A l'ONU, Zelensky cible le droit de veto d'une Russie «criminelle»

Volodymyr Zelensky a directement interpellé la Russie lors d'une session exceptionnelle mercredi du Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant l'"agression criminelle" de Moscou et "le blocage" du conseil de sécurité (Photo, AFP).
Volodymyr Zelensky a directement interpellé la Russie lors d'une session exceptionnelle mercredi du Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant l'"agression criminelle" de Moscou et "le blocage" du conseil de sécurité (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 21 septembre 2023

A l'ONU, Zelensky cible le droit de veto d'une Russie «criminelle»

  • «La plupart des pays du monde reconnaissent la vérité sur cette guerre», a déclaré M. Zelensky, qui faisait face à l'ambassadeur russe à l'ONU
  • C'est la première fois depuis le début de l'invasion russe que le président Zelensky s'exprimait en personne devant le Conseil de sécurité de l'ONU

NATIONS UNIES: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a directement interpellé la Russie lors d'une session exceptionnelle mercredi du Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant l'"agression criminelle" de Moscou et "le blocage" de l'instance onusienne en raison du droit de veto russe.

"La plupart des pays du monde reconnaissent la vérité sur cette guerre", a déclaré M. Zelensky, qui faisait face à l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassili Nebenzia.

"Il s'agit d'une agression criminelle et injustifiée de la Russie contre notre nation, qui vise à s'emparer du territoire et des ressources de l'Ukraine", a-t-il affirmé.

M. Zelensky, habillé de son habituel treillis vert kaki, a appelé l'ONU à retirer à la Russie son droit de veto au Conseil de sécurité, lié à son siège de membre permanent hérité de l'ex-URSS victorieuse de la Seconde Guerre mondiale.

"Le droit de veto aux mains de l'agresseur bloque l'ONU", a-t-il dit.

"Il est impossible d'arrêter cette guerre car tous les efforts font face au veto de l'agresseur ou de ceux qui le soutiennent", a ajouté celui qui incarne depuis un an et demi la résistance ukrainienne face à la Russie.

C'est la première fois depuis le début de l'invasion russe de son pays, le 24 février 2022, que le président Zelensky s'exprimait en personne devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

La réunion de mercredi, soigneusement chorégraphiée, se déroulait au plus haut niveau avec les interventions successives de nombreux dirigeants du monde entier dont le Japonais Fumio Kishida, le Canadien Justin Trudeau ou l'Allemand Olaf Scholz.

«Arrêtez la guerre»
Signe d'une ambiance tendue, l'ambassadeur russe s'est plaint que le président ukrainien soit autorisé à parler avant les autres membres du Conseil, dénonçant une instance "transformée en one-man show" et en "spectacle".

Ce à quoi le Premier ministre albanais Edi Rama, qui assure la présidence du Conseil, a répliqué: "Arrêtez la guerre et le président Zelensky ne prendra plus la parole".

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est inquiété d'un conflit en violation de la charte de l'ONU et qui "aggrave les crises géopolitiques et les divisions" dans le monde.

Il a notamment appelé la Russie à revenir dans l'accord sur l'exportation de céréales ukrainiennes duquel Moscou s'est retiré.

Les interventions se sont succédé, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, de retour d'un récent déplacement en Ukraine, accusant la Russie de commettre "des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité en Ukraine presque au quotidien".

"C'est une guerre contre l'idée même des Nations unies (...) qui nous concerne tous", a renchéri son homologue française Catherine Colonna.

Passe d'armes Zelensky-Lavrov

"Il est impossible d'arrêter cette guerre car tous les efforts font face au veto de l'agresseur ou de ceux qui soutiennent l'agresseur", a martelé M. Zelensky lors d'un discours exceptionnel, en personne, devant le Conseil de sécurité, en présence de l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassili Nebenzia.

Le chef d'Etat ukrainien, vêtu de son inséparable tenue couleur vert kaki, a appelé les Nations unies à retirer à la Russie son droit de veto au Conseil de sécurité, lié à son siège de membre permanent hérité de l'URSS victorieuse de la Seconde Guerre mondiale.

M. Zelensky a parlé d'une réforme majeure aujourd'hui nécessaire car "le droit de veto aux mains de l'agresseur bloque l'ONU".

M. Lavrov, qui fut longtemps ambassadeur de la Russie aux Nations unies, a répondu au président ukrainien que le droit de veto était un instrument juridique "légitime" dévolu aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France).

«Outil légitime»
Côté russe, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui est entré dans la salle du Conseil au moment où s'exprimait M. Blinken, a défendu "l'outil légitime" qu'est le veto russe.

"Le recours au veto est un outil absolument légitime stipulé dans la Charte des Nations unies avec l'objectif d'empêcher que des décisions conduisent à l'éclatement" de l'ONU, a défendu le ministre russe.

Il n'a pas assisté au discours du président Zelensky.

Alors que l'Ukraine est engagée dans une difficile contre-offensive et que la guerre s'enlise, le président ukrainien a poursuivi mercredi son offensive diplomatique à New York où sont réunis les grands dirigeants de ce monde à l'occasion de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU. En l'absence notable, cependant, du Chinois Xi Jinping, du Russe Vladimir Poutine, du Français Emmanuel Macron et du Britannique Rishi Sunak.

Après New York, M. Zelensky doit se rendre à Washington jeudi pour y être reçu par le président américain Joe Biden, qui mène la coalition en soutien de Kiev.

S'exprimant mardi à l'ONU, ce dernier avait fustigé la Russie qui "croit que le monde va se lasser et la laisser brutaliser l'Ukraine sans conséquence".

Volodymyr Zelensky s'était lui-même efforcé mardi à la tribune de l'ONU de rallier à sa cause des pays du Sud parfois sceptiques en leur disant qu'ils avaient eux aussi intérêt en la victoire de Kiev.

Ses propos sur certains pays qui "feignent la solidarité" avec l'Ukraine ont eux provoqué la colère de la Pologne qui a convoqué l'ambassadeur ukrainien.

Après un an et demi de guerre aux impacts en cascade sur le monde, notamment sur la sécurité alimentaire, certains pays du Sud plaident de plus en plus ouvertement pour une solution diplomatique.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a rejeté les appels à un cessez-le-feu immédiat. "Nous voulons tous que la tuerie cesse, aujourd'hui plutôt que demain", a déclaré M. Scholz au Conseil. Mais la paix "signifie le respect de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de l'Ukraine".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Short Url
  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.