La cyberligne de front au Moyen-Orient vise à repousser les menaces alimentées par l'IA

Le Forum mondial sur la cybersécurité de 2023 se tiendra à Riyad en novembre et aura pour thème: «Définir les priorités partagées dans le cyberespace.» (Photo fournie)
Le Forum mondial sur la cybersécurité de 2023 se tiendra à Riyad en novembre et aura pour thème: «Définir les priorités partagées dans le cyberespace.» (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 23 août 2023

La cyberligne de front au Moyen-Orient vise à repousser les menaces alimentées par l'IA

  • Les entreprises de la région sont confrontées à une menace croissante d’hameçonnage, de pirates informatiques et d'escroqueries par courrier électronique à mesure qu'elles adoptent les nouvelles technologies
  • Les modèles d'IA générative ont facilité les attaques d’hameçonnage, rendant les pays arabophones comme l'Arabie saoudite particulièrement vulnérables

DUBAÏ: La technologie a progressé à une vitesse vertigineuse au cours de la dernière décennie, avec de nombreux processus – du shopping et des opérations bancaires à la production énergétique et à la livraison – passant en ligne, permettant une économie de temps et de main- d'œuvre, tout en améliorant l'accessibilité.

Cependant, toutes ces avancées entraînent également une série de nouvelles menaces, notamment celles qui cherchent à tirer profit de contrôles de cybersécurité centralisés et obsolètes, entraînant une augmentation des cyberattaques et des activités criminelles en ligne.

Alors qu’une part croissante de l’économie mondiale se tourne vers le cyberespace, la lutte contre la menace internationale en matière de cybersécurité devrait coûter au monde 10,5 trillions de dollars (un dollar = 0,91 euro) par an d’ici à 2025.

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L’hameçonnage, le leurre et le piratage d’e-mails sont des formes courantes d'accès non autorisé à l'information. (Shutterstock)

Les pays du Moyen-Orient ne font pas exception à cette règle et semblent particulièrement vulnérables aux cyberattaques contre des infrastructures essentielles comme les champs de pétrole et de gaz, les centrales électriques, les ports et les aéroports, compte tenu du rôle vital joué par la région dans la production énergétique mondiale.

Une analyse réalisée en 2022 par la société de cybersécurité Kaspersky a montré que le Moyen-Orient était l'une des cinq régions du monde ayant cette année-là le pourcentage le plus élevé de logiciels malveillants bloqués dans les systèmes de contrôle industriel.

Deux ans plus tôt, les données d'IBM montraient que le coût moyen d'une cyberattaque contre des institutions aux Émirats arabes unis (EAU) et en Arabie saoudite s'élevait à 6,53 millions de dollars, soit environ 69 % de plus que la moyenne mondiale.

 

EN CHIFFRES

105 trillions de dollars

Alors qu’une part croissante de l’économie mondiale se tourne vers le cyberespace, la lutte contre la menace internationale en matière de cybersécurité devrait coûter au monde 10,5 trillions de dollars par an d’ici à 2025.

 

Le deuxième trimestre 2022 a vu augmenter de 168 % de la fréquence des attaques d’hameçonnage, de piratage et des escroqueries en ligne en Arabie saoudite par rapport au trimestre précédent.

«Il est vrai qu'il y a eu une augmentation de la fréquence des cyberattaques ciblant l'Arabie saoudite, mais il est essentiel de souligner que cette tendance s’inscrit dans le cadre d'une augmentation mondiale plus large des activités illicites dans l'espace numérique», affirme à Arab News Achraf Koheil, directeur régional pour le Moyen-Orient, l’Afrique et la Turquie de la société de cybersécurité Group-IB.

«Les entreprises et les institutions de tous les secteurs et de toutes les régions doivent faire face à un nombre croissant d'attaques d’hameçonnage, de tentatives de rançongiciel et d'escroqueries», ajoute-t-il.

