Un «nouveau front» contre Israël dépendra de la situation à Gaza, dit l'Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, tient une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien à Téhéran, le 13 septembre 2023. (Photo Atta Kenare AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, tient une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien à Téhéran, le 13 septembre 2023. (Photo Atta Kenare AFP)
Short Url
Publié le Samedi 14 octobre 2023

Un «nouveau front» contre Israël dépendra de la situation à Gaza, dit l'Iran

  • L'Iran est au centre de toutes les attentions pour son soutien sans réserve au Hamas
  • Si Téhéran soutient de longue date le mouvement islamiste palestinien, les dirigeants iraniens affirment toutefois ne pas être impliqués dans l'attaque qu'il a lancée

BAGDAD, Irak : Le ministre iranien des Affaires étrangères, dont le pays soutient le Hamas palestinien, a indiqué jeudi que l'ouverture d'un «nouveau front» contre Israël au Moyen-Orient serait conditionnée aux «actions» de l'Etat israélien dans la bande de Gaza, pilonnée par Israël.

L'Iran est au centre de toutes les attentions pour son soutien sans réserve au Hamas. Si Téhéran soutient de longue date le mouvement islamiste palestinien, les dirigeants iraniens affirment toutefois ne pas être impliqués dans l'attaque qu'il a lancée samedi contre Israël, ennemi juré de la République islamique.

Pour autant, les Etats-Unis craignent l'ouverture d'un second front au nord d'Israël à la frontière avec le Liban, si le Hezbollah, allié du Hamas et soutenu par l'Iran, décidait d'intervenir massivement.

«Les responsables de certains pays nous interrogent sur la possibilité d'ouvrir un nouveau front (contre Israël) dans la région», a déclaré Hossein Amir-Abdollahian, le chef de la diplomatie iranienne, lors d'un entretien à Bagdad avec Mohamed Chia al-Soudani, le Premier ministre de l'Irak, pays voisin et allié de l'Iran.

«Notre réponse claire concernant ces possibilités est que tout dépend des actions du régime sioniste à Gaza», a-t-il ajouté, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères. «Même maintenant, les crimes d'Israël se poursuivent et personne dans la région ne nous demande la permission pour ouvrir de nouveaux fronts».

 

Plus tard jeudi, M. Amir-Abdollahian est arrivé à Beyrouth, où il a été reçu par des représentants du Hezbollah et du Hamas, entre autres. Il doit s'entretenir vendredi avec des responsables libanais avant de se rendre à Damas.

S'exprimant depuis l'aéroport de Beyrouth, le haut diplomate a répété que les alliés régionaux de l'Iran (Syrie, Hezbollah, Hamas et autres groupes), connus informellement sous le nom d'"Axe de la résistance", pourraient réagir en cas d'escalade de l'offensive israélienne à Gaza.

Environ 1.200 Israéliens ont été tués dans l'offensive du Hamas lancée samedi et 1.354 Palestiniens lors de la riposte israélienne, selon les autorités locales, dont de nombreux civils.

Prudents vis-à-vis de l'Iran depuis samedi, les Occidentaux ont haussé le ton en le mettant en garde contre une extension du conflit. Le président américain, Joe Biden, a ainsi déclaré mercredi qu'il avait «signalé clairement aux Iraniens: faites attention».

Après l'Irak, le ministre iranien des Affaires étrangères doit se rendre au Liban, où le Hezbollah pro-iranien s'est pour l'heure contenté d'une intervention limitée dans le conflit déclenché par son allié, le Hamas, contre Israël.

Le président iranien, Ebrahim Raïssi a appelé les «pays musulmans et arabes» à «se coordonner» pour «stopper les crimes» d'Israël. Il s'est ainsi entretenu mercredi soir avec le prince saoudien Mohammed ben Salmane et le président syrien Bachar al-Assad.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Short Url
  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.