Renforcement des relations saoudo-indiennes grâce à la plate-forme du G20

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, rencontre le premier ministre indien, Narendra Modi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, rencontre le premier ministre indien, Narendra Modi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. (AFP)
Les représentants visitent le sommet du B20, qui se déroule sur trois jours, à New Delhi, en Inde, le 25 août 2023. (AFP)
Les représentants visitent le sommet du B20, qui se déroule sur trois jours, à New Delhi, en Inde, le 25 août 2023. (AFP)
Le prince Fahad ben Mansour, au centre, pose avec d’autres représentants du G20 lors du sommet Startup20 à Gurugram, en Inde, le 4 juillet 2023. (Startup20)
Le prince Fahad ben Mansour, au centre, pose avec d’autres représentants du G20 lors du sommet Startup20 à Gurugram, en Inde, le 4 juillet 2023. (Startup20)
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Renforcement des relations saoudo-indiennes grâce à la plate-forme du G20

  • L’Arabie saoudite s'est engagée dès le début dans la présidence indienne du G20, ce qui témoigne de la profondeur de leurs relations
  • Des délégations saoudiennes de haut niveau ont participé à des réunions sur le développement durable, l'alimentation, la santé, l’entrepreneuriat et la technologie

RIYAD/NEW DELHI: Les relations avec l’Arabie saoudite ont continué de gagner du terrain dans l’agenda de politique étrangère de l’Inde au cours des trois dernières décennies. Mais ce n’est que récemment qu’elles ont atteint leur plein potentiel, grâce à la coopération autour de la plate-forme du G20

C’est en 2019 que les relations saoudo-indiennes atteignent un nouveau niveau d’engagement, après la visite du prince héritier, Mohammed ben Salmane, à New Delhi et la création d’un conseil de coopération stratégique. 

Lorsque l’Arabie saoudite a assuré la présidence du groupe des vingt principaux pays riches et en développement en 2020, les deux pays ont commencé à forger de nouveaux partenariats et des programmes qui se sont développés davantage encore cette année, lorsque l’Inde a pris la présidence du groupe. 

 

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Ashwini Vaishnaw et Abdallah al-Swaha signent un accord sur la numérisation et la fabrication électronique à Bangalore, en Inde, le 18 août 2023. (Agence de presse saoudienne) 

«Les relations entre les deux pays se développaient déjà et le G20 leur a fourni une autre plate-forme pour de nouvelles possibilités d’engagement sur une série de questions», confie le Dr Harsh V. Pant, vice-président pour les études et la politique étrangère à l’Observer Research Foundation à Delhi, dans un entretien accordé à Arab News. 

«Les relations se sont renforcées et ont acquis une plus grande profondeur au sein du G20.» 

Lorsque les réunions du groupe de travail ont commencé, en janvier, l’Arabie saoudite a fait preuve d’engagement dès le début en envoyant plusieurs délégations de haut niveau et en agissant également en tant que patron et co-organisateur de certaines réunions clés, en particulier celles qui concernent la politique liée au développement durable, la sécurité alimentaire, la santé, l’entrepreneuriat, les start-up et la technologie. 

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La Dr Maymouna al-Khalil, secrétaire générale du Conseil saoudien des affaires familiales, prend la parole lors de la Conférence ministérielle sur l’autonomisation des femmes. (Photo fournie) 

Tous ces secteurs sont au cœur du plan de diversification et de transformation Vision 2030 de l’Arabie saoudite et de la stratégie de développement de l’Inde, ce qui rend la poursuite de la coopération non seulement prometteuse, mais durable. 

«Bien que l’on puisse examiner les relations en matière d’énergie, de commerce, de défense et de sécurité – domaines dans lesquels les deux parties ont coopéré, compte tenu des défis communs –, la plate-forme du G20 élargit la zone d’opération de l’Inde et de l’Arabie saoudite; elle permet l’émergence de nouvelles possibilités», explique M. Pant. 

«Cela pose les fondements d’un engagement beaucoup plus productif et à plus grande échelle, au-delà du G20… Peut-être verrez-vous beaucoup d’activité sur divers fronts, puisque les bases ont certainement été posées.» 

EN BREF

L’Inde s’est retrouvée cette année à la présidence du groupe des vingt économies avancées, auparavant assurée par l’Arabie saoudite en 2020. 

Des délégations saoudiennes se sont rendues en Inde pour assister à des sommets sur la finance, la santé, la jeunesse et d’autres domaines de coopération. 

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, ont mené des visites officielles réciproques en 2019. 

1,88 million de personnes d’origine indienne vivent et travaillent en Arabie saoudite. 

