Pour François Bayrou, l'industrie française est dans une «situation critique»

«C’est l'entrée dans une concurrence mondiale encore plus dure ! Il faut avoir le meilleur appareil de production pour approcher du plein-emploi. Et c’est désormais à nous de le reconstruire !» affirme François Bayrou, le haut commissaire au Plan (Photo, AFP).
«C’est l'entrée dans une concurrence mondiale encore plus dure ! Il faut avoir le meilleur appareil de production pour approcher du plein-emploi. Et c’est désormais à nous de le reconstruire !» affirme François Bayrou, le haut commissaire au Plan (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 20 décembre 2020

Pour François Bayrou, l'industrie française est dans une «situation critique»

  • «Tout le monde a compris qu’on ne peut pas soutenir financièrement un modèle social si généreux si on n’a pas l'appareil de production qui permet de le financer par les impôts, taxes et cotisations»
  • «Les grandes banques centrales du monde, à la suite de la banque centrale américaine, ont choisi de privilégier le financement de l'économie réelle en baissant leurs taux jusqu’à zéro, quoi qu’il en coûte, avec un seul but : le plein-emploi»

François Bayrou, le haut commissaire au Plan, a considéré dimanche que « l'appareil de production » français était dans une « situation critique ». Ajoutant qu'il n'était pas trop tard pour le redresser, dans un entretien au Journal du dimanche.

« Tout le monde a compris qu’on ne peut pas soutenir financièrement un modèle social si généreux si on n’a pas l'appareil de production qui permet de le financer par les impôts, taxes et cotisations », fait valoir le président du MoDem.

« Or, de ce point de vue, la France est en situation critique. La part de l'industrie dans le PIB de la France, c'est 13 %. En Allemagne, c'est 25 % ! Et en Italie, 19 % ! Lancer la reconquête de l'appareil productif français, ce sera le défi majeur de la décennie qui vient », poursuit le haut commissaire au Plan.

Pour ce proche du président de la République, « l'État a le devoir de garantir les produits vitaux » et « l'intérêt général », face à « nombre de productions vitales (qui s'en sont allées) ailleurs qu'en Europe », « depuis vingt ou vingt-cinq ans ».

En appelant à « une stratégie nationale », Bayrou estime comme produits vitaux « les médicaments, un certain nombre de composants électroniques, les matières premières concernant le nucléaire ou le secteur de la fibre optique, les hormones dans le domaine pharmaceutique » ou les éléments entrant dans la processus de production agricole.

« C’est entre l'État, stratège et fédérateur, et les industriels, qui sont les acteurs, que cette protection doit s'organiser comme un impératif national », exhorte-t-il.

A propos de la dette née des conséquences de la crise sanitaire, la haut commissaire estime que « nous sommes entrés dans des temps nouveaux ». 

« Les grandes banques centrales du monde, à la suite de la banque centrale américaine, ont choisi de privilégier le financement de l'économie réelle en baissant leurs taux jusqu’à zéro, quoi qu’il en coûte, avec un seul but : le plein-emploi ».

« C’est l'entrée dans une concurrence mondiale encore plus dure ! Il faut avoir le meilleur appareil de production pour approcher du plein-emploi. Et c’est désormais à nous de le reconstruire ! », fait-il valoir.


L'essor du Royaume crée davantage d'opportunités pour la région

Des ministres saoudiens participent à une table ronde lors du Forum économique mondial 2022 (Photo, FEM).
Des ministres saoudiens participent à une table ronde lors du Forum économique mondial 2022 (Photo, FEM).
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  • Participant au panel du FEM sur les «perspectives saoudiennes», le ministre de l'Investissement du Royaume, Khalid al-Falih, a déclaré que «La marée montante soulève tous les bateaux»
  • Le président de Damac, Hussain Sajwani, basé à Dubaï, affirme que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis «se complètent en termes de croissance et ne se font pas concurrence»

DAVOS: Au cours de la dernière décennie, l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe ont régulièrement diversifié leurs économies en s'éloignant du pétrole, en offrant des incitations pour attirer les capitaux et les talents, en encourageant les petites entreprises et les start-ups, et en essayant d'offrir à leurs jeunes citoyens de nouvelles carrières passionnantes dans le secteur privé.

En tant que plus grande économie du Moyen-Orient, avec des relations à la fois avec la Chine et les États-Unis, l'Arabie saoudite est bien placée pour utiliser ses relations stratégiques et ses ressources en hydrocarbures dans le but de stabiliser les marchés énergétiques volatils et de faire progresser la reprise économique. Comme on pouvait s'y attendre, les priorités du Royaume et sa réponse au contexte géopolitique agité d'aujourd'hui sont sous les projecteurs alors qu'il poursuit son programme de réformes.

Le rythme de la diversification économique du Royaume s'est fortement accéléré depuis le dévoilement de la Vision saoudienne 2030 en 2016 par le prince héritier (alors adjoint), Mohammed ben Salmane. L'accent est désormais mis sur la croissance des entreprises, le tourisme, l'éducation, l’industrie, le divertissement, les soins de santé et d'autres secteurs.

Cette situation a donné lieu à des spéculations parmi les analystes économiques qui se demandent si ce développement peut être bénéfique pour l'Arabie saoudite et les autres pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis. La question a été posée aux intervenants d'une table ronde intitulée «Perspectives saoudiennes», mercredi, lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos.

 «Quand un pays comme l'Arabie saoudite bouge, les autres améliorent leur jeu. Nous le voyons aujourd'hui en action. C'est donc dans l'intérêt de toute la région et pas seulement de l'Arabie saoudite», a précisé le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan

Le point de vue d’Al-Jadaan a été repris par les autres intervenants, à commencer par Khalid al-Falih, le ministre saoudien de l'Investissement, qui a signalé que «la marée montante soulève tous les bateaux. L'intégration régionale est plus importante pour les petites mais très importantes économies voisines que pour l'Arabie saoudite.

«Je pense donc que l’amélioration des performances économiques et concurrentielles du Royaume favorise en fait leur compétitivité. Elle permet aux sociétés et aux entreprises, ainsi qu'aux gouvernements de ces pays, de s'intégrer à l'économie mondiale plus vaste de l’Arabie saoudite.»

S'exprimant du point de vue du ministère saoudien du Tourisme, Haifa bent Mohammed al-Saoud, ministre adjointe chargée de la stratégie et des affaires exécutives, a affirmé que «la concurrence est essentielle. Nous créons une concurrence au sein de l'Arabie saoudite pour différentes destinations, car cela permet d'améliorer la qualité. Et cela est très positif parce qu'elles commencent à se compléter les unes les autres.»

 «La région dans son ensemble est une plaque tournante, donc une fois que vous arrivez dans la région, il devient plus attrayant de visiter différentes destinations. Donc, la concurrence est absolument à notre avantage», a-t-elle développé.

Pour Faisal al-Ibrahim, ministre saoudien de l'Économie et de la Planification, «la concurrence et la compétitivité sont essentielles pour nous permettre de placer la barre plus haut. Mais la collaboration est également nécessaire.

«Il y a beaucoup de coordination et de collaboration qui se passe dans les coulisses. Il y a beaucoup de camaraderie entre les décideurs politiques de la région qui nous donne ces assurances.»

L'année dernière, l'Arabie saoudite a fixé certaines règles pour les entreprises souhaitant tirer profit des opportunités d'investissement de plus de 2 800 milliards d’euros identifiées pour les investisseurs internationaux dans le cadre de la stratégie de la Vision 2030. Le gouvernement a annoncé qu'il ne signerait plus de contrats avec des entreprises étrangères n'ayant pas de siège régional dans le Royaume à partir de 2024.

Ce nouvel accord aurait suscité un sentiment de concurrence entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette rivalité économique tacite continue de faire la une des journaux internationaux, les deux pays annonçant des initiatives agressives pour attirer ou déployer des investissements.

Cependant, Hussain Sajwani, président de Damac, la société émiratie de développement immobilier basée à Dubaï, pense que l'Arabie saoudite et Dubaï se complètent en termes de croissance, plutôt que de se concurrencer.

«Je pense qu'ils se complètent dans deux économies différentes, deux perspectives différentes», a-t-il déclaré mardi à Arab News, en marge du sommet de Davos.

Le président de Damac, Hussain Sajwani (Photo fournie).

«Dubaï est un point de connexion pour les entreprises pour les voyageurs, le tourisme, l'Arabie saoudite est très différente. Ainsi, les entreprises de Dubaï aident et complètent la croissance de l'Arabie saoudite», a-t-il clarifié.

Des sentiments similaires ont été exprimés par d'autres hommes d'affaires et ministres émiratis au cours de l'année écoulée, le consensus général étant que les deux membres du CCG ajustent indépendamment leurs politiques sociales et économiques dans le cadre de leurs stratégies de diversification économique.

Dans des déclarations faites à Arab News en novembre dernier, Badr al-Olama, directeur exécutif du fonds souverain d'Abu Dhabi, Mubadala, a rejeté l'idée selon laquelle les progrès économiques de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis sont un jeu à somme nulle.

«Ce que beaucoup de gens essaient d'interpréter comme de la concurrence est complètement faux, car le marché est si vaste», a-t-il signalé. «Le fait que nous soyons de proches voisins signifie que nous sommes en mesure de nous compléter mutuellement avec certaines capacités pour être compétitifs à l'échelle mondiale.»

Khalifa Chaheen al-Marar, ministre d'État des Émirats arabes unis, avait révélé en décembre que les deux pays ont adopté des politiques qui profitent à l'ensemble de la région arabe et contribuent à de meilleurs résultats pour la paix mondiale et le bien-être humain.

«Les EAU et l'Arabie saoudite entretiennent une relation étroite et complémentaire qui profite aux deux pays et à la région au sens large, ce qui inclut l'intégration économique et le développement», a-t-il ajouté.

«Nous pensons qu'une concurrence économique saine dans la région est importante, et les EAU la considèrent toujours comme une occasion de générer de nouvelles perspectives et d'adopter des politiques qui profitent à l'ensemble de la région.»

 «Le partenariat économique de nos deux pays est fondé sur l'échange ouvert et la coopération. Le Conseil de coordination saoudo-émirati, un mécanisme bilatéral de haut niveau créé dans le but d’harmoniser la Vision 2030 saoudienne et la Vision 2021 des Émirats arabes unis, continue de jouer un rôle important dans la signature d'accords économiques supplémentaires et la rationalisation des échanges entre nos deux pays», a soutenu Al-Marar.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Elon Musk augmente l'apport direct pour acheter Twitter, le titre s'envole

Depuis la révélation d'une prise de participation d'Elon Musk au capital de Twitter, début avril, le groupe vit au rythme des multiples rebondissements du dossier (Photo, AFP).
Depuis la révélation d'une prise de participation d'Elon Musk au capital de Twitter, début avril, le groupe vit au rythme des multiples rebondissements du dossier (Photo, AFP).
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  • Le directeur général de Tesla, qui avait initialement souscrit pour 25,5 milliards de crédits, a abaissé ces emprunts à 13 milliards de dollars
  • Après l'annonce, l'action du groupe à l'oiseau bleu s'est envolée dans les échanges postérieurs à la clôture de Wall Street

SAN FRANCISCO: Elon Musk a élevé à 33,5 milliards de dollars la somme apportée directement par l'entrepreneur et ses partenaires pour le rachat de Twitter, abaissant encore le montant emprunté à des banques, une annonce qui a plu aux investisseurs.

Après l'annonce, l'action du groupe à l'oiseau bleu s'est envolée dans les échanges postérieurs à la clôture de Wall Street. Vers 22H00 GMT, le titre prenait plus de 5%.

Le directeur général de Tesla, qui avait initialement souscrit pour 25,5 milliards de crédits, a abaissé ces emprunts à 13 milliards de dollars, selon un document enregistré mercredi par l'autorité américaine des marchés (SEC), ce qui allège considérablement sa charge financière.

Début mai, plusieurs actionnaires existants de Twitter s'étaient déjà engagés à apporter leurs titres à l'opération et rester ainsi minoritaires au sein du capital une fois la société retirée de la cote.

La valorisation de leurs titres réduisait d'autant l'enveloppe qu'Elon Musk devait mettre sur la table.

Mercredi, le fondateur de SpaceX a annoncé avoir reçu de nouveaux engagements directs, qui lui ont permis de réduire de 6,25 milliards supplémentaires le montant des prêts souscrits pour l'acquisition.

Il n'a pas précisé si ce montant provenait, pour tout ou partie, de son patrimoine personnel, ou si d'autres investisseurs l'avaient rejoint.

Les 12,5 milliards de dollars de prêts qui n'auront finalement pas été nécessaires avaient inquiété une partie des analystes, car il s'agissait de crédits adossés à des titres Tesla. Ils créaient ainsi un lien avec le constructeur automobile, ce qui avait déplu au marché.

Depuis la révélation d'une prise de participation d'Elon Musk au capital de Twitter, début avril, le groupe vit au rythme des multiples rebondissements du dossier.

Mardi l'action était tombée à 35,40 dollars, soit 35% de moins que le prix officiellement proposé par le bouillant entrepreneur mi-avril et validé, un peu plus tard, par le conseil d'administration.

Un décalage interprété par Wall Street comme l'illustration des doutes des investisseurs sur les chances de succès de cette prise de contrôle.

Selon CNBC, Elon Musk serait en discussion avec plusieurs personnes, dont le co-fondateur et ancien directeur général Jack Dorsey, en vue de les rallier au projet et d'obtenir leur contribution, soit en numéraire, soit en actions Twitter, ce qui pourrait encore réduire la somme empruntée.


Lagardère dans l'escarcelle, Bolloré veut désormais sécuriser son empire

Vincent Bolloré (Photo, AFP).
Vincent Bolloré (Photo, AFP).
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  • Il a notamment écarté tout projet «compliqué» visant à «fusionner ou simplifier» la succession de holdings qui assurent le contrôle de son groupe
  • «Il n'y aucun projet d'aucune sorte concernant les distributions d'actifs par l'Odet», a-t-il assuré

PARIS: La prise de contrôle de Lagardère désormais assurée, Vincent Bolloré s'est tourné vers l'avenir mercredi, assurant vouloir préserver la "tranquillité" et la stabilité de son empire florissant dans la logistique pétrolière, le transport et les médias.

À l'approche d'une période qu'il pressent "difficile", le milliardaire breton a notamment écarté tout projet "compliqué" visant à "fusionner ou simplifier" la succession de holdings qui assurent le contrôle de son groupe, mais pèsent également sur sa valorisation.

La modification approuvée mercredi, lors de deux assemblées générales successives, des statuts de la "Compagnie de l'Odet", navire amiral de la famille, et du groupe Bolloré, pour permettre la distribution de "biens en nature, y compris de titres financiers", n'était selon lui que "purement formelle".

"Il n'y aucun projet d'aucune sorte concernant les distributions d'actifs par l'Odet", a-t-il assuré.

Cette société financière, qui détient quelque 64% du groupe Bolloré, a toutefois mis à profit ces dernières semaines les dividendes perçus de sa filiale pour se renforcer en achetant un peu plus de 1% des parts de Bolloré, pour près de 150 millions d'euros.

Pessimiste

Dans quel but ? "Plutôt par manque d'imagination qu'une confiance absolue dans la valeur future des actions", a ironisé Vincent Bolloré, qui s'est montré plus pessimiste que d'ordinaire.

Le groupe Bolloré, fortement désendetté, a pourtant dégagé l'année dernière un bénéfice record.

Il a largement profité, au sein de ses activités logistiques, de la hausse du coût du transport de marchandises, sur lequel il prélève une commission, et de la flambée des prix du pétrole à la suite de la guerre en Ukraine, qu'il transporte également.

Mais "la conjoncture va être sans doute beaucoup plus difficile que les gens ne le croient" et le second semestre s'annonce "plus compliqué", a prévenu Vincent Bolloré.

Parmi ses possibles projets, certains analystes avancent qu'il pourrait tenter de renforcer sa position chez Vivendi, dont il détient un peu moins de 30%, en utilisant l'abondante trésorerie du groupe propriétaire de Canal+ ou le produit de la cession de ses activités de logistique africaine (5,7 milliards d'euros), qui devrait intervenir avant la fin du premier trimestre 2023.

Son fils Cyrille, à la tête du groupe Bolloré, étudie aussi des acquisitions dans l'expédition de fret, un secteur où le groupe espère atteindre le top 5 mondial.

Enfin, Vivendi va également poursuivre son OPA sur Lagardère, dont il détient dorénavant quelque 55% après la première phase de son offre publique d'achat.

"C'est une date historique pour le groupe Lagardère, pour moi-même et ma famille", a relevé dans un communiqué Arnaud Lagardère, qui conserve son siège de PDG et 11% du capital de l'empire industriel fondé par son père, Jean-Luc, disparu en 2003. 

L'issue de cette opération reste soumise à l'autorisation de plusieurs instances, dont la Commission européenne, qui pourrait imposer des "remèdes" pour valider le mariage entre les éditeurs Editis et Hachette, et l'Arcom (ex-CSA), qui doit se prononcer sur la prise de contrôle des radios de Lagardère (Europe 1, Virgin Radio et RFM).

Sur ce dernier point, Arnaud Lagardère, PDG du groupe qui porte son nom, a annoncé le 10 mai un projet pour conserver le contrôle de ses radios, sans donner plus de détails dans l'immédiat.