a reproché aux ONG étrangères d'"instrumentaliser les deux cas à des fins purement politiques".

L'arrêt de la Cour de cassation ne sera pas publié avant plusieurs jours.

M. Raissouni, un éditorialiste critique des autorités, a été poursuivi pour "agression sexuelle" par un jeune militant, charge qu'il a toujours rejetée devant le tribunal, estimant être poursuivi "à cause de ses opinions".

Arrêté en mai 2020, il n'a pas assisté à la plus grande partie de son procès en première instance -- entre février et juillet 2021 -- en raison d'une grève de la faim de 122 jours.

Dégradation de la liberté de la presse

M. Radi, reporter indépendant et militant des droits humains, a lui été arrêté en juillet 2020.

Il a été poursuivi pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat" avec "financement de l'étranger", et pour "viol", deux affaires distinctes jugées conjointement.

Accusé de "viol" par une ex-collègue, le journaliste a parlé de "relations librement consenties" tandis que la plaignante a affirmé le contraire.

Le journaliste Imad Stitou -- qui avait corroboré la version de M. Radi et dit être dans la même pièce au moment des faits -- a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme, pour "non-assistance à personne en danger".

Le jugement a confirmé la peine de M. Stitou, qui a quitté le Maroc.

Dans un rapport publié en juillet 2022, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé au Maroc l'utilisation de procès pour des crimes de droit commun, en particulier sexuels, comme "techniques de répression" visant à faire taire des journalistes et des opposants.

Face à ces critiques, les autorités insistent sur "l'indépendance de la justice" et "les droits des victimes".

En janvier, le Parlement européen s'est inquiété de la dégradation de la liberté de la presse au Maroc, évoquant notamment l'incarcération d'Omar Radi, dans une résolution adoptée à une large majorité qui avait déclenché les foudres de la classe politique et des médias marocains.


Le roi Salmane effectue des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite est actuellement en train de passer des examens médicaux à l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté vendredi l’Agence de presse saoudienne.

Aucune information supplémentaire n’a été communiquée concernant la nature de la visite du souverain ni les détails de son état de santé. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite annonce un nouveau soutien financier au gouvernement yéménite

Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
Cette photo montre une vue du fort de l'île de Sirah en direction de l'ancien port maritime d'Aden, dans le sud du Yémen. (AFP/File)
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  • Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi
  • Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires

RIYAD: L'ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur du programme saoudien pour le développement et la reconstruction du Yémen, Mohammed Al-Jaber, a annoncé que le Royaume, sous les directives de ses dirigeants, a fourni un nouveau soutien au budget du gouvernement yéménite, visant à payer les salaires des employés de l'État dans tous les secteurs.

Dans un post sur X, Al-Jaber a déclaré que ce soutien complète un ensemble de projets et d'initiatives de développement, d'un montant de 1,9 milliard de SR, annoncés mercredi. Ce paquet comprend la fourniture des dérivés du pétrole nécessaires au fonctionnement des centrales électriques, ce qui contribuera à améliorer le niveau de vie des habitants du Yémen et à alléger leur fardeau quotidien.

Le poste d'Al-Jaber a souligné, en particulier, que tous les salaires des forces militaires et de sécurité liées au comité militaire supérieur lié à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite seront payés à partir de dimanche.

Ce message est probablement lié à plusieurs informations médiatiques qui ont suggéré que l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (STC), Aidaroos Al Zubaidi, qui a fui le Yémen, profitait du personnel militaire et retenait les salaires en guise de moyen de pression. M. Al-Zubaidi est recherché par le gouvernement yéménite pour haute trahison et corruption.

L'ambassadeur a souligné que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre du soutien aux efforts déployés par le gouvernement yéménite pour mettre en œuvre le programme de réforme économique, qui vise à assurer la stabilité financière et économique et à renforcer la capacité de l'État à s'acquitter de ses obligations fondamentales.


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.