Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Des propriétaires de charrettes tchadiennes transportent les affaires de Soudanais qui ont fui le conflit dans la région soudanaise du Darfour, en traversant la frontière entre le Soudan et le Tchad à Adre, au Tchad, le 4 août 2023 (Photo, REUTERS/Archives).
Short Url
Publié le Samedi 16 septembre 2023

Le conflit soudanais remet en mémoire l'histoire des massacres ethniques au Darfour

  • Les Nations unies ont reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes à Al-Genaïna et dans ses environs
  • Les responsables des Nations unies tirent la sonnette d'alarme concernant les «attaques fondées sur l'identité», les civils étant «pris pour cible sur la base de leur race»

NAIROBI, Kenya: Le Darfour, une région du Soudan qui n'est pas étrangère aux violences ethniques et aux génocides, fait à nouveau les gros titres, suite à la découverte de fosses communes dans le cadre d'une lutte de pouvoir prolongée entre deux généraux soudanais qui a réduit des villes entières en ruines et déclenché une crise humanitaire aux proportions épiques.

Le bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'homme a déclaré avoir reçu des informations crédibles faisant état d'au moins 13 fosses communes dans la ville d’Al-Genaïna et ses environs, a signalé mercredi le chef de la mission des Nations unies au Soudan.

Les tombes contiendraient les corps des victimes des attaques menées par les forces paramilitaires de soutien rapide et les milices arabes alliées contre des civils, dont la majorité appartenait à la communauté Masalit, a déclaré Volker Perthes au Conseil de sécurité des Nations unies.

ds
Des personnes placent des corps dans une fosse commune à Nyala, au Soudan, le 23 août 2023, à la suite d'une attaque près d'un pont qui a tué des dizaines de personnes (Photo via REUTERS).

Ce dernier massacre est en partie le résultat de rivalités politiques aggravées par des tensions raciales latentes. Le Darfour a acquis une notoriété internationale au début des années 2000, lorsque l'épuration ethnique, les disparités économiques et la concurrence pour les ressources ont déclenché un conflit entre le gouvernement dominé par les Arabes et les groupes rebelles non arabes.

Entre 2003 et 2005, des dizaines de milliers de civils ont été systématiquement tués au Darfour, marquant ainsi le premier génocide du 21e siècle. Il est à craindre que le conflit actuel, entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises, qui entre dans son sixième mois, n'atteigne des niveaux de brutalité similaires.

ds
Un homme se tient debout alors qu'un incendie fait rage dans un marché aux bestiaux à Al-Fashir, la capitale de l'État du Darfour du Nord, le 1er septembre 2023, à la suite d'un bombardement par les forces paramilitaires de soutien rapide (Photo, AFP).

«Ces tensions ont été aggravées par des facteurs tels que la désertification, l'instabilité politique depuis l'indépendance du Soudan, la stagnation économique, la prolifération des armes provenant de conflits internes et externes, les batailles par procuration et la polarisation internationale», a déclaré à Arab News, Ahmed Khair, chercheur au Sudan Research and Consultancy Group.

Si les causes profondes du conflit restent inchangées, les allégeances des parties belligérantes n'ont cessé d'évoluer.

«De nouveaux partis, acteurs et coalitions politiques, voire une transformation des entités politiques existantes, sont apparus, s'adaptant à une dynamique politique en constante évolution», a révélé Khair.

Parmi ces groupes, on peut citer le Mouvement pour la justice et l'égalité, le Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi et le Mouvement de libération du Soudan-Abdel Wahid.

ds
Des combattants du Mouvement de libération du Soudan-Minni Minnawi roulent dans des véhicules qui accompagnent le gouverneur de l'État du Darfour lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, en route vers Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Selon Khair, ils sont tous motivés par la perspective de «donner plus de pouvoir à leurs régions et aux citoyens qui y vivent».

La crise actuelle au Soudan a débuté le 15 avril lorsqu'une lutte de pouvoir de longue date entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide a dégénéré en violence, dont la majeure partie s'est concentrée autour du Darfour et de la capitale, Khartoum. Environ 4 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays par le conflit et 1,1 million d'autres ont fui vers les pays voisins, principalement le Tchad et l'Égypte.

Au Darfour, le conflit a pris une tournure à la fois différente des hostilités précédentes et en même temps trop familière, les forces de soutien rapide et les milices alliées ciblant des groupes ethnolinguistiques spécifiques.

