Ambassadeur palestinien au Royaume-Uni: La CPI doit enquêter sur les crimes de guerre commis par Israël

L’ambassadeur de Palestine en Grande-Bretagne, Houssam Zomlot, assiste à une conférence de presse à la Chambre de commerce arabo-britannique, à Londres, le 17 octobre 2023 (Photo, Reuters).
L’ambassadeur de Palestine en Grande-Bretagne, Houssam Zomlot, assiste à une conférence de presse à la Chambre de commerce arabo-britannique, à Londres, le 17 octobre 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 18 octobre 2023

Ambassadeur palestinien au Royaume-Uni: La CPI doit enquêter sur les crimes de guerre commis par Israël

  • «L’Occident doit cesser de protéger Israël de toute reddition de comptes», a déclaré Houssam Zomlot lors d’une conférence de presse à laquelle Arab News a assisté
  • «Nous ne permettrons pas un nouveau cycle de nettoyage ethnique de masse en Palestine. Nous ne permettrons pas une deuxième Nakba», a-t-il dénoncé

LONDRES: La Cour pénale internationale (CPI) doit enquêter sur le siège israélien de Gaza, a indiqué mardi l’ambassadeur de Palestine au Royaume-Uni, ajoutant que Tel-Aviv a commis des crimes de guerre en bombardant, depuis dix jours, l’enclave de deux millions d’habitants.

L’armée israélienne a tué des équipes médicales et de secours par des frappes aériennes alors qu’elles tentaient de rejoindre les civils, a déclaré Houssam Zomlot lors d’une conférence de presse à laquelle Arab News a assisté.

Il a qualifié de «crime de guerre» l’utilisation présumée par Israël de phosphore blanc et de bombardements «disproportionnés et meurtriers», appelant le procureur de la CPI, Karim Khan, à «prendre ses fonctions immédiatement et avec responsabilité».

«La triste réalité est qu’un Palestinien est tué toutes les cinq minutes. Nous ne permettrons pas un nouveau cycle de nettoyage ethnique de masse en Palestine. Nous ne permettrons pas une deuxième Nakba», a souligné M. Zomlot.

Le terme Nakba, qui signifie «catastrophe» en arabe, est utilisé pour décrire l’expulsion de 750 000 Palestiniens de leur terre natale en 1948.

Bien qu’il ait ordonné aux Palestiniens du nord de Gaza de se déplacer vers le sud avant un assaut terrestre, maritime et aérien massif, Israël a également tué des civils qui respectaient cet ordre, en violation du droit international, a mentionné M. Zomlot, ajoutant qu’il «est temps pour Karim Khan et la CPI d’enquêter sur le phosphore blanc et sur les crimes commis».

«Les acteurs internationaux, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, devraient cesser d’empêcher la CPI d’accomplir son travail, son activité et son mandat. L’Occident doit cesser de protéger Israël de toute reddition de comptes.»

«Cent ans de conflit»

M. Zomlot a appelé à l’ouverture immédiate des voies d’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza. La semaine dernière, Israël a lancé ce qu’il a appelé un «siège complet» de l’enclave, coupant l’électricité, la nourriture et l’eau. Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré qu’Israël «combat des animaux humains et nous agissons en conséquence».

Le nombre de morts et de blessés dus aux bombardements israéliens sur Gaza est bien plus élevé que ce qui a été rapporté, précise M. Zomlot, ajoutant que le dernier conflit ne fait que s’ajouter aux «seize années de misère totale» que connaît l’enclave depuis le blocus de 2007.

Appelant à un cessez-le-feu immédiat, il a affirmé: «Ce dont nous avons besoin en ce moment, ce n’est pas de vengeance, mais de justice».

M. Zomlot a parlé des conséquences personnelles que «cent ans de conflit» ont eues sur sa famille. «Mes grands-parents ont été chassés de chez eux. J’ai perdu des membres de ma famille. Je sais ce qu’il en coûte de perdre des civils», a-t-il confié, ajoutant qu’il était «profondément inquiet de la possibilité que la guerre s’étende, évaluant son inquiétude à neuf sur dix».

«Je suis inquiet pour la cohésion des communautés et les relations partout dans le monde, parce qu’aucun dirigeant international n’est capable de traiter toutes les parties de la même manière afin de calmer le jeu», a-t-il expliqué.

M. Zomlot a condamné les médias occidentaux, notamment la BBC, Sky News et CNN, pour avoir contribué à l’escalade de la violence, exhortant les médias à replacer les combats dans leur contexte. «Ce (conflit) n’a pas commencé le 7 octobre», a-t-il insisté. «Il y a beaucoup de désinformation, et les médias britanniques en particulier doivent être beaucoup plus prudents. Nous devons nous assurer que les médias sont là pour dire la vérité.»

«Les médias ne devraient pas fonctionner comme des agences de campagne politique. La semaine dernière, j’ai été complètement découragé par le manque de concentration et de prudence (dans les reportages).»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.