Le remaniement acte «la fin du gouvernement des experts», selon Frédéric Dabi

Frédéric Dabi, directeur général de l'institut de sondage Ifop France, le 21 mars 2022. (Photo, AFP)
Frédéric Dabi, directeur général de l'institut de sondage Ifop France, le 21 mars 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 21 juillet 2023

Le remaniement acte «la fin du gouvernement des experts», selon Frédéric Dabi

  • On peut dire que c'est la fin de ce que l'on a appelé le «gouvernement des experts»
  • Avec les départs d'hier (jeudi), on revient à des gouvernements plus politiques

PARIS: Les départs de ministres issus de la société civile comme Pap Ndiaye ou François Braun, lors du remaniement de jeudi, actent "la fin du gouvernement des experts" instauré par Emmanuel Macron dès 2017, analyse auprès de l'AFP Frédéric Dabi, directeur général opinion de l'Ifop.

Le remaniement a-t-il marqué la fin de la présence de ministres issus de la société civile au sein du gouvernement ?

"C'est une page qui se tourne avec les départs de Pap Ndiaye à l'Education, de François Braun à la Santé, d'Isabelle Rome à l'Egalité entre les femmes et les hommes et de Jean-Christophe Combe aux Solidarités. On peut dire que c'est la fin de ce que l'on a appelé le "gouvernement des experts". C'était une sorte de mantra du macronisme dès 2017. Face à des Français déçus par les gouvernements extrêmement politiques de Nicolas Sarkozy et François Hollande, l'idée consistait à nommer des experts au sein de l'exécutif. D'autant plus que le banc de touche du macronisme était faible en termes de personnalités politiques très fortes. Cette vision est restée tout au long du premier quinquennat et elle a été maintenue après 2022. Mais avec les départs d'hier (jeudi), on revient à des gouvernements plus politiques. C'est la principale caractéristique de ce remaniement qui n'a pas intéressé les Français."

Les ministres issus de la société civile ont-ils échoué ?

"On a vu très rapidement les limites de ce type de ministre et de personnalité. Ce sont certes des experts, mais ils sont trop peu connus. Ils n'incarnaient pas leur sujet auprès des Français. L'action, c'est important. Les gens veulent effectivement des résultats, mais ils exigent aussi une incarnation. En 2017, par exemple, Jean-Michel Blanquer a réussi au début à imprimer à l'Education. Il y a très peu de ministres issus de la société civile à y être parvenus. Clairement, on revient maintenant à un gouvernement plus politique dont le symbole est Gabriel Attal. Avec son volontarisme, son dynamisme et son habileté politique, il aura plus de facilité à être visible comme ministre de l'Education que Pap Ndiaye. Dans un contexte de second mandat compliqué où il faut imprimer, et où la bataille de 2027 s'annonce, il faut des ministres au poids politique fort, qui connaissent le jeu politique. Force est de constater que dans ce contexte, les ministres issus de la société civile ont du mal à convaincre."

Des personnalités issues de la société civile pourraient-elles faire leur retour plus tard au sein de l'exécutif

"Personne ne peut le dire. Prenez l'exemple d'Aurélien Rousseau, le nouveau ministre de la Santé. Il a été patron de l'Agence régionale de la santé (ARS) d'Ile-de-France et il a donc une dimension non pas de société civile, mais d'expert. Personnellement, je n'imagine absolument pas un retour en arrière. L'Histoire ne repasse pas les plats. On a maintenant un gouvernement qui va être de plus en plus politique dans la perspective des élections intermédiaires et surtout celle de 2027. Ce n'est peut-être pas fini, mais on ne reviendra pas à la symbolique de 2017 ou de 2022."


Le porte-avions français passe le canal de Suez, en route vers la région du Golfe

Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
Le canal de Suez, photo d'illustration. (AFP)
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  • Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français
  • Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées

PARIS: Le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte franchissent, mercredi, le canal de Suez pour se prépositionner dans la région du Golfe en cas de déclenchement d'une mission, promue par Londres et Paris, pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé le ministère des Armées.

"Le porte-avions Charles-De-Gaulle et ses escorteurs franchissent le canal de Suez mercredi 6 mai 2026, en route vers le sud de la mer Rouge", affirme le ministère dans un communiqué.

Cette décision vise "à réduire les délais de mise en œuvre de cette initiative dès que les circonstances le permettront", ajoute-il.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l'origine d'une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël le 28 février.

Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu'une fois que les hostilités auront cessé, se veut "neutre" et "bien distincte des belligérants" avait affirmé mi-avril le président français.

Les "plus de 40 pays" qui y participent ont entamé une planification militaire à Londres, selon le ministère des Armées.