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Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l’Arabie saoudite et Bahreïn. (Photo fournie)

Achraf Koheil estime que les racines de l’activité cybercriminelle sont souvent liées à des facteurs socio-économiques. «Le royaume saoudien est une puissance économique mondiale qui connaît une transformation numérique incroyablement rapide ayant créé une multitude d’emplois et d’opportunités», explique-t-il.

«Dans ce contexte, on pourrait s’attendre à ce que les cybercriminels tentent d’en profiter pour inciter certaines personnes à interagir sans le savoir avec des pages d’hameçonnage ou des sites Web frauduleux  pour obtenir un gain financier illicite.»

 

EN BREF

• Les données d'IBM pour 2020 ont montré que le coût moyen d'une cyberattaque contre des institutions aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite était de 6,53 millions de dollars, soit environ 69 % de plus que la moyenne mondiale.

• Les modèles d'IA générative ont réduit le coût et la difficulté des attaques d’hameçonnage, ce qui rend les pays arabophones comme l'Arabie saoudite particulièrement vulnérables.

 

Un autre facteur déterminant est l’augmentation spectaculaire de l’utilisation des plates-formes de commerce électronique par la population saoudienne ces dernières années.

Safwan Akram, directeur des services de sécurité pour l'Arabie saoudite auprès du fournisseur de cybersécurité Help AG, affirme que de plus en plus de consommateurs effectuent la majorité de leurs achats en ligne, les revenus du commerce électronique devant afficher un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2023 et 2027, selon les données d'ecommerceDB.

«Cela constitue une cible attrayante pour les acteurs nocifs cherchant à obtenir des informations telles que les identifiants des utilisateurs et les détails de leurs comptes bancaires», assure-t-il à Arab News.

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Safwan Akram, directeur des services de sécurité – Arabie saoudite, Help AG. (Photo fournie)

En outre, le coût et la difficulté de mener une attaque d’hameçonnage ont considérablement diminué grâce à l’émergence de modèles d’intelligence artificielle générative, ce qui rend les pays arabophones comme l’Arabie saoudite particulièrement vulnérables.

«Auparavant, les pirates informatiques étaient limités dans leur capacité à cibler les résidents du Royaume avec des e-mails d’hameçonnage, un grand nombre d’entre eux ne sachant pas écrire en langue arabe. Cependant, grâce aux modèles d’IA générative, ils peuvent désormais générer d’un simple clic des e-mails et des messages d’hameçonnage bien rédigés et apparemment fiables dans diverses langues», note Safwan Akram.

 

«L'Arabie saoudite a mené son parcours de numérisation en donnant la priorité à la cybersécurité... à mesure que les frontières de la numérisation et de la technologie s'étendent, les cyberattaques surviennent également, en raison de nouvelles vulnérabilités.»

Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l’Arabie saoudite et Bahreïn

L’Arabie saoudite comprend une communauté fintech grandissante, avec l’apparition de nombreuses nouvelles entreprises, réglementées par la Banque centrale saoudienne.

«Un grand nombre de ces sociétés de technologie financière sont des start-up qui ne disposent peut-être pas d'un système de cybersécurité élaboré par rapport aux entreprises bien établies, ce qui les rend vulnérables aux attaques», indique Safwan Akram.

Dans cette optique, les pays du Golfe, qui constituent des cibles évidentes pour les pirates informatiques du monde entier, travaillent de manière assidue avec les prestataires de cybersécurité du secteur public pour protéger leurs infrastructures.

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Achraf Koheil, directeur régional des ventes Meta auprès de Group-IB. (Photo fournie)

Le marché de la cybersécurité au Moyen-Orient et en Afrique devrait atteindre 36,2 milliards de dollars d'ici à 2028, avec un taux de croissance annuel composé de 10,2 % au cours des cinq prochaines années, selon un nouveau rapport publié par MarketsandMarkets.

«L'Arabie saoudite a mené son parcours de numérisation en donnant la priorité à la cybersécurité», affirme à Arab News Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l'Arabie saoudite et Bahreïn.

