Cap sur la Cisjordanie pour les produits d’une entreprise de Gaza

Des Palestiniens dans un marché de la ville de Ramallah. Pour la première fois en quatorze ans, Israël a autorisé une entreprise basée à Gaza à écouler ses produits dans les marchés de Cisjordanie. (Photo, AFP).
Des Palestiniens dans un marché de la ville de Ramallah. Pour la première fois en quatorze ans, Israël a autorisé une entreprise basée à Gaza à écouler ses produits dans les marchés de Cisjordanie. (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 14 décembre 2020

Cap sur la Cisjordanie pour les produits d’une entreprise de Gaza

  • Accorder le droit aux usines de Gaza d’exporter vers la Cisjordanie et l’étranger, si la tendance se maintient, contribuerait à sauver le secteur industriel et commercial «quasi effondré» de Gaza»
  • Des 2000 entreprises actives à Gaza avant le sièges, seuls 800 établissements dans quelques secteurs ont survécu

GAZA: L'homme d'affaires palestinien Wael al-Wadyya a de bonnes raisons d’espérer un avenir économique lumineux après qu'Israël a autorisé sa société, située à Gaza, à écouler ses produits dans les marchés de Cisjordanie, et ce pour la première fois en quatorze ans.

M. Al-Wadyya, le directeur général de la société Saray al-Wadyya, a hâte de voir son entreprise, fondée par sa famille à Gaza en 1985, retrouver la capacité de production dont elle disposait par le passé. Avant que le Hamas prenne de force les rênes du pouvoir en 2007 et qu’Israël rétorque en imposant un siège sur la bande de Gaza.

Saray al-Wadyya devient ainsi la première entreprise de Gaza à recevoir la permission d’exporter certains de ses produits alimentaires vers les villes de Cisjordanie.

En effet, depuis le 22 novembre, Israël autorise quatre chargements contenant uniquement deux types de sucreries et en-cas – sur les cinquante produits par l'entreprise – à atteindre les marchés de Cisjordanie. Le transport se fait par Kerem Shalom, seul point de passage commercial désigné pour les marchandises en provenance et à destination de Gaza.

«Cette autorisation ne signifie pas la levée des restrictions israéliennes sur la commercialisation en Cisjordanie et les exportations à l'étranger, mais c'est une étape significative. Nous sommes actuellement à la recherche de locaux plus grands», explique Wael al-Wadyya à Arab News.

Avant le siège, la société distribuait 60 à 70 % de ses produits alimentaires en Cisjordanie. L’embargo a réduit de moitié la capacité de production de son usine en raison des restrictions sur la commercialisation dans le pays et vers l'étranger. M. Al-Wadyya espère que la capacité de production de l'usine atteindra 90 % si tous ses produits sont autorisés en Cisjordanie où les marchés sont nettement plus importants que ceux de Gaza. 

Il y a quelques mois, l’entreprise a obtenu le certificat international ISO 22000 relatif à la sécurité des denrées alimentaires. Selon Wael Al-Wadyya, ses «produits auront atteint l'Europe et les pays du Golfe avant la Cisjordanie, située à seulement quelques kilomètres. Sans la certification aux normes de qualité, Israël n'aurait pas cédé aux pressions européennes et accepté les ventes en Cisjordanie.»

L'entreprise emploie actuellement 150 personnes. Le directeur général de la société s'attend à voir ce nombre au moins doubler si tous les produits de l'usine sont autorisés à sortir de Gaza.

Dans l'enclave, près de deux millions de personnes vivent dans une situation de crise amplifiée, avec un taux de chômage de 46 %. Le taux de pauvreté quant à lui est de 53 %.

Les économistes estiment qu’accorder le droit aux usines de Gaza d’exporter vers la Cisjordanie et l’étranger, si la tendance se maintient, contribuerait à sauver le secteur industriel et commercial «quasi effondré» de Gaza.

Le directeur exécutif de la Fédération générale des industries palestiniennes, Khader Shaniora, a confirmé que les industries de Gaza, tous secteurs confondus, font face à de grands défis en raison des restrictions israéliennes. Ces dernières ont causé de lourdes pertes économiques au cours des dernières années et ont provoqué l'effondrement de nombreuses entreprises et usines.

«Les produits de Gaza peuvent être compétitifs, non seulement en Cisjordanie, mais aussi sur les marchés internationaux. Cinq usines l'ont prouvé avec succès, dont Saray Al-Wadyya, en obtenant le certificat de qualité international le plus prestigieux. Cinq autres usines sont en lice pour avoir les leurs», ajoute Khader Shaniora pour Arab News.

Le rédacteur en chef du journal Al-Eqtisadiah basé à Gaza, Mohammed Abu Jayab, explique que permettre aux produits de Gaza d'atteindre la Cisjordanie, «en plus de faire changer la direction des indicateurs économiques de croissance, créera parallèlement des milliers d'emplois, à un moment ou la pauvreté et le chômage étouffent la population».

Selon les rapports produits par les ONG palestiniennes, parmi les 2000 entreprises actives à Gaza avant le siège, seuls 800 établissements dans quelques secteurs ont survécu, même s’ils fonctionnent à faible capacité.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada

 

 


Devoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision lui enjoignant d'intégrer les émissions CO2 de ses clients

TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
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  • Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027
  • Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement

PARIS: TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance.

"Imposer à des entreprises du secteur de l'énergie ou de la défense, de l'aéronautique ou de l'automobile… un contrôle des risques résultant de l'utilisation de leurs produits par leurs clients n'apparaît pas conforme aux objectifs de la loi, ni aux principes de sécurité juridique et de liberté d'entreprendre", fait valoir le géant français de l'énergie dans son communiqué.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027.

Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des "mesures de vigilance raisonnable" pour les prévenir.

L'injonction du tribunal a été assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que le groupe doit s'y conformer immédiatement, et que son appel ne suspend pas la décision.

TotalEnergies précise avoir décidé de faire appel "après délibération de son conseil d'administration".

Dans son communiqué, le groupe s'appuie sur la décision du ministère public, qui a "estimé que le changement climatique est un phénomène mondial qui est +l'affaire de tous mais essentiellement une responsabilité de la communauté internationale des Etats+".

TotalEnergies argue également que "la loi sur le devoir de vigilance vise à responsabiliser les entreprises sur les risques d'atteinte résultant de leurs activités, de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs et sous-traitants, mais ne vise pas les activités de leurs clients sur lesquelles l'entreprise ne dispose pas de contrôle".

"Ce n'est pas TotalEnergies qui décide si un automobiliste choisit de rouler à l'essence, au biodiesel ou avec un véhicule électrique", ajoute le géant pétrogazier.

Ce dossier s'inscrit dans une vague mondiale de contentieux climatiques visant les multinationales.

Dans une affaire similaire, la Cour suprême des Pays-Bas doit notamment se prononcer en dernière instance sur le groupe Shell, après l'annulation en appel d'un jugement historique de 2021 qui lui ordonnait de réduire ses émissions de 45% d'ici 2030.