"Le mouvement du groupe aéronaval est distinct des opérations militaires initiées dans la région et complète le dispositif sécuritaire", a réaffirmé mercredi le ministère.

Sa présence à proximité du Golfe va permettre "d'évaluer l'environnement opérationnel régional par anticipation du déclenchement de l’initiative" et "d'offrir des options supplémentaires de sortie de crise pour renforcer la sécurité de la région", selon lui.

Le groupe aéronaval français doit également permettre d'"intégrer les moyens des pays qui veulent inscrire leur action dans un dispositif défensif et adapté, respectueux de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", ajoute-t-il.

Le porte-avions, qui embarque une vingtaine d'avions de combat Rafale et est escorté de plusieurs frégates, a appareillé fin janvier de Toulon pour un déploiement dans l'Atlantique Nord.

Il a été redirigé le 3 mars vers la Méditerranée orientale, où il se trouvait depuis, pour défendre les intérêts français et les pays alliés frappés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines.

Le blocage du détroit d'Ormuz a continué malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril. Washington a en retour imposé un blocus des ports iraniens puis lancé lundi l'opération Project Freedom ("Projet Liberté") pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit. Cette opération a été suspendue mercredi.


CMA CGM confirme qu'un de ses porte-conteneurs a été touché dans le détroit d'Ormuz

 Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM. (AFP)
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  • L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier
  • L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage

PARIS: Le porte-conteneurs "San Antonio" battant pavillon maltais et appartenant à l'armateur français CMA CGM a fait "l'objet d'une attaque" mardi dans le détroit d'Ormuz, a confirmé mercredi matin CMA CGM.

L'attaque a fait des "blessés parmi les membres d'équipage" qui ont été "évacués et soignés", et a occasionné des "dommages" au navire, a ajouté CMA CGM dans un bref communiqué à l'AFP.

L'agence de sécurité maritime britannique UKTMO avait rapporté qu'un cargo avait été touché mardi vers 18H30 GMT par un "projectile d'origine inconnue" dans le détroit d'Ormuz, sans l'identifier.

L'armateur précise qu'il suit la situation de près et qu'il reste pleinement mobilisé aux côtés de l'équipage.

L'attaque a eu lieu au lendemain du "projet Liberté" lancé par Donald Trump pour escorter les navires bloqués dans le Golfe afin de les aider à quitter le détroit d'Ormuz.

Mais l'opération d'escorte a été arrêtée dès mardi au bout d'un jour seulement par le même Donald Trump, dans le but de parvenir à un accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que "de grands progrès" avaient été réalisés dans les négociations, et que le "Projet liberté" serait suspendu "pendant une courte période" pour voir si un accord pouvait "être finalisé et signé".


Pour Glucksmann, «il est bien trop tôt pour se déclarer candidat»

Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat". (AFP)
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  • Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé
  • Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure

PARIS: Toujours hostile à une primaire à gauche, Raphaël Glucksmann juge "qu'il est bien trop tôt pour se déclarer candidat" à la présidentielle et assure que la gauche non mélenchoniste sera "suffisamment adulte" pour désigner "le meilleur candidat".

"Il est bien trop tôt pour se déclarer candidat. Ce qui m'obsède, c'est que la ligne politique que je porte soit capable de gagner l'élection présidentielle", a déclaré mercredi sur France 2 l'eurodéputé Place publique, le mieux placé selon les sondages pour porter une candidature de centre-gauche.

Il a défendu la démarche de "rassemblement" initiée par une quarantaine d'élus de la gauche et des écologistes, dont le patron des députés PS Boris Vallaud et l'écologiste Yannick Jadot.

Dans ce rassemblement, "on se met d'accord sur le fond (du projet), ensuite on crée une équipe et on désigne le candidat ou la candidate la mieux placée (...) Et on sera suffisamment adulte pour qu'il y en ait qu'un ou une", a-t-il affirmé.

Il a répété son hostilité à une primaire à gauche, qui a été une nouvelle fois défendue mardi soir dans un meeting à Paris par ses partisans comme Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier ou Olivier Faure.

"La malédiction de la gauche, c'est de ne parler qu'à la gauche", a-t-il expliqué. Pendant que la gauche fait une primaire, "Jean-Luc Mélenchon parlera aux Français, Jordan Bardella parlera aux Français".

Il a jugé "parfaitement normale" la candidature du leader insoumis "parce qu'en fait, nous incarnons des lignes totalement différentes".

"Donc il n'y aura pas de cris d'orfraie de ma part. C'est tout à fait logique qu'il y ait deux offres politiques qui s'affrontent quand il y a deux visions du monde qui s'affrontent", a-t-il estimé.