Prix des céréales: Pas de solution miracle pour les pays arabes

Le retrait de la Russie de l'initiative céréalière de la mer Noire en juillet a fait craindre des pénuries de blé sur le marché mondial (Photo, AFP).
Le retrait de la Russie de l'initiative céréalière de la mer Noire en juillet a fait craindre des pénuries de blé sur le marché mondial (Photo, AFP).
Une moissonneuse-batteuse charge des céréales dans un camion lors d'une récolte de blé dans un champ près du village de Kivshovata, dans la région de Kiev, en Ukraine (Photo, AFP).
Une moissonneuse-batteuse charge des céréales dans un camion lors d'une récolte de blé dans un champ près du village de Kivshovata, dans la région de Kiev, en Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Prix des céréales: Pas de solution miracle pour les pays arabes

  • Les pays qui dépendent des importations ont ressenti la pression depuis que la Russie s'est retirée de l'accord sur les céréales de la mer Noire et que l'Inde a interdit les exportations de riz
  • Les gouvernements sont invités à renforcer la résilience de leurs systèmes alimentaires en diversifiant les sources d'importation et en augmentant la production nationale

TUNIS: Alors que le conflit israélo-palestinien reprend de plus belle, menaçant de plonger le Moyen-Orient dans une nouvelle crise, les autres problèmes graves qui affectent la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ne s'estompent guère.

Ces derniers mois, de nombreuses économies arabes à revenu faible ou moyen ont été confrontées à une détérioration de leur sécurité alimentaire, après que la Russie s'est retirée de l'initiative sur les céréales de la mer Noire et que l'Inde a interdit l'exportation de riz blanc et de sucre. Parmi les pays les plus vulnérables figurent la Tunisie, la Libye, le Liban, l'Irak et l'Égypte, sans parler de la Syrie, du Soudan et du Yémen, déchirés par des conflits.

Le retrait en juillet de la Russie d'un accord d'exportation de céréales annoncé douze mois plus tôt a perturbé l'approvisionnement mondial en céréales en général et les marchés du blé en particulier. Parallèlement, les prix mondiaux du riz ont grimpé en flèche depuis la décision de l'Inde, également en juillet, d'arrêter les exportations de variétés de riz, non-basmati.

L'Égypte et le Liban, qui dépendent fortement des importations de riz et de blé, sont aujourd'hui confrontés à des problèmes de financement alimentaire, tandis que le Soudan, qui luttait déjà contre la faim et la guerre civile, n'est pas en mesure d'importer des denrées alimentaires coûteuses.

Les exportations de céréales ukrainiennes ont diminué depuis la signature de l'accord en 2022 (Photo, AFP).

Face à ces défis, nombreux sont ceux qui se demandent ce que les pays arabes souffrant d'insécurité alimentaire devraient faire pour se prémunir contre les effets des futurs chocs de la chaîne d'approvisionnement, pour maintenir les prix à un niveau abordable pour leurs populations et pour éventuellement localiser une plus grande partie de leur production alimentaire.

«En réduisant leur dépendance à l'égard d'une source unique, ces pays peuvent atténuer les risques de perturbations soudaines, semblables à celles observées dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie», a déclaré à Arab News, Adam Vinaman Yao, représentant adjoint de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture au Soudan.

Avant le conflit, qui a débuté en février 2022, la Russie et l'Ukraine étaient conjointement responsables de près d'un tiers de la production mondiale de blé et d'orge. L'invasion russe a toutefois entraîné le blocage des ports de la mer Noire, faisant craindre des pénuries imminentes sur le marché mondial, qui pourraient toucher plus durement les pays en développement tributaires des importations.

L'initiative sur les céréales de la mer Noire, négociée par les Nations unies et la Turquie en juillet 2022, a joué un rôle essentiel en facilitant l'exportation continue de millions de tonnes de céréales de l'Ukraine vers les marchés mondiaux malgré le conflit, via le détroit du Bosphore. Environ un tiers des céréales qui ont traversé la mer Noire dans le cadre de cet accord étaient destinées à l'Égypte, à la Libye, à Israël, à la Tunisie, à l'Algérie, à la Turquie et à l'Iran.

