L’ONU réduit son aide aux déplacés yéménites, les autorités craignent la famine

Des jeunes filles dans un camp de déplacés à Marib, au Yémen, le 3 novembre 2021 (Photo, Reuters).
Des jeunes filles dans un camp de déplacés à Marib, au Yémen, le 3 novembre 2021 (Photo, Reuters).
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Publié le Mardi 22 août 2023

L’ONU réduit son aide aux déplacés yéménites, les autorités craignent la famine

  • Des signes de malnutrition se manifestent parmi les personnes déplacées dans la province de Marib
  • «Nous devons retirer de la nourriture à ceux qui ont faim pour nourrir ceux qui sont affamés»

AL-MUKALLA: Les autorités de la province de Marib, au centre du Yémen, ont prévenu que des dizaines de milliers de personnes déplacées à l'intérieur du pays risquaient de souffrir de la faim à la suite de la décision des Nations Unies de couper l'aide humanitaire en raison d'un financement insuffisant.

Abd-Rabbu Meftah, gouverneur adjoint de la province de Marib, craint que si les Nations unies cessent leurs efforts humanitaires, plus de 60% des personnes déplacées vivant à Marib risquent de mourir de faim.

Plusieurs cas de famine auraient déjà été recensés dans les camps de déplacés.

«Il y a des signes avant-coureurs de malnutrition parmi les personnes déplacées dans la province de Marib. Les Nations Unies et les organisations humanitaires doivent reconnaître que 62% des personnes déplacées dans la république ont besoin d'aide», a déclaré M. Meftah.

Les autorités locales de Marib ont indiqué que plus de 2 millions de personnes – soit plus de 60% des personnes déplacées au Yémen – vivaient actuellement dans la ville après avoir fui le conflit ou la répression des Houthis dans leur région d'origine. La plupart d'entre elles ont urgemment besoin de nourriture, d'abris et de médicaments.

La demande d'aide alimentaire urgente des autorités fait suite à des rapports des médias locaux indiquant que les responsables sanitaires de la province ont documenté de nombreux cas de malnutrition sévère parmi les résidents déplacés à Marib.

Khaled al-Shajani, chef adjoint de l'unité exécutive du gouvernement internationalement reconnu pour les camps de déplacés à Marib, a indiqué à Arab News lundi que son bureau avait enregistré l'arrivée de plus de 16 000 personnes déplacées à Marib depuis janvier.

Il a ajouté que certaines entités des Nations Unies avaient déjà commencé à réduire les quantités de paniers alimentaires, d'argent liquide et d'autres aides distribuées aux personnes déplacées et aux centres de santé de Marib.

Catastrophe humanitaire 

«Cette réduction de l'aide représente une catastrophe humanitaire potentielle pour les personnes déplacées et les pauvres de la province. Les besoins humanitaires sont importants, alors que les interventions diminuent», a ajouté M. Al-Shajani.

En raison d'un manque «critique» de fonds, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé que l'aide alimentaire au Yémen serait encore réduite dans les mois à venir, une mesure qui devrait avoir un impact sur des millions de Yéménites dans le besoin, y compris les personnes déplacées à Marib.

Ces réductions risquent de toucher non seulement les personnes qui dépendent des paniers alimentaires, mais aussi 1,4 million de personnes supplémentaires qui bénéficient des activités de prévention de la malnutrition du PAM et plus de 3 millions d'élèves nourris dans le cadre du programme d'alimentation scolaire du PAM.

«Nous sommes confrontés à une réalité incroyablement difficile: nous devons retirer de la nourriture à ceux qui ont faim pour nourrir ceux qui sont affamés, alors que des millions de Yéménites continuent de dépendre de nous pour leur survie», affirme Richard Ragan, le représentant du PAM au Yémen, dans un communiqué.

«Nous ne prenons pas cette décision à la légère et nous sommes pleinement conscients des souffrances que ces réductions entraîneront.»

L'agence d'aide saoudienne KSrelief a commencé à distribuer des milliers de paniers de nourriture aux Yéménites de Marib et d'autres provinces du pays afin de combler le manque laissé par les réductions de l'aide de l'ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".