Le ministre saoudien de la Santé, Fahad ben Abderrahmane al-Jalajel, indique à Arab News qu’il s’attend à de nouvelles évolutions dans le secteur de la santé. 

«La réunion des ministres de la Santé de cette année et la réunion conjointe des finances, qui se sont tenues les 18 et 19 août, réaffirment les précédentes initiatives en matière de santé annoncées lors de la présidence saoudienne du G20», précise-t-il. 

«Le lancement de l’Initiative mondiale sur la santé numérique en coopération avec l’Organisation mondiale de la santé, le 19 août, a été un moment fort.»

Fahd al-Rachid, conseiller de l’Arabie saoudite au secrétariat général du Conseil des ministres, s’exprime lors du sommet Urban 20 des maires pendant le G20, à Ahmedabad, en Inde, le 7 juillet 2023. (Photo AN)
Fahd al-Rachid, conseiller de l’Arabie saoudite au secrétariat général du Conseil des ministres, s’exprime lors du sommet Urban 20 des maires pendant le G20, à Ahmedabad, en Inde, le 7 juillet 2023. (Photo AN) 

L’expérience du Royaume en matière de solutions de santé numérique a suscité un intérêt particulier. 

«Lors des réunions, j’ai rencontré plusieurs ministres, dont le ministre indien de la Santé. L’investissement dans la santé publique saoudienne est un sujet très prisé», soutient M. Al-Jalajel. 

«J’ai profondément apprécié l’invitation de la présidence indienne à parler, lors de la cérémonie de lancement, de notre expérience en matière de transformation numérique de la santé et de mise en œuvre de technologies de pointe, comme l’hôpital virtuel Seha.»

Le ministre adjoint de la Culture en Arabie saoudite, Rakan ben Ibrahim al-Tawq, a représenté le Royaume à la réunion des ministres de la Culture du G20 à Varanasi, en Inde, samedi. (Agence de presse saoudienne)
Le ministre adjoint de la Culture en Arabie saoudite, Rakan ben Ibrahim al-Tawq, a représenté le Royaume à la réunion des ministres de la Culture du G20 à Varanasi, en Inde, samedi. (Agence de presse saoudienne) 

Il s’agit du plus grand hôpital virtuel au monde, lancé en février 2022. C’est l’une des initiatives prioritaires du programme de transformation du secteur de la santé en Arabie saoudite. 

La plate-forme du G20 a également permis aux entrepreneurs technologiques indiens de contribuer à ces initiatives, en plus d’échanger des connaissances et des expériences entre les deux pays. 

Le ministre saoudien du Commerce, Majid ben Abdallah al-Qasabi, a tenu douze réunions avec des ministres et des responsables des pays du G20 en Inde plus tôt cette semaine. (Twitter/@malkassabi)
Le ministre saoudien du Commerce, Majid ben Abdallah al-Qasabi, a tenu douze réunions avec des ministres et des responsables des pays du G20 en Inde plus tôt cette semaine. (Twitter/@malkassabi) 

La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, une entreprise basée à Riyad, et membre de plusieurs délégations saoudiennes aux réunions du G20, signale à Arab News qu’il existe «une dynamique positive» dans les relations et la coopération sur le plan de l’investissement et du transfert de technologie. 

«HealthGena travaille activement avec l’ambassade de l’Inde à Riyad pour créer des possibilités économiques à l’échelle du pays», indique-t-elle. 

«Nous menons actuellement un programme commun pour emmener quinze start-up saoudiennes en Inde et une délégation d’entreprises indiennes la semaine prochaine à Riyad afin de les aider à s’installer en Arabie saoudite.»

Tout au long de l’année, les réunions ont non seulement abouti à des résultats économiques tangibles, mais elles ont également fait naître des initiatives qui visent à rapprocher les deux nations. Certains représentants saoudiens qui ont participé au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20, comme la Dr Alfardus, ont déjà signé des accords avec des établissements d’enseignement indiens. 

La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, s’adresse à Arab News lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, en Inde, le 15 juillet 2023. (Photo AN)
La Dr Huda Alfardus, PDG de HealthGena, s’adresse à Arab News lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, en Inde, le 15 juillet 2023. (Photo AN) 

«La promotion des liens entre les peuples à travers les échanges culturels et éducatifs peut favoriser la compréhension mutuelle et l’amitié», souligne-t-elle. 

«Encourager les échanges étudiants, les événements culturels et les collaborations entre universités peut contribuer à l’établissement de relations à long terme.»  

Lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs, qui s’est tenu à Delhi en juillet, le prince Fahad ben Mansour, président du conseil d’administration d’Entrepreneurship Vision et président de l’Alliance saoudienne des jeunes entrepreneurs du G20, a déclaré à Arab News que de nouveaux projets communs devraient bientôt voir le jour. 

