Liban: le Hezbollah revendique de nouveaux tirs sur des positions israéliennes

Les drapeaux de la Palestine (en bas) et du Hezbollah (en haut) flottent au premier plan dans la plaine de Khiam, au sud du Liban, avec la ville de Metula, au nord d'Israël, en arrière-plan, le 10 octobre 2023. (AFP)
Les drapeaux de la Palestine (en bas) et du Hezbollah (en haut) flottent au premier plan dans la plaine de Khiam, au sud du Liban, avec la ville de Metula, au nord d'Israël, en arrière-plan, le 10 octobre 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Liban: le Hezbollah revendique de nouveaux tirs sur des positions israéliennes

  • Cet accès de tension à la frontière israélo-libanaise intervient au cinquième jour de la guerre entre Israël et le Hamas, dont les morts se comptent déjà par milliers
  • L'armée israélienne a annoncé mercredi soir soupçonner «une infiltration aérienne» depuis le Liban sur le nord d'Israël

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien a annoncé mercredi avoir à nouveau tiré depuis le sud du Liban sur Israël pour venger la mort de trois de ses militants, l'armée israélienne ripostant en bombardant des villages frontaliers, faisant trois blessés civils.

Cet accès de tension à la frontière israélo-libanaise intervient au cinquième jour de la guerre entre Israël et le Hamas, dont les morts se comptent déjà par milliers, déclenchée par l'offensive meurtrière lancée samedi par le mouvement islamiste palestinien en territoire israélien.

Dans un communiqué, le Hezbollah, qui affirme agir en solidarité avec l'offensive du Hamas, a annoncé avoir visé "à l'aide de missiles guidés une position israélienne" face au village frontalier de Dhayra.

Il a indiqué que cette opération intervenait "en riposte aux agressions sionistes lundi" qui ont provoqué la mort de trois de ses militants dans un bombardement israélien.

L'armée israélienne a pour sa part précisé qu'"en réponse à des missiles antichars qui ont visé des soldats israéliens", elle avait ciblé par un raid aérien "un poste d'observation militaire du Hezbollah" dans le sud du Liban.

L'artillerie israélienne a en outre "visé le secteur" d'où l'attaque a été lancée, a ajouté l'armée israélienne.

Un journaliste de l'AFP dans le secteur frontalier a entendu plusieurs fortes explosions.

Selon l'agence officielle libanaise ANI, l'artillerie israélienne, appuyée par des drones, a bombardé les abords de plusieurs villages frontaliers dont Dhayra et Yarin. L'Agence a fait état de trois blessés civils et d'une dizaine de maisons endommagées.

«Suspicion d'infiltration aérienne» en Israël depuis le Liban

L'armée israélienne a annoncé mercredi soir soupçonner "une infiltration aérienne" depuis le Liban sur le nord d'Israël.

Selon l'armée, les sirènes d'alerte ont retenti dans plusieurs zones septentrionales jusqu'aux environs d'Haïfa. La Défense passive (chargée de protéger la population) a de son côté évoqué une attaque "à grande échelle" dans les régions de Tibériade et de Beit Shean.

«Ferme réponse»

Le Hezbollah a averti dans son communiqué qu'il n'hésiterait pas à apporter une "ferme réponse aux agressions israéliennes (...) surtout lorsqu'elles font des martyrs".

Dès le lendemain de l'attaque sanglante lancée par le Hamas sur Israël, le Hezbollah avait revendiqué des tirs à partir du Liban sur des positions israéliennes, devenus depuis quotidiens.

Dans un communiqué mercredi, l'armée libanaise a indiqué avoir "découvert le lance-missile qui a tiré plusieurs roquettes" la veille depuis le sud du Liban en direction d'Israël et l'avoir désamorcé.

Mardi soir, la branche militaire du Hamas avait elle aussi revendiqué des tirs de roquettes contre Israël à partir du Liban sud.

La veille, par ailleurs, Israël avait annoncé avoir tué "des suspects" du Jihad islamique palestinien, allié du Hamas, qui s'étaient infiltrés sur son territoire.

Israël et les Etats-Unis ont mis en garde le Hezbollah contre l'ouverture d'un nouveau front contre Israël.

"L'armée israélienne est prête à faire face à n'importe quel scénario", a averti un porte-parole, Daniel Hagari.

"Hezbollah voit ce qu'Israël est en train de faire à Gaza, il voit l'ampleur de la destruction, il le voit et il comprend", a-t-il ajouté.

Un haut responsable américain avait mis en garde lundi le Hezbollah contre la "mauvaise décision" que serait l'ouverture d'un deuxième front, alors que Washington dépêche un porte-avion dans la région.

Le Hezbollah a rétorqué dans un communiqué que "l'envoi de porte-avions (..) n'effrayera pas les formations de la résistance qui sont prêtes à la confrontation".

