Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
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Publié le Samedi 16 septembre 2023

Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

  • Les Nations unies ont reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes à Al-Genaïna et dans ses environs
  • Les responsables des Nations unies tirent la sonnette d'alarme concernant les «attaques fondées sur l'identité», les civils étant «pris pour cible sur la base de leur race»

NAIROBI, Kenya: Le Darfour, une région du Soudan qui n'est pas étrangère aux violences ethniques et aux génocides, fait à nouveau les gros titres, suite à la découverte de fosses communes dans le cadre d'une lutte de pouvoir prolongée entre deux généraux soudanais qui a réduit des villes entières en ruines et déclenché une crise humanitaire aux proportions épiques.

Le bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'homme a déclaré avoir reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes dans la ville d’Al-Genaïna et ses environs, a signalé mercredi le chef de la mission des Nations unies au Soudan.

Les tombes contiendraient les corps des victimes des attaques menées par les forces paramilitaires de soutien rapide et les milices arabes alliées contre des civils, dont la majorité appartenait à la communauté Masalit, a déclaré Volker Perthes au Conseil de sécurité des Nations unies.

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Des personnes placent des corps dans une fosse commune à Nyala, au Soudan, le 23 août 2023, à la suite d'une attaque près d'un pont qui a tué des dizaines de personnes (Photo via REUTERS).

Ce dernier massacre est en partie le résultat de rivalités politiques aggravées par des tensions raciales latentes. Le Darfour a acquis une notoriété internationale au début des années 2000, lorsque l'épuration ethnique, les disparités économiques et la concurrence pour les ressources ont déclenché un conflit entre le gouvernement dominé par les Arabes et les groupes rebelles non arabes.

Entre 2003 et 2005, des dizaines de milliers de civils ont été systématiquement tués au Darfour, marquant ainsi le premier génocide du 21e siècle. Il est à craindre que le conflit actuel, entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises, qui entre dans son sixième mois, n'atteigne des niveaux de brutalité similaires.

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Un homme se tient debout alors qu'un incendie fait rage dans un marché aux bestiaux à Al-Fashir, la capitale de l'État du Darfour du Nord, le 1er septembre 2023, à la suite d'un bombardement par les forces paramilitaires de soutien rapide (Photo, AFP).

«Ces tensions ont été aggravées par des facteurs tels que la désertification, l'instabilité politique depuis l'indépendance du Soudan, la stagnation économique, la prolifération des armes provenant de conflits internes et externes, les batailles par procuration et la polarisation internationale», a déclaré à Arab News, Ahmed Khair, chercheur au Sudan Research and Consultancy Group.

Si les causes profondes du conflit restent inchangées, les allégeances des parties belligérantes n'ont cessé d'évoluer.

«De nouveaux partis, acteurs et coalitions politiques, voire une transformation des entités politiques existantes, sont apparus, s'adaptant à une dynamique politique en constante évolution», a révélé Khair.

Parmi ces groupes, on peut citer le Mouvement pour la justice et l'égalité, le Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi et le Mouvement de libération du Soudan-Abdel Wahid.

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Des combattants du Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi roulent dans des véhicules qui accompagnent le gouverneur de l'État du Darfour lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, en route vers Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Selon Khair, ils sont tous motivés par la perspective de «donner plus de pouvoir à leurs régions et aux citoyens qui y vivent».

La crise actuelle au Soudan a débuté le 15 avril lorsqu'une lutte de pouvoir de longue date entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide a dégénéré en violence, dont la majeure partie s'est concentrée autour du Darfour et de la capitale, Khartoum. Environ 4 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays par le conflit et 1,1 million d'autres ont fui vers les pays voisins, principalement le Tchad et l'Égypte.

Au Darfour, le conflit a pris une tournure à la fois différente des hostilités précédentes et en même temps trop familière, les forces de soutien rapide et les milices alliées ciblant des groupes ethnolinguistiques spécifiques.

La région occidentale du Darfour, une région de la taille de la France et abritant un quart de la population du Soudan , avait déjà connu certains des troubles les plus graves du conflit avant que la violence ne s'intensifie le mois dernier. Selon l’ONU, plus de 50 000 personnes ont fui la ville en l'espace de dix jours au mois d'août.

