Le conseil ministériel du CCG critique l'Iran pour sa déclaration «incorrecte» sur les prisonniers de Bahreïn

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, s'entretient avec le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr al-Busaidi, lors de la réunion ministérielle du CCG à Riyad, le 7 septembre 2023. (Reuters)
Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, s'entretient avec le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr al-Busaidi, lors de la réunion ministérielle du CCG à Riyad, le 7 septembre 2023. (Reuters)
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif al-Zayani, participe à la réunion ministérielle du Conseil de coopération du Golfe à Riyad, le 7 septembre 2023. (Reuters)
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif al-Zayani, participe à la réunion ministérielle du Conseil de coopération du Golfe à Riyad, le 7 septembre 2023. (Reuters)
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Publié le Vendredi 08 septembre 2023

Le conseil ministériel du CCG critique l'Iran pour sa déclaration «incorrecte» sur les prisonniers de Bahreïn

  • L'affirmation de Téhéran sur les conditions «précaires» des grévistes de la faim à Bahreïn est dénoncée comme un mensonge 
  • Les ministres du CCG rappellent à l'Iran qu'il est un «bon voisin» et doit s'attacher à résoudre les différends par des voies pacifiques 

RIYAD : Les ministres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont condamné jeudi une déclaration désobligeante faite par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères au sujet des conditions de détention à Bahreïn. 

Citant les principes de la charte des Nations unies sur «le bon voisinage et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États», le conseil ministériel du CCG a appelé les responsables iraniens «à enquêter sur l'exactitude des faits et à ne pas s'appuyer sur des informations erronées». 

Ces propos sont issus d'une déclaration globale publiée par le conseil ministériel du CCG à l'issue de sa 57e session dans la capitale saoudienne.  

Manama avait auparavant fermement rejeté l'affirmation du porte-parole du ministère iranien, Nasser Kanaani, selon laquelle les conditions de détention «précaires» à Bahreïn avaient entraîné une grève de la faim de quelque 800 prisonniers. 

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a sommé l'Iran «d'être plus précis et de ne pas se laisser induire en erreur par de fausses informations qui nuisent aux relations entre les deux pays». 

Bahreïn fait partie du CCG, qui comprend également l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Oman. 

Selon Reuters, la Direction générale de la réforme et de la réhabilitation (GDRR) de Bahreïn a déclaré que le nombre de détenus qui avaient déclaré avoir entamé une grève de la faim n'avait pas dépassé 124 et que leurs plaintes étaient prises en compte. 

La GDRR a fait savoir que les grévistes de la faim avaient accès à des examens médicaux quotidiens et qu'aucun d'entre eux n'a eu besoin de soins intensifs ou d’hospitalisation. «Toutes les affirmations contraires sont fausses.» 

Le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a affirmé que l'institution nationale des droits de l'homme et la commission des droits des prisonniers et des détenus ont effectué des visites inopinées au centre de réforme et de réhabilitation afin d'enquêter sur les allégations concernant les conditions de vie des détenus.  

«Ils ont examiné un certain nombre de demandes formulées par certains détenus et ont soumis un rapport détaillé aux autorités compétentes», a rapporté le ministère. 

Outre la question du Bahreïn, la déclaration du conseil ministériel du CCG salue les mesures prises par l'Arabie saoudite et l'Iran pour reprendre leurs relations diplomatiques. 

Le conseil ministériel a réitéré les décisions prises par le conseil suprême du CCG lors de sa 43e session, en décembre 2022. Selon ces dernières, il convient, en matière de relations avec l'Iran, d'adhérer au respect mutuel et de résoudre les différends par des voies pacifiques et un dialogue direct plutôt que de recourir à la force ou de menacer d'y recourir. 

Le conseil ministériel a souligné l'importance de l'engagement pris par l'Iran de ne pas dépasser le taux d'enrichissement de l'uranium nécessaire à des fins pacifiques, ainsi que la nécessité de remplir ses obligations et de coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.  

Il a en outre «souligné l'importance de préserver la sécurité maritime ainsi que les voies navigables dans la région et de s'attaquer à tout ce qui pourrait menacer les voies maritimes, le commerce international et les installations pétrolières dans les États du CCG». 

Par le passé, le CCG et d'autres pays ont accusé à plusieurs reprises l'Iran de mener des actions déstabilisatrices dans la région, notamment en armant des milices telles que les Houthis au Yémen, le Hezbollah au Liban et plusieurs groupes en Irak. Les Gardiens de la révolution iraniens ont également été accusés de perturber la navigation commerciale dans le Golfe, ce qui a provoqué des tensions dans la région. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.