Djerba, capitale mondiale de la francophonie en novembre 2021

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie lors de sa rencontre avec le président tunisien (Photo, fournie).
La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie lors de sa rencontre avec le président tunisien (Photo, fournie).
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Publié le Mercredi 23 décembre 2020

Djerba, capitale mondiale de la francophonie en novembre 2021

  • «Ce Sommet sera le plus grand événement d’envergure jamais organisé par la Tunisie»
  • «Nous voulons repenser le Sommet de la francophonie. Il y aura moins de discours, contrairement à ce que nous avons vu dans le passé, et beaucoup plus de débats entre les décideurs»

PARIS: Les Assises de la francophonie se tiendront en novembre prochain en Tunisie. Cet événement d’envergure est un symbole fort dans les échanges des valeurs de paix, de démocratie et de droits humains, mais aussi un moment privilégié pour tisser des liens culturels et économiques entre les pays francophones.

La Tunisie, un des membres fondateurs de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), accueillera la 18e édition du Sommet de la francophonie sur le thème: Connectivité dans la diversité: le numérique vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone. Initialement prévu en décembre 2020, le Sommet se tiendra les 20 et 21 novembre 2021 en raison de la pandémie de Covid-19. Il sera organisé sur l’île de Djerba. Haut lieu de tourisme, l’île est par ailleurs candidate à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

«Le Sommet se déroulera non pas à Tunis, mais à Djerba, dans le Sud tunisien, à l’initiative du président tunisien, Kaïs Saïed, en coordination avec la secrétaire générale de l’OIF», explique Sarra Maâouia, conseillère auprès du président de la République, en charge de la coopération diplomatique, dans une interview accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP). «Ce Sommet sera le plus grand événement d’envergure jamais organisé par la Tunisie», poursuit-elle. «Il constitue un nouveau défi pour la Tunisie et une échéance importante par l’affluence et le nombre de délégations présentes.»

Djerba célébrera la francophonie

Djerba est une île touristique qui dispose de toutes les infrastructures nécessaires pour célébrer le 50e anniversaire de la francophonie. À cette occasion, des pavillons seront installés qui représenteront les différentes délégations. On y trouvera la diversité et la richesse du patrimoine culturel des pays membres de l’OIF et de leurs sympathisants.

«L’île de Djerba est un lieu touristique très apprécié des visiteurs, à la fois plaisant et dynamique. C’est un moment très important que les Tunisiens célébreront avec fierté et enthousiasme», nous confie Besma, une informaticienne franco-tunisienne, qui vit en Île-de-France. «Le Sommet est très attendu. Espérons que, d’ici à novembre 2021, la pandémie de Covid-19 sera maîtrisée pour permettre de maintenir la date retenue.»

Selon les organisateurs, un riche programme culturel et touristique, sous l’égide des ministères des Affaires étrangères, des Affaires culturelles et du Tourisme, est prévu: l’occasion de partager des messages de paix et de tolérance qui seront véhiculés par les différentes communautés religieuses vivant en harmonie sur l’Île de Djerba.

Forum économique pour consolider les liens et hiérarchiser les priorités

Lors de la 37e session de la Conférence ministérielle de la francophonie (CMF), organisée à Paris à la fin de novembre dernier et présidée par Othman Jerandi, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, les participants ont évoqué la nécessité de renforcer la coopération économique entre les États membres de l’OIF.

L’Organisation, composée de 88 États et gouvernements (54 États, 7 pays associés et 27 pays observateurs), rassemble, en marge de chaque Sommet, les opérateurs économiques dans le cadre du Forum économique francophone. Ces opérateurs, qui partagent des valeurs communes via l’histoire et la langue, devraient, lors du 18e sommet, renforcer leurs partenariats économiques.

Reçue le 18 décembre au palais de Carthage par le président tunisien, Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de OIF et ancienne cheffe de la diplomatie au Rwanda, a affirmé, en marge de l’entretien: «Nous voulons repenser le Sommet de la francophonie. Il y aura moins de discours, contrairement à ce que nous avons vu dans le passé, et beaucoup plus de débats entre les décideurs.»

Ainsi, un grand forum économique se tiendra à l’occasion du Sommet. «La part belle sera faite au numérique et à l’innovation. Dans ce contexte, les échanges B to B seront au programme. L’objectif est de parvenir à une stratégie numérique et économique», confirme Louise Mushikiwabo, lors de son séjour à Tunis, le 19 décembre.

«Le numérique et la femme seront au cœur des débats», poursuit Louise Mushikiwabo. La secrétaire générale de l’OIF, qui souhaite axer la stratégie des actions de l’Organisation sur les programmes prioritaires, a fait part des conclusions d’un sondage réalisé auprès des jeunes francophones, dont les résultats seront dévoilés le 22 décembre. Cette étude révèle, entre autres, que les principales préoccupations des jeunes concernent l’emploi, l’éducation et la protection de l’environnement.

Pour répondre à cette attente, la secrétaire générale de l’OIF a fait savoir, lors de son déplacement à Tunis, que, dès le début de l’année 2021, un projet de formation aux métiers du numérique, qui s’étendra sur deux ans, sera mis en place. «Il devrait toucher 250 000 jeunes», précise-t-elle.

Ainsi, Mme Mushikiwabo plaide pour une plus forte implication des États membres dans le financement des projets futurs de l’OIF. «Nous espérons que nous trouverons une solution lors du sommet de Djerba», a-t-elle déclaré à la presse tunisienne.

Un fonds pour soutenir les femmes

En lançant un programme d’autonomisation et d’éducation des femmes, l’OIF compte s’investir aussi dans l’amélioration des conditions des femmes dans les pays francophones. «Une femme éduquée et autonome est capable de défendre ses droits», explique Louise Mushikiwabo. En juillet 2020, nous avons proposé la création d’un fonds pour soutenir les femmes qui ont perdu leurs moyens de survie à cause de la crise sanitaire.»

Selon l’Organisation, ce fonds, lancé avec 3 millions d’euros, a permis de financer près de 60 projets lancés par des femmes. La prochaine édition, qui aura lieu en mars 2021, sera consacrée au soutien des femmes au Liban et à Haïti.

Lors de son déplacement à Tunis, la secrétaire générale de l’OIF a clairement signifié que son objectif est «de repenser l’Organisation afin de lui conférer une plus grande influence à l’échelle internationale. Cela nous aidera aussi à lutter contre le déclin de la francophonie dans le monde», fait-elle savoir. Dans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, la francophonie peut-elle devenir un vecteur de développement pour les pays membres? Affaire à suivre.


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com