Guerre au Soudan: Combats et incendies à Khartoum

Un incendie qui fait rage dans la tour de la Greater Nile Petroleum Oil Company à Khartoum (Photo, AFP).
Un incendie qui fait rage dans la tour de la Greater Nile Petroleum Oil Company à Khartoum (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 septembre 2023

Guerre au Soudan: Combats et incendies à Khartoum

  • Les affrontements ont désormais lieu autour du QG avec différents types d'armes au cœur de la capitale soudanaise
  • Depuis son déclenchement 15 avril, la guerre a fait près de 7 500 morts, selon une estimation prudente de l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project

WAD MADANI: Les forces paramilitaires ont attaqué dimanche le quartier général (QG) de l'armée dans le centre de Khartoum pour la deuxième journée consécutive, ont rapporté des témoins, au sixième mois d'une guerre entre généraux rivaux qui a fait des milliers de morts.

Des affrontements ont désormais lieu autour du QG avec différents types d'armes, ont déclaré à l'AFP des témoins par téléphone depuis Khartoum. D'autres ont fait état d'affrontements dans la ville d'El Obeid, à 350 kilomètres plus au sud.

Les combats entre l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les Forces de soutien rapide (FSR) de son ancien adjoint, Mohamed Hamdan Daglo, se sont intensifiés depuis samedi, provoquant des incendies dans plusieurs bâtiments clés du centre de la capitale soudanaise.

Nawal Mohammed, 44 ans, a affirmé que les combats de samedi et dimanche ont été, selon elle, "les plus violents depuis le début de la guerre".

Bien qu'elle vive à environ trois kilomètres des affrontements les plus proches, ses portes et ses fenêtres ont tremblé sous la force des explosions, a-t-elle assuré.

Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont partagé des images vérifiées par l'AFP de flammes dévorant des monuments, des bâtiments et des tours, dont celle de la Greater Nile Petroleum Oil Company.

Les images montrent aussi des bâtiments avec des fenêtres défoncées et des murs carbonisés ou criblés de balles.

"C'est affligeant de voir ces institutions détruites de la sorte", a déclaré à l'AFP Badr al-Din Babiker, un habitant de l'est de la capitale.

"Après toutes ces destructions, que leur restera-t-il pour gouverner le pays?", s'est-il demandé.

«Ville de cendres»
Depuis son déclenchement, le 15 avril, la guerre a fait près de 7.500 morts, selon une estimation prudente de l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project.

Elle a provoqué le déplacement de plus de cinq millions de personnes, dont 2,8 millions ont fui les frappes aériennes incessantes, les tirs d'artillerie et les combats de rue dans les quartiers de Khartoum.

"C'est comme s'ils voulaient en faire une ville de cendres inhabitable", a confié à l'AFP Hatem Ahmed, 53 ans.

Le conflit a décimé des infrastructures déjà fragiles, fermé 80% des hôpitaux du pays et plongé des millions de personnes dans une situation de famine aiguë.

Celles restées dans la ville se sont réveillées dimanche en découvrant des nuages de fumée obscurcissant l'horizon, alors que le bruit des bombes et des coups de feu éclatait dans la capitale.

"On entend d'énormes détonations", ont déclaré à l'AFP des témoins du quartier de Mayo (sud), où l'armée a ciblé des bases des FSR avec des tirs d'artillerie.

Plus de 50 personnes ont été tuées la semaine dernière dans des frappes aériennes sur un marché de Mayo, selon les Nations unies, dans l'une des attaques les plus meurtrières depuis le début du conflit.

Dimanche, un comité d'avocats bénévoles prodémocratie a également déploré que les combats menés depuis vendredi avaient tué des dizaines de civils.

Les violences se sont concentrées à Khartoum et dans la région occidentale du Darfour, où les attaques ciblées menées par les FSR ont déclenché une nouvelle enquête de la Cour pénale internationale.

Des combats ont en outre eu lieu à El Obeid, la capitale de l'Etat du Nord-Kordofan, où des témoins ont fait état d'échanges de tirs entre l'armée et les paramilitaires.


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
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  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.