Renforcement des relations saoudo-indiennes grâce à la plate-forme du G20

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, rencontre le premier ministre indien, Narendra Modi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, rencontre le premier ministre indien, Narendra Modi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. (AFP)
Les représentants visitent le sommet du B20, qui se déroule sur trois jours, à New Delhi, en Inde, le 25 août 2023. (AFP)
Les représentants visitent le sommet du B20, qui se déroule sur trois jours, à New Delhi, en Inde, le 25 août 2023. (AFP)
Le prince Fahad ben Mansour, au centre, pose avec d’autres représentants du G20 lors du sommet Startup20 à Gurugram, en Inde, le 4 juillet 2023. (Startup20)
Le prince Fahad ben Mansour, au centre, pose avec d’autres représentants du G20 lors du sommet Startup20 à Gurugram, en Inde, le 4 juillet 2023. (Startup20)
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Renforcement des relations saoudo-indiennes grâce à la plate-forme du G20

  • L’Arabie saoudite s'est engagée dès le début dans la présidence indienne du G20, ce qui témoigne de la profondeur de leurs relations
  • Des délégations saoudiennes de haut niveau ont participé à des réunions sur le développement durable, l'alimentation, la santé, l’entrepreneuriat et la technologie

RIYAD/NEW DELHI: Les relations avec l’Arabie saoudite ont continué de gagner du terrain dans l’agenda de politique étrangère de l’Inde au cours des trois dernières décennies. Mais ce n’est que récemment qu’elles ont atteint leur plein potentiel, grâce à la coopération autour de la plate-forme du G20

C’est en 2019 que les relations saoudo-indiennes atteignent un nouveau niveau d’engagement, après la visite du prince héritier, Mohammed ben Salmane, à New Delhi et la création d’un conseil de coopération stratégique. 

Lorsque l’Arabie saoudite a assuré la présidence du groupe des vingt principaux pays riches et en développement en 2020, les deux pays ont commencé à forger de nouveaux partenariats et des programmes qui se sont développés davantage encore cette année, lorsque l’Inde a pris la présidence du groupe. 

 

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Ashwini Vaishnaw et Abdallah al-Swaha signent un accord sur la numérisation et la fabrication électronique à Bangalore, en Inde, le 18 août 2023. (Agence de presse saoudienne) 

«Les relations entre les deux pays se développaient déjà et le G20 leur a fourni une autre plate-forme pour de nouvelles possibilités d’engagement sur une série de questions», confie le Dr Harsh V. Pant, vice-président pour les études et la politique étrangère à l’Observer Research Foundation à Delhi, dans un entretien accordé à Arab News. 

«Les relations se sont renforcées et ont acquis une plus grande profondeur au sein du G20.» 

Lorsque les réunions du groupe de travail ont commencé, en janvier, l’Arabie saoudite a fait preuve d’engagement dès le début en envoyant plusieurs délégations de haut niveau et en agissant également en tant que patron et co-organisateur de certaines réunions clés, en particulier celles qui concernent la politique liée au développement durable, la sécurité alimentaire, la santé, l’entrepreneuriat, les start-up et la technologie. 

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La Dr Maymouna al-Khalil, secrétaire générale du Conseil saoudien des affaires familiales, prend la parole lors de la Conférence ministérielle sur l’autonomisation des femmes. (Photo fournie) 

Tous ces secteurs sont au cœur du plan de diversification et de transformation Vision 2030 de l’Arabie saoudite et de la stratégie de développement de l’Inde, ce qui rend la poursuite de la coopération non seulement prometteuse, mais durable. 

«Bien que l’on puisse examiner les relations en matière d’énergie, de commerce, de défense et de sécurité – domaines dans lesquels les deux parties ont coopéré, compte tenu des défis communs –, la plate-forme du G20 élargit la zone d’opération de l’Inde et de l’Arabie saoudite; elle permet l’émergence de nouvelles possibilités», explique M. Pant. 

«Cela pose les fondements d’un engagement beaucoup plus productif et à plus grande échelle, au-delà du G20… Peut-être verrez-vous beaucoup d’activité sur divers fronts, puisque les bases ont certainement été posées.» 

EN BREF

L’Inde s’est retrouvée cette année à la présidence du groupe des vingt économies avancées, auparavant assurée par l’Arabie saoudite en 2020. 

Des délégations saoudiennes se sont rendues en Inde pour assister à des sommets sur la finance, la santé, la jeunesse et d’autres domaines de coopération. 

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, ont mené des visites officielles réciproques en 2019. 

1,88 million de personnes d’origine indienne vivent et travaillent en Arabie saoudite. 