L'accord a donc offert un certain répit. Toutefois, un an seulement après son entrée en vigueur, la Russie a brusquement annoncé qu'elle se retirait de l'accord.

Le Liban, en proie à une crise économique paralysante depuis 2019, et le Yémen, au bord de la famine à cause d'une guerre civile qui dure depuis neuf ans, étaient particulièrement vulnérables aux perturbations.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (Pam), qui fournit une bouée de sauvetage à des millions de personnes victimes de catastrophes humanitaires dans le monde entier, en particulier dans la Corne africaine frappée par la sécheresse, a également été très affecté par l'effondrement de l'accord sur les céréales.

Une querelle meurtrière entre deux chefs militaires au Soudan, qui fait rage depuis le 15 avril, a aggravé les malheurs d'une population ravagée par la faim et la malnutrition (Photo, Reuters).

En juillet de cette année, environ 80% des stocks de céréales du Pam provenaient d'Ukraine, contre environ 50% avant la guerre.

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, dont une grande partie était déjà ébranlée par une dette publique galopante, une inflation élevée et une dépréciation constante de la monnaie, est maintenant confrontée à la menace supplémentaire de la flambée des prix des denrées alimentaires. L'effondrement de l'accord sur les céréales n'a fait qu'intensifier les problèmes d'approvisionnement et les pressions sur les prix auxquels ces pays étaient déjà confrontés.

Des pays comme le Liban, l'Égypte, la Syrie et l'Iran, qui ont connu de fortes dévaluations de leur monnaie entraînant une inflation à trois chiffres des prix des denrées alimentaires, sont aujourd'hui encore plus menacés. En fait, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire dans la région MENA a augmenté de 20% au cours des trois dernières années en raison des conflits et des problèmes liés au climat tels que la sécheresse.

L'Égypte, qui devrait être le premier importateur mondial de blé en 2023-24, a exprimé sa vive désapprobation quant à la décision de la Russie de se retirer de l'accord sur les céréales. Les autorités égyptiennes subventionnent largement le prix du pain et le pays est donc très sensible aux fluctuations des prix des denrées alimentaires.

La décision du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, d'assister personnellement au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg en juillet a donné une idée du sérieux avec lequel son gouvernement prend la question de l'accord sur les céréales.

«Des collaborations entre l'Ukraine et l'Égypte pour un approvisionnement direct en maïs sont en vue, car le maïs ukrainien occupe une position unique sur le marché, étant géographiquement plus proche que les alternatives du Brésil et de l'Argentine», a déclaré à Arab News, Pavlo Martyshev, expert en marchés alimentaires de l'École d'économie de Kiev.

De nombreuses économies arabes à faibles et moyens revenus ont été confrontées à une détérioration des conditions de sécurité alimentaire au cours des derniers mois (Photo, AFP).

L'échec de l'accord n'est pas uniquement dû à des manœuvres géopolitiques. La Russie a affirmé que certains aspects de l'accord, notamment ceux relatifs à ses propres exportations de denrées alimentaires, n'avaient pas été mis en œuvre et que les sanctions occidentales affectaient indirectement ses exportations de céréales.

Les exigences de Moscou afin d’accepter la reprise de l’accord, notamment la réadmission de la Banque agricole russe dans le système de paiement international SWIFT et la reprise des exportations de machines agricoles, ont dressé de nouveaux obstacles.

Toutefois, l'affirmation de Moscou selon laquelle les agriculteurs russes ont été lésés par rapport à leurs homologues ukrainiens ne résiste pas à un examen approfondi.

Les chiffres du centre de coordination conjoint de l'initiative des Nations unies pour les céréales de la mer Noire, qui a facilité la mise en œuvre de l'accord, révèlent une baisse des exportations de céréales ukrainiennes depuis la signature de l'accord en 2022, et plus particulièrement en mai et juin de cette année. La production ukrainienne a également été fortement touchée par la guerre, avec une baisse de 35 à 40%.

En revanche, les exportations de blé russe ont atteint des niveaux historiques en 2022 et 2023, grâce à une récolte record et à des stocks de blé importants. Toutefois, cette abondance n'a pas permis d'alléger la pression sur les pays qui dépendent des importations de céréales de la mer Noire.

EN BREF

- 783 millions de personnes dans le monde n'ont pas assez à manger.

