Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
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Publié le Samedi 16 septembre 2023

Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

  • Les Nations unies ont reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes à Al-Genaïna et dans ses environs
  • Les responsables des Nations unies tirent la sonnette d'alarme concernant les «attaques fondées sur l'identité», les civils étant «pris pour cible sur la base de leur race»

NAIROBI, Kenya: Le Darfour, une région du Soudan qui n'est pas étrangère aux violences ethniques et aux génocides, fait à nouveau les gros titres, suite à la découverte de fosses communes dans le cadre d'une lutte de pouvoir prolongée entre deux généraux soudanais qui a réduit des villes entières en ruines et déclenché une crise humanitaire aux proportions épiques.

Le bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'homme a déclaré avoir reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes dans la ville d’Al-Genaïna et ses environs, a signalé mercredi le chef de la mission des Nations unies au Soudan.

Les tombes contiendraient les corps des victimes des attaques menées par les forces paramilitaires de soutien rapide et les milices arabes alliées contre des civils, dont la majorité appartenait à la communauté Masalit, a déclaré Volker Perthes au Conseil de sécurité des Nations unies.

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Des personnes placent des corps dans une fosse commune à Nyala, au Soudan, le 23 août 2023, à la suite d'une attaque près d'un pont qui a tué des dizaines de personnes (Photo via REUTERS).

Ce dernier massacre est en partie le résultat de rivalités politiques aggravées par des tensions raciales latentes. Le Darfour a acquis une notoriété internationale au début des années 2000, lorsque l'épuration ethnique, les disparités économiques et la concurrence pour les ressources ont déclenché un conflit entre le gouvernement dominé par les Arabes et les groupes rebelles non arabes.

Entre 2003 et 2005, des dizaines de milliers de civils ont été systématiquement tués au Darfour, marquant ainsi le premier génocide du 21e siècle. Il est à craindre que le conflit actuel, entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises, qui entre dans son sixième mois, n'atteigne des niveaux de brutalité similaires.

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Un homme se tient debout alors qu'un incendie fait rage dans un marché aux bestiaux à Al-Fashir, la capitale de l'État du Darfour du Nord, le 1er septembre 2023, à la suite d'un bombardement par les forces paramilitaires de soutien rapide (Photo, AFP).

«Ces tensions ont été aggravées par des facteurs tels que la désertification, l'instabilité politique depuis l'indépendance du Soudan, la stagnation économique, la prolifération des armes provenant de conflits internes et externes, les batailles par procuration et la polarisation internationale», a déclaré à Arab News, Ahmed Khair, chercheur au Sudan Research and Consultancy Group.

Si les causes profondes du conflit restent inchangées, les allégeances des parties belligérantes n'ont cessé d'évoluer.

«De nouveaux partis, acteurs et coalitions politiques, voire une transformation des entités politiques existantes, sont apparus, s'adaptant à une dynamique politique en constante évolution», a révélé Khair.

Parmi ces groupes, on peut citer le Mouvement pour la justice et l'égalité, le Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi et le Mouvement de libération du Soudan-Abdel Wahid.

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Des combattants du Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi roulent dans des véhicules qui accompagnent le gouverneur de l'État du Darfour lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, en route vers Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Selon Khair, ils sont tous motivés par la perspective de «donner plus de pouvoir à leurs régions et aux citoyens qui y vivent».

La crise actuelle au Soudan a débuté le 15 avril lorsqu'une lutte de pouvoir de longue date entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide a dégénéré en violence, dont la majeure partie s'est concentrée autour du Darfour et de la capitale, Khartoum. Environ 4 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays par le conflit et 1,1 million d'autres ont fui vers les pays voisins, principalement le Tchad et l'Égypte.

Au Darfour, le conflit a pris une tournure à la fois différente des hostilités précédentes et en même temps trop familière, les forces de soutien rapide et les milices alliées ciblant des groupes ethnolinguistiques spécifiques.

La région occidentale du Darfour, une région de la taille de la France et abritant un quart de la population du Soudan , avait déjà connu certains des troubles les plus graves du conflit avant que la violence ne s'intensifie le mois dernier. Selon l’ONU, plus de 50 000 personnes ont fui la ville en l'espace de dix jours au mois d'août.