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Des corps éparpillés à l'extérieur près de maisons dans la capitale de l'État du Darfour occidental, Al-Genaïna, ce qui a suscité des avertissements selon lesquels le conflit entre deux généraux dans le Soudan déchiré par la guerre avait «pris une dimension ethnique, entraînant des attaques ciblées basées sur l'identité des personnes et le déplacement ultérieur des communautés» (Photo, AFP).

Alice Wairimu Nderitu, conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, a tiré la sonnette d'alarme face à la multiplication des «attaques fondées sur l'identité», avertissant qu’au Darfour, les civils «sont pris pour cible sur la base de leur race».

Perthes, qui a annoncé cette semaine qu'il démissionnerait de son poste de chef de la mission des Nations unies au Soudan, a déclaré mercredi au Conseil de sécurité, lors de son dernier briefing, que le conflit dans le pays risquait de s'aggraver.

Abdel Fattah al-Burhan, chef des Forces armées soudanaises et dirigeant de facto du Soudan, a accusé à plusieurs reprises l'envoyé de l'ONU de faire preuve de partialité à l'égard des forces de soutien rapide, et que Perthes est persona non grata depuis qu'il a dénoncé d'éventuels «crimes contre l'humanité» au Darfour.

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Le chef des forces armées soudanaises, le général Abdel Fattah al-Burhan, salue ses partisans lors d'une visite d'un quartier de Port-Soudan (photo de l'armée soudanaise/AFP).

Le gouvernement soudanais a demandé à plusieurs reprises que Perthes soit démis de ses fonctions, mais le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réitéré son soutien à l'envoyé. Mercredi, cependant, Guterres a accepté la démission de Perthes, déclarant que l'envoyé avait «de très bonnes raisons» de se retirer.

«Je suis reconnaissant au secrétaire général de m'avoir donné cette opportunité et de m'avoir fait confiance, mais je lui ai demandé de me relever de cette fonction», a déclaré Perthes, tout en avertissant que le conflit «pourrait se transformer en une véritable guerre civile».

Il a ajouté que les parties belligérantes «ne peuvent pas agir en toute impunité et que les auteurs des crimes commis devront rendre des comptes».

Au début de septembre, Washington a imposé des sanctions à Abdelrahim Hamdan Dagalo, le frère de Mohammed Hamdan «Hemedti» Dagalo, chef des forces de soutien rapide, pour «le massacre de civils, les meurtres ethniques et l'utilisation de la violence sexuelle».

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Une image extraite d'une vidéo publiée sur la page Twitter, rebaptisées X,  des Forces de soutien rapidele 28 juillet 2023, montre le général Mohamed Hamdan Daglo s'adressant à des combattants des forces de soutien rapide dans un lieu non divulgué (Photo des Forces de soutien rapide/AFP).

Dans le sud du Darfour, une région historiquement associée à l'influence des forces de soutien rapide, les factions rivales sont engagées dans une lutte féroce pour le contrôle du pays. Alors que les forces de soutien rapide et les milices arabes qui lui sont alliées contrôlent la majeure partie de la capitale du Sud-Darfour, Nyala, les Forces armées soudanaises s'appuient sur leur artillerie et leurs forces aériennes pour affirmer leur présence dans une région qui a longtemps été négligée.

Les civils et les travailleurs humanitaires qui tentent de les aider se sont retrouvés pris entre deux feux. Soixante personnes ont été tuées et 285 blessées au cours de 12 jours de combats intenses dans la seule ville de Nyala, le 22 août, selon un rapport récent du Darfur Cinema Center, un groupe de surveillance local. Ce mercredi, un raid aérien a tué au moins 40 civils, a indiqué une source médicale à l'Agence France-Presse.

Le 21 août, les Forces armées soudanaises auraient bombardé un marché à Nyala, tuant 24 civils. Les Forces armées soudanaises nient être responsables de cet incident, mais les habitants ont déclaré qu'ils soupçonnaient la présence de combattants des forces de soutien rapide à proximité d'être la cause de ce bombardement meurtrier.

Un incident tout aussi pénible s'est produit deux jours plus tard, lorsqu'une trentaine de civils, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été pris dans les tirs croisés entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises.

