Comment l'Arabie saoudite s'efforce de lutter contre l'obésité et la sédentarité

Khaled Mohsen Chaeri, l'homme de 610 kg qui a dû être transporté par avion lundi, a incité l'Arabie saoudite à planifier la création d'un centre national de traitement de l'obésité (Photo, Reuters/Archives).
Khaled Mohsen Chaeri, l'homme de 610 kg qui a dû être transporté par avion lundi, a incité l'Arabie saoudite à planifier la création d'un centre national de traitement de l'obésité (Photo, Reuters/Archives).
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Publié le Samedi 22 juillet 2023

Comment l'Arabie saoudite s'efforce de lutter contre l'obésité et la sédentarité

  • L’Arabie saoudite a mis en œuvre des politiques dans le cadre de Vision 2030, afin de promouvoir la perte de poids et d'améliorer la qualité de vie
  • La Fédération du sport pour tous souligne l'importance de l'activité physique pour freiner la progression de l'obésité
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«Notre objectif est de permettre aux communautés de l’Arabie saoudite d'être aussi actives et saines que possible», a déclaré le prince Khaled ben Alwalid, président de la Fédération saoudienne des sports pour tous (Photo, fournie).

DJEDDAH: Il y a quelques mois, Mohammed Munshi, un homme d'affaires saoudien de 40 ans, qui avait toujours lutté contre le surpoids, a été hospitalisé d'urgence après avoir développé d'étranges symptômes.

«Pendant deux semaines consécutives, j'ai eu des nausées, j'étais anxieux et je consommais des boissons sucrées de manière excessive en raison d'un goût amer dans la bouche qui modifiait le goût de tout, notamment celui de l'eau», a révélé Munshi à Arab News.

«J'avais constamment chaud, mon cou devenait noir et ma vision s'affaiblissait considérablement, mais je ne comprenais pas pourquoi», a-t-il ajouté.

Lorsque les médecins ont vérifié la glycémie de Munshi, les résultats du laboratoire ont indiqué une valeur de 900. Toute valeur supérieure à 500 est considérée comme dangereuse.

Munshi souffrait de diabète sucré, une maladie liée à un contrôle inadéquat du taux de glucose dans le sang.

«Même après quatre doses d'insuline, mes taux sont restés dangereusement élevés et les symptômes ont persisté», a-t-il signalé.

Des examens médicaux complémentaires ont révélé que Munshi avait développé une acidocétose diabétique, une affection grave et potentiellement mortelle résultant d'une hyperglycémie prolongée.

Pendant une semaine après le diagnostic, il n'a pas été autorisé à manger, sa consommation d'eau a été limitée à trois bouchons par jour et il a reçu des doses quotidiennes d'insuline pour équilibrer ses niveaux.

«Il m'a fallu un certain temps pour réaliser à quel point mon mode de vie était malsain; la consommation excessive de nourriture et le mépris des signaux d'alarme», a-t-il précisé.

Munshi fait partie des millions de Saoudiens qui ont adopté un mode de vie malsain pendant des années, ce qui a entraîné des taux d'obésité élevés dans le Royaume.

En réponse aux profondes conséquences sanitaires et sociales du problème de l'obésité, le gouvernement saoudien a mis en œuvre un large éventail de politiques dans le cadre de sa Vision 2030, visant à créer une population en meilleure santé et à améliorer la qualité de vie.

Autrefois considérée comme un fléau réservé aux personnes les plus aisées, l'obésité est devenue, au cours des dernières décennies, un problème de santé mondial important à tous les niveaux de la société. C'est pourquoi l'Arabie saoudite consacre des ressources considérables à la promotion d'une alimentation saine et d'un mode de vie actif.

L'obésité, une maladie complexe qui a atteint des proportions pandémiques dans le monde entier, a presque triplé sa prévalence depuis 1975. Cette augmentation est largement attribuée à l'adoption de modes de vie de plus en plus sédentaires et de régimes alimentaires malsains.

Dans le monde, plus d'un milliard de personnes sont considérées comme étant en surpoids, un tiers d'entre elles étant classées comme obèses. L'Organisation mondiale de la santé indique qu'environ 4 millions de décès par an sont associés à cette maladie.

Une étude publiée en 2022 par l'Observatoire mondial de l'obésité a révélé qu'environ 60% de la population adulte d'Arabie saoudite est en surpoids, dont 20% en situation d’obésité.