- 60% de réduction des bénéficiaires de l'aide alimentaire du Programme alimentaire mondial depuis le mois de juin à cause d'un manque de financement.

- 60% des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des zones touchées par des conflits.

- 80% des crises de la faim ont comme moteur principal les conflits.

La Russie a donné trois mois à l'ONU pour mettre en œuvre des conditions visant à faciliter ses exportations agricoles, ce qui pourrait contribuer à stabiliser la situation. Toutefois, face à la contre-offensive ukrainienne, les efforts déployés pour résoudre ce problème nécessitent une diplomatie prudente.

À peu près au même moment où la Russie s'est retirée de l'accord sur les céréales, le gouvernement indien a annoncé sa décision d'interdire l'exportation de plusieurs variétés de riz, afin de garantir un approvisionnement suffisant dans le pays. Cette décision, motivée par la hausse des prix des denrées alimentaires sur le marché intérieur, l'inflation persistante et la crainte d'une pénurie due aux perturbations causées par El Nino, a fait grimper les prix sur le marché mondial.

Bien que l'interdiction ne concerne pas la variété populaire basmati, qui est un aliment de base des tables du Golfe, elle a néanmoins déclenché une augmentation des prix de toutes les variétés de riz, aggravant la vulnérabilité des économies du Moyen-Orient et de l'Afrique qui dépendent des importations. À la mi-août, les prix mondiaux du riz avaient bondi de 15 à 25%.

Les Émirats arabes unis importent près de 90% de leurs denrées alimentaires, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. Selon les données de Reuters, le pays figurait parmi les 10 premiers importateurs de riz non basmati en provenance de l'Inde en 2020, avec près de 346 000 tonnes achetées. L'Arabie saoudite, l'Irak, l'Iran, le Yémen, le Koweït, Oman, le Qatar, le Royaume-Uni et les États-Unis figurent également sur la liste des 10 premiers importateurs.

L'espoir est qu'une fois la dernière crise politique au Moyen-Orient calmée, le défi de la sécurité alimentaire dans la région recevra à nouveau l'attention qu'il mérite (Photo, AFP).

Parmi les autres pays susceptibles de ressentir les effets de l'interdiction de l’exportation imposée par l'Inde figurent des pays africains tels que le Bénin. Mais même les grandes économies comme la Chine n'ont pas été épargnées par le choc des prix, bien qu'elle soit elle-même un grand producteur de riz.

Les pays arabes qui ont le plus souffert de la hausse des prix du riz sont l'Égypte, l'Algérie et le Soudan, qui étaient déjà confrontés à des vents contraires sur le plan économique et qui devaient payer des factures d'importation de blé gonflées.

Dans le cas du Soudan, une querelle meurtrière entre deux chefs militaires, qui fait rage depuis le 15 avril, a aggravé les malheurs d'une population ravagée par la faim et la malnutrition.

Alors que les conflits, la hausse des prix des carburants et la crise climatique sont loin d'être terminés, les experts estiment qu'en plus de diversifier les sources d'importation de denrées alimentaires, les pays arabes devraient essayer d'améliorer la résilience de leurs systèmes alimentaires en encourageant la production nationale, notamment en investissant davantage dans les nouvelles technologies agricoles et les innovations plus proches du marché intérieur.

«La mise en œuvre de techniques modernes d'irrigation et de collecte de l'eau à faible coût, l'exploration de sources d'énergie alternatives et le renforcement de la résilience de l'agriculture dans les zones arides peuvent aider ces pays à réduire leur dépendance à l'égard d'importations coûteuses», a expliqué Yao.

Cependant, de nombreux pays arabes, dont l'Égypte, l'Irak, la Syrie et la Jordanie, ne sont pas en mesure de répondre à leur propre demande nationale de blé et de riz, car ils ne disposent pas des ressources en eau nécessaires.

Nombreux sont ceux qui se demandent ce que les pays arabes souffrant d'insécurité alimentaire devraient faire pour se prémunir contre les effets des futurs chocs de la chaîne d'approvisionnement (Photo, AFP).

Les céréales produites localement ne répondent même pas à la moitié de la demande égyptienne, en particulier pour le blé et le maïs. Le pays importe plus de 10 millions de tonnes de blé, principalement de Russie et d'Ukraine, et cette quantité devrait augmenter.

