Sénatoriales: À Paris, la gauche rafle la mise, le camp présidentiel sorti

Un électeur saisit un bulletin de vote lors des élections sénatoriales françaises à Paris (Photo, AFP).
Un électeur saisit un bulletin de vote lors des élections sénatoriales françaises à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 25 septembre 2023

Sénatoriales: À Paris, la gauche rafle la mise, le camp présidentiel sorti

  • La liste réunissant les composantes de la majorité municipale, le PS, EELV, le PCF, Paris en commun et Génération.S a raflé les deux tiers des sièges au Sénat
  • Ce résultat marque «une victoire historique des écologistes à Paris»

PARIS: Pari gagné pour le rassemblement à gauche issu de la majorité municipale d'Anne Hidalgo : la principale liste à gauche envoie au palais du Luxembourg huit des douze sénateurs parisiens, la droite divisée obtenant quatre sièges, quand la majorité présidentielle sort, selon des sources à l'Hôtel de Ville de Paris.

La liste réunissant les composantes de la majorité municipale, le PS, EELV, le PCF, Paris en commun et Génération.S a raflé les deux tiers des sièges au Sénat de la capitale y envoyant notamment trois écologistes dont l'ancien candidat à l'élection présidentielle Yannick Jadot.

Ce résultat marque "une victoire historique des écologistes à Paris", a souligné auprès de l'AFP Yannick Jadot selon qui elle "dit la montée en puissance des écologistes sur ce territoire", soulignant également la "réussite de l'union".

LFI critique la «vieille gauche» qui a «refusé tout accord»

La France Insoumise a critiqué dimanche soir la "vieille gauche" qui a "refusé tout accord d'union" avec LFI aux sénatoriales et "empêché l'élection d'un seul sénateur ou une seule sénatrice insoumise".

"Le refus de l'union autour de la Nupes aura coûté à la gauche près de 10 sièges", a dénoncé LFI dans un communiqué.

"Nous étions rejetés de tout accord par les partis traditionnels de la gauche", pointe le parti mélenchoniste, au moment où la coalition Nupes (LFI, PS, EELV, PCF) traverse une nouvelle période de tensions.

"Le choix de la division fait par les socialistes, écologistes et communistes et l'éparpillement des listes coûtent aux composantes de la Nupes une demi-douzaine de sièges et aident à la progression de l'extrême droite au Sénat", où le RN a obtenu trois sièges dimanche, poursuit La France Insoumise.

M. Jadot a également décrit "une nouvelle gaufre pour le gouvernement quand il s'agit d'élection locale", alors que le sénateur sortant de la majorité présidentielle Julien Bargeton, ancien adjoint socialiste, n'a pas été réélu.

"Déçu de ne pas être réélu au Sénat alors que nous avons fait une belle campagne", Julien Bargeton a estimé auprès de l'AFP avoir néanmoins obtenu "un bon score (171 voix) au regard des municipales de 2020", relativisant le résultat dans son ensemble : "une traduction de la composition du conseil municipal".

C'est "une excellente nouvelle pour la gauche et les écologistes parisiens et pour mon équipe", a salué quant à elle la maire de Paris Mme Hidalgo: "c'est une belle leçon que lorsque le rassemblement est là (..) on marque les points".

Malgré des divisions à droite - trois listes concourraient - celle officielle de LR, soutenue par la maire du VIIe arrondissement et cheffe de l'opposition à Paris Rachida Dati a obtenu trois sièges: la sénatrice sortante Catherine Dumas, le maire du XVIe arrondissement Francis Szpiner et l'élue du XIVe arrondissement Marie-Claire Carrère-Gée.

Agnès Evren, patronne de la fédération parisienne qui avait été éjectée de la liste a obtenu un score lui permettant de faire confortablement son siège.

Saluant le "témoignage de confiance qui m'est fait par les grands électeurs (...) pour une liste de rassemblement", Mme Evren, qui était soutenue par le maire LR du XVe arrondissement de Paris Philippe Goujon et les élus Centristes de Paris, rappelle avoir mené "une liste de rassemblement qui incarne une stratégie gagnante".

"Je fais gagner un siège à ma famille politique", a-t-elle souligné, rappelant ne pas être "à l'origine de la division".