La région occidentale du Darfour, une région de la taille de la France et abritant un quart de la population du Soudan , avait déjà connu certains des troubles les plus graves du conflit avant que la violence ne s'intensifie le mois dernier. Selon l’ONU, plus de 50 000 personnes ont fui la ville en l'espace de dix jours au mois d'août.

ds
Des corps éparpillés à l'extérieur près de maisons dans la capitale de l'État du Darfour occidental, Al-Genaïna, ce qui a suscité des avertissements selon lesquels le conflit entre deux généraux dans le Soudan déchiré par la guerre avait «pris une dimension ethnique, entraînant des attaques ciblées basées sur l'identité des personnes et le déplacement ultérieur des communautés» (Photo, AFP).

Alice Wairimu Nderitu, conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, a tiré la sonnette d'alarme face à la multiplication des «attaques fondées sur l'identité», avertissant qu’au Darfour, les civils «sont pris pour cible sur la base de leur race».

Perthes, qui a annoncé cette semaine qu'il démissionnerait de son poste de chef de la mission des Nations unies au Soudan, a déclaré mercredi au Conseil de sécurité, lors de son dernier briefing, que le conflit dans le pays risquait de s'aggraver.

Abdel Fattah al-Burhan, chef des Forces armées soudanaises et dirigeant de facto du Soudan, a accusé à plusieurs reprises l'envoyé de l'ONU de faire preuve de partialité à l'égard des forces de soutien rapide, et que Perthes est persona non grata depuis qu'il a dénoncé d'éventuels «crimes contre l'humanité» au Darfour.

ds
Le chef des forces armées soudanaises, le général Abdel Fattah al-Burhan, salue ses partisans lors d'une visite d'un quartier de Port-Soudan (photo de l'armée soudanaise/AFP).

Le gouvernement soudanais a demandé à plusieurs reprises que Perthes soit démis de ses fonctions, mais le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réitéré son soutien à l'envoyé. Mercredi, cependant, Guterres a accepté la démission de Perthes, déclarant que l'envoyé avait «de très bonnes raisons» de se retirer.

«Je suis reconnaissant au secrétaire général de m'avoir donné cette opportunité et de m'avoir fait confiance, mais je lui ai demandé de me relever de cette fonction», a déclaré Perthes, tout en avertissant que le conflit «pourrait se transformer en une véritable guerre civile».

Il a ajouté que les parties belligérantes «ne peuvent pas agir en toute impunité et que les auteurs des crimes commis devront rendre des comptes».

Au début de septembre, Washington a imposé des sanctions à Abdelrahim Hamdan Dagalo, le frère de Mohammed Hamdan «Hemedti» Dagalo, chef des forces de soutien rapide, pour «le massacre de civils, les meurtres ethniques et l'utilisation de la violence sexuelle».

ds
Une image extraite d'une vidéo publiée sur la page Twitter, rebaptisées X,  des Forces de soutien rapidele 28 juillet 2023, montre le général Mohamed Hamdan Daglo s'adressant à des combattants des forces de soutien rapide dans un lieu non divulgué (Photo des Forces de soutien rapide/AFP).

Dans le sud du Darfour, une région historiquement associée à l'influence des forces de soutien rapide, les factions rivales sont engagées dans une lutte féroce pour le contrôle du pays. Alors que les forces de soutien rapide et les milices arabes qui lui sont alliées contrôlent la majeure partie de la capitale du Sud-Darfour, Nyala, les Forces armées soudanaises s'appuient sur leur artillerie et leurs forces aériennes pour affirmer leur présence dans une région qui a longtemps été négligée.

Les civils et les travailleurs humanitaires qui tentent de les aider se sont retrouvés pris entre deux feux. Soixante personnes ont été tuées et 285 blessées au cours de 12 jours de combats intenses dans la seule ville de Nyala, le 22 août, selon un rapport récent du Darfur Cinema Center, un groupe de surveillance local. Ce mercredi, un raid aérien a tué au moins 40 civils, a indiqué une source médicale à l'Agence France-Presse.

Le 21 août, les Forces armées soudanaises auraient bombardé un marché à Nyala, tuant 24 civils. Les Forces armées soudanaises nient être responsables de cet incident, mais les habitants ont déclaré qu'ils soupçonnaient la présence de combattants des forces de soutien rapide à proximité d'être la cause de ce bombardement meurtrier.