Selon un rapport du ministère américain de l'Agriculture publié en avril, la production locale de blé devrait se maintenir à 9,8 millions de tonnes et la consommation devrait augmenter de 2% pour atteindre 20,5 millions de tonnes en 2023-2024.

Habib ben Moussa, expert tunisien en environnement et développement durable, estime néanmoins que le renforcement de la production alimentaire nationale et la mise en œuvre de pratiques agricoles durables pourraient contribuer à la diversification et à l'amélioration de la résilience des systèmes alimentaires arabes.

«Cette approche encourage l'utilisation de semences indigènes adaptées aux conditions locales, réduisant ainsi la dépendance à l'égard des semences importées qui peuvent ne pas prospérer dans la région, tout en promouvant une production et une consommation durables qui non seulement préservent les ressources, mais renforcent également la résilience de l'agriculture», a expliqué Moussa à Arab News.

Au cours de la dernière décennie, l'Arabie saoudite a accompli des progrès considérables dans l'amélioration de sa sécurité alimentaire, notamment en lançant des initiatives visant à diversifier et à localiser les sources de nourriture, réduisant ainsi sa dépendance à l'égard des importations.

Cela implique des investissements importants dans l'agro-technologie et l'introduction de techniques agricoles modernes afin d'améliorer la production locale, de minimiser le gaspillage de l'eau et de renforcer l'efficacité du secteur agricole.

Le PDG du groupe Agrotrade, Vitaliy Bylenko, examine l'état des céréales dans sa grange du village de Vesele, dans la région de Kiev (Photo, AFP).

L'importance de ces efforts a été soulignée lorsque l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite a indiqué en septembre que le pays avait atteint l'autosuffisance en matière de production de dattes, de produits laitiers et d'œufs.

La guerre en Ukraine et le retrait de la Russie de l'accord sur les céréales, combinés à l'orientation de l'Inde vers des politiques commerciales protectionnistes, ont mis en évidence la nécessité pour les pays souffrant d'insécurité alimentaire de repenser et de réorganiser leurs systèmes alimentaires et leurs chaînes d'approvisionnement.

«La promotion de la production alimentaire nationale, la diversification des sources d'importation de denrées alimentaires, l'adoption de variétés de semences locales et de pratiques agricoles durables sont des étapes clés», a souligné Yao.

«Ces mesures peuvent contribuer à réduire la vulnérabilité aux fluctuations des marchés céréaliers mondiaux et à garantir un approvisionnement alimentaire stable à leurs populations», a-t-il ajouté.

L'espoir est qu'une fois la dernière crise politique au Moyen-Orient calmée, le défi de la sécurité alimentaire dans la région recevra à nouveau l'attention qu'il mérite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les forces israéliennes tuent 13 personnes lors d'une opération dans le sud de la Syrie

Un homme assis sur des décombres dans un site endommagé à la suite d'un raid israélien vendredi à Beit Jinn, en Syrie. (Reuters)
Un homme assis sur des décombres dans un site endommagé à la suite d'un raid israélien vendredi à Beit Jinn, en Syrie. (Reuters)
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  • Des troupes israéliennes ont arrêté des membres présumés de ce que l’armée a appelé l’organisation Jemaah islamique lors d’une opération nocturne dans le village syrien de Beit Jinn
  • Au moins 10 personnes auraient été tuées lors du raid, selon la télévision d’État syrienne.

DUBAÏ : Au moins 13 personnes ont été tuées et 24 blessées par les forces israéliennes lors d’un raid nocturne sur le village de Beit Jinn, dans le sud de la Syrie, selon l’agence syrienne SANA.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a condamné l’opération comme un « crime de guerre » et accusé Israël de vouloir « enflammer la région ».

« Nous dormions quand nous avons été réveillés à trois heures du matin par des tirs », a raconté le blessé Iyad Taher à l’AFP depuis l’hôpital Al-Mouwassat à Damas.

« Nous sommes sortis pour voir ce qui se passait et nous avons vu l’armée israélienne dans le village, des soldats et des chars. Puis ils se sont retirés, l’aviation est arrivée et les obus ont commencé à tomber. J’ai été touché au cou par des éclats. »

Un responsable local a indiqué à l’AFP que les forces israéliennes avaient fait irruption dans le village pour capturer trois hommes, déclenchant des affrontements.

