L'ONU préoccupée par les «crimes de guerre» commis dans la guerre Israël-Hamas

L'Assemblée générale des Nations Unies a appelé vendredi à une trêve humanitaire immédiate entre Israël et les militants palestiniens du Hamas (Photo, Capture d'écran/UNTV).
L'Assemblée générale des Nations Unies a appelé vendredi à une trêve humanitaire immédiate entre Israël et les militants palestiniens du Hamas (Photo, Capture d'écran/UNTV).
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Publié le Samedi 28 octobre 2023

L'ONU préoccupée par les «crimes de guerre» commis dans la guerre Israël-Hamas

  • «Nous sommes préoccupés par le fait que des crimes de guerre soient commis» a déclaré la porte-parole du Haut-Commissariat des droits de l'homme
  • Israël bombarde sans relâche la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, depuis les attaques sans précédent du mouvement islamiste le 7 octobre

GENEVE: L'ONU s'est dite préoccupée vendredi par le fait que des "crimes de guerre" ont été commis et le soient encore dans le conflit qui oppose Israël au mouvement islamiste du Hamas.

"Nous sommes préoccupés par le fait que des crimes de guerre soient commis. Nous sommes préoccupés par la punition collective infligée aux Gazaouis en réponse aux attaques atroces du Hamas, qui constituent elles aussi des crimes de guerre", a déclaré Ravina Shamdasani la porte-parole du Haut-Commissariat des droits de l'homme, lors du briefing régulier de l'ONU à Genève.

Israël bombarde sans relâche la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, depuis les attaques sans précédent du mouvement islamiste le 7 octobre sur le territoire israélien qui ont fait plus de 1.400 morts en grande majorité civils et plus de 220 otages, selon les autorités israéliennes.

Les bombardements de l'enclave palestinienne par les forces armées israéliennes --qui ont aussi instauré un blocus quasi complet de Gaza-- ont fait plus de 7.000 morts, selon le ministère de la Santé du Hamas à Gaza.

Israël qualifie d'«infamie» la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU

"Honte à vous!", a lancé vendredi l'ambassadeur israélien à l'ONU, qualifiant d'"infamie" le vote par l'Assemblée générale d'une résolution réclamant une "trêve humanitaire", mais sans mentionner le Hamas, au 21e jour de la guerre entre Israël et le Hamas.

"C'est un jour sombre pour l'ONU et pour l'humanité", a fustigé Gilad Erdan, assurant qu'Israël continuerait à utiliser "tous les moyens" à sa disposition pour "débarrasser le monde du mal que représente le Hamas" et "ramener les otages chez eux".

"La punition collective est un crime de guerre. Le châtiment collectif infligé par Israël à l'ensemble de la population de Gaza doit cesser immédiatement", a renchéri la porte-parole, dénonçant aussi l'usage d'explosifs à large rayon d'action dans des zones densément peuplées.

"Aucun endroit n'est sûr à Gaza. Obliger les gens à évacuer dans ces circonstances (...) et alors qu'ils sont soumis à un siège complet soulève de sérieuses inquiétudes quant aux transferts forcés, qui constituent un crime de guerre", a ajouté la porte-parole.

"Les attaques aveugles menées par des groupes armés palestiniens, notamment le lancement de roquettes non guidées sur Israël, doivent cesser", a-t-elle aussi demandé.

Ces groupes armés palestiniens "doivent libérer immédiatement et sans condition tous les civils capturés et toujours détenus. La prise d'otages constitue également un crime de guerre", a rappelé Mme Shamdasani.

Interrogée sur le fait de savoir si l'on pouvait parler de génocide en cours contre la population palestinienne dans la bande de Gaza, Mme Shamdasani a souligné qu'il n'appartenait pas au Haut-Commissariat de trancher.

"La qualification d'autres crimes doit vraiment être faite par un tribunal dans le cadre d'une procédure indépendante", a répondu Mme Shamdasani.

Les Etats-Unis se disent favorables à des «pauses humanitaires»

"Nous pouvons soutenir des pauses humanitaires afin de laisser entrer (de l'aide), ainsi que permettre de faire sortir des gens, et cela comprend aussi l'entrée d'essence et le rétablissement de l'électricité", a déclaré à la presse le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

Il s'est refusé à commenter les opérations militaires en cours vendredi soir, l'armée israélienne ayant annoncé avoir intensifié ses frappes de manière "très significative" sur la bande de Gaza.

"Nous n'avons pas fixé de lignes rouges à Israël", a-t-il encore dit, tout en ajoutant que les Etats-Unis avaient clairement exprimé à leur allié israélien leur préoccupation au sujet des "victimes civiles, les dommages collatéraux et la manière dont ils choisissent de mener" leurs opérations.

En réponse, la mission israélienne à Genève a déclaré que le droit international humanitaire restait la "référence" de l'armée israélienne, malgré "la brutalité du Hamas et le bouclier que lui offre l'ONU".

"Israël est en guerre contre le Hamas, une organisation terroriste génocidaire. Il ne s'agit pas d'une guerre contre les Palestiniens. Il ne s'agit pas d'une punition collective", a déclaré la mission.

"Israël fait tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les civils et atténuer les dommages qu'ils subissent, notamment en les informant à l'avance de l'existence de zones plus sûres, alors que le Hamas les met délibérément en danger", a également fait valoir la mission israélienne.

La Cour pénale internationale a ouvert une enquête officielle en 2021 sur les Territoires Palestiniens, notamment sur des crimes présumés commis par les forces israéliennes, le Hamas et les autres groupes armés palestiniens.

Etablie en 2002, la CPI est la seule juridiction internationale indépendante qui mène des enquêtes sur les crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Israël, qui n'est pas membre de la CPI, a refusé de coopérer avec l'enquête ou de reconnaitre sa juridiction.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.