«Nous avons quelques entités du secteur privé qui recherchent des possibilités ici en tant qu’investisseurs. Par ailleurs, nous avons trouvé de nombreux investisseurs indiens qui envisagent d’investir en Arabie saoudite», rapporte-t-il. 

«C’est une énorme occasion et nous allons en tirer parti à mesure que nous avançons.»

Le chef de la délégation saoudienne, le prince Fahad ben Mansour, au centre, entouré de représentants internationaux au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 15 juillet 2023. (Photo AN)
Le chef de la délégation saoudienne, le prince Fahad ben Mansour, au centre, entouré de représentants internationaux au sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 15 juillet 2023. (Photo AN) 

Les deux pays misent déjà sur ce qu’ils ont accompli, puisqu’ils sont «à l’avant-garde des étapes vers le développement durable, la croissance inclusive et la transition énergétique», affirme Muddassir Quamar, professeur agrégé au Centre d’études sur l’Asie occidentale de l’université Jawaharlal-Nehru à Delhi, dans un entretien accordé à Arab News. 

«La participation enthousiaste de l’Arabie saoudite aux réunions du G20 en Inde met en lumière la confiance entre les deux pays au niveau de leurs dirigeants respectifs et de l’agenda du G20. L’Inde a également adopté une approche proactive en participant aux événements du G20 sous la présidence saoudienne en 2020», ajoute-t-il. 

«La présidence indienne du G20 se concentre sur les objectifs de développement durable, la croissance inclusive, les biens publics numériques, la transition énergétique juste, la santé, l’éducation et l’emploi, ainsi que la paix et l’harmonie internationales. Cela s’inscrit parfaitement dans le cadre des priorités du programme de développement de l’Arabie saoudite, de l’initiative Vision 2030 et des relations indo-saoudiennes.» 

Abdelrahmane ben Saleh al-Fageeh, PDG du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation et chef de la délégation saoudienne, participe à une session plénière du sommet du B20 à New Delhi, en Inde, le 27 août 2023. (Photo AN)
Abdelrahmane ben Saleh al-Fageeh, PDG du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation et chef de la délégation saoudienne, participe à une session plénière du sommet du B20 à New Delhi, en Inde, le 27 août 2023. (Photo AN) 

Pour M. Quamar, le fait que les relations aient pris de l’ampleur se reflète dans leur «dynamisme» et leur «composante stratégique importante, qui comprend les liens politiques, économiques, culturels et sécuritaires».

Il s’attend à ce qu’un nouvel élan vienne du sommet des dirigeants du G20 qui se tiendra les samedi et dimanche. 

«Le G20 peut devenir une plate-forme pour une plus grande coopération indo-saoudienne dans les forums multilatéraux et par l’intermédiaire des organisations multilatérales», poursuit-il. 

«L’Arabie saoudite et l’Inde peuvent renforcer davantage leur coopération et leur partenariat dans des domaines comme le développement durable et la croissance inclusive, en tenant compte des préoccupations environnementales et du changement climatique.» 

«Le thème de la présidence indienne du G20 est “Une famille, une terre, un avenir”, ce qui transmet un message universel invitant l’humanité à travailler ensemble pour un avenir durable et harmonieux pour le monde. Cela peut devenir la clé du renforcement des liens entre l’Arabie saoudite et l’Inde.»

Mansour al-Sanooni, PDG de Saudi India Venture Studio, à gauche, signe un accord avec Siddhartha Bagri, PDG de Pravaig Dynamics, en présence du prince Fahad ben Mansour, lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 16 juillet 2023. (Photo Pravaig Dynamics)
Mansour al-Sanooni, PDG de Saudi India Venture Studio, à gauche, signe un accord avec Siddhartha Bagri, PDG de Pravaig Dynamics, en présence du prince Fahad ben Mansour, lors du sommet de l’Alliance des jeunes entrepreneurs du G20 à New Delhi, le 16 juillet 2023. (Photo Pravaig Dynamics) 

Mohammed Soliman, directeur des technologies stratégiques au Middle East Institute de Washington, a reconnu que l’engagement saoudo-indien avait gagné en importance et en attention à l’échelle mondiale ces derniers mois. 

L’Arabie saoudite et l’Inde ont su de quelle manière utiliser la plate-forme du G20 à leur avantage international, confie-t-il à Arab News. 

«Les deux pays voient des possibilités dans le monde multipolaire émergent et considèrent le G20 comme une plate-forme efficace pour relever les défis mondiaux et mettre en valeur leur influence économique et politique.» 

«Le changement le plus significatif dans les relations saoudo-indiennes, imputable au G20, est le renforcement de leur engagement sur la scène mondiale.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
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  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.