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L’Arabie saoudite a mis en œuvre des politiques dans le cadre de la Vision 2030 afin de promouvoir la perte de poids et d'améliorer la qualité de vie (Photo, Shutterstock).

Chez les enfants, 10,5% sont en surpoids et 4,1% sont obèses. Les données récentes des principaux organismes de santé du Royaume indiquent une augmentation de l'obésité chez les enfants, alors que le nombre d'adultes obèses a diminué par rapport aux dix dernières années.

Le gouvernement saoudien affirme qu'il s'est engagé à fournir un accès transparent et égal à des événements sportifs, des compétitions et des équipements de classe mondiale à tous les citoyens, résidents et touristes, indépendamment de leur âge, de leur sexe, de leurs antécédents ou de leurs capacités.

La Fédération du sport pour tous, principale organisation responsable du développement de l'activité communautaire en Arabie saoudite, a souligné l'importance de l'activité physique pour freiner l'augmentation du taux d'obésité.

La Fédération souligne le rôle important que joue l'activité physique pour aider les gens à mener une vie saine, ainsi que l'impact positif du sport sur la société dans son ensemble. Elle veille à ce que tous les membres de la société disposent des outils et du soutien nécessaires pour pratiquer des activités physiques quotidiennes.

L'objectif de la Fédération est d'inciter les jeunes à développer des habitudes d'activité physique et des compétences tout au long de leur vie. Des initiatives telles que le programme de camps d'été, conçu pour les garçons et les filles âgés de 6 à 17 ans, mettent l'accent sur les bienfaits de l'activité physique.

Le programme met l'accent sur les bienfaits de l'activité physique, en exposant les participants, dès leur plus jeune âge, à l'impact positif du sport sur leur vie et leur communauté. Cela permet ainsi de lutter le plus tôt et le plus efficacement possible contre des problèmes tels que l'obésité.

Établie en 2018, la Fédération du sport pour tous a réussi à augmenter les niveaux d'activité physique en Arabie saoudite grâce à sa gamme diversifiée de programmes, d'expériences et de partenariats axés sur la santé et la condition physique.

En conséquence, les niveaux d'activité physique ont considérablement augmenté dans tout le pays, et davantage de personnes profitent des infrastructures disponibles.

Selon l'Autorité générale des statistiques, plus de 48,2% de la population pratique aujourd'hui une activité physique pendant plus de 30 minutes par semaine.

Le mode de vie et les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la réduction du risque de surpoids et d'obésité chez les enfants et les jeunes adultes. Les mauvaises habitudes alimentaires sont un facteur clé.

La Dr Nabila al-Abdellah, professeure agrégée de santé publique et d'épidémiologie à l'université Roi Abdelaziz de Djeddah, s'est inquiétée de l'absence d'enseignement dans les écoles sur les bonnes habitudes alimentaires.

«Les ministères de l'Éducation et de la Santé sont les principaux responsables de la santé des enfants en dehors de leur domicile», a déclaré Al-Abdellah à Arab News.

«En examinant les résultats des visites de terrain effectuées par nos étudiants spécialisés dans plusieurs écoles de filles et de garçons, les rapports déposés ne reflètent pas la situation réelle, en particulier compte tenu d'une récente initiative du ministère de la Santé ciblant les enfants scolarisés », a-t-elle ajouté.

Al-Abdellah a insisté sur la nécessité d'intensifier les campagnes de sensibilisation à la santé publique, notamment auprès des nutritionnistes, des établissements d'enseignement et des centres de santé, afin de cibler non seulement les personnes les plus vulnérables, mais aussi l'ensemble de la société.

«Il n'y a tout simplement pas assez de sensibilisation. C'est un fait», a-t-elle souligné.

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L'obésité, une maladie complexe qui a atteint des proportions pandémiques dans le monde entier, a presque triplé sa prévalence depuis 1975. Cette augmentation est largement attribuée à l'adoption de modes de vie de plus en plus sédentaires et de régimes alimentaires malsains (Photo, Shutterstock).

L'obésité est influée par une série de facteurs, notamment la génétique, l'environnement et les choix alimentaires influencés par de nombreux éléments modifiables et non modifiables, notamment les antécédents familiaux, la démographie et le mode de vie.

