Soudan: Le chef de la mission de l’ONU démissionne

Volker Perthes, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan et chef de la mission intégrée d'aide à la transition des Nations unies au Soudan, a démissionné (Photo, AFP).
Volker Perthes, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan et chef de la mission intégrée d'aide à la transition des Nations unies au Soudan, a démissionné (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 14 septembre 2023

Soudan: Le chef de la mission de l’ONU démissionne

  • Volker Perthes exhorte les chefs militaires à «négocier et à mettre en œuvre la cessation des hostilités»
  • Le chef militaire soudanais, le général Abdel Fattah Burhane, aurait accusé l'envoyé de l’ONU de «partisanisme»

LONDRES: Volker Perthes, chef de la mission de l'ONU au Soudan, a démissionné trois mois après avoir été déclaré «persona non grata» (personne indésirable) par le gouvernement, alors que le pays se rapproche d'une véritable guerre civile.

Ce mercredi, lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, Perthes a déclaré qu'il s'agissait de son «dernier briefing dans le cadre de cette fonction» et il a exhorté les chefs militaires, auxquels il avait précédemment attribué à l'unanimité la responsabilité du conflit, à «négocier et à mettre en œuvre une cessation des hostilités».

Perthes s'est adressé aux 15 membres du Conseil : «J'ai eu le privilège d'être le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan pendant plus de deux ans et demi.»

«Je suis reconnaissant au secrétaire général pour cette opportunité et pour la confiance qu'il m'a accordée, mais je lui ai demandé de me relever de cette fonction. Il s'agit donc de mon dernier briefing dans cette fonction. Je tiens à remercier le personnel des Nations unies au Soudan pour son engagement et son soutien constants», a indiqué Perthes.

En mai, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a rejeté la demande du chef militaire soudanais, le général Abdel Fattah Burhane, de retirer Perthes.

Burhane, qui a menacé d'expulser Perthes du pays, aurait accusé l'envoyé de «partisanisme», affirmant que sa stratégie dans les pourparlers d'avant-guerre entre les généraux et le mouvement pro-démocratique n'avait fait qu'aggraver le conflit.

Cependant, après avoir rejeté la demande de démission de Perthes, Guterres a reconnu les «très fortes raisons de démissionner» de Perthes, déclarant aujourd'hui qu'il devait «accepter sa démission».

Les membres du Conseil, dont les Émirats arabes unis, les États-Unis et Malte, ont regretté le départ de Perthes mais ont salué son «professionnalisme et ses efforts inlassables», Malte soulignant qu'elle restait «fermement convaincue que blâmer les fonctionnaires de l'ONU ne sert à rien».

L'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a ajouté : «Ces menaces sont inacceptables. Personne ne devrait être autorisé à menacer le travail du Conseil en faveur de la paix et de la stabilité.»

Résumant l'état du conflit, Perthes a signalé que «ce qui a commencé comme un conflit entre deux formations militaires pourrait se transformer en une véritable guerre civile», exprimant une inquiétude particulière quant à la mobilisation d'éléments de l'ancien régime «prônant la poursuite de la guerre».

Il a ajouté que «les chefs militaires des deux parties sont nécessaires pour négocier et mettre en œuvre la cessation des hostilités, mais les chefs militaires ne doivent pas continuer à diriger le pays».

Quelque 7 500 personnes ont été tuées depuis que le conflit entre les loyalistes de Burhan et les combattants des forces paramilitaires de soutien militaire rapide dirigées par son ancien adjoint Mohammed Hamdan Dagalo a éclaté le 15 avril.

James Kariuki, représentant permanent adjoint de la mission britannique auprès des Nations unies, a exhorté Burhan et Dagalo à «trouver la paix», ajoutant que le Royaume-Uni s'engageait aux côtés du peuple soudanais.

S'exprimant après Perthes, Edem Wosornu, directrice des opérations et du plaidoyer au Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, a révélé au Conseil que le nombre de personnes déplacées s'élevait à 5 millions et que plus de 20 millions d'entre elles souffraient d'insécurité alimentaire.

Au milieu du chaos

Bien que 3,2 millions de personnes aient reçu une forme d'aide humanitaire au cours des trois derniers mois, 18 millions de personnes sont restées sans aide, la bureaucratie ayant entravé les efforts d'aide, a mentionné Wosornu.

«Nous demandons aux autorités soudanaises de faciliter l'aide en supprimant les obstacles bureaucratiques. Nous sommes en dialogue permanent avec elles et sommes reconnaissants pour les 70 visas (délivrés) rien qu'au cours des deux dernières semaines, mais il en reste 240 en attente», a-t-elle ajouté.

«Le conflit s'étend, le nombre de morts augmente et les violences sexuelles atteignent des niveaux exceptionnels. Cela pourrait être le signe d'un retour aux horreurs du passé», a-t-elle averti.

Lana Zaki Nusseibeh, représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, a déclaré au Conseil que son pays continuait à soutenir fermement les efforts régionaux visant à mettre fin au conflit et a exhorté les factions belligérantes à respecter le droit humanitaire international.

L’appel de Nusseibeh intervient au milieu d’affirmations inquiétantes selon lesquelles les deux parties non seulement détenaient et arrêtaient arbitrairement des civils, mais les exécutaient également.

«Cela fait six mois que les hostilités ont éclaté et les conditions sur le terrain ainsi que le déplacement de millions de personnes soulignent la nécessité de remédier à cette situation, et nous devons explorer et coordonner nos efforts afin d’obtenir un impact tangible sur le terrain», a-t-elle ajouté.

«Les besoins du peuple soudanais doivent prévaloir sur toute autre considération. Nous devons agir pour mettre un terme au déchirement du tissu social soudanais.»

Même au milieu du chaos, Nusseibeh a laissé entrevoir des lueurs d'optimisme, indiquant que les Émirats arabes unis avaient été encouragés par les efforts humanitaires déployés par les voisins du Soudan, et elle a exprimé son appréciation du rôle de la mission des Nations unies au Soudan, qu'elle a encouragée à continuer de coordonner les efforts humanitaires.

Soulignant l'«esprit indomptable» du peuple soudanais, Perthes a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas laisser le pays «endurer indéfiniment les fantômes de cette guerre».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.