Liban: Un hôpital embauche une société de sécurité après une série d’attaques armées

Les infirmières, les médecins et le personnel administratif du centre médical de l’Association islamique philanthropique des Makassed de Beyrouth ont été victimes d’une série d’agressions armées (Photo, AFP).
Les infirmières, les médecins et le personnel administratif du centre médical de l’Association islamique philanthropique des Makassed de Beyrouth ont été victimes d’une série d’agressions armées (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 septembre 2023

Liban: Un hôpital embauche une société de sécurité après une série d’attaques armées

  • Le syndicat a demandé aux autorités d’assurer la protection des employés de l’hôpital
  • Parmi les agresseurs figurait un homme qui a tenté de forcer le personnel de l’hôpital à admettre un de ses proches

BEYROUTH: Les responsables d’un hôpital libanais ont fait appel à une société de sécurité privée pour protéger le personnel à la suite de plusieurs attaques à main armée.

Les infirmières, les médecins et le personnel administratif du centre médical de l’Association islamique philanthropique des Makassed de Beyrouth ont été victimes d’une série d’agressions armées.

Parmi les agresseurs figurait un homme qui a tenté de forcer le personnel de l’hôpital à admettre un de ses proches, un autre qui était en colère après le décès d’un patient au service des urgences et une personne qui a essayé de quitter l’hôpital sans avoir payé sa facture.

Lors d’un incident récent, des hommes armés connus du personnel ont menacé les infirmières du service des urgences et ont forcé deux médecins à débrancher l’équipement médical d’un patient avant de les faire sortir de l’hôpital.

À la mi-juillet, le Dr Khaled al-Khatib, propriétaire et directeur de l’hôpital des Médecins, situé dans la Békaa, a été blessé à la tête et s’est cassé le bras après avoir été attaqué.

Après cet incident, le Syndicat des propriétaires des hôpitaux privés a déclaré que «le fait de dénoncer et de condamner de tels incidents ne suffit plus pour empêcher qu’ils ne se répètent dans les hôpitaux de toutes les régions libanaises en l’absence de contrôle et de reddition de comptes. Cela a conduit à la vulnérabilité des hôpitaux et de leur personnel.»

«Conditions de vie difficiles»

Le syndicat a demandé aux autorités d’assurer la protection des employés de l’hôpital, qui ont continué à travailler malgré des «conditions de vie difficiles», et a appelé à des sanctions sévères contre les agresseurs.

«Nous avons décidé de conclure un contrat avec une société de sécurité privée et avons exigé que ses membres n’utilisent pas d’armes sur le campus de l’hôpital», a indiqué le directeur de l’Association islamique philanthropique des Makassed de Beyrouth, Faisal Sinno, à Arab News.

«Nous avons demandé l’aide des services de renseignement de l’armée, qui ont poursuivi les hommes armés. Nous n’avons pas d’autre choix que de demander l’aide de l’État, car nous ne pouvons pas nous protéger nous-mêmes.»

«Ce qui se passe ici arrive tout le temps, mais nous espérons maintenant que nous ne serons pas confrontés à de nouvelles attaques», a-t-il lancé.

«L’un des hommes armés est allé jusqu’à entrer dans l’hôpital et se tenir devant la caisse pour dire aux familles des patients qu’il pouvait leur obtenir une réduction sur le montant dû, à condition qu’il partage une partie du montant économisé. Le tireur a forcé la caissière à faire une remise sur la facture», a ajouté M. Sinno.

«L’hôpital reçoit environ 50 patients par mois qui ont besoin d’une assistance partielle ou totale. Nous couvrons les frais d’hospitalisation de ceux qui en ont réellement besoin grâce aux dons des Libanais à l’intérieur et à l’extérieur du pays.»

«Le personnel médical et infirmier est affecté par ce genre d’intimidation et certains veulent quitter l’hôpital. Cependant, la majorité d’entre eux sont habitués à ce type d’agresseurs.» 

«Nous avons traversé des guerres et des crises, et nous avons survécu. La société dans laquelle nous vivons a besoin de nos services. Nous avons des patients libanais, syriens et palestiniens. Nous essayons de nous adapter.» 

Priorité

Le chef du Syndicat des hôpitaux privés, Suleiman Haroun, a fait remarquer qu’il y avait 130 hôpitaux au Liban et que certains avaient fusionné pour tenter de réduire les coûts.

«Selon notre analyse, la principale cause des attaques contre les hôpitaux est que ces hommes armés veulent que la priorité soit donnée à certains patients. Ils commencent à crier et la situation peut dégénérer en bagarres et même en coups de feu», explique-t-il. 

«Nous ne pouvons rien faire avec ces personnes. Les Forces de sécurité intérieure ne peuvent pas assurer la sécurité de tous les hôpitaux. C’est pourquoi nous avons recours à une société de sécurité privée. Cependant, nous refusons que le personnel de sécurité privé soit armé, sinon les hôpitaux se transformeront en fronts de bataille.» 

«La plupart des hôpitaux ont commencé à faire appel à des infirmiers et à des médecins de sexe masculin dans les services d’urgence la nuit.» 

Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Derian, s’est rendu à l’hôpital des Makassed après les attaques. «L’atteinte à la dignité d’un médecin, d’un infirmier ou d’un employé administratif sur le campus de l’hôpital constitue une atteinte à chacun d’entre nous. Veillons à préserver le caractère sacré de nos institutions islamiques et nationales», a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.