La dernière guerre entre le Hezbollah et Israël remonte à 2006 et avait fait plus de 1.200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, militaires pour la plupart.


Le prince héritier saoudien discute de l'escalade militaire régionale avec plusieurs dirigeants

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne. (AN)
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  • Erdogan affirme son soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité
  • Le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général Al-Burhan, exprime sa solidarité avec le Royaume

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a discuté de l'escalade militaire dans la région et de ses implications pour la sécurité régionale et internationale avec plusieurs dirigeants et responsables dimanche, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Le prince héritier a tenu des appels téléphoniques distincts avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président du Conseil transitoire de souveraineté du Soudan, le général Abdel Fattah Al-Burhan, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Les responsables ont condamné l'agression iranienne visant le Royaume et leur rejet de tout ce qui porte atteinte à la souveraineté et à la stabilité du Royaume.

Ils ont également affirmé leur soutien à toutes les mesures prises par le Royaume pour protéger sa sécurité et ses citoyens.


A Beyrouth, des partisans du Hezbollah pleurent Khamenei

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  • "Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem
  • "Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime"

BEYROUTH: Drapeaux iraniens et portrait de l'ayatollah Ali Khamenei en main, des milliers de partisans du Hezbollah se sont rassemblés dimanche à Beyrouth pour pleurer la mort du guide suprême iranien, tué dans l'opération militaire américano-israélienne lancée la veille.

"Mort à l'Amérique", "Mort à Israël", ont-ils scandé à l'unisson, tous habillés de noir et brandissant aussi des drapeaux de leur mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Le poing levé, certains étaient en pleurs, a constaté une équipe de l'AFP, sur la grande place où a eu lieu le rassemblement.

"Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (...) le terrain de la résistance", a assuré le chef du mouvement libanais pro-iranien, Naïm Qassem.

"Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l'agression", a-t-il encore dit, dans un communiqué, qualifiant la mort de l'ayatollah Khamenei de "summum du crime".

"Sa mort est très douloureuse, c'est une tragédie", déplore aussi Zainab al Moussawi, une enseignante de 23 ans, à Beyrouth.

"On se sent comme après la mort du Sayyed, tombé en martyr", poursuit-elle en référence à l'ex-chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Entrer en guerre" 

Les dirigeants libanais redoutent une implication du Hezbollah dans le conflit régional, même si lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, il n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024 et l'accuse de se réarmer.

"Je demande à cheikh Naïm (Qassem) d'entrer en guerre", lance à Beyrouth Hassan Jaber, un partisan.

S'il ne s'est pas joint à la riposte iranienne, le mouvement a appelé des mosquées à organiser des cérémonies en mémoire du guide suprême iranien, dans la banlieue sud de la capitale libanaise et dans d'autres zones du pays dans lequel il est ancré.

Mais au Liban, pays très divisé, l'ayatollah Khamenei n'était pas soutenu par tous.

"Il était tout le temps en train de menacer (...) les pays arabes et avait des relais partout", déclare à l'AFP Hassan Harouq, un infirmier de 44 ans.

Lui dit ne vouloir qu'un pays "stable et qui ferait la paix avec le reste de la région", car "il est temps pour le Liban d'être de nouveau sur le droit chemin".

"Le peuple libanais est fatigué", ajoute-t-il.

Dimanche, le président Joseph Aoun, après une réunion d'urgence du Conseil supérieur de la Défense, a souligné que "la décision de guerre et de paix relève exclusivement de l'Etat libanais".

La présidence libanaise a indiqué avoir reçu, par l'entremise des Etats-Unis, l'assurance qu'Israël n'entraînera pas le Liban dans une "escalade" tant que son territoire ne sera pas visé par des attaques depuis le Liban.

Peu de temps avant le début de l'offensive israélo-américaine, Israël avait frappé des positions du Hezbollah dans le sud du Liban.

Beyrouth n'acceptera pas d'être "entraîné" dans le conflit avec l'Iran, a assuré le Premier ministre Nawaf Salam.


Iran: le ministre des Affaires étrangères d'Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens. (AFP)
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  • Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes
  • Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade"

MASCATE: Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d'un entretien avec son homologue iranien, alors que l'Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi "a réaffirmé l'appel constant du sultanat d'Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (...) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties", a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Dimanche à Oman, seul Etat du Golfe à avoir été épargné lors de la première journée de la campagne iranienne, une attaque de drones a fait un blessé sur un port, tandis qu'un pétrolier a été visé au large de ses côtes.

Lors de l'entretien, le chef de la diplomatie iranienne a pour sa part affirmé que l'Iran "appelait à la paix" et exprimé "l'ouverture de la partie iranienne à tout effort sérieux susceptible de contribuer à mettre fin à l'escalade et à rétablir la stabilité".