Le ministre saoudien de la Santé, Fahad ben Abderrahmane al-Jalajel, indique à Arab News qu’il s’attend à de nouvelles évolutions dans le secteur de la santé. 

«La réunion des ministres de la Santé de cette année et la réunion conjointe des finances, qui se sont tenues les 18 et 19 août, réaffirment les précédentes initiatives en matière de santé annoncées lors de la présidence saoudienne du G20», précise-t-il. 

«Le lancement de l’Initiative mondiale sur la santé numérique en coopération avec l’Organisation mondiale de la santé, le 19 août, a été un moment fort.»

Fahd al-Rachid, conseiller de l’Arabie saoudite au secrétariat général du Conseil des ministres, s’exprime lors du sommet Urban 20 des maires pendant le G20, à Ahmedabad, en Inde, le 7 juillet 2023. (Photo AN)
Fahd al-Rachid, conseiller de l’Arabie saoudite au secrétariat général du Conseil des ministres, s’exprime lors du sommet Urban 20 des maires pendant le G20, à Ahmedabad, en Inde, le 7 juillet 2023. (Photo AN) 

L’expérience du Royaume en matière de solutions de santé numérique a suscité un intérêt particulier. 

«Lors des réunions, j’ai rencontré plusieurs ministres, dont le ministre indien de la Santé. L’investissement dans la santé publique saoudienne est un sujet très prisé», soutient M. Al-Jalajel. 

«J’ai profondément apprécié l’invitation de la présidence indienne à parler, lors de la cérémonie de lancement, de notre expérience en matière de transformation numérique de la santé et de mise en œuvre de technologies de pointe, comme l’hôpital virtuel Seha.»

Le ministre adjoint de la Culture en Arabie saoudite, Rakan ben Ibrahim al-Tawq, a représenté le Royaume à la réunion des ministres de la Culture du G20 à Varanasi, en Inde, samedi. (Agence de presse saoudienne)
Le ministre adjoint de la Culture en Arabie saoudite, Rakan ben Ibrahim al-Tawq, a représenté le Royaume à la réunion des ministres de la Culture du G20 à Varanasi, en Inde, samedi. (Agence de presse saoudienne) 

Il s’agit du plus grand hôpital virtuel au monde, lancé en février 2022. C’est l’une des initiatives prioritaires du programme de transformation du secteur de la santé en Arabie saoudite. 

La plate-forme du G20 a également permis aux entrepreneurs technologiques indiens de contribuer à ces initiatives, en plus d’échanger des connaissances et des expériences entre les deux pays. 

Le ministre saoudien du Commerce, Majid ben Abdallah al-Qasabi, a tenu douze réunions avec des ministres et des responsables des pays du G20 en Inde plus tôt cette semaine. (Twitter/@malkassabi)
Le ministre saoudien du Commerce, Majid ben Abdallah al-Qasabi, a tenu douze réunions avec des ministres et des responsables des pays du G20 en Inde plus tôt cette semaine. (Twitter/@malkassabi) 

La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, une entreprise basée à Riyad, et membre de plusieurs délégations saoudiennes aux réunions du G20, signale à Arab News qu’il existe «une dynamique positive» dans les relations et la coopération sur le plan de l’investissement et du transfert de technologie. 

«HealthGena travaille activement avec l’ambassade de l’Inde à Riyad pour créer des possibilités économiques à l’échelle du pays», indique-t-elle. 

«Nous menons actuellement un programme commun pour emmener quinze start-up saoudiennes en Inde et une délégation d’entreprises indiennes la semaine prochaine à Riyad afin de les aider à s’installer en Arabie saoudite.»

Tout au long de l’année, les réunions ont non seulement abouti à des résultats économiques tangibles, mais elles ont également fait naître des initiatives qui visent à rapprocher les deux nations. Certains représentants saoudiens qui ont participé au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20, comme la Dr Alfardus, ont déjà signé des accords avec des établissements d’enseignement indiens. 

La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, s’adresse à Arab News lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, en Inde, le 15 juillet 2023. (Photo AN)
La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, s’adresse à Arab News lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, en Inde, le 15 juillet 2023. (Photo AN) 

«La promotion des liens entre les peuples à travers les échanges culturels et éducatifs peut favoriser la compréhension mutuelle et l’amitié», souligne-t-elle. 

«Encourager les échanges étudiants, les événements culturels et les collaborations entre universités peut contribuer à l’établissement de relations à long terme.»  

Lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs, qui s’est tenu à Delhi en juillet, le prince Fahad ben Mansour, président du conseil d’administration d’Entrepreneurship Vision et président de l’Alliance saoudienne des jeunes entrepreneurs du G20, a déclaré à Arab News que de nouveaux projets communs devraient bientôt voir le jour. 

«Nous avons quelques entités du secteur privé qui recherchent des possibilités ici en tant qu’investisseurs. Par ailleurs, nous avons trouvé de nombreux investisseurs indiens qui envisagent d’investir en Arabie saoudite», rapporte-t-il. 

«C’est une énorme occasion et nous allons en tirer parti à mesure que nous avançons.»

Le chef de la délégation saoudienne, le prince Fahad ben Mansour, au centre, entouré de représentants internationaux au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 15 juillet 2023. (Photo AN)
Le chef de la délégation saoudienne, le prince Fahad ben Mansour, au centre, entouré de représentants internationaux au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 15 juillet 2023. (Photo AN) 

Les deux pays misent déjà sur ce qu’ils ont accompli, puisqu’ils sont «à l’avant-garde des étapes vers le développement durable, la croissance inclusive et la transition énergétique», affirme Muddassir Quamar, professeur agrégé au Centre d’études sur l’Asie occidentale de l’université Jawaharlal-Nehru à Delhi, dans un entretien accordé à Arab News. 

«La participation enthousiaste de l’Arabie saoudite aux réunions du G20 en Inde met en lumière la confiance entre les deux pays au niveau de leurs dirigeants respectifs et de l’agenda du G20. L’Inde a également adopté une approche proactive en participant aux événements du G20 sous la présidence saoudienne en 2020», ajoute-t-il. 

«La présidence indienne du G20 se concentre sur les objectifs de développement durable, la croissance inclusive, les biens publics numériques, la transition énergétique juste, la santé, l’éducation et l’emploi, ainsi que la paix et l’harmonie internationales. Cela s’inscrit parfaitement dans le cadre des priorités du programme de développement de l’Arabie saoudite, de l’initiative Vision 2030 et des relations indo-saoudiennes.» 

Abdelrahmane ben Saleh al-Fageeh, PDG du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation et chef de la délégation saoudienne, participe à une session plénière du sommet du B20 à New Delhi, en Inde, le 27 août 2023. (Photo AN)
Abdelrahmane ben Saleh al-Fageeh, PDG du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation et chef de la délégation saoudienne, participe à une session plénière du sommet du B20 à New Delhi, en Inde, le 27 août 2023. (Photo AN) 

Pour M. Quamar, le fait que les relations aient pris de l’ampleur se reflète dans leur «dynamisme» et leur «composante stratégique importante, qui comprend les liens politiques, économiques, culturels et sécuritaires».

Il s’attend à ce qu’un nouvel élan vienne du sommet des dirigeants du G20 qui se tiendra les samedi et dimanche. 

«Le G20 peut devenir une plate-forme pour une plus grande coopération indo-saoudienne dans les forums multilatéraux et par l’intermédiaire des organisations multilatérales», poursuit-il. 

«L’Arabie saoudite et l’Inde peuvent renforcer davantage leur coopération et leur partenariat dans des domaines comme le développement durable et la croissance inclusive, en tenant compte des préoccupations environnementales et du changement climatique.» 

«Le thème de la présidence indienne du G20 est “Une famille, une terre, un avenir”, ce qui transmet un message universel invitant l’humanité à travailler ensemble pour un avenir durable et harmonieux pour le monde. Cela peut devenir la clé du renforcement des liens entre l’Arabie saoudite et l’Inde.»

Mansour al-Sanooni, PDG de Saudi India Venture Studio, à gauche, signe un accord avec Siddhartha Bagri, PDG de Pravaig Dynamics, en présence du prince Fahad ben Mansour, lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 16 juillet 2023. (Photo Pravaig Dynamics)
Mansour al-Sanooni, PDG de Saudi India Venture Studio, à gauche, signe un accord avec Siddhartha Bagri, PDG de Pravaig Dynamics, en présence du prince Fahad ben Mansour, lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 16 juillet 2023. (Photo Pravaig Dynamics) 

Mohammed Soliman, directeur des technologies stratégiques au Middle East Institute de Washington, a reconnu que l’engagement saoudo-indien avait gagné en importance et en attention à l’échelle mondiale ces derniers mois. 

L’Arabie saoudite et l’Inde ont su de quelle manière utiliser la plate-forme du G20 à leur avantage international, confie-t-il à Arab News. 

«Les deux pays voient des possibilités dans le monde multipolaire émergent et considèrent le G20 comme une plate-forme efficace pour relever les défis mondiaux et mettre en valeur leur influence économique et politique.» 