Un incident tout aussi pénible s'est produit deux jours plus tard, lorsqu'une trentaine de civils, pour la plupart des femmes et des enfants, ont été pris dans les tirs croisés entre les forces de soutien rapide et les forces armées soudanaises.

ds
Des corps de civils ont été enterrés dans des fosses communes par des habitants de Nyala, au Darfour (Photo via REUTERS).

Selon les habitants et les observateurs qui ont parlé à Arab News, le nombre réel de morts résultant de tels incidents est probablement beaucoup plus élevé que les chiffres fournis.

Le conflit a perturbé les infrastructures de communication dans la région, ce qui rend difficile l'enregistrement précis des décès par le personnel médical. Dans de nombreux cas, les familles endeuillées n'ont d'autre choix que d'enterrer leurs morts sans les enregistrer officiellement.

Les services des hôpitaux et des cliniques dans les zones de conflit ont également été affectés. Les opérations de secours ont été entravées par la fermeture des installations médicales, et les travailleurs de la santé risquent constamment d'être pris pour cible par les factions belligérantes, en violation du droit humanitaire international.

Les combats ont également perturbé l'approvisionnement en nourriture et «la pénurie alimentaire est une préoccupation urgente dans tout le Darfour, ce qui aggrave encore la crise humanitaire», a déclaré à Arab News, William Carter, directeur national pour le Soudan au Conseil norvégien pour les réfugiés.

«Tout cela est très difficile et complexe: la sécurité, mais aussi la logistique, le passage des frontières depuis l'est du Tchad, la saison des pluies et les énormes distances à parcourir», a-t-il ajouté. «Il s'agit de l'une des régions les plus critiques du pays où il faut s'assurer qu'une aide est apportée.»

Le manque de nourriture et d'eau potable oblige souvent les civils à prendre des risques extrêmes, en se plaçant dans la ligne de mire lorsqu'ils cherchent des vivres.

«La situation est urgente», a souligné à Arab News Mohammed Adam Hassan, directeur exécutif du Réseau du Darfour pour les droits de l'homme. «En tant qu'organisations de défense des droits de l'homme, nous continuons à faire état de victimes civiles, de destructions de biens et de souffrances généralisées.»

Il a appelé la communauté internationale à intervenir dans le conflit et à accélérer la réponse humanitaire.

«Les sanctions sont un pas dans la bonne direction, mais il faut faire davantage afin de résoudre la crise complexe qui sévit sur le terrain», a-t-il ajouté. «Une telle intervention devrait donner la priorité à la protection des civils et à la création de zones sûres et de couloirs humanitaires pour faciliter l'acheminement de l'aide.»

Khair, chercheur au sein du Sudan Research and Consultancy Group, a convenu de l'urgence d'une intervention extérieure, mais a indiqué que les efforts devaient s'aligner sur les réalités politiques sur le terrain.

«Alors que la coordination dans les zones contrôlées par le gouvernement soudanais se poursuit grâce aux mécanismes établis, des problèmes se posent dans les zones contrôlées par des mouvements armés tels que les forces de soutien rapide», a-t-il précisé.

Khair a identifié Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour, comme une figure potentiellement centrale dans ce processus, étant donné qu'il bénéficie de l'approbation tacite des principaux partis.

«Pour combler ce fossé, il faut entamer un dialogue et créer des structures de coordination d'urgence», a estimé Khair.

ds
Minni Minnawi (au centre), gouverneur de l'État du Darfour au Soudan, est accueilli par des habitants lors d'une escale dans la ville de Gedaref, dans l'est du pays, alors qu'il se rend à Port-Soudan, le 30 août 2023 (Photo, AFP).

Les efforts déployés pour résoudre la crise par les voies diplomatiques régionales, telles que l'Union africaine et l'Autorité intergouvernementale pour le développement, se sont heurtés à des obstacles considérables. Al-Burhan a menacé de retirer le Soudan des organisations qui continuent à communiquer avec les représentants des forces de soutien rapide.

L'annonce récente de sanctions à l'encontre de Dagalo, chef des forces de soutien rapide, par Washington, pourrait indiquer que les États-Unis prennent parti dans le conflit, mais il pourrait s'agir simplement d'une mesure destinée à inciter les parties belligérantes à revenir à la table des négociations à Djeddah.

Quelles que soient les mesures prises jusqu'à présent, Hassan a soutenu que «l’obligation de rendre des comptes et la justice sont de la plus haute importance» et que des enquêtes approfondies menées par des institutions telles que la Cour pénale internationale seront finalement nécessaires de manière à s’assurer que les auteurs d'abus sont tenus de rendre des comptes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Short Url
  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Short Url
  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.