Immigration: LR fait monter les enchères

Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, s'adresse à la presse après une rencontre avec le Premier ministre français à l'hôtel Matignon à Paris le 3 juillet 2023 (Photo de Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP).
Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, s'adresse à la presse après une rencontre avec le Premier ministre français à l'hôtel Matignon à Paris le 3 juillet 2023 (Photo de Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP).
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Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Immigration: LR fait monter les enchères

  • Après avoir présenté pendant des mois comme une «ligne rouge» la régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension, la droite estime désormais que sa suppression n'est qu'un «préalable» pour accorder son soutien au texte
  • Parallèlement, les dirigeants LR brandissent la menace d'une motion de censure, à l'image de Laurent Wauquiez, son candidat potentiel à la présidentielle en 2027

PARIS: A l'approche de l'examen au Parlement du projet de loi sur l'immigration, qui débute le 6 novembre au Sénat, Les Républicains font monter les enchères en jouant sur les divisions au sein de l'exécutif.

Après avoir présenté pendant des mois comme une "ligne rouge" la régularisation des sans-papiers dans les métiers en tension, prévue par l'article 3 du projet de loi, la droite estime désormais que sa suppression n'est qu'un "préalable" pour accorder son soutien au texte.

"Cela ne suffit pas", a martelé jeudi sur Sud Radio le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, énumérant une série de mesures qu'il compte ajouter lors du débat parlementaire comme l'arrêt de l'aide médicale d'Etat pour les sans-papiers.

Des propos qui confirment le changement de ton des Républicains depuis l'assassinat à Arras du professeur de français Dominique Bernard par un jeune Russe, originaire d'Ingouchie, fiché pour radicalisation islamiste depuis février 2021.

En réponse à Gérald Darmanin qui a durci son texte pour obtenir le soutien de la soixantaine de députés LR et éviter ainsi le recours au 49.3, la droite l'accuse désormais sans ambages de "mentir".

Elle fustige "l'impuissance" du projet gouvernemental et insiste sur une réforme constitutionnelle qui permettrait à la France de déroger au droit européen sur les questions migratoires au nom des intérêts de la nation.

Motion de censure? 

Parallèlement, les dirigeants LR brandissent la menace d'une motion de censure, à l'image de Laurent Wauquiez, son candidat potentiel à la présidentielle en 2027, qui a promis de s'opposer de "toutes ses forces" à un texte qui conduirait à "ouvrir de nouveaux appels d'air pour encore plus d'immigration".

La droite compte également profiter des divisions au sein de la majorité: "on a l'impression que le gouvernement est guidé par l'aile gauche de la macronie", ironise un cadre de LR.

"M. Retailleau essaie de mettre le souk chez nous", reconnaît le député Renaissance Sacha Houlié, fer de lance de cette aile gauche, qui a bondi en découvrant dans les colonnes du Parisien que la cheffe du gouvernement se serait dite prête à renoncer à l'article 3 lors d'un dîner secret lundi avec le chef de file des sénateurs LR.

Près de 40 députés de la majorité, soit presque autant que de LR qui soutiendraient le projet de loi revu et corrigé, ont écrit à la Première ministre pour réaffirmer "leur attachement aux équilibres du texte initial", article 3 compris, et exiger "un rendez-vous à très court terme", précise Le Figaro.

De source gouvernementale, on dément fermement que Mme Borne ait tenu de tels propos.

M. Darmanin s'est, quant à lui, "montré ferme sur le maintien de l'article 3" lors d'un déjeuner jeudi avec la commission des Lois du Sénat, estimant qu'une "accroche législative" était nécessaire, a indiqué un participant.

M. Retailleau a assuré, au contraire, avoir compris que Mme Borne était davantage favorable à une simple "circulaire" qui donnerait aux préfets la capacité de régulariser "au compte-gouttes".

Mais le projet de loi divise aussi la droite, "entre des sénateurs qui souhaitent approuver un texte et des députés qui le refusent", explique à l'AFP un autre cadre du parti.

"On est tous sur la même ligne", rétorque l'entourage de M. Ciotti, qui en veut pour preuve les entretiens que le patron du parti a eu mercredi avec le président du Sénat, Gérard Larcher, ainsi qu'avec M. Retailleau et son homologue à l'Assemblée, Olivier Marleix.

Les mêmes s'étaient déjà concertés pour soumettre en décembre aux deux chambres du Parlement leur proposition concurrente de la loi sur l'immigration.

M. Retailleau prévient: si la droite vote un texte au Sénat, ce sera le sien et non plus celui de M. Darmanin qui "aura totalement changé".

Une démarche qui rappelle celle de LR lors de la réforme des retraites, comme le déplore un parlementaire macroniste: "Ils sont en train de nous faire le même coup. Si on leur en file chaque jour un peu plus, ils vont tout prendre et à la fin ils ne voteront pas la loi!"

Autre problème: même au Sénat où la droite est dominante mais pas majoritaire à elle seule, la suppression de l'article 3 ne semble pas du goût des centristes, traditionnels alliés de la droite.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.