«Le changement le plus significatif dans les relations saoudo-indiennes, imputable au G20, est le renforcement de leur engagement sur la scène mondiale.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Iran: Madrid campe sur ses positions et exclut "catégoriquement" toute collaboration avec Washington

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez maintient fermement la position de l’Espagne : dire « non à la guerre » contre l’Iran et refuser que les États-Unis utilisent les bases espagnoles, malgré les menaces de Donald Trump
  • Sa position reçoit un soutien européen et international, tandis que sur le plan intérieur, elle peut renforcer son électorat de gauche à un an des législatives de 2027

MADRID: Revendiquant son choix de dire "non à la guerre" contre l'Iran malgré les menaces de Donald Trump, le gouvernement espagnol a campé sur ses positions mercredi et démenti "catégoriquement" toute intention de collaborer avec Washington, après des déclarations de la Maison Blanche annonçant une volte-face espagnole.

Lors d'une allocution solennelle prononcée mercredi matin, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a promis que son pays ne serait "pas complice" des attaques américano-israéliennes menées contre l'Iran "par peur des représailles de certains", une référence directe au dirigeant américain.

Mardi, Donald Trump, déjà agacé depuis plusieurs mois par le refus de l'Espagne de consacrer 5% de son PIB à ses dépenses de défense dans le cadre de l'Otan, avait vertement reproché au gouvernement espagnol de gauche de refuser à l'aviation américaine l'accès à deux bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran entamée samedi.

"L'Espagne a été terrible", a cinglé Donald Trump, menaçant directement Madrid de "cesser" complètement les relations commerciales entre les deux pays.

Malgré des difficultés à adopter une position commune très clairement définie face aux attaques menées contre l'Iran, ces tentatives d'intimidation ont valu au chef du gouvernement espagnol une série de marques de soutien de ses homologues européens, du président du Conseil européen Antonio Costa au président français Emmanuel Macron.

- "Pas la moindre idée" -

La prise de position du chef du gouvernement espagnol, qui a pourtant aussi condamné la riposte iranienne et redit son opposition au régime "des ayatollahs", lui a aussi valu un message chaleureux sur X du président iranien, qui a salué la "conduite responsable" de l'Espagne.

Dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a cependant semé le doute pendant quelques instants, assurant que l'Espagne avait finalement "accepté de coopérer" avec les forces armées américaines.

"Je pense qu'ils ont entendu haut et fort le message du président hier", a déclaré Karoline Leavitt, avant d'être quasi immédiatement démentie par le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares.

La position de l'Espagne "n'a absolument pas changé", a assuré le ministre sur la radio Cadena Ser, démentant "catégoriquement" toute intention de coopérer avec les Etats-Unis dans ce conflit. "D'où cela peut-il venir (ces déclarations, ndlr)? Je n'en ai pas la moindre idée", a-t-il asséné, réitérant le refus espagnol de laisser les Etats-Unis utiliser les bases andalouses au coeur d'un traité signé entre les deux pays en 1953, quand Franco dirigeait encore l'Espagne.

Sur le plan intérieur, la prise de position de Pedro Sanchez, dont le gouvernement appelle depuis samedi à une cessation des hostilités et une résolution pacifique du conflit, est vue par certains observateurs comme un moyen de resserrer son électorat autour d'une thématique qui fait consensus au sein de la gauche espagnole.

- "Immense animosité" -

Entre défaites dans des scrutins régionaux, affaires judiciaires visant des proches et accusations de harcèlement sexuel au sein de son Parti socialiste (PSOE), le moment politique est en effet délicat pour le dirigeant socialiste, à un an des prochaines législatives attendues au printemps 2027.

Sur X, le patron du Parti populaire (droite), principal parti d'opposition, Alberto Núñez Feijóo, a exhorté Donald Trump à "respecter" l'Espagne, tout en accusant Pedro Sanchez d'utiliser la politique étrangère à des fins "partisanes".

Même le quotidien El País, réputé proche de la gauche, a mis en garde Pedro Sanchez mercredi matin, avant son intervention, en lui suggérant "d'éviter la tentation (...) d'utiliser l'immense animosité qui existe à l'égard de Trump dans la société espagnole pour gagner en popularité".

Le slogan pacifiste "Non à la guerre" avait été utilisé par la gauche espagnole en 2003 lors de l'intervention militaire des Etats-Unis en Irak, où des troupes de Madrid avaient été déployées un temps, sous le gouvernement de droite de José Maria Aznar, alors très aligné sur les positions américaines.