« Après les affrontements, les forces d’occupation israéliennes ont bombardé la zone à l’artillerie et aux drones », a déclaré le responsable du village, Abdul Rahman Al-Hamrawi.

À l’hôpital, Ahmad Kamal a raconté à l’AFP que lui et d’autres « avaient ouvert le feu sur la patrouille israélienne pour se défendre et les empêcher de nous emmener. Mon frère a été tué et j’ai été blessé. »

Les troupes israéliennes affirment avoir arrêté des membres présumés de la Jamaa Islamiya, groupe basé au Liban et allié au Hamas palestinien, lors de l’opération nocturne.

Selon l’armée israélienne, les soldats ont essuyé des tirs et ont riposté avec un soutien aérien, faisant six blessés dans leurs rangs.

L’armée affirme que toutes les cibles recherchées ont été arrêtées et que plusieurs combattants ont été tués, ajoutant que des troupes restent déployées dans la zone.

Israël a mené de nombreuses frappes en Syrie en 2025, visant des secteurs autour de Damas et dans le sud du pays, affirmant vouloir contrer des menaces et protéger la communauté druze proche de la frontière.

Israël dit agir contre des groupes qu’il considère comme hostiles, tandis que les autorités syriennes affirment que les frappes ont tué des soldats.

Depuis la chute du président syrien Bachar Al-Assad en décembre 2024 et l’arrivée d’un nouveau leadership à Damas, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie.

Israël a également envoyé des troupes dans la zone tampon patrouillée par l’ONU, qui sépare les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan depuis 1974.

Israël occupe le Golan syrien depuis 1967 et l’a annexé en 1981, une décision non reconnue par la communauté internationale.

Dans une résolution adoptée le 6 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé son ferme soutien à la « souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale » de la Syrie.

Au cours de l’été, des contacts de haut niveau ont eu lieu entre responsables israéliens et syriens, avec l’aide de Paris et Washington.

L'envoyée spéciale adjointe de l’ONU pour la Syrie, Najat Rochdi, a condamné l’attaque israélienne, la qualifiant de « violation grave et inacceptable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le métro de Riyad bat le record Guinness du plus long réseau sans conducteur

Un métro arrive à la station King Saud University à Riyad, le 27 avril 2025. (AFP)
Un métro arrive à la station King Saud University à Riyad, le 27 avril 2025. (AFP)
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  • Le métro de Riyad comprend six lignes intégrées et 85 stations, et intègre des technologies de pointe
  • Le système de transports publics de Riyad, incluant le métro et les bus, soutient le trafic, l’économie, le développement urbain et la vie sociale de la ville

LONDRES : Le Guinness World Records a officiellement certifié le métro de Riyad comme le plus long réseau de métro sans conducteur au monde, avec 176 kilomètres, mettant en lumière les avancées rapides de l’Arabie saoudite dans le domaine des transports modernes.

Le métro de Riyad constitue un élément essentiel de l’initiative de transport public dans la capitale saoudienne. Il comporte six lignes intégrées, 85 stations, et fait appel à des technologies de pointe.

Le système fonctionne selon un modèle automatisé sans conducteur, géré par des salles de contrôle avancées garantissant des niveaux élevés de précision, de sécurité et de qualité, selon l’agence de presse saoudienne (SPA).

L'ouvrage de référence annuel indique que le métro de Riyad a été « conçu pour améliorer la mobilité urbaine, réduire les embouteillages et promouvoir la durabilité grâce à des solutions de transport respectueuses de l'environnement ».

Le réseau de transports publics de Riyad, incluant métro et bus, soutient le trafic de la ville, son économie, son développement urbain et sa vie sociale.

