Rapport de la Banque mondiale: des signaux positifs pour l’économie algérienne

L’expert financier Souhil Meddah affirme que «la constitution de l’épargne intérieure et extérieure permet au pays de bénéficier d’une situation plus au moins confortable qui lui offre la possibilité de lancer des projets structurants moyens qui auront un impact sur le marché du travail, la consommation ainsi que sur les opportunités d’affaires». (Photo fournie)
L’expert financier Souhil Meddah affirme que «la constitution de l’épargne intérieure et extérieure permet au pays de bénéficier d’une situation plus au moins confortable qui lui offre la possibilité de lancer des projets structurants moyens qui auront un impact sur le marché du travail, la consommation ainsi que sur les opportunités d’affaires». (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Rapport de la Banque mondiale: des signaux positifs pour l’économie algérienne

  • «Les vents demeurent favorables» pour l’économie algérienne, qui affiche une croissance soutenue en 2022
  • «Malgré l'évolution positive de la situation macroéconomique, les perspectives économiques de l'Algérie restent sensibles à la volatilité des prix du pétrole»

PARIS: «Les vents demeurent favorables» pour l’économie algérienne, qui affiche une croissance soutenue en 2022. C’est ce que souligne le rapport de suivi de la situation économique en Algérie, publié le 22 juin 2023 par la Banque mondiale. Pour l’institution financière internationale, cette évolution s’explique entre autres par l’amélioration des indicateurs macroéconomiques et par le rebond des activités économiques des secteurs hors hydrocarbures, comme l’agriculture et les services.

Selon la même source, le niveau des recettes enregistrées par l’exportation des hydrocarbures (gaz et pétrole) a permis l’accumulation des réserves de change et une réduction du déficit budgétaire. Avec une croissance de 3,2% du produit intérieur brut (PIB), l’accélération de la croissance des secteurs hors hydrocarbures, évaluée à 4,3%, contre 2,3% en 2021, ainsi qu’un excédent de la balance courante, chiffrée à 9,5%, représente les principaux indicateurs macroéconomiques qui renforcent les capacités de résilience de l’économie algérienne.

Le dynamisme de l'activité économique du pays est évident, même si les réductions de la production pétrolière et l'impact de la faible pluviométrie sur le secteur agricole affectent les prévisions de croissance pour 2023. «Cependant, la hausse soutenue des prix des exportations de gaz justifie des projections plus optimistes que prévu pour la balance commerciale, les réserves de change, le déficit budgétaire et la dette publique», estime Cyril Desponts, économiste chargé de l’Algérie à la Banque mondiale.

Rappelons que, en janvier 2023, les prévisions de croissance indiquées dans le rapport de l’institution de Bretton Woods révélaient que «le PIB réel croîtrait de 2,3% en 2023, emmené par sa composante hors hydrocarbures, [hausse de 3,1%] et des hydrocarbures [augmentation de 0,5%]». La même source indique que la croissance du PIB se modérerait à 1,8% en 2024.

Diversification de l’économie et dynamisation du secteur privé
Le rapport de la Banque mondiale indique néanmoins que la diversification des activités économiques, la dynamisation du secteur privé ainsi que l’augmentation des investissements restent indispensables pour assurer une croissance stable sur le long terme. «Malgré l'évolution positive de la situation macroéconomique, les perspectives économiques de l'Algérie restent sensibles à la volatilité des prix du pétrole, d’où l’importance de poursuivre les réformes pour permettre au secteur privé de devenir le moteur d'une croissance durable et de la diversification de l'économie», confirme Kamel Braham, représentant de la Banque mondiale en Algérie.

Pour la Banque mondiale, la poursuite des réformes consiste à soutenir les investissements et à dynamiser le secteur bancaire, notamment en finançant les projets de diversification économique, ce qui permet de consolider la croissance.

Pour la Banque mondiale, la poursuite des réformes consiste à soutenir les investissements et à dynamiser le secteur bancaire, notamment en finançant les projets de diversification économique, ce qui permet de consolider la croissance. L’institution a en outre mis en avant le rôle du secteur privé, considéré comme le moteur de la croissance durable. Elle rappelle combien sont importants les efforts engagés par les autorités algériennes, qui ont permis «de stimuler l’investissement privé et étranger, notamment à travers une nouvelle loi sur les hydrocarbures [2019], la levée partielle des limites sur l’actionnariat étranger [2020] et une nouvelle loi sur l’investissement [2022]», lit-on dans le rapport du Fonds monétaire international (FMI).

Interrogé par Arab News en français sur les perspectives de consolidation de l’économie algérienne, l’expert financier Souhil Meddah affirme que «la constitution de l’épargne intérieure et extérieure permet au pays de bénéficier d’une situation plus au moins confortable qui lui offre la possibilité de lancer des projets structurants moyens qui auront un impact sur le marché du travail, la consommation ainsi que sur les opportunités d’affaires».

Il souligne que «ce dynamisme est conditionné par une intervention directe des autorités et de l’État régulateur afin de faciliter les opérations d’investissement, notamment dans les secteurs créateurs de valeur ajoutée et de fiscalité ordinaire sur le moyen et long terme». Il cite l’exemple de la réduction des délais d’attente dans le traitement des dossiers. «La fiscalité ordinaire est importante pour la constitution d’une assiette financière constante et stable. Il est essentiel pour l’économie nationale de tirer profit de la fiscalité ordinaire, qui fait partie intégrante de la politique budgétaire, après la concrétisation des programmes d’investissement dans le pays», conclut-il.

 


Le verrier Arc demande son placement en redressement judiciaire

 Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché. (AFP)
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  • Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an
  • Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué

LILLE: Arc France, grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, annonce mercredi avoir demandé son placement en redressement judiciaire en raison d'une "dégradation sévère et continue" de son environnement de marché.

Ce groupe bicentenaire, qui emploie encore 3.500 salariés à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de nombreux plans de refinancement soutenus par l'État, le dernier il y a un an.

Le tribunal de commerce de Lille Métropole doit statuer mercredi sur sa demande de placement en redressement judiciaire, précise le groupe dans un communiqué.

Cette procédure est "le seul cadre légal et possible pour permettre à Arc de s'adapter durablement à un environnement de marché profondément dégradé", estime le directeur général d'Arc France Nick Hodler, cité dans le communiqué.

Malgré un énième plan de refinancement et de relance validé en avril dernier par la justice, "notre modèle doit encore se transformer en profondeur (...), en revoyant notre schéma industriel et donc en réduisant nos effectifs", prévient M. Hodler.

"Il y a plusieurs centaines d'emplois qui sont clairement en jeu, ça pourrait être de l'ordre de 500 personnes", craint Frédéric Specque, délégué syndical central CGT chez Arc France interrogé par l'AFP.

Une offre de reprise 

L'environnement de marché pour Arc est très difficile, confirme ce syndicaliste, entre "la baisse de la consommation et la baisse du pouvoir d'achat" et la concurrence, déloyale selon lui, des produits importés d'Asie.

"Les contraintes économiques, elles sont là: on est envahis de produits chinois qui copient les nôtres sans la qualité, mais qui sont quatre à cinq fois moins chers. Donc tant qu'on aura ça, on peut faire tous les plans qu'on veut, on sera toujours trop chers", regrette M. Specque.

"On ferait mieux de faire pression sur le gouvernement et l'Europe pour qu'ils mettent enfin des protections aux frontières et qu'on arrête de faire entrer de la camelote qui vient de Chine ou d'ailleurs", ajoute-t-il.

Timothée Durand, membre d'une famille de propriétaires historiques d'Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu'en 2024, va présenter un projet de reprise de la société, précise l'entreprise dans son communiqué, qualifiant cette offre de "sérieuse" et "réaliste".

"L'État sera attentif aux conséquences humaines et sociales" de cette nouvelle procédure pour Arc, "dans la continuité du soutien apporté par l'État à ce groupe depuis plusieurs années", a réagi le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin dans une déclaration transmise à l'AFP.

M. Martin compte rencontrer jeudi Timothée Durand, a-t-il précisé, tout en soulignant que "l'Etat examinera avec sérieux" toutes les autres offres de reprise susceptibles de venir par la suite.

Fondé en 1825, Arc produit notamment des ustensiles pour la table (verres et assiettes) sous ses marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d'Arques Paris et Chef&Sommelier, mais aussi des produits d'entrée de gamme pour le géant suédois de l'ameublement Ikea.

Mais le groupe fait face à des difficultés chroniques depuis les années 2000: en 20 ans, ses effectifs à Arques ont été presque divisés par trois.

Ces dernières années, Arc a été durement touché par la pandémie de Covid-19, la flambée des coûts de l'énergie et l'inflation, qui ont érodé ses ventes, et a aussi souffert des inondations historiques dans le Pas-de-Calais en 2023-24.

Dans un énième sauvetage en avril, un plan de refinancement de 42 millions d'euros avait été validé par la justice, avec l'arrivée notamment de deux nouveaux actionnaires minoritaires.

En parallèle, l'État avait accordé à Arc un nouveau prêt de 30 millions d'euros et renoncé à une partie de ses anciennes créances, alors qu'il avait déjà prêté plus de 138 millions d'euros au groupe entre 2020 et 2023.


France : la confiance des ménages «légèrement à la hausse» en décembre, selon l'Insee

La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee. (AFP)
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  • L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025
  • Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne

PARIS: La confiance des ménages est repartie "légèrement à la hausse" en décembre, tout en restant bien en dessous de sa moyenne de longue période et enregistre un nouveau maximum historique sur l'opportunité d'épargner, indique mercredi l'Insee.

L'indicateur mesurant la confiance des ménages s'est établi à 90, soit un point de plus qu'en novembre, alors que la moyenne est de 100 entre 1987 et 2025.

Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus l'opinion des ménages sur la situation économique est bonne.

L'Insee établit cet indicateur à partir de questions divisées en deux grandes catégories: l'une portant sur la situation personnelle des ménages, l'autre sur leur perception de l'évolution économique en général.

En décembre, la part de ménages considérant qu'il est opportun d'épargner atteint un nouveau maximum historique.

Ainsi, le solde d'opinion sur ce thème atteint 46, une hausse d'un point par rapport à novembre, alors que la moyenne est à 19. Or la France connaît déjà un taux d'épargne très élevé, à plus de 18% du revenu disponible, autant d'argent qui n'alimente pas la consommation, premier poste de la croissance.

En revanche, les ménages ne sont pas très optimistes sur leur capacité à épargner, actuellement et à l'avenir : ces deux thèmes perdent deux points, à 19 et 14.

En décembre, l'opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle future s'est dégradée légèrement (-14 après -13 en novembre, pour une moyenne de -7).

Cependant, la proportion de ménages jugeant opportun, dans la situation économique actuelle, de faire des achats importants rebondit, le solde d'opinion gagnant trois points à -27 tout en restant bien inférieur à la moyenne (-16).

Leur opinion sur le niveau de vie récent en France a rebondi en décembre (hausse de quatre points à -70), indique l'Institut national de la statistique, mais elle se dégrade d'un point sur le niveau de vie à venir, à -57.

Les ménages pensant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois sont plus nombreux : le solde d'opinion sur cette question gagne cinq points à -3, pour une moyenne de -12.

La part de ménages pensant que les prix vont accélérer cette année augmente d'un point, là aussi au-dessus de sa moyenne (respectivement -30 et -32).

En revanche, les craintes sur l'évolution du chômage baissent encore : le solde correspondant perd deux points à 45, tout en demeurant supérieur à sa moyenne de 33.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).