Les attentats jihadistes qui avaient fait 192 morts le 11 mars 2004 dans quatre trains de banlieue à Madrid avaient dans ce contexte été attribués par de nombreux Espagnols à cette intervention en Irak, et la gauche avait remporté les législatives organisées trois jours plus tard.


Près de 150 disparus dans le naufrage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka

Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
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  • La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée
  • Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis

COLOMBO: Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays.

La marine sri‑lankaise a secouru 32 marins de la frégate IRIS  Dena, mais l'espoir s'amenuise pour les 148 autres membres d'équipage, a indiqué le ministre des Affaires étrangères de l'île et des responsables de l'armée.

La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée.

Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Vijitha Herath, a indiqué au parlement que les 32 Iraniens secourus, "grièvement blessés", avaient été transportés vers un hôpital situé au sud de l'île.

Deux navires de la marine et un avion ont été déployés pour rechercher d'éventuels survivants.

Un appel de détresse a été lancé mercredi à l'aube depuis la frégate et, moins d'une heure plus tard, un navire est arrivé sur la zone, à environ 40 kilomètres au sud du port méridional de Galle, a précisé le ministre.

La frégate avait complètement coulé et il ne restait plus qu'une nappe d'hydrocarbure lorsque les bateaux de la marine sri-lankaise sont arrivés sur place.

Les recherches se poursuivent 

"Nous poursuivons les recherches, mais nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu du reste de l'équipage", a déclaré à l’AFP un responsable de l'armée.

Le directeur de l'hôpital de Karapitiya, à Galle, S. D. Ranga, a indiqué qu'on lui avait signalé qu'il pourrait y avoir des morts, mais que seuls 32 marins blessés avaient été amenés.

Un député de l'opposition a demandé si le navire avait subi un bombardement dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient mais il n'y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement.

Contacté par l'AFP, l'ambassadeur iranien à Colombo, Alireza Delkhosh, n'était pas immédiatement joignable.

"Nous avons répondu à un appel de détresse conformément à nos obligations internationales étant donné que c'est dans notre zone de recherches et de sauvetage de l'océan Indien", a précisé à l'AFP un porte-parole de la marine sri-lankaise Buddhika Sampath.

"Nous avons retrouvé quelques corps dans la zone où le navire a sombré", a-t-il annoncé un peu plus tard.

Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.

Un peu plus d'un million de Sri-Lankais travaillent au Moyen-Orient, représentant une source cruciale de devises pour ce pays qui se relève à peine de sa pire crise économique survenue en 2022.

La marine et l'armée de l'air sri-lankaises ont toutes deux indiqué qu'elles ne diffuseraient pas d'images des opérations de secours car elles concernaient l'armée d'un autre pays.

 


L'attaque américaine «totalement stupide» en pleine négociation 

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.  "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran. "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
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  • Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs"
  • M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine

GENEVE: Les États-Unis ont pris une décision "totalement stupide" en attaquant l'Iran, alors que les deux pays menaient des pourparlers, a estimé mardi l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies.

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.

"La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu).

"Personne ne doit s'attendre à ce que l'Iran fasse preuve de retenue face à une agression. Nous poursuivrons notre défense jusqu'à ce que cette agression cesse", a-t-il ajouté.

Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs".

M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine.

Mais selon M. Bahreini, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convaincu le président américain Donald Trump de sacrifier la diplomatie et d'attaquer l'Iran.

"C'était une décision totalement stupide. Ils comprendront plus tard à quel point cette décision était stupide. Ils le comprendront tous les deux, car l'Iran déterminera fermement le cours et l'issue de cette guerre", a-t-il soutenu.

"Tous nos voisins sont aujourd'hui déçus par la trahison des États-Unis, car tout le monde œuvrait pour la voie diplomatique, en particulier Oman. Les États-Unis ont trahi tout le monde", a encore insisté M. Bahreini.

Quand aux frappes de Téhéran contre des pays de la région abritant des bases américaines, il ne s'agit pas selon lui de représailles. "C'est un acte de légitime défense", a-t-il assuré.

"Nous ne pouvons en aucun cas permettre que ces bases soient utilisées pour mener des opérations militaires contre l'Iran", a ajouté M. Bahreini, assurant que les opérations iraniennes visaient "exclusivement "les installations militaires américaines.

Mardi, Trump a affirmé que les dirigeants iraniens "veulent discuter", mais M. Bahreini a affirmé qu'aucune démarche n'avait été entreprise auprès de Washington : "Il n'y a eu aucun contact de notre côté" depuis le début du conflit, a assuré le diplomate iranien.