Cette réalisation met en avant les efforts de la Commission royale pour la ville de Riyad visant à adopter des concepts de transport urbain innovants et durables, démontrant son engagement en faveur d’infrastructures modernes qui améliorent la qualité de vie et soutiennent la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, ajoute la SPA.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Cisjordanie: des soldats israéliens tuent deux Palestiniens apparement en train de se rendre

Un homme marche dans la rue, devant un appartement détruit au lendemain d'une opération militaire israélienne au cours de laquelle un tireur palestinien a été tué, dans la ville de Naplouse, occupée par Israël, dans le nord de la Cisjordanie, le 25 novembre 2025. (AFP)
Un homme marche dans la rue, devant un appartement détruit au lendemain d'une opération militaire israélienne au cours de laquelle un tireur palestinien a été tué, dans la ville de Naplouse, occupée par Israël, dans le nord de la Cisjordanie, le 25 novembre 2025. (AFP)
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  • Deux Palestiniens ont été tués lors d’une opération israélienne à Jénine, une scène filmée sous plusieurs angles: l’Autorité palestinienne parle d’« exécution sommaire », tandis qu’Israël affirme que les forces ont agi face à une menace

Jénine, Territoires palestiniens: L'armée et la police israéliennes ont annoncé jeudi examiner les circonstances dans lesquelles deux Palestiniens ont été abattus lors d'une opération conjointe de leurs forces alors qu'ils étaient apparemment en train de se rendre à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

La scène a été filmée sous plusieurs angles, notamment par un journaliste de l'AFP, dans cette ville bastion de groupes armés palestiniens.

L'Autorité palestinienne a identifié les Palestiniens tués comme Montasser Billah Mahmoud Abdullah, 26 ans, et Youssef Ali Assassa, 37 ans, dénoncé les faits comme une "exécution sommaire" et accusé les forces israéliennes de "crime de guerre documenté et complet".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a dit apporter son "soutien total aux gardes-frontières et aux soldats de l'armée qui ont ouvert le feu sur des terroristes recherchés sortis d'un bâtiment à Jénine".

Des vidéos ayant largement circulé sur les médias sociaux montrent deux hommes sortir d'un bâtiment cerné par des soldats israéliens, les bras en l'air. On les voit ensuite se coucher à terre devant les soldats avant d'être redirigés vers l'intérieur du bâtiment. Des coups de feu retentissent. Les deux hommes gisent au sol.

Les images tournées par le JRI de l'AFP montrent les deux hommes sortir du bâtiment puis y rentrer avant les coups de feu. Un immeuble placé entre le journaliste et la scène obstrue une partie de l'image. On voit ensuite des soldats évacuer un cadavre.

- "Les terroristes doivent mourir !" -

Une fois la nuit tombée, un photographe de l'AFP a vu des Palestiniens nettoyer les lieux. Des flaques de sang maculaient encore le sol.

Dans un communiqué commun, l'armée et la police (dont dépend l'unité des gardes-frontières) indiquent que leurs forces ont procédé dans la soirée "à l'arrestation de deux individus recherchés pour des actes terroristes, notamment des jets d'explosifs et des tirs sur les forces de sécurité".

"Après leur sortie [du bâtiment où ils étaient cernés], des tirs ont été dirigés vers les suspects", ajoute l'armée, précisant que "l'incident est en cours d'examen".

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a dénoncé dans un communiqué une "exécution de sang-froid".

"Les soldats ont agi exactement comme on l'attend", a estimé de son côté M. Ben Gvir. "Les terroristes doivent mourir!" a-t-il écrit sur son compte X.

Citant une source au sein des gardes-frontières, le journal de gauche Haaretz a indiqué qu'une enquête préliminaire mentionnait d'ores et déjà qu'un des deux hommes tués avait tenté de se relever après avoir été au sol et fait un "mouvement suspect", qui a décidé les policiers et les soldats à tirer.

- "Déshumanisation" -

"L'exécution documentée aujourd'hui est le résultat d'un processus accéléré de déshumanisation des Palestiniens et de l'abandon total de leurs droits par le régime israélien", a estimé B'Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés.

"Il est du devoir de la communauté internationale de mettre fin à l'impunité d'Israël et de traduire en justice les responsables de la planification et de l'exécution de sa politique criminelle contre le peuple palestinien", ajoute l'ONG.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas sur le sud d'Israël.

Elles n'ont pas cessé avec la trêve fragile en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre. Mercredi, l'armée israélienne a annoncé le lancement d'une nouvelle opération contre les groupes armés palestinien dans le nord de la Cisjordanie.

Depuis le 7-Octobre, plus d'un millier de Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, selon des données officielles israéliennes, au moins 44 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens.