Frappes turques sur des cibles kurdes en Syrie: deux morts

Deux personnes ont été tuées jeudi dans des frappes de drones turcs contre des cibles dans le nord-est de la Syrie sous contrôle des Kurdes, menées en représailles à un attentat à Ankara, a indiqué une ONG. (Photo, Arab News)
Deux personnes ont été tuées jeudi dans des frappes de drones turcs contre des cibles dans le nord-est de la Syrie sous contrôle des Kurdes, menées en représailles à un attentat à Ankara, a indiqué une ONG. (Photo, Arab News)
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Publié le Jeudi 05 octobre 2023

Frappes turques sur des cibles kurdes en Syrie: deux morts

  • Les forces kurdes jouissent toujours de l'appui de Washington qui déploient des centaines de soldats dans le nord-est de la Syrie
  • La Turquie mène depuis dimanche des frappes contre des positions du PKK dans le nord de l'Irak, en représailles à un attentat dimanche à Ankara revendiqué par le PKK

QAMICHLI: Deux personnes ont été tuées jeudi dans des frappes de drones turcs contre des cibles dans le nord-est de la Syrie sous contrôle des Kurdes, menées en représailles à un attentat à Ankara, a indiqué une ONG.

L'une des frappes sur la région de Hassaké a visé une voiture, tuant deux personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS, une coalition dominée par les Kurdes et soutenue par les Etats-Unis), Farhad Chami, a confirmé à l'AFP qu'une voiture avait été visée, sans donner de bilan.

Dans une autre frappe, "des drones turcs ont ciblé une usine au nord de Hassaké, faisant trois blessés parmi les ouvriers", a-t-il ajouté.

Il a fait état de survols intensifs de zones contrôlées par l'administration kurde autonome dans le nord-est de la Syrie, "après les menaces turques".

La Turquie mène depuis dimanche des frappes contre des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, en représailles à un attentat dimanche à Ankara revendiqué par le PKK et dans lequel deux policiers ont été blessés.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a affirmé que les auteurs de l'attaque avaient été formés en Syrie, menaçant de représailles les combattants kurdes en Syrie, que la Turquie accuse d'être liés au PKK.

Le chef des FDS, Mazloum Abdi a démenti mercredi ces accusations, affirmant que "la Turquie cherche des prétextes pour légitimer ses attaques en cours contre notre région et lancer une nouvelle agression militaire".

Dans un communiqué, le Parti de l'Union démocratique (PYD, kurde) a affirmé jeudi que "les déclarations du ministre turc équivalent à une déclaration de guerre".

Il a appelé la coalition internationale antidjihadiste à "prendre position" et se tenir à ses côtés.

La branche armée du PYD, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), a été le fer de lance de la lutte contre le groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie avec l'appui des Etats-Unis.

"Dorénavant, toutes les infrastructures et les installations, notamment énergétiques, appartenant au PKK et aux YPG (Unités de protection du peuple kurde, NDLR) en Irak et en Syrie constituent des cibles légitimes pour nos forces de sécurité", a averti M. Fidan.

"Je conseille aux parties tierces de se tenir à distance des lieux et des personnes affiliés au PKK et aux YPG", a-t-il ajouté.

Les forces kurdes jouissent toujours de l'appui de Washington qui déploient des centaines de soldats dans le nord-est de la Syrie.

La région contrôlée par l'administration autonome kurde est régulièrement visée par des attaques de drones turcs.

Entre 2016 et 2019, la Turquie, qui déploient également des soldats dans le nord de la Syrie, a effectué trois opérations d'envergure contre les forces kurdes.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.