Sénatoriales: le point dans les régions

Dans un scrutin marqué par une grande stabilité, voici les principaux changements intervenus parmi les sénateurs à l'issue des élections de dimanche région par région, hormis en Île-de-France.

HAUTS DE FRANCE

Deux élus Rassemblement national font leur entrée au Sénat: Joshua Hochart dans le Nord et Christopher Szczurek dans le Pas-de-Calais, respectivement âgés de 36 et 38 ans. Le LR Marc-Philipe Daubresse est réélu malgré sa mise en examen pour prise illégale d'intérêts. Au sein de la majorité présidentielle, le philippiste Franck Dhersin s'octroie le siège du Renaissance Frédéric Marchand, battu.

Le président des socialistes au Sénat, Patrick Kanner, est reconduit et fait entrer la première adjointe de Martine Aubry à la mairie de Lille, Audrey Linkenheld. Evincée au profit de cette dernière et exclue du PS, la sortante Martine Filleul échoue à conserver son siège.

Dans le Pas-de-Calais, c'est la majorité présidentielle qui recule. Alors que Michel Dagbert ne se représentait pas, l'ex-éphémère ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, N.2 sur la liste Ensemble, échoue à lui succéder.

GRAND-EST

Les sénateurs sortants candidats à leur réélection ont tous été réélus dans la région Grand-Est. La gauche a gagné un siège en Meurthe-et-Moselle, pour Silvana Silvani. Dans la Marne, le candidat Horizons Cédric Chevalier va lui aussi découvrir le Palais du Luxembourg.

En Meuse, le sénateur LR et ancien ministre Gérard Longuet, n'a pas brigué de mandat supplémentaire. Mais la droite conserve le siège avec Jocelyne Antoine (DVD), 62 ans, maire de Senon. L'autre sénateur sortant, Franck Menonville (groupe les Indépendants) est reconduit.

NOUVELLE AQUITAINE

Peu de mouvement en Nouvelle-Aquitaine : la seule nouvelle figure se trouve dans le Lot-et-Garonne, où l'outsider Michel Masset (divers gauche) a doublé le centriste sortant Jean-Pierre Moga, qui n'avait jamais perdu une élection, pour s'adjuger le deuxième siège derrière Christine Bonfanti-Dossat (LR).

Pour le reste, rien ne bouge. Les Landes restent aux mains des socialistes Monique Lubin et Eric Kerrouche, et dans les Pyrénées-Atlantiques, ce sont les mêmes trois sénateurs qui ont été reconduits : Frédérique Espagnac (PS), Max Brisson (LR) et Denise Saint-Pé (MoDem).

GRAND OUEST

Pas de changement en Mayenne, où les deux candidats sortants du centre (Elisabeth Doineau, UDI) et de la droite (Guillaume Chevrollier, LR) ont été réélus.

En Loire-Atlantique, la répartition reste la même, trois sièges à gauche, et deux sortants de droite réélus.

Dans le Maine-et-Loire, la liste soutenue par Emmanuel Capus (Horizons), soutenue par le ministre Christophe Béchu, a remporté deux des quatre sièges en jeu. Stéphane Piednoir (LR) est reconduit. La gauche conserve un siège avec le nouvel élu Grégory Blanc.

Dans le Morbihan, la sénatrice LR sortante Muriel Jourda est arrivée en tête du scrutin. Le centre conserve un siège, avec l'élection d'Yves Bleuven et la gauche remporte le troisième, avec l'élection du socialiste Simon Uzenat.

Dans la Manche, deux sénateurs sortants de la liste d'union des droites ont été réélus, Philippe Bas et Béatrice Gosselin. Le maire socialiste de Cherbourg, Sébastien Fagnen, remporte sans surprise le troisième siège.

Dans l'Orne, la sortante Nathalie Goulet a été confortablement réélue dès le premier tour. Olivier Bitz, candidat Horizons, a éliminé le LR sortant, Vincent Segouin.

En région Centre-Val de Loire, huit sièges étaient en jeu sur trois départements. En Touraine, la droite LR fait élire le président du conseil départemental Jean-Gérard Paumier mais se fait croquer un siège par la gauche. Le socialiste Pierre-Alain Roiron est élu, dans le sillage du passage du basculement écologiste de la mairie de Tours. Le centre conserve sa place, avec un élu Horizons, Vincent Louault.

AUVERGNE-RHONE-ALPES

Dans les quatre départements concernés, le scrutin a offert peu de surprises et l'équilibre des forces est maintenu.

En Isère, les quatre sénateurs qui se représentaient ont été réélus. Il s'agit de Didier Rambaud (Divers centre, majorité présidentielle), Michel Savin (DVD), Frédérique Piussat (DVD) et Guillaume Gontard (Union de la gauche).  Pas de suspense en Haute-Loire, où les deux sénateurs sortants Olivier Cigolotti (UDI) et Laurent Duplomb (LR) ont été réélus dès le premier tour.

Dans le Puy-de-Dôme, les deux sortants qui se représentaient sur trois, Eric Gold (sans étiquette, désigné par LREM en 2017, tendance centre gauche) et Jean-Marc Boyer (LR) sont réélus.  Dans la Loire, les deux élus sortants de la gauche sont réélus.  À droite, le maire LR de Saint-Chamond Hervé Reynaud a été élu ainsi que le maire DVD de Boën-sur-Lignon Pierre-Jean Rochette.

OCCITANIE

En région Occitanie, les deux sénatrices des Hautes-Pyrénées, Viviane Artigalas (PS) et Maryse Carrère (PRG) ont été réélues sans surprise dès le premier tour.

Dans le Lot, la sénatrice PS sortante Agnès Prévile a dû céder sa place face au maire de Cahors – PS lui aussi –, Jean-Marc Vayssouze-Faure, élu dès le premier tour, et au radical Raphaël Daubet.

Dans les Pyrénées-Orientales, où le RN a gagné l’an dernier les quatre sièges de député et la mairie de Perpignan en 2020, c’est la prime au sortant qui a finalement joué: les votes se sont portés vers Les Républicains, avec le sortant Jean Sol et Lauriane Josende, héritière désignée du sortant François Calvet.

OUTRE-MER

Surprise en Nouvelle-Calédonie avec l'élection de l'indépendantiste Robert Xowie au deuxième tour au détriment de la secrétaire d'Etat Renaissance Sonia Backès. Le LR dissident Georges Naturel a été élu dès le premier tour, au détriment du sénateur LR sortant Pierre Frogier.

A Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la favorite, l'ancienne ministre Annick Girardin qui fera son entrée au Sénat.

A La Réunion, où quatre sièges étaient à pourvoir, la droite perd un fauteuil, avec deux élus, tandis que la gauche y fait son entrée. Avec 35,9% des voix rassemblées par sa liste, Viviane Malet, sénatrice LR sortante, retrouve son siège, accompagnée de Stéphane Fouassin, maire de Salazie, qui fait son entrée au Sénat.

À gauche malgré une division des forces, les deux tête de liste, Audrey Belim (25,3%) et Evelyne Corbières (21,6) sont élues.

A Mayotte, les 540 grands électeurs ont élu un nouvel entrant sans étiquette, Saïd Omar Oili (293 voix), et reconduit Thani Mohamed Soilihi (Renaissance) pour un troisième mandat.


Macron reçoit mercredi les dirigeants du Danemark et du Groenland

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois. (AFP)
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  • Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés
  • En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février

PARIS: Emmanuel Macron recevra mercredi midi la Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, et le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, a annoncé l'Élysée mardi.

A l'occasion de ce "déjeuner de travail", le chef de l'État "réaffirmera la solidarité européenne et le soutien de la France à l'égard du Danemark et du Groenland, de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale".

Selon l'Élysée, les trois dirigeants échangeront "sur les enjeux de sécurité dans l'Arctique et sur le développement économique et social du Groenland que la France et l'Union européenne sont prêtes à accompagner".

Selon un communiqué du bureau de presse de la Première ministre danoise, les deux dirigeants se rendront ensuite pour un débat à Sciences-Po animé par Giuliano da Empoli, auteur du best-seller "Le Mage du Kremlin"

Dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, Mette Frederiksen - qui a participé à un sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire en Mer du Nord lundi à Hambourg - et Jens Frederik Nielsen seront à Berlin ce mardi avant de se rendre mercredi à Paris.

A la suite de plusieurs semaines d'escalade, Donald Trump a reculé sur le Groenland, après avoir menacé de s'emparer de ce territoire et d'imposer des droits de douane accrus aux pays européens, dont la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui s'y opposent et ont participé mi-janvier à une mission militaire de reconnaissance sur le territoire autonome danois.

Des discussions à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un "cadre d'accord" sur le Groenland sans que les détails en soient révélés.

Mme Frederiksen, qui a rencontré mardi à Berlin le chancelier allemand Friedrich Merz, a ensuite souligné sur la télévision allemande ARD que si le Danemark voulait une coopération militaire "accrue" avec les Américains, sa "souveraineté" était une "ligne rouge".

"Le Groenland a répété à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas faire partie des États-Unis", a-t-elle déclaré, selon la traduction allemande, appelant les alliés transatlantiques à se concentrer sur "la défense de l'Europe contre la Russie".

Comme M. Merz, qui a de nouveau assuré le Danemark et le Groenland de la "solidarité" de l'Allemagne, selon une communication de ses services, la France se veut en pointe de la solidarité européenne avec Copenhague.

En juin dernier, Emmanuel Macron s'était rendu à Nuuk, la capitale du Groenland, où l'ouverture d'un consulat français est prévue le 6 février.


L'Assemblée adopte le budget de l'Etat, qui va être transmis au Sénat

L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine. (AFP)
L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine. (AFP)
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  • Le débat a été l'occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité "devant l'Histoire", de défendre un budget de "sursaut"
  • La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement

PARIS: L'Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l'adoption en nouvelle lecture du budget de l'Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement en début de semaine prochaine.

Le débat a été l'occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité "devant l'Histoire", de défendre un budget de "sursaut", qui permettra d'augmenter les crédits de la défense de 6,5 milliards d'euros - occasion aussi pour lui de distribuer quelques coups de griffe et d'inviter à regarder "plus loin" que 2026.

La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement.

Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.

Les uns et les autres ont une nouvelle fois dénoncé sur le plan de la méthode le choix du Premier ministre de recourir à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote, en rupture avec la promesse faite en octobre devant le Parlement d'y renoncer.

Sur le fond, l'oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l'écologie "au tout dernier rang", pointant notamment l'"effondrement" du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 850 millions d'euros en 2026.

Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts "d'au moins 9 milliards d'euros", tout en creusant la dette.

Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s'associer à ces motions, au nom de la "stabilité" et de la nécessité de doter la France d'un budget.

Impôts et économies "imaginaires" 

Le député LR Corentin Le Fur, saluant l'"humilité" et l'"écoute" de Sébastien Lecornu durant les débats, n'a cependant pas manqué d'égratigner un budget qui reste "largement imparfait", dans la mesure où il évite de s'attaquer suffisamment "au chantier fondamental de la réduction de notre dépense publique".

Prenant la parole après tous les orateurs, le Premier ministre a répondu sur un ton particulièrement offensif.

S'en prenant à tous ceux, à droite comme à gauche, qui "parlent d'un autre budget, mais sans jamais dire lequel", et font surgir des impôts ou des économies "imaginaires", l'ancien élu de la chambre haute n'a pas épargné la droite sénatoriale, qui se prétend "plus rigoureuse", mais in fine a voté "un budget à 5,3% de déficit".

"Pour la première fois depuis longtemps, les chiffres disent une chose claire: la dépense ralentit réellement", a-t-il défendu, tout en affirmant la nécessité dans le futur de mener des "réformes de structures profondes" et de recentrer l'Etat sur "l'essentiel".

Invitant à "regard(er) plus loin", il a souhaité que les crédits militaires puissent atteindre "des niveaux proches de 90 à 100 milliards d'euros par an", contre 57 en 2026, alors que "nous changeons de monde".

Le Sénat, qui examinera le texte jeudi, devrait le rejeter d'emblée, permettant son retour à rapide à l'Assemblée pour une lecture définitive.

Le Premier ministre pourrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, s'exposant à deux dernières motions de censure, qui pourraient être rejetées le 2 ou le 3 février, fermant quatre mois de débats parlementaires sur le budget.

 


L'Assemblée adopte l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Des députés assistent à un débat parlementaire sur le processus législatif visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à l'Assemblée nationale, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
Des députés assistent à un débat parlementaire sur le processus législatif visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans à l'Assemblée nationale, à Paris, le 26 janvier 2026. (AFP)
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  • Les députés ont adopté une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec le soutien du gouvernement et du président Emmanuel Macron, au nom de la protection de la santé mentale des adolescents
  • Le texte, qui doit encore être examiné au Sénat, prévoit une mise en œuvre progressive dès 2026, assortie de sanctions pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires des plateformes en cas de non-respect

PARIS: La France bientôt pionnière en Europe? Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure visant à protéger la santé des adolescents, soutenue de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron.