Bien qu'aucune approche nutritionnelle ne puisse éliminer complètement le risque d'obésité, les experts affirment qu'il s'agit de modifier les comportements lorsque cela est possible afin d’améliorer les résultats en matière de santé.

«Le meilleur régime dont on puisse bénéficier est celui auquel on peut adhérer», a déclaré à Arab News Mona Anan Aldubyan, diététicienne spécialisée dans l'obésité et la gestion du poids.

«La recherche méta-analytique des résultats de différentes études sur les régimes alimentaires et leur impact collectif sont en moyenne les mêmes. Il n'y a pas de régime unique et le meilleur régime est celui que l'on peut suivre, bien sûr dans le cadre d'une alimentation saine», a-t-elle estimé.

L’adhésion est la clé du succès d'un régime alimentaire visant à changer les habitudes et à réduire le poids, a-t-elle déclaré.

«Si un régime spécial peut être bénéfique pour certaines personnes qui en ont besoin, il est essentiel d'adopter une approche globale pour réduire le risque d'obésité — en trouvant un régime équilibré, en intégrant une activité physique régulière, en tenant compte des préférences alimentaires personnelles, des capacités financières, de la disponibilité des équipements et de ce qui constitue une norme culturelle — afin d'initier des changements de mode de vie à long terme», a expliqué Aldubyan.

«Le défi consiste à ne pas reprendre le poids perdu, car les changements physiologiques et l'adaptation de l'organisme au nouveau poids sont radicaux et peuvent passer par des phases, telles que l'envoi de messages contradictoires au cerveau indiquant que l'on a faim ou que l'on a besoin de sucre. De telles phases se produisent et il s'agit d'un combat de longue haleine. L'obésité est un combat de longue durée», a-t-elle spécifié.

Les interventions et les campagnes de sensibilisation peuvent avoir un effet transformateur sur des personnes comme Munshi, qui est en train de changer complètement de vie.

«Aujourd'hui, je m'entraîne cinq fois par semaine», a déclaré Munshi à Arab News. «J'ai adopté un régime alimentaire sain, sans sucre et pauvre en glucides, et ma glycémie s'est nettement améliorée.»

«Mon but ultime est de pouvoir jouer au football avec mon fils», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le pape dans les pas de saint Augustin au 2e jour de sa visite en Algérie

Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape. (AFP)
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  • La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre"
  • Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle

ALGER: Au deuxième jour de sa visite historique en Algérie, Léon XIV a quitté mardi Alger pour Annaba, sur les traces de saint Augustin, après une première séquence axée sur le dialogue interreligieux mais ternie par des critiques américaines contre les positions anti-guerre du pape.

Le pontife américain est devenu lundi le tout premier pape à fouler le sol algérien, étape initiale d'une tournée dans quatre pays d'Afrique, en partie occultée par une diatribe de Donald Trump à son encontre.

Dans la nuit de lundi à mardi, le vice-président américain JD Vance, récemment converti au catholicisme, a appelé le Vatican à "s'en tenir aux questions morales" et à "laisser le président des Etats-Unis se charger de définir la politique publique américaine".

La veille, dans l'avion qui l'amenait en Algérie, le pape avait estimé que l'Eglise avait "le devoir moral de s'exprimer très clairement contre la guerre". Soulignant ne pas avoir "peur" de l'administration Trump, il avait toutefois indiqué ne pas vouloir "entrer dans un débat" avec elle.

Sur fond de guerre au Moyen-Orient, Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être "un grand fan" du pape, l'accusant de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien et de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier.

Les évêques italiens et américains ont apporté leur soutien au chef de l'Eglise catholique, tout comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, réputée proche de M. Trump, qui a jugé "inacceptables" ses déclarations.

Grand penseur 

A Annaba (est), l'antique Hippone, le chef de l'Eglise catholique vivra une étape à la dimension personnelle et spirituelle, dans les pas de saint Augustin (354-430).

Le grand penseur chrétien qui y fut évêque a légué son nom à l'ordre religieux dont est issu le pape américain, fondé au XIIIe siècle et aujourd'hui composé d'environ 3.000 membres à travers le monde prônant la charité et la vie communautaire.

Léon XIV visitera le site archéologique romain et une maison d'accueil pour personnes âgées démunies, majoritairement musulmanes, prises en charge par des religieuses catholiques.

L'islam sunnite est religion d'Etat en Algérie, où les catholiques représentent moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants.