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Des corps éparpillés à l'extérieur près de maisons dans la capitale de l'État du Darfour occidental, Al-Genaïna, ce qui a suscité des avertissements selon lesquels le conflit entre deux généraux dans le Soudan déchiré par la guerre avait «pris une dimension ethnique, entraînant des attaques ciblées basées sur l'identité des personnes et le déplacement ultérieur des communautés» (Photo, AFP).

Alice Wairimu Nderitu, conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, a tiré la sonnette d'alarme face à la multiplication des «attaques fondées sur l'identité», avertissant qu’au Darfour, les civils «sont pris pour cible sur la base de leur race».

Perthes, qui a annoncé cette semaine qu'il démissionnerait de son poste de chef de la mission des Nations unies au Soudan, a déclaré mercredi au Conseil de sécurité, lors de son dernier briefing, que le conflit dans le pays risquait de s'aggraver.

Abdel Fattah al-Burhan, chef des Forces armées soudanaises et dirigeant de facto du Soudan, a accusé à plusieurs reprises l'envoyé de l'ONU de faire preuve de partialité à l'égard des forces de soutien rapide, et que Perthes est persona non grata depuis qu'il a dénoncé d'éventuels «crimes contre l'humanité» au Darfour.

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Le chef des forces armées soudanaises, le général Abdel Fattah al-Burhan, salue ses partisans lors d'une visite d'un quartier de Port-Soudan (photo de l'armée soudanaise/AFP).

Le gouvernement soudanais a demandé à plusieurs reprises que Perthes soit démis de ses fonctions, mais le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réitéré son soutien à l'envoyé. Mercredi, cependant, Guterres a accepté la démission de Perthes, déclarant que l'envoyé avait «de très bonnes raisons» de se retirer.

«Je suis reconnaissant au secrétaire général de m'avoir donné cette opportunité et de m'avoir fait confiance, mais je lui ai demandé de me relever de cette fonction», a déclaré Perthes, tout en avertissant que le conflit «pourrait se transformer en une véritable guerre civile».

Il a ajouté que les parties belligérantes «ne peuvent pas agir en toute impunité et que les auteurs des crimes commis devront rendre des comptes».

Au début de septembre, Washington a imposé des sanctions à Abdelrahim Hamdan Dagalo, le frère de Mohammed Hamdan «Hemedti» Dagalo, chef des forces de soutien rapide, pour «le massacre de civils, les meurtres ethniques et l'utilisation de la violence sexuelle».

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Une image extraite d'une vidéo publiée sur la page Twitter, rebaptisées X,  des Forces de soutien rapidele 28 juillet 2023, montre le général Mohamed Hamdan Daglo s'adressant à des combattants des forces de soutien rapide dans un lieu non divulgué (Photo des Forces de soutien rapide/AFP).

Dans le sud du Darfour, une région historiquement associée à l'influence des forces de soutien rapide, les factions rivales sont engagées dans une lutte féroce pour le contrôle du pays. Alors que les forces de soutien rapide et les milices arabes qui lui sont alliées contrôlent la majeure partie de la capitale du Sud-Darfour, Nyala, les Forces armées soudanaises s'appuient sur leur artillerie et leurs forces aériennes pour affirmer leur présence dans une région qui a longtemps été négligée.

Les civils et les travailleurs humanitaires qui tentent de les aider se sont retrouvés pris entre deux feux. Soixante personnes ont été tuées et 285 blessées au cours de 12 jours de combats intenses dans la seule ville de Nyala, le 22 août, selon un rapport récent du Darfur Cinema Center, un groupe de surveillance local. Ce mercredi, un raid aérien a tué au moins 40 civils, a indiqué une source médicale à l'Agence France-Presse.

Le 21 août, les Forces armées soudanaises auraient bombardé un marché à Nyala, tuant 24 civils. Les Forces armées soudanaises nient être responsables de cet incident, mais les habitants ont déclaré qu'ils soupçonnaient la présence de combattants des forces de soutien rapide à proximité d'être la cause de ce bombardement meurtrier.

Un incident tout aussi pénible s'est produit deux jours plus tard, lorsqu'une trentaine de civils, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été pris dans les tirs croisés entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises.