La proposition de loi Renaissance devra maintenant être examinée au Sénat, et ce "dans les semaines à venir" a promis la ministre du Numérique Anne Le Hénanff.

Le président de la République, attaché à cette réforme qui marquerait son second quinquennat, a salué "une étape majeure". "Parce que le cerveau de nos enfants n'est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois", a-t-il ajouté sur X.

S'il est adopté définitivement, la France deviendrait le deuxième pays à se doter d'une législation aussi restrictive pour les mineurs, après l'Australie qui a interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre.

Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction mise en œuvre dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d'âge efficace pour tous les utilisateurs (y compris les comptes déjà existants) d'ici le 1er janvier 2027, a précisé Mme Le Hénanff.

Le texte, porté par la députée Laure Miller, prévoit que "l'accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans".

Il exclut de l'interdiction certaines plateformes éducatives. "Les messageries privées interpersonnelles" comme WhatsApp ne sont pas non plus concernées, a indiqué Mme Miller.

La proposition de loi a été adoptée par 130 voix contre 21, avec notamment le soutien du camp gouvernemental, de l'alliance RN-UDR, et de la majorité des socialistes. Seuls les insoumis et deux députés du groupe écologiste ont voté contre.

Durant les débats, le député LFI Arnaud Saint-Martin a dénoncé "une forme de paternalisme numérique" et une réponse "simpliste".

- Santé mentale -

Les débats se sont par moments déroulés au pas de course, et des votes à quelques voix près ont parfois créé la surprise.

Plusieurs amendements visant à contraindre les plateformes de réseaux sociaux, combattus par la rapporteure et la ministre car contrevenant selon elles au droit européen, ont été adoptés. Il y aura "encore de multiples occasions de réajuster le texte", a toutefois voulu rassurer l'entourage de Mme Miller, dans une déclaration à l'AFP.

Le texte entendait aussi étendre l'interdiction des téléphones portables aux lycées, comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges.

Les députés ont adopté une réécriture de cette mesure, prévoyant désormais que le réglement intérieur des lycées précise "les lieux et les conditions d'utilisation" des téléphones portables. A défaut, cette utilisation est "interdite pendant les cours" et "dans les couloirs, mais autorisée dans une zone définie de la cour", prévoit l'amendement.

Les réseaux comme TikTok, Snapchat ou encore Instagram, devenus omniprésents dans la vie des adolescents, nuisent gravement à leur santé mentale, a alerté au début du mois l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Les risques listés sont nombreux, entre cyberharcèlement, comparaison permanente ou exposition à des contenus violents. Également pointés: les systèmes de captation de l'attention, au détriment du sommeil.

L'ex-Premier ministre et chef des députés Renaissance Gabriel Attal s'est félicité d'une mesure "décisive pour la protection de nos jeunes", rappelant qu'elle semblait "impossible" il y encore "quelques mois".

- Sanctions -

La principale difficulté du texte réside dans l'obligation de conformité avec le droit européen - plus précisément avec son règlement sur les services numériques (DSA). Objectif: ne pas subir le même sort qu'une loi de 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans mais n'ayant jamais pu être appliquée.

Depuis cet été, la publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices a permis d'ouvrir la voie à une régulation, dans le droit national, de l'accès aux réseaux sociaux sous un certain âge.

"Les plateformes ne respectant pas l'interdiction (...) seront passibles de sanctions pouvant s'élever jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires", a déclaré Laure Miller.

Pour que l'interdiction devienne une réalité, un système de vérification d'âge efficace devra être mis en place. Des travaux sont en cours au niveau européen.

Un "tiers de confiance", qui ne serait "ni l'État ni les plateformes de réseaux sociaux" pourrait procéder soit par reconnaissance faciale, soit par téléchargement de documents d'identité, a avancé lundi Gabriel Attal.

Plusieurs députés ont toutefois estimé que des contournements par les mineurs seraient inévitables. "Mais est ce une raison pour renoncer?", leur a lancé la rapporteure Laure Miller.