L'après-midi, devant environ 1.500 fidèles, il célèbrera une messe à la basilique Saint-Augustin, perchée sur une colline, en présence de religieux africains de différentes nationalités.

Lundi, accueilli avec les honneurs sous un ciel d'Alger inhabituellement pluvieux, Léon XIV a rendu hommage, devant le Monument des martyrs, aux victimes de la sanglante guerre d'indépendance contre la France (1954-1962).

La "paix qui permet d'envisager l'avenir avec un esprit réconcilié n'est possible que par le pardon", a-t-il déclaré, appelant à ne "pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération".

 "Vivante, dynamique et libre" 

Devant les plus hautes autorités dont le président Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a aussi invité les responsables du pays à "ne pas dominer" le peuple et à promouvoir "une société civile vivante, dynamique et libre".

Depuis l'élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l'espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains.

L'après-midi, le pape a visité la Grande Mosquée, au plus haut minaret du monde (267 mètres), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d'Afrique, qui surplombe la baie d'Alger.

Là, il s'est recueilli dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie noire de guerre civile (1992-2002) entre groupes islamistes et forces gouvernementales, qui a fait 200.000 morts selon un bilan officiel.

Le pape a rappelé que ces religieux étrangers, dont les sept moines de Tibhirine (à 100 km au sud d'Alger), avaient choisi de rester en Algérie malgré des attentats meurtriers.

Mercredi, le pape de 70 ans quittera Alger pour le Cameroun, suite d'un premier voyage africain qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale jusqu'au 23 avril, un périple de 18.000 km à l'agenda très dense.

 


Premiers pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, sans le Hezbollah

De la fumée s'élève derrière des palmiers et le logo « Golden Arches » de McDonald's, sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la région d'Al-Hosh, près de la ville côtière libanaise de Tyr, le 14 avril 2026. (AFP)
De la fumée s'élève derrière des palmiers et le logo « Golden Arches » de McDonald's, sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la région d'Al-Hosh, près de la ville côtière libanaise de Tyr, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Avant même la rencontre prévue à Washington, le chef de la formation libanaise, Naïm Qassem, a réclamé son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation"
  • Depuis que le Liban a été entraîné début mars par le Hezbollah dans le conflit avec l'Iran, les bombardements israéliens ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes

WASHINGTON: Washington accueille mardi des pourparlers directs de paix, les premiers du genre depuis 1993, entre des représentants du Liban et d'Israël mais avec un grand absent, le Hezbollah, réduisant les perspectives d'accord.

Parallèlement, le blocus américain des ports d'Iran, jugé mardi "dangereux et irresponsable" par Pékin, se poursuit au lendemain de son entrée en vigueur après l'échec des discussions au Pakistan entre Washington et Téhéran sur un règlement du conflit.

La guerre, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, a embrasé le Moyen-Orient, déstabilisé l'économie mondiale et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Après plus de cinq semaines de frappes des deux côtés, un fragile cessez-le-feu est en place depuis le 8 avril. Mais selon Israël et les Etats-Unis, il n'inclut pas le Liban, où les frappes israéliennes contre le Hezbollah pro-iranien continuent.

Avant même la rencontre prévue à Washington, le chef de la formation libanaise, Naïm Qassem, a réclamé son "annulation", affirmant que de tels pourparlers étaient une "capitulation".

Depuis que le Liban a été entraîné début mars par le Hezbollah dans le conflit avec l'Iran, les bombardements israéliens ont fait plus de 2.000 morts -- dont les frappes meurtrières sans précédent du 8 avril -- et déplacé plus d'un million de personnes.

La rencontre à Washington doit se dérouler en fin de matinée sous la médiation de Marco Rubio, aux côtés des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Nada Hamadeh Moawad.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a posé deux conditions à ces pourparlers: le "désarmement du Hezbollah" et la recherche d'un "véritable accord de paix".

Selon un responsable du département d'Etat, parlant sous couvert d'anonymat, cette discussion a pour objectif "de garantir la sécurité à long terme de la frontière nord d'Israël et à soutenir la détermination du gouvernement libanais à rétablir sa pleine souveraineté sur son territoire et sa vie politique".

"Fatigués" 

Côté libanais, le président Joseph Aoun a dit espérer la conclusion d'un accord sur un cessez-le-feu au Liban, "dans le but d'entamer des négociations directes entre le Liban et Israël", techniquement en état de guerre depuis des décennies.

