La paix au Yémen se précise malgré des défis persistants, selon l’envoyé américain

L’envoyé spécial des États-Unis au Yémen, Tim Lenderking, s’adresse à Arab News lors d’une interview spéciale en 2022 (Photo AN/Huda Bachatah).
L’envoyé spécial des États-Unis au Yémen, Tim Lenderking, s’adresse à Arab News lors d’une interview spéciale en 2022 (Photo AN/Huda Bachatah).
Short Url
Publié le Jeudi 24 août 2023

La paix au Yémen se précise malgré des défis persistants, selon l’envoyé américain

  • «Ce dont nous avons besoin, c’est que l’Iran respecte les engagements pris envers l’Arabie saoudite»
  • La guerre au Yémen a débuté en 2014 lorsque les Houthis, des insurgés soutenus par l’Iran, se sont emparés de la capitale Sanaa

CHICAGO: Bien qu’il ait dressé un tableau globalement optimiste des avancées du processus de paix au Yémen au cours des dix-huit derniers mois, notamment l’accord de trêve conclu en avril 2022 entre le gouvernement national et les Houthis, l’envoyé spécial des États-Unis dans ce pays, Tim Lenderking, a déclaré que la voie à suivre restait «difficile et pleine de défis».

Après le rétablissement récent des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui soutient les Houthis et leur fournissant des armes, le monde «doit voir se concrétiser les engagements pris par l’Iran» au sujet du Yémen, a ajouté Lenderking.

Lenderking, qui est rentré cette semaine d’un voyage officiel au Moyen-Orient pour des discussions sur le Yémen, s’exprimait mercredi lors d’une réunion d’information en ligne organisée par le département d’État américain.

«Nous pensons que toute mesure prise par les pays de la région pour désamorcer les tensions dans la région sera bénéfique pour celle-ci, et c’est certainement le cas dans le conflit au Yémen», a-t-il déclaré.

«Ce que nous devons voir, c’est que l’Iran respecte les engagements qu’il a pris envers l’Arabie saoudite : Pas de contrebande d’équipement létal ou d’équipement de guerre au Yémen pour les Houthis, et un engagement à soutenir une résolution politique du conflit.»

La guerre au Yémen a commencé en 2014 lorsque les Houthis, des insurgés soutenus par l’Iran, se sont emparés de la capitale Sanaa. Le conflit s’est étendu et a alimenté des violences transfrontalières. L’Iran et la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen ont négocié une trêve de deux mois en avril 2022, qui a été prolongée à deux reprises et continue d’offrir l’espoir d’un règlement plus permanent, même si elle a expiré en octobre de l’année dernière.

«Le Yémen a connu la plus longue période de désescalade depuis le début de la guerre», a déclaré Lenderking. «Des milliers de vies ont été sauvées. Les attaques transfrontalières et les frappes aériennes ont cessé. La liberté de mouvement a été améliorée, notamment avec la reprise des vols commerciaux depuis l’aéroport de Saana pour la première fois depuis 2016.

«Ceci dit, il faut aller beaucoup plus loin. Seul un accord politique yéméno-yéménite peut résoudre durablement ce conflit civil. Et seul un effort global de redressement et de reconstruction avec un soutien fort des donateurs régionaux, ainsi qu’internationaux, peut inverser la crise humanitaire et économique à laquelle les Yéménites sont confrontés chaque jour.»

Opération de sauvetage

Soulignant les développements positifs, il a exprimé son optimisme «quant aux perspectives de nouveaux progrès en faveur de la paix... C’est pourquoi nous et d’autres membres de la communauté internationale exhortons les Houthis à saisir cette occasion sans précédent de s’asseoir avec le gouvernement de la République du Yémen afin de tracer un meilleur avenir pour le Yémen.»

Lenderking a conclu son discours en réitérant «le sentiment de promesse et de possibilité que nous ressentons», mais il a ajouté que «dans le même temps, ce que nous voyons au Yémen est une situation difficile et éprouvante».

Il a indiqué que les négociations en cours comportaient quatre aspects principaux : l’engagement de ne pas mener d’attaques transfrontalières ; l’augmentation de la capacité commerciale de l’aéroport de Sanaa ; la mise en œuvre d’une «réduction forte et significative du processus bureaucratique pour l’acheminement du pétrole et d’autres fournitures humanitaires commerciales au Yémen» ; et la facilitation du paiement des salaires des employés du secteur public yéménite qui n’ont pas été payés depuis le début du conflit.

Lenderking a également pris le temps de faire l’éloge de l’opération de sauvetage menée par les Nations unies pour retirer plus de 1,1 million de barils de pétrole du Safer, un pétrolier en état de décomposition. Le navire est amarré en mer Rouge, au large des côtes du Yémen.

Le navire est amarré en mer Rouge au large des côtes du Yémen, près de Hodeidah, depuis le début du conflit, et n’a fait l’objet d’aucun entretien ou presque, ce qui fait craindre de plus en plus une catastrophe écologique.

«Bien que les travaux sur le Safer ne soient pas encore terminés – le navire en décomposition doit encore être remorqué et mis au rebut – la crise immédiate, (la menace) d’une marée noire quatre fois plus importante que celle de l’Exxon Valdez (catastrophe au large des côtes de l’Alaska en 1989), a été évitée.»

Il a toutefois ajouté que l’ONU avait besoin d’un financement supplémentaire de 22 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) pour achever la démolition du Safer.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Short Url
  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.