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Des corps de civils ont été enterrés dans des fosses communes par des habitants de Nyala, au Darfour (Photo via REUTERS).

Selon les habitants et les observateurs qui ont parlé à Arab News, le nombre réel de morts résultant de tels incidents est probablement beaucoup plus élevé que les chiffres fournis.

Le conflit a perturbé les infrastructures de communication dans la région, ce qui rend difficile l'enregistrement précis des décès par le personnel médical. Dans de nombreux cas, les familles endeuillées n'ont d'autre choix que d'enterrer leurs morts sans les enregistrer officiellement.

Les services des hôpitaux et des cliniques dans les zones de conflit ont également été affectés. Les opérations de secours ont été entravées par la fermeture des installations médicales, et les travailleurs de la santé risquent constamment d'être pris pour cible par les factions belligérantes, en violation du droit humanitaire international.

Les combats ont également perturbé l'approvisionnement en nourriture et «la pénurie alimentaire est une préoccupation urgente dans tout le Darfour, ce qui aggrave encore la crise humanitaire», a déclaré à Arab News, William Carter, directeur national pour le Soudan au Conseil norvégien pour les réfugiés.

«Tout cela est très difficile et complexe: la sécurité, mais aussi la logistique, le passage des frontières depuis l'est du Tchad, la saison des pluies et les énormes distances à parcourir», a-t-il ajouté. «Il s'agit de l'une des régions les plus critiques du pays où il faut s'assurer qu'une aide est apportée.»

Le manque de nourriture et d'eau potable oblige souvent les civils à prendre des risques extrêmes, en se plaçant dans la ligne de mire lorsqu'ils cherchent des vivres.

«La situation est urgente», a souligné à Arab News Mohammed Adam Hassan, directeur exécutif du Réseau du Darfour pour les droits de l'homme. «En tant qu'organisations de défense des droits de l'homme, nous continuons à faire état de victimes civiles, de destructions de biens et de souffrances généralisées.»

Il a appelé la communauté internationale à intervenir dans le conflit et à accélérer la réponse humanitaire.

«Les sanctions sont un pas dans la bonne direction, mais il faut faire davantage afin de résoudre la crise complexe qui sévit sur le terrain», a-t-il ajouté. «Une telle intervention devrait donner la priorité à la protection des civils et à la création de zones sûres et de couloirs humanitaires pour faciliter l'acheminement de l'aide.»

Khair, chercheur au sein du Sudan Research and Consultancy Group, a convenu de l'urgence d'une intervention extérieure, mais a indiqué que les efforts devaient s'aligner sur les réalités politiques sur le terrain.

«Alors que la coordination dans les zones contrôlées par le gouvernement soudanais se poursuit grâce aux mécanismes établis, des problèmes se posent dans les zones contrôlées par des mouvements armés tels que les forces de soutien rapide», a-t-il précisé.

Khair a identifié Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour, comme une figure potentiellement centrale dans ce processus, étant donné qu'il bénéficie de l'approbation tacite des principaux partis.

«Pour combler ce fossé, il faut entamer un dialogue et créer des structures de coordination d'urgence», a estimé Khair.

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Minni Minnawi (au centre), gouverneur de l'État du Darfour au Soudan, est accueilli par des habitants lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, alors qu'il se rend à Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Les efforts déployés pour résoudre la crise par les voies diplomatiques régionales, telles que l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement, se sont heurtés à des obstacles considérables. Al-Burhan a menacé de retirer le Soudan des organisations qui continuent à communiquer avec les représentants des forces de soutien rapide.

L'annonce récente de sanctions à l'encontre de Dagalo, chef des forces de soutien rapide, par Washington, pourrait indiquer que les États-Unis prennent parti dans le conflit, mais il pourrait s'agir simplement d'une mesure destinée à inciter les parties belligérantes à revenir à la table des négociations à Djeddah.

Quelles que soient les mesures prises jusqu'à présent, Hassan a soutenu que «l’obligation de rendre des comptes et la justice sont de la plus haute importance» et que des enquêtes approfondies menées par des institutions telles que la Cour pénale internationale seront finalement nécessaires de manière à s’assurer que les auteurs d'abus sont tenus de rendre des comptes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.