A Beyrouth, des Libanais, las des guerres successives d'Israël, mettent leurs espoirs dans ces discussions.

"Nous sommes pour (les négociations) si c'est dans l'intérêt du Liban, si cela résout les problèmes", dit à l'AFP Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans. "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir, nous sommes fatigués, nous avons vécu tant de guerres".

L'administration Trump insiste sur le désarmement du Hezbollah, regrettant que l'armée libanaise n'ait pas su ou pu le faire jusqu'à présent.

Mais Washington est entre deux feux, exigeant le respect de l'intégrité territoriale du Liban tout en défendant le droit d'Israël à se défendre.

Il va falloir "beaucoup d'imagination et d'optimisme pour penser" que le différend entre Israël et le Liban "puisse être résolu demain à Washington", souligne un ancien responsable israélien de la Défense. "Il sera très difficile de parvenir à un accord, et Israël va créer une zone tampon dans le nord, très similaire à celle que nous avons à Gaza", dit-il à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Israël prévoit d'établir une "zone de sécurité" dans le sud du Liban, où les forces israéliennes ont pénétré pour éliminer selon eux la menace que le Hezbollah pose pour les habitants du nord d'Israël.

Le Hezbollah est entré le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Israël a riposté par des frappes aériennes meurtrières au Liban et une invasion dans le sud du pays.

"Dangereux et irresponsable" 

En Iran, le blocus maritime des Etats-Unis contre les ports iraniens dans le Golfe et en mer d'Oman est toujours en cours, suscitant une vive réaction de la Chine.

Pékin, qui dépend largement de l'Iran pour son approvisionnement pétrolier, a appelé au rétablissement d'une navigation "sans entraves" dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial, notamment des hydrocarbures, et verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre.

Le blocus américain "ne fera qu'exacerber les tensions, fragiliser un accord de cessez-le-feu déjà fragile et compromettre encore davantage la sécurité du passage dans le détroit", a regretté Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, parlant d'un comportement "dangereux et irresponsable".

Le président américain Donald Trump avait menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus. Téhéran, de son côté, dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".

 


Le Kurde Nizar Amedi élu président de l'Irak, Al-Maliki pressenti pour Premier ministre

Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid
  • Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan

BAGDAD: Le Parlement irakien a élu samedi à la présidence du pays Nizar Amedi, qui doit à présent choisir un Premier ministre, dans un pays récemment entraîné dans la guerre au Moyen-Orient.

Conformément au système de partage du pouvoir en vigueur en Irak, la présidence de la République, un poste largement honorifique, est attribuée à un Kurde, la fonction de Premier ministre à un chiite et la présidence du Parlement à un sunnite.

Nizar Amedi a prêté serment après avoir obtenu la majorité des voix des députés, selon une retransmission en direct du vote par la chaîne officielle Al-Iraqiya. Il succède Abdel Latif Rachid.

Agé de 58 ans, il était le candidat de l'une des deux principales formations kurdes, le Parti de l’Union patriotique du Kurdistan.

M. Amedi a été ministre de l’Environnement entre 2022 et 2024 dans le gouvernement du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani.

Il a également été conseiller des anciens présidents de la République, Jalal Talabani, Fouad Massoum et Barham Saleh.

Après les élections législatives de novembre, la date de l'élection du président avait été fixée à janvier mais avait été reportée deux fois en raison de désaccords politiques, reculant d'autant la nomination d'un Premier ministre.

Le président dispose désormais de 15 jours pour nommer un Premier ministre, qui devrait être Nouri al-Maliki.

Déjà deux fois consécutives à ce poste (entre 2006 et 2014), M. Maliki avait reçu en janvier l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.

Ce probable retour au pouvoir de M. Maliki avait suscité de vives inquiétudes à Washington.

M. Maliki avait dans un premier temps bénéficié du soutien américain après l'invasion de 2003 et la chute de Saddam Hussein, mais s'était brouillé avec Washington après s'être rapproché de l'Iran.

L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux partenaires, eux-même ennemis.

Les Etats-Unis et l'Iran ont entamé samedi à Islamabad des négociations pour tenter d'obtenir une trêve durable après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient.

L'Irak a été happé par le conflit, des groupes pro-iraniens attaquant des intérêts américains dans le pays et ces mêmes groupes étant l'objet de frappes imputées aux Etats-Unis et à Israël.