 


L'Iran salue tout processus visant à prévenir la guerre, déclare le président au prince héritier saoudien

Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe. (AFP)
Short Url
  • Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane
  • "Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne

PARIS: Le président iranien Masoud Pezeshkian s’est entretenu mardi au téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, allié clé des Etats-Unis, après que Donald Trump s'est prévalu de l'envoi d'une  "armada" dans le Golfe.

"Les menaces (...) des Américains visent à perturber la sécurité de la région et n'auront d'autre résultat que de l'instabilité pour eux", a averti M. Pezeshkian, selon le bureau de la présidence iranienne.

Donald Trump a menacé à plusieurs reprises d'intervenir militairement lors de la violente répression du récent mouvement de contestation en Iran, et une force navale américaine a été déployée lundi dans la région.

 

 


Israël tourne une page avec le retour de son dernier otage à Gaza

L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
L'armée a indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé". (Reuters)
Short Url
  • Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza
  • "Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza

JERUSALEM: "Nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza": Israël a rapatrié lundi le corps de Ran Gvili, le dernier d'entre eux, marquant la fin du long combat des familles dans une société traumatisée par l'attaque du 7-Octobre.

Cet épilogue devrait permettre l'avancée du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien, et notamment la réouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie de la bande de Gaza sans passer par Israël.

"Nous sommes au seuil de la prochaine phase" du plan américain, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais "la prochaine phase, ce n'est pas la reconstruction", elle consiste "à désarmer le Hamas et à démilitariser" Gaza, a-t-il ajouté.

L'armée avait auparavant indiqué qu'à "l'issue de la procédure d'identification", elle avait "informé la famille de l'otage Ran Gvili , (...) que leur proche avait été formellement identifié et rapatrié pour être inhumé".

M. Netanyahu a salué "une réussite extraordinaire pour l'Etat d'Israël". "Nous les avons tous ramenés, jusqu'au tout dernier captif", a-t-il dit au Parlement.

Le gouvernement "a accompli sa mission morale", s'est-il prévalu, l'armée se félicitant d'avoir tenu sa promesse de "ne jamais abandonner personne".

"C'est une période qui touche à sa fin", réagit à Tel-Aviv Orna Cheled, une habitante de 70 ans, qui se dit "très émue".

"Mais je ne sens pas que la situation est résolue, que c'est vraiment la fin (...) au final, nous voulons juste vivre en paix", ajoute-t-elle.

"Ça ressemble à une forme de clôture. C'est très émouvant", témoigne aussi Rebecca Geller, 46 ans, une ancienne employée du Forum des familles, la principale association israélienne de proches de captifs.

"TRAVAIL EXTRAORDINAIRE! (...) Félicitations à ma formidable équipe de champions!!!", a écrit pour sa part Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Dans le même temps, neuf prisonniers palestiniens ont été libérés par Israël et hospitalisés à Gaza, selon l'hôpital des Martyrs d'Al-Aqsa, à Deir el-Balah (centre).

Fin du "combat" 

Lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité.

Ran Gvili, un policier, était tombé au combat à 24 ans en défendant le kibboutz Aloumim.

Seule sa dépouille n'avait jusque-là pas été rendue à Israël dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza sous pression américaine le 10 octobre.

"Avec le retour de (Ran) Gvili, un héros qui a donné sa vie pour défendre sa communauté, nous pouvons enfin dire: il n'y a plus d'otages à Gaza", a écrit le Forum des familles.

"Ce qui avait commencé dans un choc inimaginable est devenu l'un des combats civiques, moraux et humains les plus obstinés de l'Histoire", a-t-il ajouté, un combat désormais "terminé".

Les chaînes de télévision ont diffusé en boucle des images du cercueil de Ran Gvili, recouvert d'un drapeau israélien et entouré de soldats.

"Tu devrais voir les honneurs qu'on te rend ici. Toute la police est avec toi, toute l'armée (...) tout le peuple (...) Je suis fier de toi, mon fils", a lancé son père lors d'un hommage.

Dimanche, les forces israéliennes avaient lancé des fouilles dans un cimetière du nord de Gaza.

Le Hamas avait auparavant indiqué avoir donné aux médiateurs dans le conflit "tous les détails et informations" qu'il détenait sur l'emplacement du corps. Il a affirmé que sa découverte confirmait son "engagement" pour le cessez-le feu.

"Voyager est un rêve" 

Le retour de ce dernier otage ouvre la voie à la réouverture de Rafah, passage crucial pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Elle est réclamée de longue date par les Nations Unies et la communauté humanitaire, mais Israël a déjà précisé qu'elle serait "limitée" aux piétons et soumise à "un mécanisme complet d'inspection israélien".

Sur le terrain, alors que les deux parties s'accusent mutuellement de violer quotidiennement la trêve, la situation humanitaire reste dramatique pour les quelque 2,2 millions d'habitants palestiniens.

"Le monde ne se soucie pas de nous. Pour nous, voyager est un rêve de retour à la vie", témoigne Maha Youssef, 37 ans, déplacée à Gaza-ville par la guerre.

"Même si cela est financièrement difficile et probablement instable, mes enfants pourraient voir à quoi ressemble une vie normale et la vivre et au moins, ils pourraient aller à l'école", ajoute-t-elle.

La deuxième étape du plan Trump, endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre, prévoit, outre le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

Le secrétaire général de l'ONU a salué lundi le retour du corps de Ran Gvili, appelant à une "mise en oeuvre intégrale" de l'accord de cessez-le-feu après plus de deux ans de guerre.