Cela se reflète dans la création dans le pays d’entités telles que le Global Cybersecurity Forum Institute et l’Autorité nationale saoudienne de cybersécurité, qui sont responsables de l’élaboration, de la mise en œuvre et de la supervision des stratégies de sécurité.

Depuis leur création, ces institutions ont lancé de nombreuses initiatives en matière de cybersécurité, notamment la Fédération saoudienne pour la cybersécurité et l’Académie nationale pour la cybersécurité.  

Cette année, ces initiatives ont permis au Royaume d'obtenir la deuxième place dans l'indice mondial de cybersécurité du World Competitiveness Yearbook, un classement créé par l'Institut international pour le développement de la gestion, ou IMD, basé en Suisse.

Les derniers rapports de Kaspersky montrent également une diminution de 1 % des attaques d’hameçonnage en Arabie saoudite au cours du premier trimestre 2023 par rapport à la même période de 2022.

Mohammed Hachem estime que cette diminution pourrait être le résultat des mesures dynamiques prises par le gouvernement et les institutions saoudiennes pour mettre en œuvre des mesures de cybersécurité strictes et investir dans la technologie appropriée, afin de protéger leurs systèmes et données contre les cybermenaces.

«Cependant, on peut noter qu'à mesure que les frontières de la numérisation et de la technologie se développent, les cyberattaques surviennent également, en raison de nouvelles vulnérabilités», ajoute-t-il. Ces vulnérabilités sont couramment exploitées par les cybercriminels, entraînant une augmentation des attaques d’hameçonnage, de piratage et des escroqueries en ligne.

«Les techniques d'ingénierie sociale qui s'appuient sur les émotions humaines telles que la peur, l'avidité, la curiosité et l'enthousiasme sont couramment utilisées par les cybercriminels pour manipuler les gens», fait remarquer Mohammed Hachem.

Il précise que l’hameçonnage, les leurres, le spam de contacts et le piratage d’e-mails sont des formes courantes de techniques d'ingénierie sociale utilisées pour tromper les individus et obtenir un accès non autorisé à l'information, le vol d'identité et d'autres informations personnelles.

Les attaques d’hameçonnage répondent au même schéma: l’envoi d’un e-mail et d’un message instantané ou un SMS prétendant provenir d'une source fiable demandant des informations. Le mécanisme de leurre consiste lui à créer un piège pour exploiter la curiosité d'un individu, généralement via une clé USB chargée de logiciels malveillants ou un e-mail proposant des offres exceptionnelles via une pièce jointe.

Bien que les gouvernements régionaux et les banques disposent de ressources suffisantes et de mesures pour accroître le niveau de sensibilisation aux attaques d’hameçonnage financier et aux escroqueries en ligne, des lacunes en matière d'éducation et de sensibilisation existent toujours.

«Le fait que nous constatons de plus en plus de ces attaques d’hameçonnage indique qu'elles sont efficaces et réussies, ce qui signifie qu'il y a encore du travail à faire en matière de formation et de sensibilisation», constate à Arab News Renze Jongman, responsable du renseignement auprès de la société de cyberdéfense Mandiant.

Selon le rapport Global Perspectives on Threat Intelligence de Mandiant, 44 % des personnes interrogées ont déclaré que leur institution avait subi une cyberattaque importante au cours des douze derniers mois.

Le rapport indique également que 98 % des personnes interrogées estiment qu'elles doivent plus rapidement mettre en œuvre les changements basés sur les informations disponibles concernant les menaces.

Comme pour tout autre crime, le piratage informatique, l’hameçonnage et les escroqueries en ligne augmentent en fréquence s'ils réussissent, soutient Renze Jongman.

Il indique que l’un des principaux facteurs encourageant la cybercriminalité est l’existence de réseaux de «cybercriminalité en tant que service», c’est-à-dire des groupes qui opèrent de manière professionnelle et à grande échelle pour faciliter la création de campagnes d’escroquerie en ligne.

«L’impunité quasi-totale ou la possibilité de rester presque anonyme sur Internet, l'ampleur du problème et la nature transnationale de la cybercriminalité en font un type de crime difficile à enquêter et à poursuivre en justice», affirme Renze Jongman.

Il souligne également que les cybercriminels opèrent en sachant qu'il n'y a qu'une très faible chance qu'ils aient à faire face aux conséquences de leurs actes. De plus, cibler des entreprises ou des secteurs spécifiques permet aux cybercriminels de se concentrer sur des cibles de grande valeur, et aux acteurs de l'espionnage de collecter des informations classifiées et confidentielles sur des sujets très spécifiques, observe Renze Jongman. «Ainsi, les personnes à la recherche d'un nouvel emploi parleront volontiers du travail qu'elles ont accompli auparavant.»

Cependant, en surveillant de manière active de telles menaces, les entreprises peuvent protéger à la fois leur marque et leurs clients. Les entreprises qui réussissent le mieux à se protéger contre ces menaces utilisent les veilles sur les menaces pour détecter ces attaques et y répondre lorsqu'elles se produisent.

De ce fait, ces institutions s’arment de la connaissance de ce dont elles se défendent, ce qui leur permet d’agir de manière préventive.

«Des réflexes simples, comme vérifier les signaux d’alerte dans un e-mail, surveiller les fautes de frappe dans un e-mail ou un texte, ou utiliser un antivirus, peuvent être d'une grande aide», affirme Mohammed Hachem, de Kaspersky. «L'ignorance ne fait pas le bonheur lorsque la cybercriminalité domine votre vie en ligne et hors ligne.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
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  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."


Liban: le Premier ministre promet la reconstruction dans le sud, dévasté par le conflit Israël-Hezbollah

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe". (AFP)
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  • De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne

TAYR HARFA: Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a promis samedi d'oeuvrer à la reconstruction dans le sud, lors d'une visite de localités dévastées par des frappes israéliennes, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah dans la zone.

De larges secteurs des régions méridionales du Liban, proches de la frontière avec Israël, restent désertées et en ruines, plus d’un an après le cessez-le-feu qui visait à mettre fin à un an d'hostilités (dont deux mois de guerre ouverte) entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

Aux termes de l'accord de trêve de novembre 2024, le gouvernement libanais s’est engagé à désarmer le Hezbollah, ce que l’armée a déclaré le mois dernier avoir mené à bien dans la zone entre le fleuve Litani et la frontière israélienne, à une trentaine de km plus au sud.

En visite à Tayr Harfa, à environ trois km de la frontière, et Yarine, à proximité, M. Salam a déclaré que les villes et villages frontaliers avaient subi "une véritable catastrophe".

A Dhayra, la délégation officielle a été saluée par des habitants rassemblés sur les gravats, et à Bint Jbeil, plus à l’est, elle a tenu une réunion avec des responsables, dont des députés du Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal.

M. Samal a promis aux habitants des localités concernées le lancement de projets clés de reconstruction, portant notamment sur la réhabilitation des routes et le rétablissement des réseaux de communication et d’eau.

L’an dernier, la Banque mondiale avait annoncé avoir débloqué 250 millions de dollars pour soutenir la reconstruction post-guerre du Liban. Elle a estimé les coûts de reconstruction et de relance du pays à environ 11 milliards de dollars.

La deuxième phase du plan gouvernemental de désarmement du Hezbollah concerne la zone située entre les fleuves Litani et Awali, à environ 40 km  au sud de Beyrouth.

Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a jugé insuffisants les progrès de l'armée libanaise, tandis que le Hezbollah a rejeté les appels à remettre ses armes.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, Israël mène des frappes régulières contre ce qu’il présente généralement comme des cibles du Hezbollah et maintient des troupes dans cinq zones du sud du Liban.

Des responsables libanais ont accusé Israël de chercher à empêcher la reconstruction dans le sud, un bastion du Hezbollah, en menant des frappes répétées visant notamment des engins de chantier.