La normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël au cœur des préoccupations de Washington

Le président américain, Joe Biden, lors de la 78e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2023 (Photo, AFP).
Le président américain, Joe Biden, lors de la 78e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 septembre 2023

La normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël au cœur des préoccupations de Washington

  • Le secrétaire d'État adjoint aux affaires du Proche-Orient: «Nous reconnaissons que la route sera longue et sinueuse»
  • Barbara Leaf met fin aux spéculations sur l'imminence d'un accord sur le nucléaire avec l’Iran

NEW YORK: La normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël est au cœur de l’ordre du jour de l'administration américaine au Moyen-Orient, mais d'anciens représentants lui ont demandé de tenir compte de ses alliés.

S'adressant au premier Sommet mondial sur le Moyen-Orient à New York, auquel Arab News a assisté, la secrétaire d'État adjointe américaine chargée des affaires du Proche-Orient a déclaré que Washington cherchait à renforcer l'intégration.

Le président américain, Joe Biden, «a déployé beaucoup d'efforts pour normaliser les relations entre l'Arabie saoudite et Israël, mais nous reconnaissons que le chemin sera long et sinueux», a signalé Barbara Leaf.

Notant que les États-Unis estiment que toutes les parties bénéficieraient d'une intégration accrue qui serait favorisée par la normalisation des relations, Leaf a indiqué que lorsque Biden a pris ses fonctions, le Moyen-Orient était dans un état de «fragilité extraordinaire», avec des conflits chroniques partout.

Rappelant que les six années précédentes ont été marquées par de «nombreuses» tensions, Leaf a précisé qu'au cours des deux dernières années, l'administration Biden a vu «les déchirures commencer à se refermer».

Elle s'est toutefois empressée de mettre fin aux spéculations sur l'imminence d'un accord nucléaire entre les États-Unis et l'Iran.

«Sur le front nucléaire, les principes fondamentaux n'ont pas changé, et les bavardages sur un nouvel accord ne sont pas fondés. Mais Biden a répété que la diplomatie était la voie à suivre afin d’obtenir quelque chose», a-t-elle éclairci.

«Manque de respect»

À la question de savoir si la normalisation des relations israélo-saoudiennes contribuerait au processus de paix au Moyen-Orient et à la fin des hostilités israélo-palestiniennes, Leaf s'est montrée prudente.

«Depuis 2014, nous avons assisté à un fléchissement significatif des relations entre Israël et la Palestine, ce qui réduit considérablement la perspective d'une solution à deux États, qui reste néanmoins une solution fondamentale pour la paix, la prospérité et la sécurité dans la région», a-t-elle souligné.

«Les gouvernements israéliens se sont succédé au cours de cette période, mais les Palestiniens sont également en cause. Nous avons cherché à impliquer l'Égypte et la Jordanie pour apporter la stabilité.»

Compte tenu de cette dépendance apparente à l'égard des États voisins pour aider à négocier la paix, l'ancien ambassadeur des États-Unis en Égypte, Jonathan Cohen, a déclaré lors du sommet: «C'est un manque de respect que de ne pas avoir d'ambassadeur auprès d'un allié comme l'Égypte. Il s'agit d'un allié majeur, et il n'y a pas eu d'ambassadeur américain depuis plus d'un an.»

«Depuis 1970, les États-Unis ont investi 50 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro) dans la politique de sécurité de l'Égypte et 30 milliards de dollars supplémentaires dans sa politique de développement ; il s'agit donc d'un pays où nous avons notre intérêt en jeu, et pourtant nous n'avons qu'un chargé d'affaires au Caire», a-t-il poursuivi. 

Depuis 2017, Cohen est le seul ambassadeur à temps plein en Égypte, après avoir été nommé par le président de l'époque, Donald Trump, en 2019 et avoir exercé ses fonctions jusqu'en mars de l'année dernière.

Mais Cohen a été précédé par le chargé d'affaires Thomas Goldberger, et quatre chargés d'affaires se sont succédé depuis.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
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  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
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  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.