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Des corps de civils ont été enterrés dans des fosses communes par des habitants de Nyala, au Darfour (Photo via REUTERS).

Selon les habitants et les observateurs qui ont parlé à Arab News, le nombre réel de morts résultant de tels incidents est probablement beaucoup plus élevé que les chiffres fournis.

Le conflit a perturbé les infrastructures de communication dans la région, ce qui rend difficile l'enregistrement précis des décès par le personnel médical. Dans de nombreux cas, les familles endeuillées n'ont d'autre choix que d'enterrer leurs morts sans les enregistrer officiellement.

Les services des hôpitaux et des cliniques dans les zones de conflit ont également été affectés. Les opérations de secours ont été entravées par la fermeture des installations médicales, et les travailleurs de la santé risquent constamment d'être pris pour cible par les factions belligérantes, en violation du droit humanitaire international.

Les combats ont également perturbé l'approvisionnement en nourriture et «la pénurie alimentaire est une préoccupation urgente dans tout le Darfour, ce qui aggrave encore la crise humanitaire», a déclaré à Arab News, William Carter, directeur national pour le Soudan au Conseil norvégien pour les réfugiés.

«Tout cela est très difficile et complexe: la sécurité, mais aussi la logistique, le passage des frontières depuis l'est du Tchad, la saison des pluies et les énormes distances à parcourir», a-t-il ajouté. «Il s'agit de l'une des régions les plus critiques du pays où il faut s'assurer qu'une aide est apportée.»

Le manque de nourriture et d'eau potable oblige souvent les civils à prendre des risques extrêmes, en se plaçant dans la ligne de mire lorsqu'ils cherchent des vivres.

«La situation est urgente», a souligné à Arab News Mohammed Adam Hassan, directeur exécutif du Réseau du Darfour pour les droits de l'homme. «En tant qu'organisations de défense des droits de l'homme, nous continuons à faire état de victimes civiles, de destructions de biens et de souffrances généralisées.»

Il a appelé la communauté internationale à intervenir dans le conflit et à accélérer la réponse humanitaire.

«Les sanctions sont un pas dans la bonne direction, mais il faut faire davantage afin de résoudre la crise complexe qui sévit sur le terrain», a-t-il ajouté. «Une telle intervention devrait donner la priorité à la protection des civils et à la création de zones sûres et de couloirs humanitaires pour faciliter l'acheminement de l'aide.»

Khair, chercheur au sein du Sudan Research and Consultancy Group, a convenu de l'urgence d'une intervention extérieure, mais a indiqué que les efforts devaient s'aligner sur les réalités politiques sur le terrain.

«Alors que la coordination dans les zones contrôlées par le gouvernement soudanais se poursuit grâce aux mécanismes établis, des problèmes se posent dans les zones contrôlées par des mouvements armés tels que les forces de soutien rapide», a-t-il précisé.

Khair a identifié Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour, comme une figure potentiellement centrale dans ce processus, étant donné qu'il bénéficie de l'approbation tacite des principaux partis.

«Pour combler ce fossé, il faut entamer un dialogue et créer des structures de coordination d'urgence», a estimé Khair.

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Minni Minnawi (au centre), gouverneur de l'État du Darfour au Soudan, est accueilli par des habitants lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, alors qu'il se rend à Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Les efforts déployés pour résoudre la crise par les voies diplomatiques régionales, telles que l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement, se sont heurtés à des obstacles considérables. Al-Burhan a menacé de retirer le Soudan des organisations qui continuent à communiquer avec les représentants des forces de soutien rapide.

L'annonce récente de sanctions à l'encontre de Dagalo, chef des forces de soutien rapide, par Washington, pourrait indiquer que les États-Unis prennent parti dans le conflit, mais il pourrait s'agir simplement d'une mesure destinée à inciter les parties belligérantes à revenir à la table des négociations à Djeddah.

Quelles que soient les mesures prises jusqu'à présent, Hassan a soutenu que «l’obligation de rendre des comptes et la justice sont de la plus haute importance» et que des enquêtes approfondies menées par des institutions telles que la Cour pénale internationale seront finalement nécessaires de manière à s’assurer que les auteurs d'abus sont tenus de rendre des comptes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.